Firepower

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Le futur n’est plus ce qu’il était, surtout lorsqu’il devient le passé. Sorti en 1993 mais se déroulant en 2007, Firepower nous apprend donc qu’il y a dix piges de cela, la cité des anges se scindait en deux zones distinctes et que l’une d’elle devenait la capitale de la violence ! Un film historique avec Gary Daniels comme guide musclé, en somme…

 

 

On en a déjà parlé dans la crypte mais une piqure de rappel ne peut pas faire de mal, d’autant qu’on cite assez peu ce producteur/réalisateur très estampillé 90’s : Richard Pepin, c’était pas forcément un manche. Bien entendu, en restant dans la division B, ce Canadien n’est jamais devenu un grand nom du septième art et son parcours le tient écarté de tous les livres so serious sur le cinéma et le fera plutôt tomber dans les bouquins à la sauce « nanar rigolol ». Ce seront donc plutôt les cinéphages entrant la bouche grande ouverte dans le premier Cash Converter venu qui feront office de clients du Pepin, le gaillard voyant la plupart de ses œuvres avec Don « The Dragon » Wilson ou Gary Daniels tomber dans l’enfer du déstockage. Tant mieux pour nous : pour quelques cents, nous voilà en effet en possession de petites bandes comme Cyber Tracker et sa suite, déjà chroniqués ici et ce que l’on pourrait appeler des modèles de séries B. Générosité au niveau de l’action, explosions de bagnoles ou d’hélicoptères, décors futuristes pas toujours crédibles mais volontaires, stars des bacs de soldes venues craquer leurs jean’s, de minces effets spéciaux (souvent des lasers),… La machine est bien huilée, la recette a fait ses preuves, les résultats sont là. Et il y a fort à parier que Firepower, deuxième long-métrage du Richard, l’a bien aidé à affiner sa méthode, à trouver son style pétaradant en tant que metteur en scène. Etant déjà producteur depuis une bonne dizaine d’années, notre artisan sait en tout cas qu’il va lui falloir s’entourer de noms capables d’attirer les amoureux des tatamis. Ce sera donc à Gary Daniels (qu’on ne présente plus) et Chad McQueen (le méchant décoloré des deux premiers Karate Kid) de tenir le haut de l’affiche dans ce qui se trouve être du pur Richard Pepin, en cela que ça bouffe un peu à tous les râteliers… Cyber Tracker mélangeait Robocop et Terminator ? Firepower continuera de puiser son inspiration chez Verhoeven, avant de virer vers Kickboxer et même de vriller sur le cinéma de Carpenter !

 

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Los Angeles, an de grâce 2007, soit six petites années avant que Snake Plissken ne vienne faire du surf à fond les ballons. La ville est scindée en deux parties bien distinctes, la première étant celle de l’ordre tandis que la seconde est un refuge crasseux pours hors-la-loi, un palais des plaisirs où tout est permis, où n’est interdite que l’interdiction. Mais également un gigantesque laboratoire où un génie du crime du nom de Drexal (pas un nom de chanteur aux Restos du Cœur, ça), organisateur de combats clandestins, s’apprête à mettre sur le marché un antidote permettant de se débarrasser du sida comme d’un rhume. Une bonne affaire, présentée ainsi, mais un gros problème en devenir, le vaccin étant en vérité encore plus létal que le virus qu’il promet de combattre. Du coup, le duo de flics formé par Sledge (Gary Daniels) et Braniff (Chad McQueen) enquêtent, motivés par le fait que le bras droit de Drexal, le gigantesque Swordsman (oui, c’est son blase), a fait un gros carton dans leur commissariat, dézinguant plus de poulets que dans les locaux de KFC. Assez peu ravis d’avoir vu leurs collègues transformés en glory holes humains, Sledge et Braniff s’infiltrent dans les tournois underground pour y traquer leur ennemi et tenter de le faire chuter… Du pur DTV de luxe, ai-je envie de dire, avec ses passages obligés : la mort d’un collègue poussant les héros à crier « vengeanceeeeeeeeeee », un grand vilain raffiné (ici Joseph Ruskin, un sous-Lance Henriksen) utilisant de véritables sauvages comme hommes de main, ses tournois d’art-martiaux plus ou moins violents, quelques bagnoles auxquelles on fout le feu parce que ça boostera bien la bande-annonce et le dos de la jaquette de la VHS, une petite romance assez prude pour faire bonne mesure et des personnages principaux musclés comme s’ils sortaient de la salle de sport du Mont Olympe. La rengaine habituelle, que l’on épice un peu plus ou un peu moins selon les cas, Pepin décidant pour sa part d’utiliser la vieille rengaine des mortelles joutes de gladiateurs dans des cachettes sombres et poussiéreuses. Un classique des nineties, les pelloches décidant de rendre Bloodsport plus extrême n’étant pas rares à cette époque et l’on peut, par exemple, citer aussi le Gladiator Cop avec Lorenzo Lamas. A se demander d’ailleurs s’il ne faut pas chercher derrière tout cela une influence des jeux vidéo de baston à la virulence variable sortis ces années-là, Mortal Kombat en tête de liste. Car lorsque l’on voit les noms donnés aux personnages, on ne peut que penser que Pepin avait branché sa Megadrive lors de l’écriture du scénario pour enchainer les fatalités sur son écran. Jetez donc un œil : Hammer, Swordsman, Viper, Tumor, Maniac, Ninja, Psycho,… Que des signatures de grands poètes, quoi !

 

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On ne sera donc pas surpris, au vu de ces patronymes de scouts, d’apprendre que ces animaux sortis d’un cirque sont partant pour se mettre sur la gueule pour un paquet de biftons. Du moins sont-ils payés s’ils gagnent, certains combats n’offrant au loser qu’une mort certaine, les armes étant tolérées sur le terrain, distribuée au fil du match. C’est dans ces jeux olympiques infernaux que tombent donc Daniels et McQueen, qui auront également quelques séquences de fusillades, une course-poursuite après un fourgon et une autre dans un tunnel pour varier un peu les plaisirs. Et surtout montrer les extérieurs : le gros de Firepower se déroulant dans une salle de free fight, avec son public hurleur et ses grilles électriques enfermant les combattants, il faut bien que Pepin imagine quelques séquences à l’air libre pour rappeler que nous sommes face à une œuvre futuriste. Ainsi, en plus des fringues de la flicaille, sans doute récupérées sur le tournage de Robocop 3 et légèrement modifiées, on se retrouve dans des rues sales très typées New York 1997, et on s’étonne presque de ne pas voir la bagnole du Duke débouler à un coin de rue. La comparaison s’arrête cependant là et la tension rencontrée lors du périple de Snake Plissken n’est pas jamais dénichée ici, même si Pepin fait tout son possible pour rendre son univers dangereux. C’est que ses badguys ne plaisantent guère, déboulant en plein QG de la police avec des fusils à pompe pour clouer les gendarmes aux murs, s’infiltrant au domicile des héros pour y zigouiller leurs femmes ou truquant leurs duels pour s’assurer que les gêneurs périssent. Malheureusement, en refilant l’un des gros rôles au catcheur Jill Hellwig, décédé en 2014, le bon Richard se tire un obus dans les orteils. Bien sûr, le mec est impressionnant et nous donne une idée du résultat obtenu lorsque le Mont Fuji encule un mammouth, et on a l’impression qu’il va exploser dès qu’il va faire ses lacets. S’il y arrive, le type étant si robuste qu’il doit sans doute être obligé de passer les portes à l’égyptienne, en marchant de côté comme un putain de crabe bodybuildé. Acteur nullissime, Hellwig se trimballe en plus une dégaine pas possible : ainsi, lorsqu’il se fritte contre Gary Daniels ou Gerald Okamura (que l’on a oublié de créditer au générique mais est bien présent !), on se demande ce que Dee Snider des Twisted Sister vient foutre sur un tel champ de bataille !

 

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Remarquez, Gary Daniels ne brille pas beaucoup plus, apportant ici l’une de ses pires performances en tant que comédien. Heureusement qu’il tient une sacrée forme et que les luttes le mettent bien en valeur, nettement plus qu’un Chad McQueen bien moins impressionnant physiquement mais meilleur acteur. En somme, cela ronronne plutôt bien dans Firepower : rien d’original, rien d’inédit, mais le spectacle est plutôt fun et tourné avec sérieux. Preuve en est la belle surprise (et attention, ça va spoiler) voyant le pauvre Sledge se faire décapiter par Swordsman le bien nommé, l’un de nos deux héros passant donc de vie à trépas. Plutôt étonnant dans un buddy movie… (fin des spoilers !) Pepin fait donc de son mieux pour divertir le chaland, balançant à son petit actioner un rythme des plus satisfaisants. Sympathique, donc, à défaut d’être indispensable.

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Richard Pepin
  • Scénario : Michael January
  • Production : Richard Pepin, Joseph Merhi
  • Pays: Canada, USA
  • Acteurs: Gary Daniels, Chad McQueen, Joseph Ruskin, Jim Hellwig
  • Année: 1993

2 comments to Firepower

  • Roggy  says:

    Ah les années 90 et ses coupes de cheveux longs digne d’un clip du groupe « Europe »… Sur la dernière photo, on se demande même si ce n’est pas un film de David DeCoteau 😉

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