Rayon Action: Episode 11

Category: Rayon Action Comments: 4 comments

icaruteaser

La triste rentrée vient de faire sonner la fin de la récré! Les mines sont déconfites, les corps traînassent, les yeux se font fatigués et le moral descend en flèche. Autant qu’une petite piquouze d’adrénaline serait la bienvenue… Et on ne va pas appeler les vieux médecins un peu rougeauds et tremblotant de votre enfance pour vous la faire, vous pensez bien. Non, vos infirmières du jour, ce sont Wu Jing, Dolph Lundgren (évidemment!), Gary Daniels et les copines à gros poumons d’Andy Sidaris! Chouette, la visite médicale…

 

 

 

Legendary Assassin

Wu Jing ou le talent chinois honteusement négligé dans nos contrées. Car oui, ce beau gosse du kung-fu ne peut pas franchement se vanter d’être particulièrement reconnu en France, le pays de la baguette ne donnant guère sa chance au martialiste. A part le génial SPL, dans lequel il se frottait à l’immense Donnie Yen, et le Legendary Assassin dont je m’apprête à vous causer, peu de films du bonhomme sont en effet sortis chez nous alors que l’acteur/réalisateur/tataneur est une star montante du cinéma made in HK depuis un paquet d’années maintenant. Espérons que les sorties de SPL 2 et de Wolf Warriors, avec Scott Adkins, permettront à cet impressionnant combattant de se faire une place au soleil dans nos DVDthèques. Les curieux pourront en tout cas déjà faire l’acquisition du Blu-Ray de Legendary Assassin, sorti chez Metropolitan, jolie bande jouant la carte du divertissement populaire sous toutes ses formes. Car il y a un peu de tout dans ce récit à la base très orienté polar, racontant les mésaventures d’un vagabond (Wu Jing lui-même, également coréalisateur), venu sur une petite île dans le but de décapiter un baron de la drogue avant de s’y retrouver coincé avec les hommes de main de sa victime, bien décidés à la venger. Si le récit, également mis en boîte par un Nicky Li dont c’est la seule réalisation (le gaillard est surtout chorégraphe et directeur des bastons, notamment pour un grand nombre de Jackie Chan), navigue au départ dans le pur film noir misant sur les coups de pied dans le nez, il finit peu à peu par s’acoquiner avec d’autres genres. Ainsi, une fois le terrain de jeu (une île envahie par les mafieux, tous à la recherche d’un Wu Jing se trimballant avec la tête de leur boss dans son sac) fixé, l’histoire s’en va vers les terres de l’humour et du romantisme lorsque le héros sauve la vie d’une jeune et belle policière. A partir de cet instant, une large proportion de Legendary Assassin sera consacrée à la relation naissant entre les deux, ponctuée de traits comiques amenés par d’autres policiers, plutôt des bras cassés. De quoi frustrer les fans avides d’action ? Peut-être un peu, cette bande datant de 2008 pouvant passer pour chiche en castagne à première vue, quand bien même elle se rattrape vers la fin du parcours…

 

legendary1

 

Il est en effet probable que les plus orientés bourrinage soupirent un brin devant les gentillettes scènes d’anniversaire, de sauvetage de chatons ou de comédie proposées à droite et à gauche, tout comme il est permis de considérer la romance entre les héros comme trop sucrée. Pourtant, elle passe plutôt bien grâce à un premier rôle féminin (Celina Jade, vue dans le Skin Trade avec Dolph) attachant et, pour tout dire, séduisant, tout comme la valeur comique du film profite de seconds rôles bien croqués et bien interprétés (très bons et touchants Sammy Leung et Alex Fong). Les personnages sont ici plutôt charmants et lorsque l’un d’entre eux finit par mourir, cela ne pousse pas franchement à la rigolade, d’autant que le film ne nous avait pas préparé à ces ruptures de ton, les deux réalisateurs s’amusant à passer d’une ambiance à une autre. Alors que le début se veut lourd et mise sur de l’action crépusculaire, le milieu se raccroche aux wagons de la bonne humeur… pour mieux repartir sur quelque-chose d’extrêmement sombre par la suite ! Le combat final, voyant Wu Jing donner la fessée à une centaine de malandrins, n’a rien de fun et notre héros, jusque-là présenté comme indestructible, en prend sérieusement pour son grade. Dire que Legendary Assassin est une œuvre étonnante est donc un euphémisme… Pour ne rien gâcher, la réalisation est à la hauteur (on a même quelques jolis éclairages, un peu à la Bava par instants) et les combats évidemment très bien shootés, histoire de donner toute sa force à Wu Jing, dont je ne voudrais pas croiser les coups de pied… Pour ne rien gâcher, les connaisseurs pourront retrouver Lam Suet, le grand habitué du cinoche HK (c’est bien simple il est partout : de Riki-Oh à Mad Detective en passant par PTU, One Nite in Mongkok, Election, Triangle et Fulltime Killer). Legendary Assassin n’est cependant pas un classique intemporel, un petit quelque-chose indéfinissable l’empêchant d’atteindre le rang d’œuvre culte, mais ses très beaux décors, sa modestie, sa volonté de bien faire et certaines séquences (beau combat dans un resto miteux en plein air) en font clairement un cheval sur lequel il est bon de miser.

 

legendaryposter

 

  • Réalisation: Wu Jing, Nicky Li
  • Scénarisation:  Chi Keung Fung
  • Production: Ng See-Yuen, Paco Wong
  • Pays: Hong-Kong
  • Acteurs: Wu Jing, Celina Jade, Lam Suet, Kara Hui
  • Année: 2008

 

 

 

 

 

Icarus

Après le moyen Commando d’Elite, chroniqué dans le Rayon Action précédent, il n’est pas fou de se pencher sur le cas d’Icarus, autre réalisation de Dolph Lundgren. La sixième du grand blond d’ailleurs, après, dans l’ordre, The Defender, The Mechanik, Diamond Dogs, Missionary Man et donc Commando d’Elite. Et comme de juste, c’est le Suédois qui tient la tête d’affiche de la bobine, production indépendante d’un peu moins de 5 millions de dollars qui lui aura malheureusement glissé des mains. Car en effet, les producteurs ont emmerdé leur star nordique, tout d’abord en lui demandant des réécritures du scénario puis en interférant aux divers stades de la production, comme en charcutant pas mal le montage de la bande. Pas franchement rassurant, n’est-ce pas ? D’autant que le script se veut noir (et il l’était encore plus à l’origine puisque Dolph y incarnait un gros salopard), faisant la part belle à un tueur à gages d’origine russe qui se retrouve avec un contrat sur la tronche, contrat visant aussi sa famille. Le brave Dolph, dont le nom d’assassin est Icarus, va donc tenter de remonter la piste jusqu’à l’homme voulant son trépas. Un thriller hard-boiled quoi, pas franchement le genre qui survit particulièrement à des coupes et à une tentative d’aseptisation… Et pourtant, surprise, Icarus se tient fort bien ! Certes, c’est une série B bien de notre époque (shootée en 2009, sortie en 2010), donc aux moyens réduits et à la réalisation passe-partout, mais plutôt une bonne ! Old-school, violente et sans concession, cette dernière réalisation en date pour Lundgren se suit sans problème tant elle allie scènes d’action qui défouraillent juste ce qu’il faut (et qui ont le bon sens de tomber à un rythme régulier) et une certaine noirceur… On n’est d’ailleurs pas très loin de certains films expérimentaux croisés sur Arte tant le paquet est mis pour rendre la vie de notre antihéros terne et livide. Aucune note d’humour, temps grisâtre, rapports entre Dolph et sa famille limités au maximum, fatigue mentale de ce dernier, bande-son si discrète que l’on en oublie sa présence (malgré un générique d’ouverture très rock),… Ca ne respire pas la joie et on tient là un polar qui tire clairement la gueule et ne veut surtout pas se la jouer relax. Quand on pense que cela se voulait encore plus sombre à la base…

 

icarus1

 

Bien évidemment, le principal reste tout de même l’action, ici plutôt bien foutue. Tout d’abord, remarquons que les décors varient suffisamment pour éviter la répétition, Dolph cassant de la tronche dans une villa, dans une ferme, à son domicile, sur une route de nuit ou encore dans un hall d’immeuble. Ca nous change des bastons dans des hangars, des squats ou des usines désaffectées… En prime, une certaine variété a été apportée aux échanges de plomb, Icarus s’amusant à percer un bide à la fourche ou à planter une tête sur une altère, l’ensemble étant assez trash pour le genre, avec même une bouche à moitié arrachée dans une scène très torture-porn. Ca envoie la sauce, donc, et on sera également très satisfaits de découvrir que les impacts de balle ne sont pas en CGI et dégueulassent bien les murs et les smokings des victimes. Dire que ça fait un bien fou est un euphémisme ! En prime, un joli soin a été apporté à l’ensemble, on sent les éclairages travaillés et que tout a été fait pour donner du peps aux affrontements, même si le montage parfois trop cut limite un peu la visibilité. Pour ne rien gâcher, et même s’il ne fait pas grand-chose, on sera heureux de revoir Bo Svenson (The Inglorious Bastards) en badguy ricanant. Le constat est donc positif : Icarus, malgré des défauts inhérents à ce type de production (quelques longueurs et la patine visuelle qui, bien que plus travaillée que chez du Seagal, reste très moyenne), nous divertit parfaitement et fonce dans le tas juste comme il faut. Clairement un bon Lundgren et une sympathique Série B de plus à mettre à son actif.

 

icarusposter

 

  • Réalisation: Dolph Lundgren
  • Scénarisation:  Raul Inglis
  • Production: Kirk Shaw
  • Pays: USA
  • Acteurs: Dolph Lundgren, Bo Svenson, Lindsay Maxwell, Samantha Ferris
  • Année: 2009

 

 

 

 

 

 

Fatal Blade

Comme quoi, il ne faut vraiment pas juger un livre à sa couverture, aussi atroce soit-elle. Et ça se confirme sur le domaine du DTV, où les jaquettes les plus immondes peuvent contenir quelques belles surprises. Fatal Blade, avec sa couv’ faite en cinq minutes sur Paint édition Windows 95, est de cette catégorie de pelloches dont on n’attendait rien et qui délivrent pourtant un beau divertissement. Faut dire que ça partait bien avec la présence de Gary Daniels, certes pas le gage de qualité ultime, c’est même loin d’être le cas, mais l’assurance de dénicher un certain capital sympathie à l’entreprise, quoiqu’il arrive. En prime, le tout semble avoir été torché avec un réel sérieux et si l’on tient ici une Série B taillée pour les Cash Converter, il n’est pas exagéré de dire que Fatal Blade aurait pu prétendre à une sortie ciné tant la bande est travaillée. D’ailleurs, elle tient plus du polar noble, à l’asiatique, que de l’actioner de phacochère, le récit lorgnant clairement du côté du Yakuza-eiga. On suit ainsi les déboires de la branche américaine d’un clan, mis à mal par les agissements de Bronson, un gangster local. Histoire de calmer notre mafieux, les Japonais lui envoient dans les pattes un tueur à gages, Domoto (le charismatique Kiyoshi Nakajo), très vite trahi par son clan et emmerdé par la police, menée par l’inspecteur Fox (Gary Daniels), désireux de venger son coéquipier assassiné par les yakuzas. Un mélange des genres, à vrai dire, avec du film de mafieux bridé typique auquel vient se greffer une intrigue de vengeance de flic tout ce qu’il y a de plus banal, sans doute pour séduire plus facilement le marché ricain. C’est d’ailleurs le producteur Simon Tse (Message from Space, aka San Ku Kai le film chez nous) que l’on retrouve derrière le projet, histoire de rappeler les origines nippones de ce film dont le titre original est Gedo. Et à la réalisation, c’est un Talun Hsu à la maigre filmographie (Codename : Silencer avec Brigitte Nielsen et Robert Davi, l’érotico-horrifique Witchcraft V) que l’on retrouve, un gaillard plus que capable lors des scènes d’action (belle course-poursuite en bagnole, un Gary Daniels bien mis en valeur lors de ses baston) mais à la traîne pour le reste, les séquences « calmes » étant moins réussies et handicapées par des dialogues foireux.

 

fatalblade1

 

Mais si ce n’est cela, Fatal Blade est une réelle bonne surprise, plus pour Nakajo que pour Daniels, qui sent un peu la pièce rapportée. S’il est la co-star de la bobine, il faut bien reconnaître que son perso, très caricatural, ne marque pas les esprits et que le pauvre n’a que trois petites scènes d’action pour trouer son jeans. De belles séquences, clairement, mais cela fait tout de même peu et l’on sera d’ailleurs surpris de voir que son rival tout désigné, un grand renoi bien menaçant que l’on devine bon martialiste, soit écarté du film en deux secondes. Ses fans les plus accrochés seront donc un peu déçus mais pourront se rabattre sur l’intéressant destin de son ennemi hitman, figure sombre, impitoyable, mais non dénuée de noblesse puisque Domoto se refuse à tuer ceux qui ne figurent pas sur son contrat. Il s’entiche même d’une jolie Japonaise vengeresse (Seiko Matsuda), désireuse d’éradiquer Bronson elle aussi depuis que ce dernier a fait de sa soeur une pute de bas étage décédée d’une overdose. Pas de quoi se retrouver devant un polar à la Heat, bien sûr, car tout cela reste de l’ordre du petit budget, mais il est certain que les 100 minutes de métrage passent d’un seul coup et que l’on est même pas tenté de mettre la pelloche en pause pour aller pisser un coup. Désormais trouvable pour un euro symbolique dans tous les bons Cash Converter, Gedo mérite donc votre attention au vu du faible montant qui vous sera demandé pour voir ce spectacle diablement sympatoche !

 

FatalBladeposter

 

  • Réalisation: Halun Hsu
  • Scénarisation:  Nao Sakai, Bill Zide
  • Production: Simon Tse, Bradley Hong
  • Titre: Gedo
  • Pays: USA, Japon
  • Acteurs: Gary Daniels, Kiyoshi Nakajo, Eric Lutes, Seiko Matsuda
  • Année: 2000

 

 

 

 

 

 

Day of the Warrior

Nous le savions tous : ce n’était qu’une question de temps avant que le regretté Andy Sidaris fasse son entrée dans Rayon Action. Difficile en effet d’esquiver le gaillard puisque s’il fut un réalisateur couvrant de nombreux évènements sportifs, un travail pour lequel il fut récompensé d’un Emmy, il était aussi et surtout un réalisateur de Série B musclées. Ou rebondies, plutôt, puisque sa carrière a principalement été basée sur l’utilisation des courbes avantageuses de ses actrices, le plus souvent des gros bonnets de Playboy ou Penthouse qu’il équipe de quelques revolvers. Et Day of The Warrior s’inscrit clairement dans cette optique puisque faisant partie de la série des L.E.T.H.A.L. Ladies, série de petites productions pensées pour le marché de la vidéo et offrant à des demoiselles gâtées par dame Nature et les chirurgiens de Beverly Hills l’occasion de dézinguer du salopiaud. Il n’est cependant guère utile de voir les films dans l’ordre car ils ne se suivent pas réellement, les personnages changeant aussi fréquemment que les actrices (même si certaines sont à l’affiche de plusieurs films) et il arrive même que certains protagonistes connaissent plusieurs interprètes différents. Comme l’Asiatique Fu, allié de nos héroïnes, tantôt joué par Al Leong (l’un des méchants du premier Die Hard, le fameux Endo qui torture Mel Gibson dans L’Arme Fatale,…), tantôt par ce bonne vieille bouille de Gerald Okamura (Samuraï Cop, Ninja Academy,…). Pas la peine de se prendre la tête pour tenter de capter ce Day of the Warrior, donc, il n’est guère difficile de prendre le train en marche et de découvrir qu’on a affaire à une agence d’espionnage seulement constituée de beaux et belles gosses (et d’Okamura…), ici à la poursuite du Supreme Warrior. Avec un nom pareil, on s’attend pas à cure-dent façon Lorant Deutch et on fait d’ailleurs vite la connaissance du salopiaud en question, un bodybuildé, ancien de la CIA, pro du catch et ayant participé aux jeux Olympique, depuis reconverti dans le joyeux monde des trafics. Que ce soit de drogue, de films pornos, d’œuvres d’art ou de jeunes filles kidnappées, peu importe, il fait de tout notre brave Warrior, qui porte si bien son nom qu’il est seulement habillé de son slip de catch et d’une coiffe d’indien. Un sacré loustic, on peut le dire ! Pour l’arrêter sont donc dépêchés des agents secrets d’un genre nouveau puisque moins choisis pour leurs compétences que pour leur plastique : la chef Willow Black (la bien connue Julie Strain de Sorceress et Heavy Metal 2000), la blonde Cobra (Julie K. Smith, grande habituée de Jim Wynorski, présente dans ses Bare Wench Project et autres The Wasp Woman), la brune Shae Marks (la série Black Scorpion), le duo composé de Scorpion et Shark (Tammy Parks de L’Attaque de la Pin-Up Géante et Darren Wise du monde rosé de Playboy) et les beaux gars Tyler (Christian Letelier, revu dans First Strike, de la SF à tendance terrorisme) et Doc (Kevin Tyler). Une fine équipe dispersée un peu partout pour resserrer l’étau sur le Warrior (le catcheur Buff Bagwell), soit en s’infiltrant auprès de ses sbires, soit en tournant des films X pour son compte (c’est la partie fun du job, ça !), soit en se déguisant en Elvis à Las Vegas (totalement inutile mais ça permet de voir le vieux Okamura en train de faire son show et ça n’a pas de prix !). Et bien sûr, ça fait voler quelques douilles, ça vide des chargeurs dans des buffets. Du moins un peu…

 

warrior1

 

Car ne débordant pas franchement de flouze, Sidaris se doit de limiter au maximum ses scènes d’action, le plus souvent statiques. N’espérez pas voir nos donzelles aux gros paquets sauter dans tous les sens comme des Chow Yun Fat en chaleur, elles restent le plus souvent planquées derrière un arbre pour tirer quelques timides bastos. Pas palpitantes donc, ces fusillades dans les bois, dans des bateaux, sur un parking ou au bord d’une piscine, Sidaris nous consolant tout de même avec un ridicule et embarrassant combat sur le ring entre le Warrior et Julie Strain et Okamura. Inutile de préciser que chacun en fait des tonnes et grimace comme si la vie d’une cargaison de chatons en dépendait… Seul petit luxe que s’offre la production : des explosions, en bonne quantité, certes peu impressionnantes mais nécessaires pour mettre un peu de peps à cette aventure somme toute assez molle. Un comble pour une œuvre censée nous durcir, justement… C’est d’ailleurs là que l’on se rend compte qu’un bon film d’action, c’est aussi un bon montage. Un peu trop simple et balourd, celui de Day of the Warrior ne donne aucun dynamisme aux échanges de plomb disséminés ici et là, nos tireurs ne semblant jamais pris d’une urgence particulière pour abattre leurs opposants… Sidaris n’étant pas dupe du manque de crédibilité de son œuvre, il a la sage idée de ne pas la prendre au sérieux, versant dès lors dans le second degré du début à la fin. Les acteurs, tous très mauvais, sont invités à en faire des tonnes, la nudité devient un ressort comique, les dialogues sont volontairement stupides et certains personnages crétins au-delà du raisonnable. Ajoutez à cela une ambiance forcément ensoleillée, Sidaris ne tournant que là où le dieu Hélios resplendit, et vous obtenez de surcroit une bande des plus joviales, de celles qui vous collent de bonne humeur quand bien même le spectacle proposé n’a rien de bien glorieux. Notons d’ailleurs que Sidaris est un bon réalisateur doté d’un vrai sens de l’image et que notre homme emballe de fort belle manière l’ensemble : la photographie est belle, les plans parfaitement composés et seul le manque de pognon vient ternir un brin l’affaire. Dommage donc que les origines modestes de cette sympathique entreprise l’empêchent de décoller et on l’appréciera donc plus comme une comédie érotique que comme un actionner pur et dur… Au final, on a une bande très goofy mais aussi bien funny et c’est déjà ça de pris !

Rigs Mordo

 

warriorposter

 

  • Réalisation: Andy Sidaris
  • Scénarisation:  Andy Sidaris
  • Production: Arlene Sidaris
  • Pays: USA
  • Acteurs: Julie Strain, Julie K. Smith, Gerald Okamura, Shae Marks
  • Année: 1996

 

 

4 comments to Rayon Action: Episode 11

  • Roggy  says:

    On sent que tu as vraiment pris plaisir à faire le compte-rendu de ce 11e Rayon-Action. Et le plaisir du spectateur n’en est que plus fort (la chro de « Day of the warrior » est particulièrement réussie !). Je n’ai vu aucun des films que tu présentes mais faudrait vraiment que je me rattrape. Encore du beau boulot l’ami.

  • Reznik  says:

    Je découvre l’endroit (attiré par l’article sur Punisher: L’histoire secrète, puis par Icarus).
    Chouette papier, j’aime beaucoup le ton, je repasserais !
    Et oui fort sympathique cet Icarus effectivement, après la petite déception qu’était Commando d’Elite.

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>