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Bonne, et dernière, année

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Un nouvel édito sur Toxic Crypt ? Tu ne rêves pas, ami voyageur des mondes obscurs. Et tu comptes bien, copain bourlingueur des souterrains malfamés : cela fait bien deux ans que je n’ai plus pondu ce que l’on appelle communément un billet d’humeur. Que je n’ai pas pris le clavier pour me répandre en sentiments, bons comme mauvais. Par manque de temps (un peu), d’envie aussi (beaucoup). Alors vous vous dites probablement que me revoilà dans la colonne de l’éditorial pour vous souhaiter une belle et heureuse année, une santé de fer, un larfeuille bien rempli, des orgies par milliers et toujours plus de séances horrifiques. Je vous souhaite évidemment tout cela, tout en étant bien conscient que se gueuler « happy new year » à la face n’a jamais eu d’impact sur l’année de qui que ce soit, en bien comme en mal, mais c’est une annonce autour de laquelle je tourne depuis quelques temps déjà qui me pousse à noircir un nouveau fichier Word. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, d’autant que j’ai déjà perdu assez de tifs comme ça à me demander quelle tournure de phrase serait la plus subtile pour dire un fait pourtant simple : Toxic Crypt entre en 2022 dans son ultime année, et je dynamiterai donc l’entrée de ma caverne nucléaire dans quelques mois, probablement à l’automne.

Aucune raison grave à ce choix, mais un total de petites, amassées avec le temps, d’inégales importances. Tout d’abord, la confection de Black Lagoon Fanzine, co-créé avec le comparse Jérôme à l’été 2015, n’a eu de cesse de rogner toujours un peu plus de mon temps, et en période de bouclage du fanzine, patauger dans le lagon noir tout en gérant l’officine de la crypte toxique est tout ce qu’il y a d’épuisant. Certaines journées particulièrement chargées, je quittais les obligations de la vie quotidienne en fin d’après-midi pour écrire ou publier une chronique pour le site avant, en soirée et après un repas vite avalé, de coller à la correction de textes, l’écriture de nouveaux ou me pencher sur la maquette d’un nouveau numéro de BL. Une charge parfois un peu lourde, qui me fait baigner dans le cinéma horrifique des semaines quasiment entières et ne me laisse que peu de temps pour autre chose. Un choix devait donc être fait, et c’est celui de faire s’effondrer la crypte qui fut gardé, malgré l’obligatoire pincement au coeur qui s’en suivra.

Ensuite, 2022 me semble être la date idéale pour mettre un terme à mes nauséabondes activités. Si le site fut officiellement lancé à l’été 2013, j’avais en vérité commencé à travailler dessus dès 2012, créant un blog que l’on peut considérer comme d’entraînement – nommé L’Enfer aux Pellicules, rien à voir avec les peaux mortes qui font des Monts Blancs de vos crinières – et m’essayant alors à la rédaction de chroniques, dont certaines finiront par atterrir sur Toxic Crypt. Cela fera donc dix ans que j’ai quitté le siège de spectateur pour m’essayer au commentaire, et cela me semble une bonne date symbolique pour passer la corde au cou du site.

Enfin, et peut-être surtout, je me sens tourner en rond depuis un bon moment, jusqu’à en avoir le tournis. Dix ans, cela signifie aussi plus de 1300 chroniques de films – et c’est sans compter celles de livres, fanzines, les news et les quelques interviews menées plus ou moins régulièrement il y a quelques années – quasiment écrites par ma seule main (David me prêta main forte pendant un temps, et je l’en remercie encore). Il y a un nombre limité de critiques que peut écrire un seul homme sans se répéter, et cela devient encore plus difficile lorsque l’on parle d’un genre aussi codé que l’horreur, où toutes les productions d’attaques animalières sont structurées de la même manière, où toutes les invasions martiennes s’orchestrent pareillement, où les sols de toutes les maisons hantées craquent de la même façon. Il me reste beaucoup de films à chroniquer, et cette dernière année d’activité ne pourra tous les couvrir. Mais je suis persuadé de m’être un jour ou l’autre penché sur un film similaire en tous points à ceux à venir, et couvrir cet éternel recommencement, cette gigantesque ode à la reprise et au bis repetita qu’est l’industrie de la Série B, ne m’excite plus comme aux premiers jours. Mon vocabulaire commence à manquer – il n’y a pas des milliards de manière de traiter du 497ème sous-Vendredi 13 sorti dans l’année -, mes opinions se rejoignent avec les années. Autant se taire si l’on n’a plus rien à dire, et donc commencer à fermer sa bouche tout doucement, pour se concentrer sur les articles plus longs, parfois pas loin de l’enquête, que je fais dans Black Lagoon. On me rétorquera qu’il ne tient qu’à moi de baisser le rythme, que rien ne m’oblige à pondre trois chros par semaine. Oui… Mais il n’y a rien de plus triste qu’un site internet mis à jour tous les quatre jeudis. Je ne veux pas d’une respiration artificielle. On me dira aussi qu’il me suffit de m’éloigner de ces séries Z interchangeables avec des vampires aux râteliers en plastoc ou aux bestioles empaillées censées être de terribles fauves, et m’intéresser un peu plus aux jeunes auteurs apparus ces dernières années. Désolé, mais il m’est impossible de feindre le moindre intérêt pour un Midsommar ou un Titane. Je n’ai rien contre ces titres. Ils n’évoluent tout simplement pas dans mon champ de vision, et je n’ai aucune envie de tourner la tête et trahir l’identité du site pour lui donner un second souffle.

Et puis, pour être parfaitement honnête, je ne suis plus « dedans » depuis un petit moment déjà. Je ne me tiens plus au courant des sorties des éditeurs, me tiens très à l’écart des réseaux sociaux, et ne vois bien souvent de nouveaux films du cru qu’en me forçant, pour ne pas laisser la crypte à l’abandon. Qu’elle se remplisse pour que ne puisse résonner mon manque d’intérêt pour ce qu’il se passe désormais dans le milieu. Au point que j’ai pris les annulations consécutives du Retro Wizard Day avec un certain soulagement : je ne me voyais pas là-bas à reprendre une grosse louchée de « bis » (terme utilisé à toutes les sauces que je finis par ne plus voir en peinture, pour tout dire). Avoir vu quatre à cinq films typés crocs dans la nuque et tire-bouchon dans les roustons à la semaine n’a sans doute pas aidé à éviter l’indigestion, j’en conviens. J’aime toujours le genre. Profondément. J’ai baigné dedans dès mon plus jeune âge, poussé dans le cinéma qui trouve ses racines en enfer par mon père, lui-même en bons termes avec l’horreur. Et depuis sa mort en 2017, c’est plus fortement encore que je chéris ce cinéma si fondateur me concernant. Mais il faut savoir ralentir aussi, et Black Lagoon Fanzine est peut-être une aventure plus excitante qu’un Toxic Crypt. Plus complète, plus créatrice, permettant plus de choses.

Alors allons-y pour une dernière année, que je vais tenter de soigner au maximum, avec des films triés sur le volet pour leur grande majorité, où seront accueillies à nouveau des figures régulières de Toxic Crypt, car j’ai quelques filmographies, si ce n’est à compléter, au moins à élargir un peu. Tout travail non fini ici le sera probablement dans Black Lagoon à travers les années. J’en profite pour répondre une question qui m’a été systématiquement posée par les quelques personnes mises dans la confidence de cet arrêt d’activité prochain : non, le site ne restera pas en ligne. Une fois l’hébergement terminé, ça sera le black out définitif. Pas par radinerie de ma part, mais parce que, encore une fois, je trouve qu’il n’y a rien de plus triste qu’un site laissé à l’abandon. Et je sais que si je ne coupe pas le cordon une bonne fois pour toutes, je finirai par replonger. Ce à quoi je ne tiens vraiment pas. En outre, j’aime assez l’idée de mettre le feu à tout, d’avoir passé dix années à entasser des archives… pour mieux les faire disparaître. Sentiment renforcé par le spectacle pitoyable auquel j’ai pu assister voilà quelques mois, lorsqu’un rédacteur s’en prit à un ami qui partageait sur le net, dans une seule volonté de partage et de promotion du fanzinat, les pages d’un fanzine introuvable depuis des lustres, auquel le rédacteur en question avait participé. Ce dernier se mit à sortir les grands mots de la propriété intellectuelle en guise de menace, pour un fanzine des années 90 que personne ne lirait plus jamais sans le blog incriminé, dont les neuf-dixième du milieu ignoraient jusqu’à l’existence. Si tout foutre en l’air me permet de ne jamais ressembler à ces types persuadés que leurs écrits d’il y a trente ou quarante ans sont désormais tables de la loi, alors je suis heureux d’allumer la mèche de mon autodestruction.

Nous en reparlerons à l’approche de la date fatidique, j’ai quelques remerciements à faire, un verre à lever en l’honneur de certaines personnes. D’ici là, j’espère faire de mon mieux pour les quelques mois à venir – qui resteront généreux, si mes calculs sont bons vous devriez tout de même bouffer encore une bonne centaine de chros d’ici l’automne – et que mes habituels lecteurs perdus dans mon caveau, que je remercie à nouveau, continueront de s’y détendre.

Merci.

Rigs

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Sortie DVD Thierry Zéno

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Amis du bizarre, bonsoir. Et amis des morts se languissant de la Toussaint, la Cinematek et la Cinémathèque Royale de Belgique, et la Cinémathèque de la Fédération Wallonie-Bruxelles pensent à vous et avancent les commémorations des défunts en sortant un double DVD compilant les trois longs-métrages du belge Thierry Zéno, restaurés pour l’occasion. Vase de Noce (1974),le seul réel film du lot, les deux autres étant des documentaires, ou le film expérimental poussé à son paroxysme, pour s’attaquer frontalement à bien des tabous. On y croise un fermier enfermé dans une telle solitude, et de tels troubles mentaux, qu’il en tombe amoureux de sa truie, avec laquelle il finit par avoir des relations sexuelles. Bocaux d’urine, pigeons garnis de têtes de poupées, décapitation de poules et pendaisons de petits cochons : Zéno donne dans le drame âpre, décolore ses champs et coupe le son, usant du film muet et noir et blanc pour plonger dans la détresse amoureuse et mentale, ainsi que dans les liens entre l’homme et la bête. Une date à sa façon, et sans doute pas un film pour tout le monde, tant le choc y est fort. Pas étonnant finalement que le réalisateur se soit intéressé à l’artiste Georges Moinet, résidant d’un hôpital psychiatrique de Namur resté mutique durant 24 années. Une plongée dans un esprit ‘autre’ que ce Bouche sans fond ouverte sur les horizons (1971), bien sûr ajouté au DVD, au même titre que le guère plus gai, Des Morts (1979) qui scrute le trépas à travers un tour du monde on ne peut plus particulier, et s’invite aux enterrements des quatre coins du globe. La compilation sortira le 15 septembre, autant dire que nous y sommes, et sera disponible au prix modique de 21 euros. De quoi fleurir dignement vos collections.

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Black Lagoon numéro 5, précos ouvertes!

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Une petite (ou grande, c’est selon) nous revoilà avec notre cinquième numéro. Un numéro peut-être plus intime puisque, très prolifiques cette année, Jérôme et moi-même l’avons rempli à 97 % à nous seuls. Vous retrouverez l’équipe au grand complet par la suite, mais pour cette fois il faudra vous contenter de nous deux.

Au sommaire :

– Don Dohler, Rencontres du Troisième Type : réalisateur culte de la région de Baltimore, le regretté Don Dohler peut se vanter d’avoir rempli le ciel du Maryland d’OVNI menaçant, et ses terres et bois d’aliens guerriers, de psychopathes sanguinaires et de spectres flottants. The Alien Factor, Nightbeast, Blood Massacre, Fiend… Autant de petits classiques des années VHS, auxquels il faut ajouter les films de sa période Timewarp Films, comme Stakes ou Vampire Sisters. De petits budgets pour une grande aventure humaine, Don s’entourant toujours d’enthousiastes ou de sa propre famille et de ses amis pour tourner à moindre frais ses invasions meurtrières. Une épopée que l’on vous contera de A à Z, et pour laquelle nous avons réuni cinq interviews inédites. Se réuniront dans nos pages George Stover, son acteur fétiche depuis les débuts ; Leanna Chamish, comédienne fidèle des dernières années ; Dick Dyszel, alias le Comte Gore de Vol, horror host qui en profitera pour revenir sur sa carrière télévisée ; Mitch Klein, en charge des effets spéciaux sur plusieurs productions Timewarp ; et enfin Robert Long, ami de Don et spécialiste de l’horreur indépendante, producteur à ses heures. Plus de quarante pages à l’arrivée, histoire de vraiment tout savoir sur le bonhomme.

– Lorenzo Lepori, Underground Madness : qui a dit que le cinéma bis italien était mort ? Pas Lorenzo Lepori, qui s’évertue à le déterrer depuis des années déjà, à grands coups de Flesh Contagium, Notte Nuda et autres Catacomba. Venez assister à la renaissance du gore latin en la présence de son auteur, le jeune réalisateur acceptant, lui aussi, de répondre à nos questions.

– Give me a K.I.L.L. : elles sont mignonnes, elles connaissent leur choré sur le bout de la jupe, et finissent souvent mortes. Les cheerleaders, figure très secondaire du genre mais pourtant omniprésente, vient sautiller dans notre lagon au fil d’un dossier d’une dizaine de pages où nous reviendrons sur les films les plus connus avec des pom pom girls (Satan’s Cheerleaders, All Cheerleaders Die…) comme les plus obscurs (Cheerleader Massacre, Chainsaw Cheerleaders…).

– Twisted Souls, The Curse of Spookies : si Spookies est connu pour une chose, c’est pour ne pas faire grand sens. Et pour cause, produit par un mécène légèrement dingue et à l’égo surdimensionné, le tournage fut des plus animés, avec changement de réalisateur en cours de route. Inutile de préciser que l’on va tout vous dire sur les coulisses de ce film maudit…

– Rot Forever ! Cardiac Arrest : depuis le temps, vous allez finir par savoir que par chez nous, on aime se plier la nuque aux sons les moins doux. Cette année, c’est Cardiac Arrest, bande de furieux de Chicago, qui se voit analysée du bracelet à clous à la tignasse. Pour bien faire les choses, on a même tendu le micro à Adam Scott (guitare/chant), créateur du groupe qui a bien voulu nous révéler ses secrets de fabrication.

Enfin, vous trouverez quelques petites rubriques habituelles (DVD, bouquins, Up from the Sewers), pour 100 pages pile, en couleurs, format A4 comme toujours.
Les précommandes sont donc ouvertes pour ce cinquième numéro et ce jusqu’à la fin du mois. 15 euros frais de port compris, où que vous soyez ! Règlement via paypal à l’adresse jerome.ballay@orange.fr (n’oubliez pas de bien sélectionner « envoi à un proche » sinon paypal va se gaver et de bien NOTER VOTRE ADRESSE, on insiste sur ce point car beaucoup oublient) ou par chèque (contacter nous par mail, nous en parlerons ensemble). Comme d’habitude le tirage se fera en fonction du nombre de précos et le zine devrait être expédié mi-octobre si tout se passe bien avec notre imprimeur. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions. 😉

PS : A l’exception d’une poignée de numéros 3, les 1, 2 et 4 sont définitivement sold-out.

Merci de votre lecture et fidélité, et à très vite!

Augustin et Jérôme

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Deep Shock

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L’Italien Davide Melini n’en est pas à sa première visite dans la crypte, et un coup de mirettes à nos archives vous informera d’ailleurs que j’annonçais déjà la mise en chantier de Deep Shock en 2014, alors le nouveau projet d’un jeune auteur dont j’appréciais sans retenues les beaux The Puzzle (2008) et The Sweet Hand of the White Rose (2010). Quelques rides au coin des yeux plus tard pour votre serviteur, et un Lion (2017) salué en festival ainsi que de l’expérience gagnée sur les plateaux de séries prestigieuses pour Davide, notre rendez-vous avec le choc profond est enfin pris. Non sans une certaine attente, car ce long court – 30 minute au compteur, c’est gourmand juste ce qu’il faut – reçut en 2019 les félicitations du jury et quelques récompenses d’un bout à l’autre du globe, le Melini nouveau trouvant son public à Dublin comme à New Delhi. Il faut dire que bien que dialogué, Deep Shock mise avant tout sur son sens de l’image, que le réalisateur, fidèle à la culture horrifique de son lieu de naissance (son dernier méfait est néanmoins une production anglaise), va puiser dans le cinéma bis à la romaine. Nous voilà donc bons pour une plongée dans les méandres de l’esprit torturé de Sarah (Muireann Bird), dont les nuits sont moins belles que les jours depuis les décès de son grand-père et de sa sœur, et depuis lors elle ne rêve que de silhouettes malintentionnées, de demoiselles retrouvées estourbies dans leur baignoire, de ballons tâchés de sang roulant jusqu’à ses pieds et de fantomatiques apparitions. Puisque la déprime est tenace et l’âme en peine, la jeune fille reçoit la visite de curés inquiets, qui une fois de retour dans leur officine retrouveront des croix soudainement renversées et enflammées. Généralement le signe que ça ne va pas fort dans la région. D’autant qu’un homme portant le trench-coat noir retourne voir Sarah et la fille vivant avec elle, rasoir à la main, pour voir à quoi elles ressembleront une fois le nombril élargi. Autant dire que l’amoureux du giallo sera à la fête et ne manquera pas de penser à quelques beaux moments du genre, comme le trop souvent sous-estimé La Maison de la Terreur de Lamberto Bava, dont on retrouve les baballes trempées dans l’hémoglobine et des meurtres très physiques. Et le fervent agenouillé devant les sous-Exorciste à l’italienne façon L’Antéchrist sera aussi heureux de ce bref détour que s’autorise Davide dans le bureau d’un prêtre, où souffle un vent diabolique tandis que le petit Jésus se retrouve la tête à l’envers, et plus tard certaines pupilles deviendront noires comme de l’encre, preuve que le Malin parcourt un Deep Shock à la forme de recueil de ce que le bis made in Italy avait de plus mémorable. Quelques défauts subsistent, comme une première partie se complaisant un peu trop dans une pénombre presque totale, violente pour les yeux fatigués. Mais pour le reste, l’hommage touche et confirme la bonne santé de son auteur, à l’oeuvre cohérente et conforme à ce dont on en attend. Allez, encore un effort et le sieur Melini devrait accéder au long-métrage, et c’est bien tout le mal qu’on lui souhaite.

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RIP Cleve Hall

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On aurait aimé que ce soit un poisson d’avril de mauvais goût, mais c’est malheureusement bien vrai : Cleve Hall s’est éteint le premier avril dernier à l’âge de 61 ans. Frère du spécialiste des effets spéciaux et réalisateur Kenneth J. Hall (je ne vous vanterai jamais assez son The Halfway House de 2004), Cleve avait suivi le même chemin que lui en devenant à son tour un faiseur d’effets et de maquillages, dont le travail fut utilisé sur, entre autres, Ghoulies, Cauchemars à Daytona Beach, Metalstorm, Demon Wind, Troll, Evil Spawn ou Decapitron. Cheveux longs, barbe taillée avec soin, aisément reconnaissable pour ses accoutrement renvoyant volontiers à la culture gothique, il prêta aussi sa silhouette pour quelques Séries B, comme le The Halfway House du frangin, le Warlords sur lequel je suis revenu voilà quelques jours, le slasher Twisted Nightmare, Ragewar où il incarnait Jack l’éventreur ou encore Terminal Force. Fana de musique, il jouait dans plusieurs groupes de rock et eut l’honneur de créer plusieurs accessoires pour Alice Cooper et KISS. Une belle reconnaissance pour un mec définitivement badass.

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RIP Norman J. Warren

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Il y eut la New Wave of British Heavy Metal menée par Iron Maiden, Judas Priest, Saxon, Diamond Head, Pagan Altar, Satan et quelques autres, armée de chevelus venus durcir le ton au pays de Sa Majesté, et il y eut ce que l’on pourrait nommer la New Wave of British Horror, entre autres guidée par Pete Walker, Anthony Balch, Piers Haggard et bien sûr Norman J. Warren, et dont le but était de faire passer les productions maisons de la Hammer comme d’aimables contes. Corser le message, Warren, qui nous quitta ce 11 mars à l’âge de 78 ans, sut le faire à grands renforts de figures sataniques, de sorcières vengeresses et d’extra-terrestres violeurs. L’Esclave de Satan, Terror, Le Zombie venu d’Ailleurs, Inseminoid, Réveillon Sanglant (alias Les Mutants de la Saint-Sylvestre) : autant d’exemples d’un cinéma imparfait, pas toujours suffisamment riche pour faire honneur à ses ambitions, et il serait mentir que de prétendre que l’on a systématiquement passé un grand moment devant un film sculpté par le Norman, son réveillon de la nouvelle année pouvant en particulier être perçu comme longuet. Mais il y avait toujours chez l’Anglais ce petit je-ne-sais-quoi de captivant, cette grisaille toute britannique couplée à des sujets presque dérangeants pour l’époque. On se souviendra surtout de la noirceur de Satan’s Slave et de son Michael Gough tout en fourberie, et de la SF glauque d’Inseminoid, encore et toujours les meilleurs représentants d’une filmo certes vulnérable, mais définitivement attachante.

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RIP John Lafia

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C’est avec peine que l’on apprend que John Lafia s’est suicidé le 29 avril, à l’âge de 63 ans. Un nom que l’on ne retenait pas forcément mais que nous avons tous vu passer sur nos écrans au moins une fois, le bonhomme co-scénarisant avec Don Mancini et Tom Hollande Jeux d’Enfants (1988), le tout premier volet de la saga Chucky. Un pas si brave gars qu’il retrouvera pour le plutôt méchant second volet (ah cette scène finale dans l’usine de poupées!), cette fois à la réalisation. Il récidive trois ans plus tard avec le canin Max, Le Meilleur ami de l’homme, film de chien tueur un peu oublié de nos jours mais dont les petits Belges (donc votre serviteur) se souviennent pour sa diffusion télé dans les années 90, le toutou devenant pour quelques jours un sujet de conversation dans les cours de récré. Il se consacrera ensuite aux films (Bombmeister avec Jeffrey Jones) et aux jeux interactif (Corpse Killer notamment) avant de passer par la petite lucarne via les téléfilms Monster! (1999) et Rats (2002) et des épisodes de séries comme Babylon 5. Un exercice qu’il connaissait bien pour avoir déjà touché aux Cauchemars de Freddy dans les années 80. Un rouage globalement méconnu du fantastique donc, mais gageons que sans lui un petit roux de latex aux intentions meurtrières ne serait peut-être pas entré dans la légende…

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RIP Joel M. Reed

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Nous nous estimions presque chanceux, nous les petits horror maniacs : le Covid, de manière assez inexplicable, semblait éviter les personnalités ayant un jour ou l’autre donné dans le zomblard qui gerbe ses lombrics ou le loup-garou lubrique. On l’a pensé trop vite, Joel M. Reed l’ayant contracté à 86 ans, pour ne malheureusement pas s’en relever… Si ce passionné de sport ne jouit pas d’une filmographie particulièrement garnie, au moins pouvait-il se vanter d’avoir proposer à un monde incrédule The Wit’s End – alias The G.I. Executioner une fois le film récupéré par Troma – et surtout le fou fou fou The Incredible Torture Show, lui aussi renommé Bloodsucking Freaks une fois tombé dans le catalogue de Lloyd Kaufman. Un véritable précurseur du torture-porn, où les fléchettes partaient dans les fessards de pauvres esclaves, où les docteurs déments trituraient du cervelet pour le plaisir et où les sandwiches étaient à la bite. Rien que pour ce beau défilé d’insanités, on regrettera fort Monsieur Reed…

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RIP Stuart Gordon

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« Bonne année, bonne santé » qu’ils nous disent en nous collant des bises baveuses au Nouvel An, ne manquant jamais de souhaiter, dans un sourire peu convaincu, que la prochaine sera meilleure que la précédente. Nous non plus, on y croit plus, et entre les catastrophes à peu près naturelles et les pandémies, la première moitié de 2020 ne nous colle pas une gifle, elle nous balance son coude dans l’oeil. Mais si la course à l’info et la mémoire très (trop) sélective de l’Homme fait qu’il aura tout oublié d’ici deux mois (qui se souvient encore de l’effroyable coup de chaud vécu par l’Australie il y a quelques semaines seulement?), l’horror addict ne risque pas d’effacer Stuart Gordon, malheureusement parti le 24 mars. « He’s Dead ? » « Not Anymore. » On aimerait évidemment que ces quelques mots tirés de son classique Re-Animator soient de circonstance, mais il n’en sera rien et il faudra compter sur la souvenance de ses fans pour le maintenir en vie. En passant : Netflix et compagnie c’est bien joli, n’empêche que pour garder ses idoles près du coeur, rien ne remplace le support physique, quoique l’on puisse en dire.

On ne refera pas le parcours de ce combattant de la Série B, on le connaît tous. Pour changer un peu des hommages habituels trouvables en ces pages où l’on revient sur les moments forts de la filmographie des défunts de la semaine, je vais me permettre une petite anecdote personnelle. Car si je ne verserai aucune larme suite à la perte de Stuart Gordon, personnalité sympathique mais à la retraite depuis quelques années déjà et dont, pour être tout à fait francs, on n’espérait plus le retour sur Toxic Crypt, sa disparition me rappelle que mon enfance s’éloigne encore un peu plus. Gordon, par chez moi, ce sera toujours les jaquettes des VHS de Dolls et Re-Animator, certainement celles qui firent le plus trembler le petit Rigs à leur seule vision. Celle de Dolls tout particulièrement, avec sa poupée qui vous regardait en même temps que vous la scrutiez, un artwork particulièrement glauque, et le souvenir de mon troisième film d’horreur (les premiers étaient Les Griffes de la Nuit et sa suite directe), vu un mercredi après-midi, soit une demi-journée d’école en Belgique, sans comprendre tout ce qu’il se passait à l’écran. Ce qui reste certain, c’est que ce gros ours en peluche soudain meurtrier me marqua sacrément… Si les jouets diaboliques me faisaient de l’effet, Jeffrey Combs n’était pas en reste : tout comme les jeux pour enfants, il me paraissait improbable qu’un docteur soit maléfique. Mon père l’était (docteur hein, pas maléfique), et la profession a pour but d’aider autrui, non ? Alors voir cette blouse blanche à lunettes, sa seringue verdâtre en main, devant une tête décapitée faisait travailler une imagination désormais bâtie sur les interdits. Un dimanche après-midi, juste avant d’aller chez mes grands-parents maternels, alors que je ne devais pas avoir plus de dix ou onze ans, mon père me proposa qu’on mate Re-Animator. Inutile de dire que deux heures plus tard, alors que je parcourais les champs de Wallonie, mon esprit était tout aux cunnilingus d’outre-tombe et aux chats écrasés mais toujours bien vivaces…

Du chemin, j’en fis avec le bon Stuart. Je croisai Christophe Lambert dans une forteresse futuriste, je fis connaissance avec le freak du château sombre, avec ces bestioles d’une autre dimension encore passionnées (on les comprend) par la plastique de Barbara Crampton, je nageai avec un dieu lovecraftien dans les eaux d’Espagne, je fouettai du fessier sous le pendule de l’inquisition et je fus témoin de la dure vie d’un homme encastré dans un pare-brise. Des bons moments, certains plus que d’autres (Stuck survit difficilement aux visions répétées), mais le plus souvent précieux, car pour certains familiaux. Merci pour tout ça, Stuart.

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RIP José Mojica Marins

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2020 commence plutôt mal pour les amateurs du cinéma d’exploitation. Outre une Dyanne Thorne, célèbre Ilsa, partie voilà quelques jours à peine, et bien évidemment l’estimé Norbert Moutier, c’est au tour du Brésilien José Mojica Marins de nous quitter à l’âge de 83 ans. Il était hospitalisé depuis une vingtaine de jours pour une bronchopneumonie. Mais si le corps s’en est allé, l’esprit perdurera chez les fantasticophiles, son personnage de Coffin Joe (ou Zé do Caixão dans son pays d’origine, Zé du Cercueil chez nous) étant de ces présences malfaisantes dont les cimetières du bis ne sauraient se séparer. Figure culte s’il en est, bien évidemment au centre de sa propre trilogie (At Midnight I’ll Take Your Soul, This Night I’ll Possess Your Corpse et Embodiment of Evil), travailleur funéraire dont les ongles prennent des proportions grotesques, Coffin Joe devint bien vite une icône, le Freddy Krueger brésilien ou le premier boogeyman du pays comme il fut souvent souligné. De ces rôles qui effacent tous les autres, et Joe se fraya un chemin jusqu’à l’univers des comics, tandis que son alter ego de la vie réelle José Mojica Marins devenait un horror host pour quelques émissions, et n’hésita pas à fricoter avec le death metal, tournant une partie de Nightmare Scenarios, DVD mélangeant clips et courts horrifiques du groupe Necrophagia. En espérant te retrouver en enfer, Zé !

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