Retro Wizard Day première édition

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Liège, nouvelle capitale du fantastique ? C’est en tout cas ce qu’une petite équipe de Belges ont tenté de prouver en organisant le Retro Wizard Day, convention qui s’assume et use des robots fous, des magiciens démoniaques et des démons rieurs pour redonner le sourire aux festivaliers mais aussi à quelques personnes touchées par la maladie…

 

On dira ce que l’on voudra de l’état actuel de la galaxie fantastique sur les territoires francophones mais il n’empêche que l’on n’est pas trop à plaindre. Certes, ce n’est pas l’Amérique et les artistes désireux de verser dans un cinéma jugé comme trop « autre » voient toujours les volets frôler leur nez en se fermant. Reste qu’on a de quoi s’occuper entre les fanzines, les revues pro toujours en vie, les éditeurs sortant de plus en plus de pépites pourtant bien enterrées et donc les évènements qui s’enchainent sans temps mort, au point qu’il ne se passe probablement plus un mois, voire une quinzaine, sans qu’un festival, un concert ou une séance spéciale ne soit programmée. Et le Retro Wizard Day, qui se tint le 2 octobre dernier, enfonce encore un peu plus profondément le clou dans le crâne des Pinhead en herbe que nous sommes, la pointe de fer touchant, une fois de plus, l’hémisphère du plaisir. La genèse de l’évènement, vous la connaissez suite à l’entretien avec Pascal Gillon, le sorcier rétro en chef, publié voilà quelques jours ici-même (et toujours lisible en cliquant ici). Enchanté par le Bloody Week-End, qu’on ne présente plus, l’ami Gillon (car oui c’est un ami, mais rassurez-vous, je vais le pourrir à longueur d’article pour prouver ma légendaire objectivité) s’est dit qu’il serait bien triste de devoir à chaque fois attendre douze mois pour réunir les passionnés de cinéma horrifique et fantastique. Pourquoi, dès lors, ne pas marcher sur les traces de Loïc Bugnon et son épouse ? Pourquoi ne pas lancer sa propre convention dans son fief, Liège ? C’est chose faite une année plus tard et vous allez voir que pour une première, le zig’ s’est franchement bien démerdé, surtout pour un petit gars stressé du lundi au dimanche et partant de zéro… Et forcé de faire face aux critiques habituelles dirigées vers ce type de représentation, parfois avant même que la salle accueillant les hordes de cosplayeurs et d’acheteurs ne s’ouvrent. Oui, mesdames et messieurs, c’est parfois chiant de se connecter sur Facebook et se prendre une vague d’affiches pour une seule et même convention, de prendre une grosse tasse d’annonces de nouveaux exposants, mais il n’y a pas de mystères : pour que pareil évènement soit reconduit, il lui faut du monde, et pour avoir du monde, il faut de la pub ! Je suis cependant bien navré pour vous que vos splendides photographies en plongée de vos décolletés ou de vos chaises de jardin passent inaperçues par la faute de ces projets, il est vrai que c’est un coup dur et qu’il est fortement déplaisant de voir ses égocentriques publications effacées au profit d’un évènement reversant tous ses profits au Télévie. Enculés de cancéreux, tiens !

 

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Ainsi, plutôt que de partir en vacances à New York avec la caisse et la monnaie durement gagnée par une équipe suant pour sa cause, le père Gillon a décidé de reverser les bénéfices au Télévie, sans doute pour se donner bonne conscience et se racheter pour toutes les fois où il pressait les malades traînant légèrement la patte sur les passages pour piétons. A moins que ce ne soit un vrai gentil ? Rien n’est moins sûr. Dans tous les cas, les chasseurs de fantômes, les extra-terrestres perceurs de front, les grands brulés aux griffes acérées, les spadassins des étoiles et les chevaliers des temps anciens auront, pour une fois, jetés leurs bisbilles derrière eux et se sont unis pour lutter contre le crabe démoniaque. Le temps d’une journée explosive, vous imaginez bien… Oui, une seule et unique journée, un choix peu habituel lorsque l’on parle des conventions, généralement étalées sur trois jours. Mais on ne va certainement pas se plaindre que le géniteur du Retro Wizard Day (RWD pour les intimes, ceux qui couchent avec Pascal, et ceux qui comme moi sont des foutus fainéants) avance doucement, humblement même, à une époque où l’on annonce des projets comme on va pisser, sans même s’assurer de leur faisabilité. Pascal n’a pas les yeux plus gros que le ventre (ça lui serait difficile, matez le bide qu’il a), avance à son rythme et si son bébé doit grandir, ce sera à son propre rythme, naturellement. Un esprit sain. Dans un corps malsain, mais on ne peut pas tout avoir. C’est donc un dimanche pluvieux et gris, Belgique d’octobre oblige, que s’ouvrent les portes d’un paradisiaque enfer. Car si les monstres et autres créatures improbables sont à l’honneur, c’est avant tout le plaisir que l’on a vu mis en avant, l’envie de s’amuser sans se prendre le chignon. Pour preuve l’accoutrement de Mister Gillon, déguisé en Herbert West, seringue fluo à l’appui, le savant fou réanimant les morts devenant le meneur d’une horde composée d’un pirate pervers, d’un rônin à la recherche de victimes à sabrer, d’un jeune Dr Who bronzé, d’une pulpeuse vampire, d’un doux dingue à la cuiller, une hôtesse très pulp (et que j’ai tenté d’arnaquer avec Damien Taymans du magazine Cinemagfantastique en me faisant passer pour un trans, histoire de récupérer un lot gagné par une certaine Valérie. Ca n’a pas marché…) et on en passe ! De quoi colorer le centre culturel de Chenée, qui accueillait donc un bon paquet de stands, plutôt variés qui plus est. Outre les obligatoires tables remplies de DVD (et bordel, en la matière il y avait de quoi trouver son bonheur !), on trouvait des boutiques consacrées aux fanzines, affiches, figurines, cartes de collection, peluches de petits chiens (ça c’est Uncut Movies, et je ne blague pas), mangas, bandes-dessinées, jeux-vidéos, bouquins (souvent avec leurs auteurs, prêts à user du stylo pour satisfaire leurs fans), fringues et autres joyeusetés ! C’est net, y’avait de quoi faire faire pleurer du plomb à nos pauvres larfeuilles !

 

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Et pour les quelques passants plus branchés par l’humain que par l’envie de trouer leur compte en banque, pas de soucis non plus puisqu’il y avait de la rencontre à faire. Vous connaissez les conventions, ce sont souvent des temples des retrouvailles, et c’était bien sûr le cas encore une fois. On retrouve de vieux copains (que je ne citerai pas, ils se reconnaîtront tous), on en rencontre de nouveaux (pareil !), on regrette les absents toujours trop nombreux, on boit un pot au bar, on rigole dans les allées, on cause cinoche gluant en se perdant dans les tas de DVD, on est un peu émus quand on se quitte,… On profite, quoi ! Et on n’a pas de mal à le faire puisque l’organisation était impeccable, ne souffrant d’aucun heurt majeur, et l’on sait qu’un mauvais fonctionnement peut vite pourrir un festival entier… Certes, la sono était un peu cracheuse et les baffles nous collaient des baffes. Certes, on se demande encore pourquoi le dernier gagnant des tirages au sort de la tombola (très très très généreuse, précisons-le) rafle les prix des absents alors que de nouveaux tirages auraient fait plus d’heureux. Mais pour le reste, rien à déplorer : la bouffe était bonne et variée (y avait du sucré comme des frites et hot-dogs), le bar accessible, les chiottes propres et jamais soumises aux files (toujours pratique quand on à la taupe qui commence à sortir le museau du terrier), les allées larges et permettant donc de circuler sans bousculer son monde, le tout dans une salle suffisamment grande pour tout y placer, mais pas assez pour retirer un visage humain au rassemblement. On ne se perd jamais vraiment de vue, on ne passe pas quarante minutes à chercher ses amis perdus et le site est en prime franchement accessible. Il serait bien malvenu de se plaindre, en somme, et l’on est toujours heureux de se paumer dans cette foule un peu fofolle. Car comme à chaque convention, on croise de tout. Des cosplayeurs talentueux branchés Ghostbusters ou Star Wars, avec Vador, Stormtroopers et tout le bordel (même si votre serviteur avoue bien franchement leur préférer le mec avec le masque de cheval ahuri, cause d’un beau rire avec l’ami Vincent et sa dulcinée Delphine, ou le Prince de Lu !), des vendeurs sympathiques prêts à vous faire un prix sur des articles déjà peu chers à la base, d’autres faisant plutôt dans la vente forcée en vous mettant presque leur production dans la bouche en espérant que vous ne sachiez pas dire non, des festivaliers sympathiques, d’autres bizarres (on a croisé un professeur Tournesol mais je ne pense pas que c’était un cosplay, un photographe en pleine déprime mais pourtant des plus joyeux, les femmes venant avec la liste d’achats de leur maris absents, des gars trop bavards, d’autres qui vous disent à peine bonjour,…),… En bref, la petite faune habituelle. Celle qui nous agace parfois, nous fait rire quelquefois, mais que l’on aime dans la plupart des cas et que l’on se plaît toujours à retrouver !

 

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Et les plus cinéphiles pouvaient également croiser un certain Fabrice du Welz, réalisateur le plus reconnu de la branche fantastique belge (Calvaire, Vinyan et compagnie, c’est lui), venu souriant et simple pour signer quelques DVD à ses fans, pour le coup franchement bien accueillis. Et tout cela pour pas un rond ! Respect. Tout concordait donc à faire de cette première édition du RWD un succès, de ces pauses dans l’année que l’on attend l’écume aux lèvres, de ces récréations qui nous voient sortir de classe en courant, trop pressés que nous sommes de déconner en groupe. Difficile de ne pas féliciter Pascal, sa belle famille (big up à Laurent et Marie) et ses amis et bénévoles, qui ont finalement sacrifié de leur temps et de leur énergie, voire même quelques nuits pour certains, pour notre bien-être à nous, pour notre balancer une journée inoubliable dans une quatrième dimension que l’on ne quitterait jamais si on le pouvait. Inutile de préciser que le visible succès de l’entreprise fait bien plaisir, d’une part parce que les Wizards le méritent, d’une autre parce que cela signifie que les chances de fouler à nouveau leur wonderland s’en trouvent agrandies. On ne s’en plaindra certainement pas, trop heureux que nous sommes de retrouver la famille, celle que l’on s’est choisie, d’autant que, pour une fois, l’éclate est pour la bonne cause du Télévie. C’est que c’est pas toutes les semaines que l’on peut délirer sur le gothique dépravé des années 70 tout en permettant aux gosses sortant de chimio de se payer une nouvelle paire de sourcils. Alors pourquoi s’en priver ?

Rigs Mordo

PS: gros merci à toute l’équipe, à tous les amis vus sur place et au Fanzinophile, qui m’a envoyé toutes les photos de cet article. Dans le lot, il y avait celle-ci, qui n’a aucun rapport mais que je vous offre tout de même.

 

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17 comments to Retro Wizard Day première édition

  • Pascal GILLON  says:

    Merci…

  • Jacques  says:

    Magnifique !!

  • Jacques  says:

    Et belle photo de chatte, aussi !

  • Nola  says:

    Enorme, la photo du chat ! Mais surtout, beau compte-rendu, Rigs, et un bien bel événement en effet. On ne le dira jamais assez, car nous on n’a qu’à se pointer et profiter, et pour ça c’est beaucoup de travail, de l’organisation et des exposants. Alors vive le RWD !

  • Evilfred  says:

    Beau compte rendu, ça donne envie 😉

  • Roggy  says:

    Excellent retour à la fois drôle et émouvant qui donnerait presque envie de franchir la frontière pour aller faire un gros smack à Pascal et toute sa troupe de timbrés. Bravo à tous et on comprend que le petit Pascal soit crevé à la fin de la journée, les quatre fers en l’air sur la dernière photo 😉

    • Pascal  says:

      T’as intérêt à venir l’année prochaine Roggy…Si tu promets et que tu tiens ta promesse , je me déguise en Chuck .

  • Pascal  says:

    Et je suis content qu’on apprecie mon côté félin. ..

  • Roggy  says:

    Je ne peux pas promettre d’être là mais en revanche, te voir avec une grosse moustache peut être un sacré concept pour l’an prochain 🙂

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