Tomb of the Werewolf

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Le rêve de tout fan de film d’épouvante n’est-il pas de voir ses idoles venir faire quelques pas chassés horrifiants devant leur caméra ? De pouvoir diriger une légende et ajouter un nouveau fait d’armes à son mythe ? On imagine donc la joie intense ressentie par le vieux copain Fred Olen Ray lorsque le grand Paul Naschy vint trimballer ses muscles sur son plateau, dans le but évident d’offrir de nouvelles aventures à son personnage culte, le lycanthrope Daninsky ! Allergiques aux poils de chien s’abstenir…

 

 

Il y a des alliances, hautement improbables, qui ont le don de faire monter la sève dans nos gros bonzaïs. Imaginez donc : Paul Naschy, le poilu transalpin, sortant crocs et griffes une nouvelle fois sous la caméra de Fred Olen Ray, le roi de la Série B immédiate et généreuse en mamelons. Une union pour le moins virile, les deux hommes disposant chacun d’un passé sur les rings en tant que catcheurs, mais tout de même étonnante tant on n’aurait jamais imaginé voir un jour le copain Jacinto Molina côtoyer des pin-ups échappées de Playboy, que le Fredo a l’habitude d’engager pour apporter un soupçon de féminité sur son set. Et on se figurait encore moins que le grand Ray allait un beau jour de 2004 apposer sa patte sur la saga de l’El Hombre Lobo, la franchise ne cessant de tourmenter le louveteau Waldemar Daninski étant si liée aux seventies et au pays de la corrida que l’on a du mal à voir notre canidé quitter l’eurotrash de cinéma de quartier pour le direct-to-video débordant de second degré et produit à la chaîne. De plus, on imaginait sans mal que le peu remarqué Licántropo de 96 signerait la fin de ce rodeur des nuits de pleine lune qu’est Daninsky. Et pourtant, huit années plus tard, Fredo recolle sa moustache à Jacinto, trimballé de l’Espagne aux states. Une bonne occasion pour le lupus ibérique d’aller visiter la Ackermansion, temple de tous les fantasticophiles du monde entier puisque petit musée des horreurs dans lequel vivait Forrest J. Ackerman, créateur de la revue Famous Monster of Filmland. Et bien évidemment d’agresser de nouvelles demoiselles dénudées dans des forêts brumeuses, comme au bon vieux temps, la malédiction du pentagramme restant toujours aussi forte, 36 ans après le culte Les Vampires du Dr. Dracula

 

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Moyen-Âge, Europe. Sadique finie, la comtesse Elizabeth Bathory attache de jolies jeunes filles à des troncs d’arbres, les déshabille et les torture avec la lame de sa dague après les avoir pelotées. Enviant leur jeunesse, la quarantenaire fait alors un pacte avec le diable, qui dans le monde de Fred Olen Ray porte une boucle d’oreille à la George Michaels. Pourquoi pas… Lucifer exauce alors le souhait de sa fidèle, non sans lui refiler le mode d’emploi en passant, une notice que vous connaissez tous : pas de cure de Juvamine ou de bain au lait d’ânesse pour garder la forme mais une douche dans le sang de pauvres pépées égorgées. Et très taquine, elle décide également de s’approcher du noble Waldemar, amoureux d’une jeune rousse très malade et déjà bien installée dans son lit de mort. Priant pour une guérison, Daninsky tombe sur une Bathory lui assurant que pour sauver sa promise, il devra rouler un gros pâlot à la démone. Au départ réticent, l’Espagnol finit par accepter de coller ses lèvres à celles d’Elizabeth… qui en profite pour lui refiler la malédiction du loup ! Alors certes, sa copine ne risque plus de cracher son âme dans un dernier soupir, mais elle est désormais tuée par son compagnon, à la pilosité accrue et à l’esprit fou ! Ca valait bien la peine, quoi… Désormais enragé et mordillant les os de tous les villageois croisant son chemin, Waldemar se voit calmé par les siens, résignés à lui planter une croix d’argent dans le cœur. Les siècles passent et la résidence Daninsky appartient désormais à un lointain descendant du loup-garou, un rejeton persuadé que le château familial cache un gros trésor dans ses tréfonds. Désirant également s’attirer une petite publicité, Richard Daninsky décide de demander de l’aide à une émission de télévision spécialisée dans les phénomènes paranormaux, du genre « Je vois le visage de la Vierge chaque matin quand je beurre mes tartines » ou « Les Martiens viennent poser leurs pèches dans mon potager tous les dimanches ». Désormais accompagné d’une petite équipe constituée de jeunes musclés et de demoiselles ne manquant pas d’attributs, Richard s’élance dans la course à l’héritage. Et lorsqu’il pose ses valises entre les pierres qui sont désormais les siennes, il découvre que la bonne à tout faire des lieux n’est autre qu’une Elizabeth Bathory souhaitant le réveil du vieux Waldemar. Un retrait de crucifix de luxe plus tard, notre p’tit loulou reprend du poil de la bête et attaque tout gibier se présentant à lui…

 

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Scénario bien évidemment assez simple que voilà, le premier de la série à ne pas avoir été écrit par Paul Naschy en personne, Fred Olen Ray gardant la mainmise sur son fichier Word. Inutile dès lors d’espérer le retour des hommages débordant d’amour que le Molina avait pour habitude de coucher sur papier auparavant : avec Ray, ça va nettement plus vite et l’on garde dans un coin de la tête que le tout se doit d’être faisable, que l’on devra tourner l’ensemble en quelques jours à peine. Pas de place pour le surplus et les excentricités, dès lors, pas plus que pour de longues heures de maquillage pour notre satanée créature. Et si l’on sait fort bien que les précédentes mésaventures du pauvre Waldemar n’étaient pas des blockbusters, que L’Empreinte de Dracula ou La Furie des Vampires étaient déjà considérés comme des bandes pas loin d’être miséreuses, elles doivent passer pour d’ambitieux périples à côté de Tomb of the Werewolf. Et comme toute bonne Série Z sortie après 1990, on tente de masquer son manque de moyens en utilisant l’effet spécial le moins cher du monde : la poitrine féminine ! Et c’est donc parti pour de l’arrachage de haut, au gré des enlacements lesbiens ou des petites parties entre hétéros, chaque comédienne (ou presque) étant priée de faire pointer ses tétons en direction de l’objectif. Quoi d’étonnant là-dedans, d’ailleurs ? C’est du Olen Ray et le zig’ annonce la couleur dès son casting, envahi par les anciennes pornstars ou des habituées du DTV en tenue d’Eve. La grande copine de Fred qu’est Michelle Bauer (passée du cul au gros Z: The Tomb, Hollywood Chainsaw Hookers, Gingerdead Man 2,…) porte la robe de la garce Bathory tandis que les rôles des jeunettes tombent dans les petites culottes de Beverly Lynn (Terror Toons), Jacy Andrews (depuis tombée dans le porno de cougar), Danielle Petty (Zombie Nation) ou Monique Alexander (belle blonde venue du X elle aussi). Erotique, cette « tombe du loup-garou » l’est donc nettement plus que la plupart des autres métrages du Naschy, par ailleurs assez peu présent malgré son statut de tête d’affiche. Le réalisateur se serait-il rendu compte que le vieux costaud a bien du mal à aligner deux mots en good english ? On peut le supposer puisque Paulo, coiffé d’une perruque ridicule, passe la majorité de son temps à se cacher derrière des piliers de pierre ou des arbres, du moins lorsqu’il ne laisse pas son noir duvet l’envelopper et le rendre bestial.

 

naschy2Miroir mon beau miroir, dis-moi qui a les plus gros!

 

Puisqu’il devra jouer les malheureux mutiques, Naschy a bien le droit de se consoler en grognant à la mort ou en mordillant quelques nuques. Ou plutôt des épaules, l’anémie du budget limitant les effets gore à de gentilles coulées de sang le long des poitrines de nos pauvres nénettes. Reste que si l’on imaginait qu’il n’allait guère laisser transparaître sa sombre fourrure – la faute à un script laissant la part belle à des dialogues inutiles (c’est que ça ne coûte pas un brouzouf, la parlote…) -, force est de constater que le Waldemar ne reste pas trop longtemps allongé dans son cercueil et reprend son carnage assez fréquemment, apparaissant à l’écran avec une belle régularité. Malin, Fred Olen Ray saute d’un flashback sanglant à un meurtre contemporain, laissant la place à Bathory lorsque le pauvre Naschy subit un coup de pompe, la perfide MILF attachant une donzelle dans les douves pour la torturer. Plutôt soft, en tout cas nettement plus que quelques Naschyseries passées comme Le Bossu de la Morgue, pour ne citer que le plus évident… Avec un rythme alourdi par de fatigants bavardages et de la violence sans mordant, Tomb of the Werewolf part d’autant plus mal qu’il est bien évidemment inutile de compter sur des comédiens très limités, même si l’on notera que la Bauer met du cœur à l’ouvrage. Un peu trop même, la dame aux gros poumons écarquillant les yeux au-delà du raisonnable lorsqu’elle veut jouer les furieuses. Heureusement, une fois n’est pas coutume, la production bénéficie de fort beaux décors, un castle que Ray compte bien arpenter de long en large avec la ferme intention de retrouver l’atmosphère vaporeuse du gothique des sixties. Marais envahi par le brouillard, forêt embrumée, froid donjon, crypte cachée, vieux ponton que l’on traverse au petit matin,… On pourrait presque se croire revenu au bon vieux temps s’il n’y avait pas cette patine DV et quelques détails donnant un côté « toc » à l’ensemble, à l’instar de ces plages musicales allant du jazz ringard pour les minutes érotiques au heavy metal cliché pour les repas sanglants de l’homme-loup.

 

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Un doux parfum old-school permettant d’élever (de sauver ?) un spectacle du reste plutôt attendu. Rien ne distingue en effet réellement Tomb of the Werewolf du tout-venant de l’époque : la bébête court après les hurlantes et peu farouches nanas, le tout à grand renfort de chaudes étreintes, d’un filmage paresseux (pas de chichi, plan taille pour toutes les séquences !), et d’un second degré soulignant que personne n’est dupe de la qualité du produit ici mis en vente. Il serait d’ailleurs bien difficile de prendre au sérieux le résultat final, régulièrement involontairement drôle et ce dès son générique de début, voulu grandiloquent mais sentant fort Windows 95, ou la mort de la pauvre Michelle Bauer, réduite en cendres pixelisées. Sans la présence de Naschy, nous serions donc en possession d’un banal B Movie, à mi-chemin entre ce que fait Olen Ray d’ordinaire et les filouteries de Charles Band, avec ce que cela comporte d’avantages et d’inconvénients. Mais ne faisons pas les fines bouches : un big bad werewolf, une star passée du cinéma d’horreur reprenant son vieux costumes, des bustes efféminés rarement cachés par de foutus tissus, une forteresse où l’on torture et ronge les os d’actrices X,… Pas besoin de calculatrice pour faire les maths, tout cela suffit à faire sauter mémé de son fauteuil électrique et c’est tout ce qu’on demande !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Fred Olen Ray
  • Scénario : Fred Olen Ray
  • Production : Kimberly A. Ray, Anthony Francis
  • Pays: USA
  • Acteurs: Michelle Bauer, Paul Naschy, Stephanie Bentley, Danielle Petty
  • Année: 2004

2 comments to Tomb of the Werewolf

  • Roggy  says:

    Dès qu’il y a une bête poilue et des seins en évidence, je vois bien que le petit Rigs frétille comme un panda affamé. Je te crois quand tu dis que ça permet de sauver l’affaire même si on a vraiment l’impression d’être devant un boulard au vu de la photographie 🙂

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