Hard Rock Nightmare

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Nous l’avons vu il y a peu : tout fractionné fut-il sur Vendredi 13 : Une Nouvelle Terreur, où il se mangea un coup de hache pour une barre chocolatée, Dominick Brascia apprécia l’expérience et ne sut quitter les bosquets meurtriers. Ainsi, deux ans après un Evil Laugh pas si risible quoique très anecdotique, le bonhomme réalise Hard Rock Nightmare (1988), présenté comme la rencontre (espérée ? Oui si l’on a bon goût) entre le rock énervé et les loups-garous sataniques. Mais sous le duvet, la routine, puisque Brascia ne sait définitivement pas se séparer de son petit slasher flick.

 

 

Veste en cuir, allure de petit gredin, la gratte en main, les baguettes qui roulent entre les doigts, les copines en train d’applaudir dans le garage : c’est pas Woodstock ni le Monsters of Rock, mais c’est déjà pas mal pour les Bad Boys, garage band pur jus aspirant à des tournées dignes de Van Halen. Et aux marées de groupies qui vont avec. C’est plutôt bien parti question nana. Question zik, va encore falloir suer un peu, et surtout se retrouver un nouveau local, car les voisins en ont marre de cette jeunesse donnant dans le rock dur et ont appelé les flics que leur soit rappelé leur droit de garder le silence. Heureusement, le groupe a une sortie de secours : la petite maison isolée dont le chanteur Jim a hérité, où ils pourront se prendre pour Alice Cooper sans embêter personne. Reste que si Jim y va bel et bien, c’est à reculons. Coffre à mauvais souvenirs, la bicoque se fit lieu de meurtre, commis par un Jim alors en très jeune âge. Pas de sa faute, et plutôt celle de la victime, grand-père pervers et cruel qui s’amusait à raconter à sa descendance qu’il était à la fois vampire et wolfman, et qu’il passerait ses nuits à sucer le sang de Jim, voire à le dévorer. Impressionnable, le petit profita de la sieste du vieillard pour lui planter un pieu dans le coeur, prévenant ainsi de potentielles visites nocturnes. Bien qu’entré dans l’adolescence depuis beau temps, Jim n’en est pas pour autant allégé de ses frousses de jeunesse, persuadé que l’âme diabolique de son papy salaud flotte toujours sur les lieux. Evidemment, lorsqu’un werewolf déboule et se met à décapiter du zikos et de la cocotte, les doutes du rockeur flippé deviennent des certitudes.

 

 

Du Paul Naschy ou du Chaney Jr. à la mode Judas Priest ? Ne rêvez pas, frères chevelus. Tout d’abord parce que Hard Rock Nightmare, c’est un nom plutôt qu’un concept ou une envie. Oui, les héros taquinent la corde et martèlent les fûts, se croient déjà dans les stades à mimer David Lee Roth. Mais ça ne va pas plus loin, ça ne dépasse jamais le statut de décorum, de parure. Ces braves gens auraient formé l’amicale des réparateurs de lave-linge que c’était du pareil au même, tant la dimension métallique n’apporte rien au récit. Ensuite, ne vous croyez pas dans le bois du grand méchant loup non plus car, Spoilers, le lycanthrope de sortie n’en est pas vraiment un, costume porté par le riche oncle de Jim (le vétéran du ciné Troy Donahue) et son sbire pour liquider le neveu et s’emparer de l’héritage familial. On oublie donc le fantastique à poil long, et on accueille le slasher toutes griffes dehors, pas particulièrement mieux fondu que le précédent Evil Laugh, tristement banal lui aussi. Dans les décors, qui vont de la maison sans charme à la forêt californienne comme la Série B en a planté des milliards. Dans la tuerie, pas bien salissante, malgré de la tronche qui dégringole et de la chair déchirée. Dans le déroulé, fait de sales cauchemars pour Jim et de touche-zizi pour tous les autres, excités au-delà du raisonnable. Pourquoi s’engager dans Hard Rock Nightmare, alors ? Puisqu’il nous suffit d’en retourner à Girls Nite Out, autre exemple, plus efficace, de carnage avec un coupable déguisé en ourson ?

 

 

Pour les personnages, pour une fois. Pas Jim, final boy que ses terreurs rendraient presque agaçant, et que l’on aurait aimé voir disloqué dès l’entame. Non, le petit plus qui fait toute la différence viendra de Tina, groupie au stade terminal de l’excitation sexuelle mendiant les faveurs corporelles de Charlie, le beau guitariste de la clique. Son chemin, elle se le fraie tout au long du film à coups de langue, embrassant le claviériste dans le tour bus, faisant des suçons au bassiste en backstage, et offrant une branlette à l’ingé son dans le jardin. Beaucoup d’efforts pour ne récolter que le mépris de Charlie, pas très emballé par la blonde, d’autant que celle-ci ne montre guère de compassion pour les victimes du killer on the loose, Tina allant jusqu’à vanner sur la situation, à se moquer des défunts. C’est donc mal barré pour se faire repousser le tampon dans le tiroir. Mais la maligne a une botte secrète : son fric et ses relations, de celles capables de tirer Charlie jusqu’à une renommée bien méritée. Et là le Charlot, il oublie toute éthique, toute amitié. Si Tina a une cousine journaliste et que celle-ci peut booster sa destinée d’un article bien senti, alors c’est OK pour la baise. Une culbute de vingt secondes à peine, dont le gratteux se satisfait pleinement mais dépite Tina, qui s’attendait à mieux après des mois à s’imaginer la scène. Résultat des couses, elle fait la gueule, lui annonce qu’elle ne parlera pas de lui à sa couz’, que lui et son micro-pénis ne méritent pas son attention, et elle le descend dans les règles en quelques blagues bien placées. Toute une intrigue parallèle bien plus passionnante que le massacre au premier plan, il faut bien le dire. Et faut bien reconnaître que Hard Rock Nightmare n’y va pas avec le dos du gode lorsqu’il s’agit de détailler une jeunesse si obsédée par la fesse qu’elle ne voit rien d’autre. Ainsi, alors que le maniaque aux grosses papattes vient d’arracher la gueule de l’un des leurs, un couple s’en va baiser en pleine nature après s’être fumé un gros joint ! C’est beau l’insouciance, et même si ça ne fait pas tout un film, ça aide à rester devant.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Dominick Brascia
  • Scénario : Dominick Brascia
  • Production : Steven Baio, Johnny Venokur
  • Pays : USA
  • Acteurs : Martin Hansen, Annie Mikan, Greg Joujon-Roche, Lisa Elaina
  • Année : 1988

2 comments to Hard Rock Nightmare

  • Denis  says:

    Ouuii, Vu quand j’étais gosse.
    Rien à voir avec notre genre musical.
    Merci pour la référence à Thin Lizzy.

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