Le Château des Messes Noires

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L’Allemagne, patrie de la choucroute, des moustaches finement taillées, du thrash metal rugueux et du bis aux petits seins fermes ! Car dans les années 60 et 70, la production germanique aimait mélanger horreur et érotisme, ce que confirme Le Château des Messes Noires à grand renfort de sabbats et de tétons pointus ! De quoi donner envie de mettre la main occulte…

 

 

Dans la crypte, on ne s’est pas encore penché sur le cas de Joseph W. Sarno, américain faisant office de pionnier dans l’art de la sexploitation, à laquelle il offrit quelques 120 films. Et au moins le quadruple de branlettes à ses spectateurs ! On lui doit, entre autres gâteries, Gorge Profonde 2 ou All the Sins of Sodom, film érotique en noir et blanc globalement plus ambitieux qu’une pelloche de Clara Morgane. Sans surprises, lorsque le producteur Chris D. Nebe, à qui l’on doit quelques documentaires branchés kung-fu, lui propose de sortir une petite bisserie, le Sarno en profite pour faire pointer quelques tétons, son Château des Messes Noires sorti chez Artus voilà quelques années étant bien sûr des plus coquins. Der Fluch der schwarzen Schwestern, nom qui fait tout de suite plus crade, sort donc en 1973, alors que le cinéma gothique auquel il tente de se rattacher vivait ses derniers instants et s’apprêtait à rentrer pour de bon dans le caveau qu’il avait tant utilisé pour ses récits sinistres. Bonne idée dès lors d’accompagner le décorum poussiéreux d’une grosse dose de sexe, impie qui plus est, puisque dans les seventies, les vulves avaient clairement la cote. D’ailleurs, Sarno en convie quelques belles, de vulves : l’actrice suédoise au visage enfantin branchée dans l’érotisme qu’est Marie Forså (Contes Immoraux, Justine et Juliette), Claudia Fielers, Ulrike Bultz, Nadia Henkowa,… Soit des demoiselles habituées des pelloches sentant l’entre-jambes, ici venues se caresser de long en large au rythme de messes sombres. Miam ? Sur le papier, clairement, sur pellicule, à voir. Car visiblement, on tient ici l’un des titres les plus faibles de la Collection Gothique d’Artus, un DVD assez peu vénéré en comparaison de quelques autres comme Les Amants d’Outre-Tombe, L’Effroyable Secret du Professeur Hichcock ou Vierges pour le Bourreau. Il est vrai trois classiques du bis, qui plus est transalpin, l’Italie ayant toujours meilleure presse par chez nous que le cinoche teuton. Voyons voir si c’est justifié…

 

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Le Château des Messes Noires commence en tout cas sur les chapeaux de roues en s’immisçant dans un joli sabbat mené dans une cave ténébreuse par des demoiselles dévêtues. Et c’est parti pour cinq bonnes minutes de pelotage de mamelles, Sarno voulant sans doute rassurer le chaland quant au spectacle qu’il s’apprête à reluquer : il y aura des petits pis prêts à sortir un peu de lait, des vieux murs en pierre éclairés à la bougie et des incantations destinées à faire sortir Satan de son lit. Beau programme. Et viennent s’ajouter à la fête quelques invités : trois demoiselles venues pour régler une affaire de succession dans le fameux château, seulement peuplé de viles satanistes, et une doctoresse spécialisée dans les superstitions et son frangin. La femme de médecine ne vient d’ailleurs pas pour tricoter, son but étant de s’assurer que la région est plus calme qu’auparavant, lorsqu’elle était terrorisée par une comtesse vampire se gavant du sang des vierges. Bien évidemment, les vampiresses sont toujours là et ont fait venir sur place la descendante de leur maîtresse, une sorte de cousine pas trop éloignée de Bathory, référence qui sauterait même aux yeux d’un aveugle. Bien évidemment, ces cartons d’invitations cachent un sale piège, la cheftaine des goules tentant de pervertir les arrivants ou se venger  d’eux (il y a dans le lot des descendantes de traîtresses ou d’inquisiteurs…) via des tactiques plutôt… étranges. En effet, plutôt que de mordre ou poignarder les biches dont elles convoitent la viande, elles tentent de vicier les demoiselles en les faisant soit tomber dans le saphisme, soir dans l’inceste. Ce qui prend bien évidemment du temps… Et le temps, il est plutôt long dans Le Château des Messes Noires.

 

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Sarno est en effet si concentré sur son besoin d’accumuler les scènes où ça se frotte le clito dans des étables lugubres ou des sous-sols macabres qu’il en oublie de raconter une histoire, celle ici présente étant des plus maigres. Dès lors, le réalisateur, également scénariste, se voit obligé d’étirer chaque scène jusqu’à l’absurde pour atteindre la longueur, qui plus est élevée, de 100 minutes. Passe encore lorsque l’on voit ces dames jouer avec leurs tétines, que vous aurez tout le loisir d’admirer vu que le film est un gigantesque garage à plans-nichons, car admirer de jolies nymphes naturelles se lancer dans des danses lascives ou des caresses intimes n’a rien de gênant. Passe aussi ces quelques errances ou prières charbonnées dans des décors certes un peu vides mais suffisamment oppressants pour que l’idée de nous plaindre ne nous vienne pas. Ils sont d’ailleurs assez typiques des vieux châteaux européen trouvables dans les productions de l’époque et nous rappellent quelques lieux de tournages utilisés par un Jess Franco par ailleurs jamais bien loin. Là où nous grimacerons, c’est lorsque nous nous rendrons compte que les personnages ne font pour ainsi dire rien de tout le film, si ce n’est du surplace. Les méchantes semblent attendre que les gentils tombent dans leurs envoutements tandis que les gentils passent une large partie du métrage à se dire qu’ils feraient bien de filer en vitesse… sans mettre cette sage décision à exécution ! Le Château des Messes Noires est aussi peu fluide que possible et avance avec des bottes de plomb et un boulet de prisonnier attaché à la cheville. Laborieux ? C’est même un euphémisme ! Trop long ? De 25 minutes, au bas mot ! Et qu’on se le dise, il y a de fortes chances pour que le résultat final soit déjà amputé de quelques secondes ici et là. Ou alors le monteur ne savait visiblement pas faire son travail puisque certaines scènes se chevauchent sans aucune logique, certains personnages baisant avec deux ou trois amants en moins de cinq minutes sans que nous soient montrés leurs rencontres et jeux de séduction. En sort finalement un patchwork de scènes de fesses, avec un chouïa de queue mais vraiment peu de tête, et l’on finit par se perdre dans ces échanges de fluides, par ne plus savoir qui aime qui et qui cherche quoi… Reste que si c’est un défilé de foufoune, une danse des nibards, une procession de fesses rebondies, bref du cul que vous recherchez, vous en aurez en suffisance et parfois pour des scènes assez osées. De celles que l’on ne trouve que dans le bis le plus mal élevé (oserais-je dire le meilleur ?) comme ces léchouilles de bougies en forme de bites (!!!) ou ces multiples masturbations avec des bougies encore (faut croire que les vampires aiment allumer nos mèches…). Forcément marrant !

 

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Et l’horreur, on l’oublie ? Oui et non. Disons qu’on sent bien que le but premier de la bobine était plutôt de dresser les pénis que les cheveux sur la tête. Néanmoins, le décorum est comme déjà dit tout à fait charmant pour qui aime les vieilles bâtisses maudites et Sarno se fend de quelques éclairages aptes à satisfaire les fans de Mario Bava, descente dans un sous-terrain éclairé d’un rouge pétant à l’appui. Mais voilà, comme déjà précisé, on est plus dans du fantastique à la Jess Franco, comprendre plus prompt à verser de la salive que du sang, et les rares instants voyant nos femelles sortir les crocs ne pissent pas bien loin. On recule en pestant devant des crucifix, on goûte à une ou deux gorges, on râle un peu lorsqu’un bout de bois perce un cœur, mais c’est bien tout… Ah si, on a des chauves-souris parmi les plus hilarantes du cinéma bis ! On sait déjà que ces belles bêtes sont rarement impressionnantes une fois à l’écran et on se souvient tous de tristes exemples rencontrés chez la Hammer, mais rien ne nous a préparés à celles qui hantent le Château des Messes Noires. C’est bien simple, soit on ne les voit pas et les comédiennes doivent faire croire à leur présence, soit des types avec des mains gantées de noir et ornées d’ailes doivent passer leurs mimines devant les demoiselles. Et croyez-moi, cet effet très spécial est plus que visible, pour le coup ! De quoi se gausser un bon coup, autant le dire, et finir de balancer le métrage dans le registre du médiocre. Pour autant, l’ensemble est loin d’être désagréable pour peu que l’on aime les ambiances cryptiques et l’érotisme prenant des airs de sacrilège. Dommage tout de même que le script n’ait pas bénéficié d’un peu plus de soin et que l’ensemble ne soit pas un peu plus rythmé, Sarno se contentant d’une véritable torpeur, d’une mollesse capable de faire passer l’œuvre de Jean Rollin pour l’équivalent de celle de Michael Bay. Cette pure œuvre d’exploitation serait d’ailleurs bien plus recommandable comme long clip pour un groupe de doom metal (pour les béotiens, le doom est la branche la plus lourde et lente des musiques extrêmes) que comme divertissement du samedi soir… A ne vois que si vous êtes dans l’état d’esprit adéquat ou que vous aimez vraiment les bougies à forme phallique, car si le film n’est pas un ratage en tant que tel et propose de jolis instants, il n’est clairement pas fait pour toutes les pupilles…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Joseph W. Sarno
  • Scénario : Joseph W. Sarno
  • Production : Chris D. Nebe, Dominik Huser et Sture Sjöstedt
  • Titre original: Der Fluch der schwarzen Schwestern
  • Pays: Allemagne
  • Acteurs: Nadia Henkowa, Anke Syring, Marie Forså, Ulrike Butz
  • Année: 1973

2 comments to Le Château des Messes Noires

  • lor  says:

    Le film n’a pas l’air excellent et semble valoir surtout pour ses scènes érotiques, et encore. En tout cas, il t’a permis de te lâcher dans ta chronique et de montrer tout ton savoir linguistique et de synonymes sur le corps de ces demoiselles. Bravo l’artiste 🙂

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