Santo en el museo de cera

Category: Films Comments: 2 comments

Santo a tout vécu, tout vu, et surtout tout dégommé. Chicane avec Blue Demon dans les ruines de l’Atlantide, correction de quelques femmes vampires, rififi avec des Martiens que l’on renvoie chez eux en deux coups de manchette, débats agités (comprendre : on se défonce la gueule gaiement) avec une sorcière et ses sbires démons… Fallait bien que l’homme masqué finisse par aller voir s’il n’y a aucune baffe à distribuer dans les musées de cire, et bonheur !, Santo en el museo de cera (1963) lui sert sur un plateau doré une petite clique de monstres de paraffine qu’il serait bon de faire passer par-dessus la troisième corde.

 

 

Il faut vivre avec son temps, et alors qu’il était il y a peu encore occupé à graver des personnages historiques comme Ghandi, Stalline ou même Landru, le Dr. Karol (Claudio Brook, plus tard dans le superbe Alucarda) se force à satisfaire un public de plus en plus en quête de lugubre et ouvre donc une chambre des horreurs dans son musée de cire. Un lieu à la réputation sulfureuse depuis qu’un rôdeur agresseet kidnappe des femmes à quelques pas de là, et menace même Karol en plantant des dagues dans le mur de son salon. Pour tirer l’affaire au clair et retrouver une photographe portée disparue, Santo mène l’enquête, aidé d’un professeur, de la sœur de la séquestrée et de son petit ami. Tout ça pour finalement découvrir ce dont le cinéphile déjà passé par les bonshommes en cérumen se doute depuis le début, que le Dr. Karol, sous ses courbettes et politesses, est en fait un lugubre criminel remplissant l’antichambre de son petit enfer de victimes qu’il paralyse à l’aide d’une drogue et maquille en statues de cire. Ca demande effectivement moins de travail que de les tailler en partant de rien. Santo se fait évidemment balader un temps, puis découvre le pot aux roses et se met à cogner tout ce qui bouge dans la rixe finale, où il doit affronter les créatures de Karol, rendues folles par son sérum. La méthode mexicaine en plein, pour ainsi dire, ces chaudes terres nous ayant depuis longtemps habitués à reprendre les différentes icônes du fantastique, les envoyer à la salle de muscu faire du développé couché, puis leur mettre le brave Santo dans les pattes, sorte de Batman du sud avec une passion pour la gonflette évidemment plus soulignée.

 

 

Qu’en dire de plus, d’ailleurs ? Car soyons honnêtes, Santo en el museo de cera ne dévie des autres bisseries du pays et recevant la visite du batailleur voilé que par la présence de son wax museum, par ailleurs bien joli. Même si l’étage ressemble plus à un salon de cire qu’à un véritable musée, la caverne où Karol a compilé plusieurs figures de l’effroi (la créature de Frankenstein, Quasimodo, Mister Hyde, loups-garous et sauvageons néandertaliens) et le laboratoire du vilain font leur effet. Mais en dehors du plaisir de l’oeil, peu à dire sur cette gentille chose, plus charmante que véritablement passionnante. Il en va souvent ainsi du bis du Mexique, touchant de par sa pureté et sa dévotion totale au côté populaire de son divertissement, mais qui électrise assez peu. La faute peut-être au musculeux héros lui-même, qui n’a pas la noirceur vengeresse d’un Batman, ne se bat pas pour garder son anonymat comme Superman ou ne tente pas de faire cohabiter vie estudiantine et tabassage de vilains comme Spider-Man. Lui est juste un gros biscoto envoyant des coups de coudes dans les mâchoires qui le méritent, pas plus, pas moins. Quant à Alfonso Corona Blake (qui co-réalise avec Manuel San Fernando), il a signé suffisamment de pelloches aux écailles similaires pour être considéré comme un directeur important de la mouvance, et il serait naïf de ne pas s’attendre à certaines similitudes entre El museo de cera et les autres Santo, de ne pas se préparer au décalque d’une certaine méthode. On devine donc la moindre convulsion du script dix feuillets à l’avance (les streums qui se retournent contre leur créateur, puni pour ses rêves démiurgiques), et on ne s’étonne guère de se retrouver installés à trois mètres d’un ring où Santo, entre deux recherches d’indices, montre ses talents de catcheur pour allonger superficiellement la durée de sa nouvelle aventure, que l’on regardera d’un œil. Les deux serait exagérer.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Alfonso Corona Blake, Manuel San Fernando
  • Scénario : Alfonso Corona Blake
  • Production : Alberto Lopez
  • Pays : Mexique
  • Acteurs : Santo, Claudio Brook, Norma Mora, Ruben Rojo
  • Année : 1963

2 comments to Santo en el museo de cera

  • FREUDSTEIN  says:

    Beaucoup trop de SANTO sont invisible par chez nous,c’est bien dommage…

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