Breeders

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Si dans à peu près tous les slashers, sauf quelques exceptions comme Cherry Falls, les demoiselles se ramassant des coups de hache dans la caboche sont des grosses coquines ayant vu le loup à plus d’une reprise, il n’en est pas de même chez Tim Kincaid. Avec Breeders, ce petit prince temporaire de la Série B s’attaque en effet aux vierges. Et de quelle manière !

 

 

Sacrée personnalité que Tim Kincaid, bonhomme dont je n’avais pas encore causé de mon jacuzzi à l’acide. Il faut dire que la période bisseuse du mecton n’a pas duré si longtemps que cela, le gaillard ayant surtout œuvré dans les années 80, à la sainte époque des cassettes. Le Kincaid nous livra ainsi quelques gros B juteux comme Bad Girls Domitory, Robot Holocaust, Breeders et Mutant Hunt, des titres généralement fauchés à destination des barjos dans nos genres, des gus prêts à bouffer de tout et de n’importe quoi pourvu que le sang et les jolies filles soient de la partie. Avant cela ? Tim donnait surtout dans le cinoche pour adultes. Après ça ? Notre réalisateur fait une petite pause d’une décennie avant de revenir dans le milieu du X, enchaînant depuis le début des années 2000 les bandes porno, parfois gay, sous le pseudo Joe Gage. Le gus a même sa franchise rien qu’à lui, mettant en scène un docteur voyant son cabinet se changer en lieu de débauches pour jeunes mâles plus branchés par les saucisses que par les figues. Mais tout cela n’étant guère mon domaine, je laisse ces films au Fanzinophile et préfère me concentrer sur Breeders, petite pelloche dont seuls les accrocs à la période des vidéoclubs se souviennent réellement. Une co-production entre plusieurs boites elles aussi affiliées aux eighties, des petits studios qui ont pour la plupart eu un mal de fou à survivre aux tristes années 90. A savoir Beyond Infinity (compagnie produisant les autre Kincaid mais aussi Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama et le slasher Intruder), Entertainment Concepts (dont Breeders est la seule sortie avec Bad Girls Domitory) et Tycin Entertainment (Necropolis, Robot Holocaust). Des boîtes éphémères, sans doute trop ancrées dans leur époque… Le métrage sera d’ailleurs distribué par d’autres compagnies, généralement plus heureuses en affaire, et ce principalement en vidéo, marché évident pour un titre comme Breeders. L’Empire de Charles Band se chargera tout de même de tirer le boulot de Kincaid jusqu’aux écrans pour une sortie bien sûr assez limitée tandis que plusieurs éditeurs de K7 bis se relayeront pour proposer la pelloche à un maximum de viandards. Parmi ces éditeurs, signalons le culte Wizard Video, dont les productions s’arrachent désormais auprès des collectionneurs, leurs cassettes étant connues d’une part pour leurs sublimes jaquettes, d’une autre pour leurs choix très branchés exploitation pure et dure : L’Abime des Morts-Vivants, I Spit on Your Grave, Horrible, La Montagne du Dieu Cannibale, Massacre à la Tronçonneuse, Train Spécial pour SS ou encore The Headless Eyes. Et on en passe, le beau line-up du sorcier étant si populaire que les fans de délices pelliculés s’arrachaient, et s’arrachent encore, leurs livraisons de l’époque. Inutile de préciser que pour Kincaid, voir ses films (car Robot Holocaust et Bad Girls Domitory sortiront également du chapeau magique de ces livreurs de Z) s’écraser dans ce listing prestigieux était une aubaine… Toujours chanceux, le metteur en scène verra d’ailleurs son Breeders tomber dans l’escarcelle de MGM, qui nous balança d’ailleurs le DVD au début des années 2000. On se demande quelle mouche a piqué ce géant d’Hollywood pour qu’il décide de sortir en galette ce petit Z pas loin d’être oublié mais une chose est certaine : on remercie chaleureusement le lion rugissant !

 

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Chères amies vierges, un bon conseil : évitez Manhattan. C’est pas un endroit pour vous. Kincaid, également scénariste de son propre film, nous l’explique bien puisque dans son Breeders, les demoiselles n’ayant pas encore écarté les cuisses sont toutes attaquées par un alien à mi-chemin entre l’insecte et le tas de merde. N’allez cependant pas croire que cette sale bestiole décapite ses victimes d’un bon coup de patte, la saloperie préférant au contraire laisser les pauvres oies blanches défigurées et dans une sorte de coma. De quoi laisser perplexe une police cherchant bien évidemment un maniaque « classique » et ne se doutant pas que dans les tréfonds de la ville se terre une créature ancestrale prête à faire son grand retour… Un script minimaliste s’il en est et pour cause : Kincaid n’a absolument pas l’intention de nous torcher un film avec une intrigue à tiroir ! Son but, sa mission même, c’est de mettre en pratique la sacro-sainte règle des 3 B, dont il connait le théorème par cœur : Nichon² x Gore + Monstre = bon petit B Movie des familles. Dès lors, tout Breeders n’est qu’une grossière excuse pour lui permettre de dénuder ses actrices et leur coller aux basques une grosse mouche prête à les harceler, pour ne pas dire les violer. Et le résultat final d’adopter un rythme d’enfer puisque simplement constitué de scènes de nu et de gore. C’est pas compliqué : une jeune fille se balade en rue ou dans son appartement, si elle est jolie et que l’actrice n’est pas trop pudique, elle finit par tomber la chemise et même la petite culotte (pas le soutien-gorge, personne n’en porte dans le joli monde de Kincaid). Généralement, elles prennent une douche ou se lancent dans une petite scène de danse, histoire de laisser le temps à Kincaid de les filmer sous tous les angles – et croyez-moi, il n’en oublie aucun ! – avant l’arrivée du monstre, qui amène dans sa valise quelques scènes gorasses. A vrai dire, le félon est du genre à se déguiser puisqu’il prend l’apparence d’hommes comme vous et moi, se cachant dans leurs corps avant d’éclore. Si vous vous êtes toujours demandé ce que cela donnerait si une grosse gloumoute sortait du torse de votre voisin, Breeders est la crémerie qu’il vous faut ! La Mouche ou la scène voyant Freddy s’extraire du corps d’un jeune garnement dans La Revanche de Freddy ne sont donc pas loin, même si le budget riquiqui laissé à Kincaid ne lui permet pas de capter des séquences aussi impressionnantes.

 

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Car nous sommes bien évidemment face à du B fauché, ce que l’on remarque rapidement : les décors sont généralement très vides, les acteurs sont mauvais au possible, la musique peu mémorable (je serais d’ailleurs infoutu de vous la décrire) et la réalisation court au plus rapide, au plus efficace, pour se caler sur des délais de tournage que l’on devine étriqués. Néanmoins, force est de constater que les séquences gore ne sont pas toujours ratées. Certes, la grosse mouche n’a rien à voir avec celle de Cronenberg et l’on voit clairement qu’elle n’est qu’un masque tout mou, mais lorsqu’un malheureux est sur le point de la voir sortir de son nombril, les effets sont loin d’être risibles. Ils sont même un peu dégueulasses sur les bords et il suffit de voir ce pauvre type en train de s’arracher la peau et laissant ses tripes à l’air pour s’en convaincre. Kincaid ne se sert donc pas de la misère ambiante pour en fournir le moins possible et lâche même sur nos téléviseurs un petit bestiaire, aussi Z que sympathique. Le frelon monstrueux est attachant tant il est mal foutu, ce drôle de bébé avec un vagin denté en plein milieu de la face donne envie qu’on lui donne le biberon (ne voyez pas d’allusion perverse là-dedans, bande d’obsédés…) et l’explosion de tête de ce médecin devenu fou n’est certainement pas ridicule. Généreux, Breeders l’est, cela ne fait aucun doute, même s’il n’est pas dupe que son effet spécial le moins coûteux reste encore la plastique de ses comédiennes, toutes à poil à un moment ou un autre. Leurs seins, à priori tous naturels (rigolez-pas, c’est un gros plus, demandez à Matthieu Nédey de Cathodic Overdose ce qu’il en pense), sont par ailleurs meilleurs acteurs qu’elles… Soit elles en font des tonnes, soit elles n’en font pas assez, comme cette doctoresse en chef, son interprète Teresa Farley étant aussi sensible qu’un menhir. Il faut la voir, dénuée d’expression, nous dire qu’elle trouve intolérable que les hommes se permettent de malmener les femmes et que ça la fout dans une rage noire. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle sait cacher sa haine… Des petits décalages comme ça, le film en déborde, et on savourera quelques dialogues pas piqués des hannetons zombies, comme ce beau « Je souhaite trouver un jour un homme qui ne soit ni marié, ni chochotte, et qui ne passe pas son temps à l’hôpital à soigner son zizi ». Priceless !

 

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Notez que je me moque un peu de ces demoiselles (dont Frances The Mutilator Raines) mais que ces messieurs ne sont pas bien meilleurs. Voir pour s’en convaincre le héros, un flic incarné par Lance Lewman (le pas terrible Hit and Run sorti en 2009 tentant de surfer sur le succès de Stuck), un acteur dénué de charisme et incapable d’apporter un minimum de sensibilité à son enquêteur… N’imaginez pas que je me plains de ces carences, vous savez au contraire qu’elles sont de ces détails amusants que le bisseux sait prendre par le bon côté. Pour sûr, on tient là de l’exploitation réservées aux acharnés, aux Horror Addicts qui n’en ont jamais assez et sont prêts à bouffer du gros B cheesy toute la journée. Ne venez pas chercher du John Carpenter ici, vous n’en trouverez pas. Breeders flatte à l’inverse nos plus bas instincts, les meilleurs, et se contente d’aligner les séquences espérées durant 1h10. Car en plus c’est court et ne laisse pas le temps de se faire chier, et ce même si le final est plus mou que la bite à Jacques Chirac, malgré la présence d’un drôle de bain de semence dans lequel barbote nos nymphes ! Notez que ce petit plaisir estampillé eighties fut remaké une dizaine d’années plus tard, en 97 pour être précis, par Paul Matthews. A priori, le résultat serait un peu plus friqué mais pas forcément meilleur… A vérifier.

Cette chronique est dédiée à la mémoire de Mighty Matt, pas encore mort mais au moins comme ça, c’est fait !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation : Tim Kincaid
  • Scénario : Tim Kincaid
  • Production : Cynthia de Paula, Charles Band
  • Pays: USA
  • Acteurs: Frances Raines, Lance Lewman, Teresa Farley, Amy Brentano
  • Année: 1986

A lire aussi la chro du film sur la page Les Films du Placard !

10 comments to Breeders

  • VAL le cafard  says:

    Héhé… Ta dédicace finale m’a bien fait ricaner !

  • Oncle Jack  says:

    Que de souvenirs avec ce machin vu à l’époque sur la 5. Et en prime time en plus ! Je sais qu’il existe également un remake sorti en 1997, je me demande bien ce que ça peut valoir.

  • Mighty Matt  says:

    Breeders, Breeders, Breeders… Incroyablement divertissant malgré des défauts qui ne peuvent se compter sur les doigts d’une main (excepté pour les mutants affublés d’une centaine de doigts)… Et au dessus de ces scènes gores, bêtes, méchantes et géniales, une petite danse hypnotisante !
    Je pense clairement utiliser ta chro’ sur le marbre de ma pierre tombale, si tu connais des pompes funèbres qui font des prix, je suis preneur !

  • Roggy  says:

    J’ai bien ri à ta chronique pour ce petit film qu’il me semble aussi avoir vu il y a bien longtemps. Au moins, on sait pourquoi on est là !

  • Nola  says:

    Les captures me donnent très envie de le voir. J’entends bien les faiblesses / atouts que tu mentionnes, et les imagine à des kilomètres, mais rien n’y fait… tu m’as donné envie de le voir !

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