Dark Angel

Category: Films Comments: No comments

Les anges, ces merveilleux êtres folkloriques, si lumineux et bons. Forcément, dans un film avec Dolph Lundgren, ils débarquent en soucoupe volante pour trouer des crânes et faire sauter la moitié de la ville. C’est ça, la finesse divine, les mecs.

 

Pauvre Dolph. Le gaillard, pas plus mauvais qu’un autre, n’aura jamais réussi à se faire une vraie place au soleil, le grand public ne voyant pas en lui l’égal d’un Stallone, d’un Van Damme ou d’un Schwarzenegger. La faute à un manque de succès, son plus gros carton restant probablement Rocky 4 dans lequel il incarnait le russe Ivan Drago qui foutait sa branlée à l’étalon italien. Les The Punisher, Red Scorpion et autres Dans les Griffes du Dragon Rouge ont beau être de très sympathiques films de bourrin, ils n’ont pas explosé le box-office et fait du suédois une star des grands écrans, pas plus que le fait qu’il éclipse totalement Van Damme dans Universal Soldiers en tenant le rôle d’un méchant à la coque bien fendue. Mais si les grands écrans ne veulent plus de lui, les petits l’accueillent toujours, celui qui joua Musclor dans l’adaptation live des Maitres de l’univers continuant de bien vendre ses VHS et DVD, souvent de meilleur qualité que ceux d’un Steven Seagal, par exemple. La reconnaissance revient peu à peu grâce à son rôle de Gunnar Jensen dans les boiteux Expendables, le grand blond faisant le show, apportant une dimension humoristique à son phacochère de personnage, lui permettant d’être, et de loin, le plus sympathique de la bande de vieux cogneurs. Mais jouer dans des films d’action ne garantit pas forcément à un acteur de tomber dans l’enfer du bis, et vous vous demandez certainement pourquoi je vous emmerde avec Dolph Lundgren alors que vous ne rêvez que de monstres vomitifs, de corps en putréfaction et de vieux châteaux aux toiles d’araignées longues comme des rideaux. Vous avez bien raison mais n’enterrez pas trop vite le brave Dolph, qui a lui aussi sa place dans le fantastique grâce à Dark Angel

 

darkangel4

 

Oublié durant une bonne vingtaine d’années, Dark Angel commence à être réhabilité, petit à petit, le net aidant, les nostalgiques des années 80 louant ses dialogues orduriers au possible (du « pd » à toutes les sauces), son action à l’ancienne et son charme suranné. Le film jouit même de la sortie d’un Blu-ray, lui qui n’eu même pas le droit à une sortie DVD aux USA (par chance, MGM en offrit une à la France). Tourné en 89 et sorti en 90, le film ose le grand écart, mélangeant science-fiction et action, avec un soupçon d’horreur. Il met en scène Dolph Lundgren, cette fois dans la peau de Jack Caine, un inspecteur aux méthodes musclées et détesté de ses supérieurs pour ses méthodes un peu trop expéditives. Alors qu’il enquête sur un trafic de drogue, son coéquipier se fait trouer le cerveau par un groupe de dealers qui sont ensuite attaqués par… un extra-terrestre! 2m30, de longs cheveux blancs, des yeux blancs, la brute spatiale dézingue les trafiquants en leur envoyant un CD tranchant dans la gueule. A notre époque, ce serait sans doute un mp3. Caine n’y comprend rien, se demandant qui a bien pu décimer trois gus armés jusqu’aux dents d’un coup, tout comme le FBI qui met un de leurs agents, Smith (incarné par l’acteur de séries télé Brian Benben), sur l’affaire, le costar-cravate devant collaborer avec Caine. Il ne faut pas être un ponte du septième art pour reconnaître en Dark Angel la fusion entre Predator et L’Arme Fatale. Mais bon, pourquoi pas ? Ce sont des classiques des années 80, de grands films, alors quitte à copier sur le voisin, autant le faire sur un bon.

 

darkangel5

darkangel8

 

Si chez nous le film s’est toujours appelé Dark Angel, son titre original, il est plus connu aux states sous le nom I Come In Peace, retitrage découlant de l’existence de deux films portant le même nom dans les années 20 et 30. Pourquoi I Come In Peace ? Parce que c’est ce que claironne l’alien à longueur de temps, inspirant sans doute leur blague aux martiens de Tim Burton dans Mars Attacks!. Sans doute conscient que son physique de montagne et sa tronche de barbare n’inspirent pas la confiance, notre homme venu d’ailleurs se sent obligé de rassurer les gens d’un joli « je suis venu en paix », ce qui ne l’empêche pas de planter un fil dans le torse de ses victimes pour leur injecter de la dope puis leur perforer le crâne pour y retirer un liquide qu’il pourra revendre dans l’espace. Et oui, les extra-terrestres se shootent au cerveau humain, vous devriez le savoir depuis les Alien. C’est en tout cas ce que nous explique un second homme de l’espace, encore plus moche que le premier, mais gentil celui-ci. Son but ? Arrêter le premier, ne désirant pas que d’autres pourris dans son genre viennent envahir la Terre pour y commettre un carnage. Une bonne idée scénaristique car vu tout le bordel qu’en fait un, nos héros n’ont certainement pas envie de se retrouver avec une centaine. Bien sûr, personne ne va croire Caine, son histoire de drogués de l’espace balançant des compact-discs dans la gorge des gens n’étant, il est vrai, pas très plausible au premier abord. Même lui n’y croit pas trop au départ, menant son enquête dans les milieux de la drogue, qui viennent s’immiscer dans l’histoire puisque le chevelu d’une autre galaxie leur a piqué leur poudre blanche, pensant que c’est Caine qui a fait le coup. C’est que les emmerdes viennent de tous les cotés, ça explose dans tous les sens. Et c’est rien de le dire.

 

darkangel6

darkangel7

 

S’il doit rester une chose dans la tête du spectateur après la vision de Dark Angel, c’est le mot « BOUM!!! ». Car tout explose dans Dark Angel, tout. Vous voyez une voiture ? Elle saute. Un immeuble ? Il est réduit en cendres. La faute aux flingues des extra-terrestres, des mitraillettes dont chaque balle fait l’effet d’une bombe. Imaginez les dégâts en cas de rafale. Un déluge de pyrotechnie qui ne s’arrête que rarement, un amour de la flamme qui nous ferait presque penser que nous sommes devant un film de Michael Bay. En mieux, cela va sans dire, les explosions étant souvent très proches des cascadeurs qui ont du se griller quelques poils… Tout comme Lundgren, que l’on voit courir dans une usine alors que tout saute derrière lui. Le responsable de cette destruction massive se nomme Craig R. Baxley, réalisateur ayant officié sur de nombreuses séries tv et qui tournera la mini-série Rose Red, adaptée d’un livre de Stephen King. Pas vraiment un grand nom du genre, donc, ce qui ne l’empêche pas de fournir un travail remarquable. Bien shooté, le film nous offre de jolies scènes, comme celle de cette clocharde qui découvre des trous brûlants dans tous les murs de son immeuble abandonné avant de tomber face à face avec un alien. Baxley met parfaitement en valeur ses multiples effets enflammés et nous sort de très jolies séquences de vol de CD, quasi en vue subjective, l’arme passant d’une victime à l’autre sans attendre. Les fameux aliens en imposent d’ailleurs, faisant deux fois la taille d’un Lundgren qui n’a pas été habitué à se retrouver face à de tels sommets de barbaque à tabasser. Mais faisons une petite pause pyrotechnie, voulez-vous…

 

 darkangel3

darkangel1

 darkangel2

 

Bon point également pour Brian Benben. Alors que l’on s’attend à un sidekick agaçant de plus, il arrive à nous être sympathique, empêtré qu’il est dans ses certitudes, changeant peu à peu pour embrasser le point de vue du bourrin Dolph. Ce dernier se montre ici très correct lui aussi, son jeu d’acteur pas encore au point étant compensé par son charisme naturel. Il est le flic qui fonce dans le tas sans se poser de question, comme mille autres avant lui, mais on y croit, l’acteur étant de toute manière plus que sympathique aux yeux de votre serviteur. L’affrontement final qui l’oppose au trouduc de l’espace est assez réussi, moins centré sur l’action martiale qu’on pourrait le croire (Lundgren n’a de toute façon jamais été un acteur karatéka comme Van Damme, alors qu’il en maîtrise l’art), le suédois tentant de survivre aux gadgets ultra perfectionnés qu’on lui jette à la gueule. Et puis, il a l’occasion de sortir sa meilleure punchline (et sans doute la meilleur punchline du cinéma d’action): lorsque l’alien lui sort un ultime « I come in pieces », Dolph charge son flingue de l’espace au maximum, le vise et lui sort un sublime « And you go in pieces, asshole ». Dommage que la vf ai été mal adaptée sur ce coup, le héros répondant « Et tu vas nous foutres la paix » au « Je suis venu en paix » alors qu’un « Et tu repars en pièces » aurait fonctionné, les mots « paix » et « pièces » n’étant pas si éloignés que cela… Mais pas de quoi bouder son plaisir devant ce film d’action/science-fiction pétaradant, doté d’humour (le scientifique ami de Dolph qui hurle sans raison), de dialogues si injurieux qu’on ne pourrait plus les sortir aujourd’hui et d’une bonne réalisation pour une histoire se déroulant majoritairement de nuit dans une ambiance bien des années 80. Que demande le peuple ?

Rigs Mordo

 

darkangelposter

 

  • Réalisation: Craig R. Baxley
  • Scénarisation: Jonathan Tydor, Leonard Maas Jr.
  • Production: Jeff Young
  • Titres Alternatifs: I Come in Peace (USA, titre VHS)
  • Pays: USA
  • Acteurs: Dolph Lundgren, Brian Benben, Matthias Hues
  • Année: 1990

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>