Tremors 5: Bloodlines

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Tenaces, ces foutus vers de terre géants que sont les Graboids, suffisamment en forme pour s’offrir un cinquième volet. Mais 25 ans après l’original et alors que deux séquelles, une prequel et une série tv à la courte vie sont passées par là, est ce que la franchise Tremors a encore quelque-chose à dire ?

 

 

S’il y a bien une saga qui suit son petit bonhomme de chemin sans trop se poser de questions ni se forcer, c’est bien celle des Tremors. Les Graboids sont en effet revenus de manière régulière dans nos tanières, le plus souvent par le prisme du direct-to-video mais aussi par la petite lucarne, solidifiant une fanbase toute acquise à leur cause depuis le très bon divertissement qu’était le premier volet avec Kevin Bacon et Fred Ward. Certes, les deux stars ne sont plus de la partie depuis longtemps (Bacon n’a joué que dans le premier et Ward a raccroché les gants après le deuxième) mais la série a toujours gardé son visage reconnaissable en la personne du moustachu Michael Gross, éternel interprète de Burt Gummer, second rôle des premiers opus peu à peu devenu l’étoile du show. Une étoile bien sûr de retour dans ce cinquième chapitre, qui devait à l’origine réunir également Bacon et Ward, le grand Kevin étant même un temps fort intéressé par l’idée de chasser à nouveau du streum sous-terrain. Cela ne se fera malheureusement pas et de la fine équipe des débuts, seul Gross reviendra pour tirer sur les mottes de terre mouvantes. Le tout sous la direction de Don Michael Paul, sbire à la solde des gros studios, à qui l’on refile toutes les petites tâches. Comprenez les DTV : Un Flic à la Maternelle 2, Jarhead 2, Lake Placid : The Final Chapter, prochainement Death Race 4,… Et c’est pour le compte de la Universal qu’il emballe ce Tremors 5 : Bloodline, sorti en 2015 et plutôt bien accueilli par les amateurs, forcément heureux de retrouver cette vieille baderne de Burt, toujours aussi porté sur les grosses pétoires. Mais Michael Gross n’étant une vedette que des conventions horrifiques, il est décidé de lui coller dans les jambes un sidekick permettant à la pelloche d’attirer un public un tantinet plus jeune : Jamie Kennedy, l’éternel amoureux malheureux de Neve Campbell dans les Scream. Un jeune acteur rendu populaire à l’époque des teen movies modernes, période American Pie et compagnie, mais qui est, comme la plupart de ses collègues de l’époque, plus ou moins tombé dans l’oubli ou la série Z plus fauchée que du Norbert Moutier. Autant dire que Tremors 5, tout modeste soit-il, est pour le Jamie une chance de s’extirper un temps du purgatoire que doit être pour lui le cinoche indépendant de fin d’alphabet… Coup de bol pour sa gueule : Bloodlines est franchement bon !

 

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La vie suit son cours à Perfection, petite ville perdue dans le désert américain et jadis théâtre de l’attaque de lombrics de la taille d’une jeep. Et Burt, l’un de leurs pires ennemis, a décidé de faire de son statut de chasseur de monstre son gagne-pain en créant sa série de vidéos, lors desquelles il apprend aux gens à survivre en milieu hostile en bouffant du crotale. Pour l’aider à étendre ses activités débarque Travis B. Welker (Kennedy), vieux jeune (car il a tout de même la quarantaine le zouave, maintenant) soi-disant pro en communication offrant ses services à Burt. C’est au moment de leur rencontre que déboule un gus se présentant comme un gérant de réserves naturelles en Afrique, venu réclamer les services de Burt car ils ont découvert que des Graboids trainaient dans la savane… A la grande surprise de l’intéressé, qui pensait que ces sales bêtes terreuses n’avaient élu domicile qu’aux USA. Notre homme et son nouvel associé partent ainsi en direction des cimetières d’éléphants pour découvrir que s’il y a bien du Graboid dans le coin, il n’est pas tout à fait comme ceux croisés jusque-là, la créature s’offrant une petite mutation la rendant plus dangereuse encore qu’auparavant… Dans le genre scénario de pure Monster Movie branché série B, on peut dire que celui de Tremors 5 se pose là. Simple, carré, efficace même, le script ressemble en effet à ceux des précédents métrages, qui ressemblaient déjà à des films de gloumoutes tout ce qu’il y a de plus classique. Mais il en est ainsi des bandes monstrueuses : il est rare qu’elles se renouvellent mais cela nous convient bien tant on a la sensation d’être dans nos petits souliers. Rien de neuf sous le soleil donc, mais on est à la maison au moins. Le récit de ce cinquième opus se base en tout cas plus ou moins sur de vieux écrits rédigés par S.S. Wilson et Brent Maddock, scénaristes historiques de la saga, à la plume sur tous les épisodes et sur la série tv, et à la base prévus comme producteurs. La paire quittera finalement le projet en voyant qu’ils n’ont que peu de contrôle créatif, remplacés qu’ils seront par les débutants William Truesmith et M.A. Deuce, dont c’est le premier film comme scénaristes, et le déjà habitué à la saga John Whelpley. Beaucoup de monde pour une affaire assez basique et ne demandant sans doute pas autant d’artistes, mais tant que le résultat est satisfaisant…

 

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Et il l’est puisque l’on retrouve sans mal les ingrédients ayant fait le succès des Tremors : du second degré favorisant une ambiance relax, des grosses bébêtes planquées sous les cailloux, du soleil puisque l’intrigue se déroule en Afrique, des personnages volontaires mais souvent un peu cons sur les bords et en tout cas bien éloignés des figures habituelles de l’héroïsme,… La tradition tremoresque est donc respectée et on notera d’ailleurs que Jamie Kennedy se fond plutôt bien dans le décor puisqu’il est crédible dans les frusques de ce loser magnifique, perpétuant donc l’esprit d’une saga toujours volontaire lorsqu’il s’agit de mettre en avant des protagonistes très éloignés des standards hollywoodiens. Des Monsieur Presque Tout Le Monde en somme, pas des héros naturels mais pas des êtres lambdas non plus puisqu’ils sont toujours un peu cinglés à un niveau ou un autre. Prenons Burt, par exemple : s’il a ce petit côté badass, il n’en est pas moins un féru des armes à feu vieillissant et frôlant la paranoïa, voire un psychopathe en puissance comme le rappelle son rire gras lorsqu’il peut enfin appuyer sur la gâchette. L’occasion pour Gross de nous faire son cirque habituel, le gaillard étant plutôt du genre à cabotiner pas mal, quelquefois pour nous faire sourire, d’autres pour nous embarrasser. Comme lors de cette séquence où le pauvre est enfermé dans une cage sur laquelle le Dieu Hélios tape de toutes ses forces, Gross laissant éclater sa folie avec si peu de finesse que cela en devient parfois gênant. Pas bien grave cependant… Et à dire vrai, cet humour en dents de scie est le seul réel défaut de la pelloche, quasiment irréprochable pour le reste.

 

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Notamment au niveau de la réalisation, Don Michael Paul mettant visiblement du cœur dans son affaire : la photographie est splendide, on évite l’aspect froid d’un tournage en DV, la caméra ne se refuse aucun mouvement, le rythme est assuré, le montage impeccable, les plans bien composés. Etonnant ? Un peu car qui a vu ne serait-ce que quelques extraits du deuxième Un Flic à la Maternelle, réalisé par le même zig et avec Dolph Lundgren en haut de l’affiche, sait fort bien que Michael Paul peut aussi torcher des bazars sacrément paresseux… Pas de ça ici, Tremors 5 offrant son lot de séquences bien foutues, la pelloche étant bien aidée par des effets spéciaux franchement réussis eux aussi. Mélangeant les CGI bien incrustés et convaincants et les effets « en dur » à l’ancienne, Bloodlines peut se vanter d’assurer le spectacle faisant sauter ses Graboids géants hors de terre comme des poissons s’extirpant hors de l’eau. Sympa comme tout ce plan montrant un pilote d’hélicoptère se faire avaler, impressionnant ce final lors duquel les héros utilisent la foudre pour se débarrasser de la saleté à leurs trousses et appétissants ces plans montrant l’ombre des monstres volants passer non loin d’une petite fille. On remarquera d’ailleurs que les différentes sortes de Graboids sont présentes, si ce n’est ceux du deuxième épisode. Mais les vers énormes sont bien sûr de la partie, tout comme les Ass-Blasters, ces démons volants se propulsant en lâchant des pets enflammés ! Notons également que les looks des bestioles a été un peu retravaillé pour l’occasion, la branche africaine des créatures semblant un peu plus acérée et dangereuse. Pas de quoi révolutionner la série, ces mutations étant franchement mineures, mais suffisantes pour satisfaire les fans acharnés de ces horreurs rôdant sous nos pieds.

 

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Rajoutez à cela des paysages superbes obtenus dans une vraie réserve naturelle africaine et vous obtenez une vraie bonne série B, sur laquelle on n’aurait pourtant pas misé notre salaire à la base. Car onze années après le quatrième épisode, lui-même très sympathique, qui aurait encore pensé que Tremors pouvait nous faire frémir ? Pas grand-monde puisque nous sommes désormais habitués à ce que les séquelles de grandes séries de l’épouvante soient bâclées dans le but de rapporter de l’argent facile sans trop en dépenser. Pas de ça ici et Bloodlines se positionne même comme la meilleure suite de la franchise, rien que ça ! Comme quoi, tout espoir n’est pas forcément perdu concernant les B Movies modernes…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Don Michael Paul
  • Scénario : William Truesmith, M.A. Deuce, John Whelpley
  • Production : Ogden Gavanski
  • Pays: USA
  • Acteurs: Michael Gross, Jamie Kennedy, Natalie Becker, Lawrence Joffe
  • Année: 2015

2 comments to Tremors 5: Bloodlines

  • Roggy  says:

    Eh bien ! Je ne m’attendais pas à ce que cette 4e suite de l’excellent « Tremors » soit si réussie. Tu m’as donné sacrément envie avec ta chro 🙂

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