Bikini Bloodbath Car Wash

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Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? J’aime le slasher. Même quand il a la grâce d’un hippopotame nourri au cognac, même quand ses acteurs ne seraient pas acceptés aux cours de Francis Huster (pourtant déjà le caniveau de la comédie), même quand le budget de l’ensemble ne dépasse pas l’argent de poche d’un gosse du Burundi. C’est comme ça, j’aime le slasher quoiqu’il arrive ou presque, parce que ça me détend de voir des trous du cul se faire poinçonner la gueule à la pioche. Du coup, tout ou presque sera pardonné à ce Bikini Bloodbath Car Wash (2008), plus porté sur le pas de danse maladroit que sur le désossage de jeune fille.

 

 

Fin avril, je m’enthousiasmais doucement pour Bikini Bloodbath (2006), slasher flick tourné entre amis pour une somme si dérisoire qu’elle tenait probablement de la caillasse de fond de larfeuille. Ce film court (une heure, superficiellement allongée par un encart musical à la fin) ne payait certes pas de mine et tenait plus de la soirée entre potes filmée au caméscope que de la production sérieusement planifiée, mais son assassin, un cuisto français à la barbe rousse, et l’habitude vite prise par la troupe à danser et remuer du popotin pour un rien sur du punk rock généralement agréable, faisaient que j’avais aimé. Les réalisateur Jonathan Gorman et Thomas Edward Seymour ont aimé aussi puisqu’ils y reviennent deux ans plus tard, sans même se donner la peine de dépoussiérer un coup ou de feindre l’innovation. Si Bikini Bloodbath Car Wash tient lieu de séquelle (le tueur est le même et revient d’entre les morts, les personnages sont aussi les mêmes que précédemment), il se fait surtout redite au mot près, reprend la structure de l’original à l’identique, se permettant comme seule nouveauté relative une poignée de scènes dans un car wash. Enfin, plutôt sur un parking où Debbie Rochon, que l’on nous apprend survivante au coup de hachoir reçu deux ans plus tôt, joue de son autorité pour forcer des lycéennes approchant la trentaine à passer un petit coup d’éponge sur les carlingues des professeurs pervers et autres vieux obsédés du coin, ravis de voir les fifilles frotter leurs bolides. Pour frotter, ça frotte, y compris sous la douche où la caméra ne manque pas de suivre des actrices ne faisant jamais de leurs courbes des secrets bien gardés. La nudité étant gratuite, on accepte sans se faire prier, vous nous connaissez…

 

 

Après avoir lustré du capot et montré ce qu’elles ont sous le leur, les cocottes se réunissent à une soirée très dansante, chapeautée par une Rochon toujours aussi lesbienne et qui passera l’intégralité du bidule à aligner les dialogues salaces à destination des petites mignonnes sous sa coupe. Comment lui en vouloir ? Et puis, parce que la comédie se veut horrifique, le cordon-bleu zombie se dégage de sa tombe et s’en va, terreux et de la moisissure verte sur les joues, découper en rondelles les jeunes gens, sans autre raison que l’appel de la cruauté. On finit toujours par y répondre. A la carte, morceau de téton collé sur un front (c’est du dernier chic), noyade dans un jacuzzi bouillant (« un bon bouillon » nous assure le maniaque dans son français de bazar), arrachage des tripes, égorgement net et sans coulure, ventre ouvert et cervelle perforée à la lame. Pas de garniture, pas de radis dans sa sauce, pas de salade pommée. La saga Bikini Bloodbath n’est pas tout à fait vegan, vous savez. Les effets gore sentent soit les abats récupérés au boucher du bas de la rue, et alors nous applaudissons ; soit le pixel mal foutu, et alors nous huons. Debbie Rochon, lassée d’avoir un marmiton parisien à ses trousses, et sans doute très fâchée de l’avoir vu dépecer toutes ses préférées de la classe, règle le problème sans même avoir à se fouler : un coup de batte dans le crâne et la caboche se sépare de son torse. Un caractère horrifique très expédié, mais personne ne croit ici que la paire Seymour/Thomas voulait vous coller le frisson de votre vie. Comme dans le premier film, et très certainement comme dans le troisième sorti en 2009, la mission que ces rigolos se sont donnée est celle de vous pousser au pas de danse ringard.

 

 

Poussez les meubles contre les murs, sortez les ballons de fête, préparez votre plus belle compile de punk rock qui swingue, sortez la pizz’ du congélo (une aux ananas, ça fait fuir les gens de peu de goût) et invitez les copines, ce soir c’est soirée disco, go go go ! C’est d’ailleurs là tout l’intérêt de Bikini Bloodbath Car Wash, qui a si peu à voir avec le car wash et dont le bain de sang n’est qu’accessoire (par contre, les filles sont bien en tenue légère), et prend tout son plaisir à associer l’humour le plus bas du front (certains persos sont inspirés du dessin-animé G.I. Joe, l’un des profs à les burnes constamment explosées au ballon de foot) et chorégraphies improvisées par des gus qui ne sont probablement jamais allés à un bal de leur vie. Effet garanti : comme pour le premier volet, la bonne humeur quitte vite l’écran pour attaquer le spectateur, qui lâche bière et télécommande pour s’adonner lui aussi à quelques entrechats d’alcoolo. Et que les voisins du dessous aillent se faire enculer.

Rigs Mordo

 

 

 

  • Réalisation: Jonathan Gorman, Thomas Edward Seymour
  • Scénario: Jonathan Gorman, Thomas Edward Seymour
  • Production: Robert Cosgrove Jr., Thomas Edward Seymour
  • Pays: USA
  • Acteurs: Debbie Rochon, Rachael Robbins, Sheri Lynn, Phil Hall
  • Année: 2008

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