House II : La Deuxième Histoire

Category: Films Comments: 4 comments

Joli petit succès bien plus influent que ce que l’on a bien voulu le dire, au point qu’il n’est pas certain que sans lui Evil Dead 2 ou Beetlejuice aient été les mêmes, le premier House ne pouvait décidément pas refermer la porte à double tour derrière lui. Et Sean S. Cunningham, producteur heureux depuis que le bon Jason Voorhees lui ramène autant de caboches piétinées que de liasses de gros billets, garde son sens des affaires intact en commandant une séquelle à Ethan Wiley (Children of the Corn V en 98, Brutal en 2007). Pour un résultat, si fidèle à l’esprit du premier volet, autrement plus familial que le film de Steve Miner.

 

 

On ne tombe d’ailleurs pas de notre chaise en découvrant qu’à l’origine de l’histoire on trouve Fred Dekker, bientôt le grand pape de l’épouvante pour tous et toutes, et fier papa de deux des plus belles pelloches de l’époque. A savoir l’essentiel La Nuit des Sangsues, merveille parmi les merveilles, et The Monster Squad, croisement pas si improbable entre l’épouvante façon Universal et les morveux à vélo des Goonies. De quoi franchir le pas de House II (1987) la confiance au ceinturon, même si le Fredo s’est par la suite bien rétamé avec Robocop 3, et en moindre mesure avec The Predator une vie plus tard. Enfin, confiant à condition de ne pas trop lorgner du côté des avis, de critiques comme d’internautes, où cette première séquelle (sur trois au total) se fait parfois esquinter. Cela peut se comprendre, car le plancher craque un peu sous le poids d’un script prenant trop de temps à en venir aux faits, les trente premières minutes frôlant le pénible. Comme dans le premier film, on y suit l’emménagement de nouveaux venus dans une maison au lourd passé, et comme dans le House originel, le nouveau possesseur n’est pas étranger à l’histoire de la demeure. Cette fois, c’est au jeune Jesse, dont les parents ont été tués dans la bicoque par un mystérieux tireur, de reprendre possession de ses biens et déterrer les racines de son arbre généalogique. Littéralement. Car aidé de son ami un peu dingo Charlie, Jesse prend la pelle et s’en va exhumer le corps de son arrière grand-père, cowboy aventurier dit-on revenu du Mexique avec un crâne de cristal de magique réputation. Le genre de bibelot qui fera bien sur la cheminée. Mais surprise, la momie de l’aïeul se réveille, toujours très en vie et courant après une vie et une jeunesse éternelles que le fameux crâne devrait lui offrir. Mais depuis que Jesse a récupéré la tête aux yeux d’émeraudes, rien ne va plus dans la maisonnée, des guerriers maya sortant des murs pour récupérer leur bien tandis qu’un hors-la-loi sorti du far west arpente les couloirs de la bâtisse, lui aussi en quête du squelettique trésor.

 

 

Si le premier House ne quittait jamais le vieux tapis du film de maison hantée, et se contentait de le dépoussiérer à grand coup d’humour et d’effets visuels généreux, le second file sans jamais se retourner vers les romans de gare et les bandes-dessinées pour jeunes adolescents, au risque de se voir apposer l’étiquette d’enfantine collation. Ici planent les ombres de Bob Morane, Indiana Jones et compagnie, surtout lorsque Jesse, Charlie et un électricien-aventurier (!!!) découvrent derrière les cloisons un gigantesque temple – il est vrai que l’intérieur de la maison a déjà de faux airs de pyramide – où une cérémonie sacrificielle a lieu, les gentils offrant quelques coups de coude à des guerriers ancestraux pour délivrer une jolie brune à laquelle on voulait peut-être arracher le coeur. Puisqu’elle l’a toujours, elle l’offrira au méritant Jesse. Avant cela, c’est dans la jungle préhistorique que l’on trébuchera après avoir ouvert une porte, croisant dinosaures moustachus et ptérodactyles chapardeurs. Wiley, sans doute sous l’influence à la fois d’un Dekker toujours bon enfant et d’un Cunningham connaissant bien le marché de l’époque, n’hésite d’ailleurs pas à mettre la gomme question animaux de compagnie, un bébé ptérodactyle et une chenille à tête de chien (ça ne s’invente pas) devenant le gros du spectacle House II. On pourrait aussi ajouter le fameux papy zombie, sympa comme tout, invétéré buveur de bière, et qui, aidé des bestioles, fait tomber l’ensemble dans une sitcom à la Alf, où il faut cacher dans les placards les créatures inimaginables pour que les esprits étriqués qui ne manquent pas de s’inviter en ces lieux maudits ne les découvrent pas. Chez Miner, on ricanait sans oublier de faire monter la tension, d’apporter quelques jump scares ou à tout le moins de rendre la comédie aussi noire que possible (un marmot avait une main coupée collée dans le dos, par exemple). Ce temps-là est mort avec la naissance de House II, fête d’anniversaire et non pas sinistre enterrement.

 

 

Rien de mal à cela cependant, et les différents effets spéciaux, tantôt en stop-motion, tantôt en animatroniques, permettent de passer un joli moment, où l’on peut même convier les plus petits puisque l’ensemble se drape d’une certaine sensiblerie. La seule épine dans la plante de pied, c’est Arye Gross, futur spécialiste des séries (on l’a vu dans Six Feet Under, Castle et Les Experts), ici tristement fadasse. On a l’impression de ne rien savoir de lui, et qu’il avance comme une coquille vide jusqu’à la résolution, où enfin son caractère semble s’épaissir un peu. Autant dire qu’il se fait sans peine voler la vedette à la fois par les animaux fantastiques de Chris Walas (Gremlins, La Mouche, Arachnophobia) et par cette bouille incroyable de Jonathan Stark, dans le rôle de Charlie. On connaissait le gazier pour sa prestation dans Fright Night, où sa fausse politesse inquiétait, on le découvre ici en Jim Carrey avant l’heure. Peut-être aurait-il été judicieux d’en faire le premier rôle…

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Ethan Wiley
  • Scénario : Ethan Wiley
  • Production : Sean S. Cunningham, Roger Corman
  • Pays : USA
  • Acteurs : Arye Gross, Jonathan Stark, Royal Dano, Bill Maher
  • Année : 1987

4 comments to House II : La Deuxième Histoire

  • Denis  says:

    Yes!
    J’avais l’affiche du premier sur le mur de ma chambre quand j’étais gosse.
    Je n’avais même pas encore vu le film.
    Et j’ai toujours bien aimé Michael Ensign.

  • Didier LEFEVRE  says:

    Le premier réussissait la parfaite synthèse d’une époque alliant à la fois humour (mais pas trop) et épouvante (mais point trop non plus). Les vraies eighties sont là. Le 2 est plus anecdotique et m’avait forcément déçu à l’époque.
    Bien plus tard, le principe sera repris dans Insidious également.

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>