The Disco Exorcist

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Dépoussiérez votre moumoute la plus bouffante, repassez votre veston aux effets kaléidoscopiques, cirez bien vos boots argentées et travaillez votre déhanché parce que ce soir on danse avec Richard Griffin. Les boules à facettes, le bonhomme connaît d’ailleurs depuis Splatter Disco (2007), mais pressé de retourner gigoter sur des sons voisins de ceux de Donna Summer et Boney M, il met au point The Disco Exorcist dès 2011. Surprise, moins que la messe improvisée entre deux torrents de vomi de Friedkin ou les pas de danse suaves du père Travolta, c’est le porno 70’s et ses seins pendants que le poto Richie s’empresse de retrouver.

 

 

Même s’il a un peu ralenti la cadence ces dernières années, ne sortant « que » trois films en 2020, Richard Griffin reste suffisamment prolifique pour nous faire culpabiliser de nous autoriser ne serait-ce qu’une maigre sieste le dimanche après-midi. Le revers de la médaille, c’est qu’en tournant parfois jusqu’à six pelloches par an, 2014 ayant particulièrement été une année chargée pour ce fan fou du ciné d’exploitation, le gazier s’expose inévitablement à une certaine inégalité. On l’avait d’ailleurs vu avec son The Sins of Dracula de 2014 : malgré les meilleures intentions et une sympathie évidente, le film peinait à décoller, embouteillé dans de trop nombreux tunnels de dialogues que l’on imputera à un budget maigrelet. Faire causer ses comédiens, ça coûte moins cher et prend moins de temps que de leur faire sauter le citron. Mais d’un autre côté, s’il se contentait d’une ou deux productions à l’année plutôt que de six ou sept, le bon Griffin aurait peut-être plus de dollars à injecter dans une bobine pleinement réussie et tenant toutes ses promesses. Trop volcanique, le cinéaste semble s’éparpiller un peu trop et se tire donc par mégarde quelques bastos dans la babouche, et la crainte de tomber sur une boule puante se fait forte à ses côtés. Les dieux du low budget étant de notre côté en cette belle soirée d’été, The Disco Exorcist fait définitivement partie des bonnes pioches. Parce que Griffin y a été plus intelligent que sur The Sins of Dracula : plutôt que de recevoir son audience au salon pour y prendre le thé entre deux geysers vermeils, le réalisateur mise sur les formes naturelles d’un casting gentiment déluré. Poitrines naturelles en vue, et même quelques zizis touffus à l’arrière-plan, la majorité du casting finissant par tomber chemise brillante, pantalon à patte d’eph et sous-vêtements arc-en-ciel pour retrouver une ambiance digne des années érotiques, à priori chères à ce fripon de Richard.

 

 

Il faut dire que le sujet du film se prête mieux que bien à la galipette et à l’échange de fluides corporels, vu que l’on suit les déboires amoureuses de Rex Romanski (Michael Reed), tombeur de niveau 100 dont les journées se résument à faire des parties à trois dans sa garçonnière l’après-midi, sniffer de la coke sur le cul rebondi d’une copine consentante, aller se toucher la nouille au cinéma porno du quartier, enflammer la piste sur les hits disco du moment, puis au coucher du soleil rejoindre des partouzes pas loin d’être endiablées, puisque l’on y sort la planche ouija. La belle vie en somme, et Rex a le plaisir d’être convoité par toutes les midinettes du coin. Dont Ruth (Rita Marie), plus jolie mamzelle de ce samedi soir, sur laquelle Rex jette son dévolu. Sauf qu’après une soirée torride où l’on révise l’anatomie de son partenaire jusqu’au petit jour, Rex largue déjà sa nouvelle conquête pour Amoreena Jones (Sarah Nicklin, alors propre épouse de Reed), pornstar préférée du casanova elle-même pas contraire à faire des heures sup’ avec le beau chevelu. Une plus que plaisante entrevue câline, mais aussi le début des emmerdes. Car Ruth, en plus d’être une sorcière sataniste pratiquant la magie noire, est une jalouse de première ordre et ne tolère pas qu’on la quitte pour une autre. La preuve, son précédent petit copain s’est retrouvé en deux morceaux lorsqu’elle a tranché en deux la poupée vaudou à son effigie. Plutôt que d’essorer Amoreena et Rex, elle décide de maudire le zob de son ex, dont la semence transformera désormais ses conquêtes en de vilaines goules meurtrières.

 

 

Et devinez où se trouvait justement Mister Romanski lorsque le sort fut jeté ? Sur le tournage d’un film X bien sûr, à se faire pomper le dard par Amoreena et deux de ses copines pas timides. Devenues des maniaques aux yeux d’encre, elles trucident un réalisateur efféminé et décapitent un cameraman, tandis que Rex se dit qu’il serait sans doute bon qu’il pratique un exorcisme sur sa déesse de l’amour… L’amour que porte Richard Griffin à l’exploitation des 70’s n’était certes pas à prouver, mais elle éclate encore plus bellement dans The Disco Exorcist, auquel certains reprocheront un flirt un peu trop insistant avec le softcore, la large majorité du métrage étant en effet consacrée aux enculades à rollers ou aux cunnilingus sur un fauteuil en forme de lèvres. Mais si nos cocottes ont la gorge bien profonde, merci pour elles, elles savent aussi magner le couperet, et lorsqu’elles sont en infériorité numérique pour trancher du zgeg lors d’une orgie new age, des démons atteints de calvitie et à la peau calleuse les rejoignent pour arracher quelques colonnes vertébrales. Le gore est cheapos mais volontaire, et encore une fois, à condition de ne pas se fâcher de se prendre du sein mou dans la gueule toutes les deux minutes, l’ensemble sait occuper le chaland entre deux salves démoniaques.

 

 

Et puis, même si cela blablate toujours pas mal, Griffin empaquette cette fois de bons dialogues, soit dédiés à la fornication (tiens donc…), soit au ridicule de l’église. Peu de chances que le Vatican organise une soirée drive-in avec The Disco Exorcist à l’affiche, ni que le pape François applaudisse des deux mains et des pieds lorsque l’homme de ménage de la discothèque avoue avoir été curé au Brésil mais y fut forcé d’abandonner les vêtement liturgiques parce qu’il aimait un peu trop la compagnie des petits garçons. Certains en ravaleront leur hostie, et les moins catholiques apprécieront la charge, maintenue lorsque le frère de Rex, prêtre n’acceptant pas la vie de débauche de son drogué de frangin, est découvert en train de se faire enfoncer un gode dans le pot de Nutella par une pute déguisée en bonne sœur. Belle aura de blasphème donc, et une petite Série B tirant le meilleur parti de ses moyens minuscules (variété dans les décors, figuration généreuse, effets bien branlés, filtre old-school zouli comme tout) et filant comme un seul homme derrière le rideau « adults only » de nos vieux vidéoclubs. Attention par contre : une exposition prolongée à The Disco Exorcist sans les protections adaptées risque de susciter en vous une forte envie de baiser. D’ailleurs vous m’excuserez, mais j’y vais.

Rigs Mordo

 

 

  • Réalisation : Richard Griffin
  • Scénario : Tony Nunes
  • Production : Ted Marr
  • Pays : USA
  • Acteurs : Michael Reed, Sarah Nicklin, Ruth Sullivan, Gio Castellano
  • Année : 2011

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