Gothique tagged posts

Le Corbeau

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Outre d’évidents talents lorsque vient l’heure de jongler avec des bourses à moitié vides, Roger Corman avait pour lui l’art de frayer avec du beau monde. Dans le cas présent les légendes Vincent Price, Boris Karloff, Peter Lorre, Hazel Court et un alors petit nouveau promis à une grande destinée, Jack Nicholson, tous réunis autour du funèbre plumage du Corbeau (1963). Mais si celui-ci claque du bec, c’est plus volontiers pour vous faire pouffer de rire que pour vous faire revivre la terreur ressentie par le grand Edgar Allan Poe lors de sa rencontre avec le petit rapace.

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La Vierge de Nuremberg

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Grand seigneur du fantastique rital, auquel il offrit quelques droites briseuses de mâchoire (Danse Macabre, Pulsions Cannibales, La Sorcière Sanglante) mais aussi de trop douces tapes (l’emmerdant Contronatura et le lent La Planète des Hommes Perdus), Antonio Margheriti eut également le mérite de faire du bourreau, d’ordinaire une banale guirlande accrochée au fin fond des fresques inquisitrices, la star d’une bisserie pur jus. La Vierge de Nuremberg (1963), malgré son âge avancé, ne manque donc jamais de sadisme, d’action, d’aventure et d’ombres menaçantes. Bienvenue à la maison.

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La Nuit des Damnés (Les Nuits Sexuelles)

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C’est clair, Filippo Walter Ratti n’est pas de la Champions League en cinéma bis, réalisateur méconnu souvent planqué derrière le pseudo de Peter Rush. Mais ce n’est sûrement pas une raison pour snober le bonhomme, auteur – entre autres – d’un sympathique Mondo erotico (1973) : un docu menteur et sexy sur les caprices d’Eros around the World. On connaît cette musique. Mieux encore, Filippo commit le très décadent I Vizi morbosi di una Governante en fin de carrière, ou Crazy Desires of a Murderer à l’export (1977) : ambiance lascive au programme, plantée par une intrigue sise dans un castel mystérieux avec de jolies donzelles qui se dénudent à tout-va… avant d’être énucléées par le maniaque de service. C’est un peu bavard (l’enquête policière), même si le film réserve son lot de beaux moments pour qui sait apprécier le giallo fin de série.

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La Chair du Diable (The Creeping Flesh)

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Communément relégué au rang d’ornement enchaîné aux parois rocailleuses ou condamné à prendre la poussière dans un coin de donjon, le squelette prend sa revanche dans La Chair du Diable (aka The Creeping Flesh, 1972) en faisant tourner la tête aux stars anglaises Peter Cushing et Christopher Lee. De la Hammer pleine de mousse tombale ? De la Amicus plongée dans le raisiné humain ? Ni l’un ni l’autre : c’est aujourd’hui la Tigon (La Nuit des Maléfices, Le Grand Inquisiteur, La Maison Ensorcelée) qui régale.

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Double Assassinats dans la Rue Morgue

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Nouvelle légendaire s’il en est, le Murders in the Rue Morgue d’Edgar Allan Poe fut comme de juste un premier choix pour tous les producteurs désireux de taper dans l’effroi, ainsi qu’une valeur sûre pour un public effrayé à l’idée de se retrouver face à un singe muni d’un rasoir et prêt à encastrer vos restes dans une cheminée. Rien de tout cela dans la version 1971 d’AIP pilotée par Gordon Hessler (The Oblong Box, Scream and Scream Again, Cry of the Banshee), plus proche du sombre romantisme et de la haine masquée du Fantôme de l’Opéra que du terrible assaut simiesque.

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Le Château des Passions Sanglantes

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S’il y a débat quant au niveau d’implication du réalisateur/acteur Adrian Hoven dans le classique du film d’inquisition La Marque du Diable (1970, Michael Armstrong), aucun doute pour l’allemand Le Château des Passions Sanglantes (1968) qu’il aura bel et bien construit dalle par dalle et en usant sa propre spatule à ciment. Il n’y a cela dit pas particulièrement de quoi s’en vanter.

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The Dungeon of Harrow

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On connaissait bien évidemment le gothique à l’américaine façon Universal et sa descendance Cormanienne logée chez Poe, tout comme nous avions arpenté les citadelles hantées de la perfide Albion dont les visites guidées étaient assurées par une certaine Hammer Films, et nous avions, à plus d’une reprise, planté nos hamacs dans les cryptes aqueuses que peinturluraient gaiement Mario Bava et ses confrères italiens. Par contre, on l’avoue la queue entre les jambes, nous étions passés totalement à côté du gothique texan, mouvance à priori de courte durée et principalement incarnée par The Dungeon of Harrow (1962).

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La Bimba di Satana (Satan’s Baby Doll)

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Mario Bianchi avait de qui tenir si l’on en croit sa généalogie : d’après les RG, fils de Roberto Bianchi Montero (entre milles choses, le bon giallo La Peur au ventre), à la filmo barrée d’un gros X surtout… Parmi des titres hauts en couleur, j’avais été harponné par un Sexy Killer prometteur (1997) : j’y prédisais les parfums du thriller italien marié au porno 90’s. Mais après vérif’, rien à signaler de plus que des enfilades bourrines et viandardes…. Pendant plus de 2H30 en plus ! Même chose avec ce Lucretia – una stirpe Maledetta (ou L’Héritage de Lucrèce Borgia par chez nous) : les charmes de l’histoire italienne et les frasques de la famille Borgia ? Tu parles, Roberto Malone dans ses œuvres surtout, et les costumes n’y changent pas grand-chose…

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Lady Frankenstein

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« Only the monster she made could satisfy her strange desires ! » Dans le genre tagline vous accrochant la gueule comme un croc de boucher à visée laser, on a rarement fait mieux que Lady Frankenstein (1971), promesse d’orgies monstrueuses passées entre deux flacons à bouillir et trois éprouvettes gorgées de jus de cervelet. Et le tout sous un orage tonitruant, cela va sans dire. Si cette production italienne rendant toujours plus floues les différences entre les films du pays et la production anglo-saxonne ne va pas aussi loin qu’on l’aurait imaginé dans les ébats fétides, elle n’en garde pas moins de fiers et solides arguments sous ses boulons.

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Le Spectre Maudit (The Black Torment)

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Dans le monde brumeux du cinéma gothique, l’éternel « Jusqu’à ce que la mort nous sépare » n’a pas franchement droit de cité et ne tient que le temps que le curé le dise. Le Spectre Maudit (1964) en fait une nouvelle fois la démonstration en tourmentant un John Turner (The Giant Behemoth) avec lequel sa défunte épouse a encore quelques menus détails à régler.

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