The Slime People

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Quand ils ne nous tombaient pas sur la gueule, ils rampaient sous nos pieds. Bienvenue dans les années 50, décennie folle pour le creature feature, où il nous était impossible d’échapper aux chimères de la Série B, cachées dans les bois, les nuages, les astres, les bases militaires, les montagnes. Et même les égouts, dont sortent les Slime People (1963), certes débarqués dans les sixties, mais dont la morve fleure bon la décennie précédente.

 

 

D’ailleurs, alors que le genre prenait petit à petit des couleurs, le film de Robert Hutton en reste à la grisaille du noir et blanc. Faut dire aussi que le réalisateur est plutôt estampillé « années cinquante », et devait se sentir fort bien dans le fantastique et la science-fiction traditionnelle, dont il fut l’un des visages les plus fréquents, croisé dans Le Colosse de New York, The Man without a Body, et quelques années plus tard dans Le Jardin des Tortures ou The Vulture. Pas la peine dès lors d’attendre autre-chose que du très habituel pour son unique incursion dans la mise en scène, dans laquelle il ne manque bien évidemment pas de se donner le premier rôle. Le voilà donc à la tête de votre B-Movie classique, typé last men on earth, où quelques rares survivants d’un Los Angeles en perdition se mettent au vert, planqués pour ne pas avoir à souffrir d’un tête à tête avec des englués sortis de terre à cause des essais nucléaires. Et la cité des anges de devenir la corbeille aux mouchures, terrain de jeu de créatures aux faux airs de tatous trempés dans la glu, armés de lances et intelligents au point d’avoir créé une machine – une sorte de grosse pustule ou une vesse de loup tremblotante – enveloppant la région dans une froide purée de pois, dans le but de terraformer Hollywood et de rendre son air respirable pour les glutineux. S’uniront un professeur, présent pour apporter quelques précisions scientifiques dont tout le monde se branle (mais ça fait plus sérieux de les avoir), ses deux filles comme de juste mignonnes comme tout, le beau et courageux Robert Hutton et un jeune soldat rescapé de la guerre contre les slime people, chacun tenant la main des autres pour faire reculer l’envahisseur poisseux. Les coeurs libres se rapprochent après seulement cinq minutes, on évite tant que faire se peut d’autres survivants, tous devenus fous. On traque le point faible des glaviots sur pattes, et on court sauver la petite blonde lorsqu’elle tombe dans les mains des vilains, tandis que le spectateur se dit que l’un dans l’autre, The Slime People n’apporte pas grand-chose au genre.

 

 

Notez bien qu’il ne lui retire rien non plus, et apporte même au film de streums un petit surplus d’action, Hutton, conscient que ses bestioles ont avalé la moitié de son budget, tenant absolument à les rentabiliser. Alors elles sortent de leur cloaque aussi régulièrement que possible, prête à poinçonner de l’innocent, et se mettre sur la gueule avec les jeunes (et moins jeunes) premiers. Ce n’est pas de la grande pirouette façon Hong Kong, mais on a trop vu de monster movies de la période dont les bébêtes ne sortaient de leur tanière qu’à cinq minutes de la fin pour nous plaindre. Même si Hutton fait un mauvais choix en couvrant tout son plateau de brouillard, car on finit par ne plus rien y voir des échauffourées, par ne plus pouvoir profiter de costumes pourtant pas mal faits, et qu’il ne fallait donc pas masquer. Drôle de choix, oui, et on peut se demander si le vieux Robert s’était rendu compte du voile qu’il posait sur son propre film… Peut-être voulait-il planquer le fait que le repaire de ses crottes de nez vivantes n’en est pas vraiment un, mais alors il lui suffisait de situer la totalité de son action dans les studios d’Hollywood, décor finalement peu utilisé dans le genre.

 

 

Que dire de plus ? Pas grand-chose puisque l’on tient là du classique de chez classique, The Slime People se distinguant éventuellement par son optimisme. La fin des temps n’y est pas pour demain, puisque les gloumoutes ne s’en prennent qu’à Los Angeles, le reste du monde étant privé de leurs doux sons d’évier qui se débouche. De plus, Hutton s’entiche de ses protagonistes principaux, jamais blessés, jamais menacés, ce qui le force à créer de nouveaux personnages, envoyés dans le champ pour y périr quelques minutes après leur introduction. De l’épouvante feel good ? Pas loin, et on aurait accepté un excès de violence, même si le rythme satisfaisant étouffe en nous toute envie de rébellion.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Robert Hutton
  • Scénario : Blair Robertson, Joseph F. Robertson
  • Production : Joseph F. Robertson
  • Pays : USA
  • Acteurs : Robert Hutton, Les Tremayne, Robert Burton, Susan Hart
  • Année : 1963
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