Demons House 2

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It’s time to party ! Mais à la mode Série B, bien évidemment, les invitations envoyées par la démone Angela ne menant pas les adolescents étourdis vers la piste de danse mais plutôt à l’abattoir, le tout au doux son du death metal… En voilà une qui sait comment s’amuser !

 

 

Dans le milieu cinématographique, grandes sagas et franchises longues comme une bite de cheval riment souvent avec notoriété et renommée. Les Freddy, les Hellraiser, les Halloween, les Vendredi 13, vous voyez le topo : il suffit bien souvent d’un film réussi et ayant bien fonctionné pour que les producteurs, scénaristes et réalisateurs allient leurs forces pour dérouler les séquelles à vitesse grand V, sachant fort bien que le titre du film et la présence d’un croquemitaine reconnaissable sur la jaquette suffiront bien à faire lâcher au chaland quelques billets verts. Mais devenir une célébrité du genre, une icône mémorable et immédiatement reconnaissable déclinée en 150 figurines n’est pas forcément obligatoire pour s’octroyer plusieurs épisodes. C’est que dans la galaxie de la Série B, où l’on fait son beurre en tournant rapidement des petites productions pour le marché de la vidéo, on se contente de succès mineurs. Tant que l’affaire est rentable, même modérément, autant continuer et c’est comme ça que l’on se retrouve par exemple avec 16 (oui, 16 !) Witchcraft ou avec 5 Camp Blood : ces gros Z sont si peu chers à produire qu’ils ne peuvent que rapporter du blé, leurs producteurs (dans ce cas David Sterling) ne freinant la machine que lorsqu’il remarque que les ventes diminuent drastiquement. En attendant ? On continue comme au premier jour ! Même si Sterling n’a rien à voir avec les Night of the Demons, sortis chez nous sous le titre Demons House, le principe de ces B Movies démoniaques reste le même : on fait un petit film d’horreur sans prétention avec Linea Quigley et sorti en 1988 (Night of The Demons premier du nom, donc), on se rend compte que si ça n’a pas cassé la baraque, ça n’a pas marché trop mal non plus, on balance une suite clairement façonnée pour le marché de la location six ans plus tard, puis on recommence une fois encore en 1997 avec Night of the Demons 3, histoire de soutirer les dernières pièces de monnaie pouvant être aspirée par cette saga mineure. Si mineure qu’à moins d’avoir posé votre campement dans les vidéoclubs dans les années 90, les chances sont assez fortes pour que la vilaine Angela vous soit totalement inconnue, la pauvre n’étant pas de ces figures cultes que les fans s’amusent à honorer via des fanarts. Et la sortie d’un remake en 2009 avec Edward Furlong, Shannon Elizabeth (la demoiselle qui offrait un strip-tease torride au héros d’American Pie, également vue dans 13 Fantômes), Monica Keena (Freddy vs Jason) et une Linnea Quigley sans doute venue se payer (et se faire payer surtout) un petit trip nostalgique ne changea d’ailleurs pas grand-chose à la popularité du nom Night of the Demons, ce nouveau volet passant inaperçu…

 

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N’empêche que dans la crypte toxique, le nom Demons House résonne comme une bouffée d’air putride venue du passé. C’est que le jeune Mordo, lorsqu’il lui arrivait d’aller traîner ses pantoufles Tortues Ninja dans un temple de la bande magnétique, avait pour habitude de repartir avec deux ou trois VHS branchées horreur, histoire de s’occuper tout le week-end. Mon père prenait généralement un ou deux films pour sa pomme et me laissait choisir ce qui m’attirait, soit les monstres baveux et les goules radioactives la plupart du temps. Ca ne surprendra sans doute personne, d’ailleurs… Reste que mon petit patelin, tout modeste et peu habité (une petite ville où il n’y a rien et ne se passe rien) fut-il, disposait de deux vidéoclubs : un tenu par des jeunes et donc plutôt branchés nouveautés (celles des années 90, on se comprend, donc Wishmaster, Starship Troopers, Armaggedon et Event Horizon, que je me souviens avoir loués là-bas), l’autre plus ancien et donc plus généreux en pelloches plus anciennes. C’est là que je fis la découverte du cinquième Freddy, l’enfant du cauchemar (le seul que je n’avais pas pu voir et que je cherchais comme un fou à l’époque), Lectures Diaboliques et… Demons House 3 ! Vous voyez que j’y arrive… Pour être franc, je n’avais pas nécessairement trouvé la pelloche formidable à l’époque (je devais avoir dix ou onze ans) mais c’était peut-être la première fois que je tombais sur un métrage d’épouvante y allant aussi franco en matière d’érotisme, le cul ayant toujours eu une place assez importante dans la saga Night of the Demons. Autant dire que pour un gamin arrivant doucement mais sûrement aux portes de l’adolescence, les scènes à peine suggestives (la méchante Angela extirpait les balles d’un revolver en le suçant) et les autres nettement plus visuelles (ça niquait sévère) faisait plutôt bon ménage avec tout l’aspect macabre et gentiment trash apporté par les parties horrifiques. Alors non, les Night of the Demons, c’est pas du grand art, mais dans le coin ça fait remonter quelques doux souvenirs sur lesquels on ne crache jamais. Alors lorsque votre hôte posa ses doigts rongés par l’acide sur le DVD du deuxième opus, c’est avec le sourire aux lèvres qu’il profita de l’occasion pour revenir en arrière…

 

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Rappel des faits : dans Demons House 1, Angela, une femelle au service du Malin, décidait d’organiser une petite fête dans une bicoque abandonnée, histoire d’attirer à elle des âmes qu’elle pourrait ensuite offrir au grand cornu. Un scénario simple et efficace permettant un petit délire pas bien friqué lorgnant doucement du côté des Evil Dead de Raimi puisque mixant humour et horreur. Tout en ajoutant du cul, la seule donnée absente de l’œuvre du copain Sam… Il en va de même pour le deuxième volet, à l’histoire pour ainsi dire similaire à celle du premier : Angela vit toujours dans sa baraque en ruines et organise une nouvelle soirée d’Halloween, visant cette fois les ados apprenant la vie et les enseignements du petit Jésus dans un institut catholique créé pour recueillir les garnements en difficulté. Et si Angela vise cet établissement en particulier, c’est parce qu’y séjourne sa jeune sœur Melissa, nommée Mouse par ses camarades, une petite bigleuse hantée par le souvenir de sa sœur, qui n’a de cesse de venir lui infliger des cauchemars corsés chaque nuit. Et le plan d’Angela fonctionne bien évidemment à la perfection, les « amies » (le terme étant fort vu qu’elles n’ont de cesse de se moquer d’elle) de Mouse tirant le petite souris dans la tanière de la féline démoniaque, les camarades de Melissa étant trop heureuses de passer une fiesta d’Halloween dans un endroit lugubre pour se rendre compte qu’il s’agit d’un guet-apens. Heureusement, ils parviendront à fuir les lieux avant de périr et rejoindront la fête organisée par Sœur Gloria, leur titulaire, sans se rendre compte qu’Angela les a suivis et va mettre le souk sur place… Du scénario épais comme les neurones de Kev Adams, c’est certain, mais pour ce type de production, nous savons tous que cela suffit bien, l’intérêt étant ailleurs. Dans la règle des 3B, bien sûr : il faut que les filles se sentent à l’aise et sortent leurs Boobs, qu’une vilaine Beast débarque à ce moment-là et répande le Blood. Qu’on aime ou non le principe, il en va ainsi de la Série B ricaine, tout entière construite sur ce théorème que Pythagore n’aurait jamais pu inventer. Matheux du dimanche !

 

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Qui pour mettre en boîte les méfaits d’Angela, par ailleurs ? Brian Trenchard-Smith, bien sûr, cet anglo-australien bien connu pour son génial Les Traqués de l’An 2000, vite devenu un empaqueteur de petites bobines prévues pour être immédiatement balancées dans les magnétoscopes, comme les troisième et quatrième aventures de Leprechaun. Pour mener à bien son Night of the Demons 2, le réalisateur doit manipuler un budget de moins d’un million-et-demi, sans doute englouti en bonne partie par les effets gérés par un certain Steve Johnson. Un grand nom des maquillages, prothèses et effets spéciaux passé sur Ghostbusters, Leviathan, Jack Burton dans les Griffes du Mandarin et le quatrième Freddy, pour n’en citer que quelques-uns. Autant dire pas un débutant bossant pour trois fois rien parce que son boulot se résume à faire exploser des melons dans lesquels il a injecté de la grenadine et de la peinture… D’ailleurs, sa présence se remarque principalement lors de la séquence finale du métrage, les survivants affrontant une Angela métamorphosée en femme-serpent. Et le moins qu’on puisse dire c’est que la salope n’a jamais été aussi belle (enfin, on se comprend…), son corps désormais similaire à celui d’un crotale étant bien sûr surplombé par son torse de reptile. Jusque-là assez peu flippante, notre boogeywoman prend soudainement du charisme, d’autant que cette séquence très impressionnante (et totalement old-school au niveau des trucages, yeah !) surprend encore plus lorsque l’on se rappelle que le reste des effets présents dans la bande n’ont rien de particulier. Certes, les maquillages sont corrects mais certainement pas beaux à en avoir les yeux qui fondent et les diverses décapitations ou corps changés en mélasse ne disposent pas de tromperies très élaborées… C’est d’ailleurs dans ces instants que l’on devine que Trenchard-Smith fut bien obligé de composer avec assez peu de fric, cherchant l’économie où elle se trouve, par exemple en repiquant certains plans au premier volet. Et en misant sur des ingrédients coûtant peu cher comme la nudité, bien sûr. C’est que déballer les (grosses) poitrines de ses comédiennes, ça demande bien évidemment moins de logistique que de faire fondre une Angela aspergée d’eau bénite… La première heure du film est d’ailleurs principalement concentrée sur les rapports entre les adolescents, qui passent un temps fou à se chercher, se renifler le brun, se draguer et à espérer que les soutifs sauteront et que les culottes s’humidifieront. Et entre quelques scènes coquines, un peu de background pour le personnage d’Angela via sa sœur, inquiète de la disparition de son aînée… Une volonté d’épaissir un peu le récit, d’apporter du relief à l’ensemble ? Plutôt le besoin de meubler pour pas un rond, si vous voulez mon avis, mais il n’empêche que c’est franchement bien foutu ici.

 

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Car on ne s’emmerde jamais dans Demons House 2, même lorsqu’il ne se passe rien ou pas grand-chose. Et ce grâce à des personnages plutôt amusants et volontairement délirants, comme une nonne assez badass s’amusant à faire de l’escrime avec sa règle lorsqu’elle est seule dans sa chambre ou ces punks ne reculant pas devant les mauvaises blagues et cabotinant comme des cinglés. Quant aux jeunes, ils ne sont bien évidemment que des clichés ambulants, principalement habités par des pulsions sexuelles, mais ils sont suffisamment sympathiques et bien croqués pour qu’on accepte leur côté cheesy, d’ailleurs assumé puisque le film se présente aussi comme une comédie. Le second degré est constant, on ne se prend jamais au sérieux et cela permet forcément de passer outre le jeu, assez limité, des acteurs. Personne de bien connu là-dedans d’ailleurs, à part peut-être Christine Taylor, blonde vue dans plusieurs films avec Ben Stiller. Et pour cause : elle est la mère de ses enfants ! Pour le reste, on croisera quelques visages déjà apparus dans quelques autres tranches d’exploitation, mais personne de particulièrement mémorable : Christi Harris (Night of the Scarecrows), Robert Jayne (la saga des Tremors), Jennifer Rhodes (The Slumber Party Massacre 2) et donc Amelia Kinkade (qui reprend son rôle d’Angela et le jouera encore dans le troisième chapitre). Pas franchement des têtes d’affiche, même pour le genre… Bien suffisant, cependant, pour que cette suite soit généralement perçue comme la meilleure portion de la trilogie, les bouffeurs de bisseries louant son rythme satisfaisant tout en rappelant que le premier volet était quelquefois emmerdant. A vérifier mais on les croit sans peine et Night of the Demons 3, bien que regardable et amusant en un certain sens, n’est pas non plus au niveau…

 

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Alors non, cette première séquelle n’est certainement pas un grand film, mais elle livre très précisément à nos téléviseurs le spectacle que l’on attendait d’elle. On regrettera juste un petit manque de gore, la seule scène réellement rude visuellement étant un arrachage de lèvres, Angela se contentant pour le reste du film de rouler des pelles à ses victimes, changées en diablotins faisant le sale boulot à sa place. Notons tout de même que si l’ensemble est un peu soft, il y a généralement de l’idée, comme lorsque des seins se transforment en mains pour agripper et brûler une mimine baladeuse ou quand un type décapité joue au basket avec sa tronche ! Rigolo et bien dans l’esprit d’un gros B ne cherchant qu’à faire sourire son audience, en enchaînant notamment les séquences visant le bas de la ceinture. De toute façon, une séquence montrant Angela débarquer en pleine fête d’Halloween pour changer la zik qui y passe en du death metal (Morbid Angel is in da house !) et danser dessus ne peut pas être mauvais, n’est-ce pas ? Des soirées d’halloween comme ça, on en ferait bien tous les jours !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Brian Trenchard-Smith
  • Scénario : Joe Augustyn
  • Production : Walter Josten, Jeff Geoffray
  • Pays: USA
  • Titre: Night of the Demons 2
  • Acteurs: Amelia Kinkade, Cristi Harris, Robert Jayne, Jennifer Rhodes
  • Année: 1994

2 comments to Demons House 2

  • Roggy  says:

    Ah ! l’enfance du petit Mordo dans les travées des vidéos-clubs, là où tout a commencé… N’empêche, cette saga horrifique a l’air foutrement bien gaulé malgré des faiblesses apparentes. Et je ne dis pas ça que pour les boobs 🙂

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