Vidéotopsie 10 et 17

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Ce n’est pas parce que « Didelot » et « Repos » ça rime que l’ami David va en profiter pour aller se coincer le cul dans son divan ! Le bougre nous le prouve en ce moment puisqu’outre ses bonus pour de beaux DVD et un livre sur Bruno Mattei, il nous sort également un nouveau numéro de Vidéotopsie. Et pour fêter ça, on s’offre un retour en arrière en nous penchant sur le dixième numéro également !

 

 

Est-il encore bien utile de faire les présentations concernant Vidéotopsie et David Didelot ? C’est un peu comme pour Médusa et Didier Lefèvre : si vous traînez dans la crypte toxique depuis un petit moment, vous savez fort bien qui est le Snake Plissken de Chaumont : un fanzineur tendant de plus en plus vers des activités parallèles. Quant à Vidéotopsie, inutile d’en remettre une couche épaisse sur l’importance de la revue dans le paysage actuel ! On peut donc passer sans traîner au dernier numéro en date, le dix-septième, un opus plutôt concentré sur les plaisirs français. Vous savez, le bon pain, le bon fromage, le bon vin, le bon cinéma d’exploitation du pays. C’est ainsi avec La Nuit de La Mort, titre ô combien explicite, de Raphaël Delpart que débute le zine via la rubrique « Le Film Autopsié », bien sûr tenue par David. Là encore, à moins d’être un nouveau venu dans la rouge galaxie du fanzinat, vous savez fort bien ce que cela signifie : David nous envoie dans les dents une vingtaine de pages analysant l’œuvre en question, petit bis frenchy oublié (du moins jusqu’à ce numéro) disséqué de la plante des pieds aux oreilles. Ce récit de vieillards moins paisibles qu’il n’y parait n’aura donc plus de secrets pour vous grâce à la plume dorée du Sieur Didelot, qui ne loupe pas l’occasion de dresser une fiche technique du métrage (qui a fait quoi ?), de revenir sur les différentes éditions VHS et DVD pour qu’on puisse s’y retrouver et, bien sûr, décrire quelques scènes corsées. Comme celle d’une Charlotte de Turckheim, de nos jours mécontente d’avoir participé à ce métrage, devenant un gros bout de bidoche accroché à un croc de boucher. A table, les enfants ! Mais pas décidée à lâcher le Delpart, une partie de la fine équipe du zine se fend d’une dizaine de pages revenant sur la carrière du réalisateur, passant en revue ses coquineries, ses comédies et bien sûr ses œuvres fantastiques. Très instructif, bien sûr, et on ne peut que remercier David, Jean-Sébastien Gaboury (enfin de retour ! Yeah !) et Patrick Callonnec pour ces bonnes informations. C’est d’ailleurs ce dernier, personnalité désormais indispensable du fanzine de par sa belle plume et son sens des entretiens, que l’on retrouve comme Jay Leno de Vidéotopsie, passant donc le micro à Delpart pour une interview carrière de 20 pages encore ! Comme le disait l’ami Didier dans le dernier Médusa, où trouver pareil travail, pareil coup de projo sur des réalisateurs de l’ombre, si ce n’est dans le fanzinat ?

 

Videotopsie17_Une

 

Une fois le plat Delpart digéré, on passe à la rubrique obligatoire de Vidéotopsie, celle des reviews bis. Comme toujours, le menu est varié : Patrick revient sur le cas de Joseph W. Sarno via Young Playthings, la nouvelle recrue Tom Phénix montre ses poils avec L’Enfer des Loups, Michel Tabbal coupe la lumière pour les besoins de New York Blackout, Adrien Vaillant sort à la pleine lune pour causer de Dark Angel : The Ascent, Didier Lefèvre parle de viols pour La Desnuda Chica del Relax, Alexandre Jousse se penche sur le cas d’un sadique via La Corruption de Chris Miller, Yohan Chanoir sort les pétoires pour quelques films de guerre asiatiques, Jean-Sébastien Gaboury prend le pinceau et nous peint Les Forces du Mal, Simon Laperriere se concentre sur Manos, The Hands of Fate tandis que je suis parvenu à refiler à David un spectacle à base de dinosaures fait avec des merdes de chien nommé Actium Maximus. Un line-up de folie, quoi ! On passera rapidement sur le dossier sur le manga gore Riki-Oh, tout simplement parce que j’en suis l’auteur et que je ne vais tout de même pas parler de moi-même. Je préfère donc laisser la parole à Jean d’Ormesson, qui l’a lu et beaucoup apprécié : « Quel travail que celui de Rigs Mordo, fin auteur de notre époque, sur cette incroyable épopée qu’est celle de Riki-Oh, un musclé chevalier au regard de l’Orient. Durant une dizaine de pages richement illustrées, l’auteur prend un plaisir, que l’on devine taquin, à nous décrire les scènes les plus atroces de cette collection de combats divins. Je n’y connaissais rien à ce beau manga et le résultat ne s’est pas fait attendre : j’ai pris des cours de japonais et j’ai commandé tous les tomes ! ». Merci Jean, ça me touche… D’ailleurs, on reste dans les bridés mécontents avec Daniel Iarriccio et ses quatre pages sur l’effet Bruce Lee dans nos vidéoclubs. On passe ensuite à un autre gros morceau, à savoir le dossier Serge Leroy de Patrick Juillard. C’est bien simple, toutes les pelloches sont ici chroniquées, offrant un joli point de vue sur la carrière de l’auteur du superbe La Traque. En tant que fan du Maigret incarné par Cremer, je regrette juste que les deux téléfilms de Delpart manquent à l’appel, mais je chipote… On quitte ensuite la France avec Thomas Rolland pour partir sur les traces de George Pan Cosmatos, réalisateur de Rambo 2, Leviathan et Cobra (que du bon, donc !), le boulot de ce metteur en scène souvent conspué étant placé sous un angle un peu plus intéressant que l’habituel « il a fait que des films crétins ! ». On quitte la fureur et la violence (quoique !) pour les chaudes étreintes avec un super dossier sur la collection La Brigandine, série de livres branchés zezettes, un rapport tenu par Vincent Roussel. Je ne vais pas vous mentir, la littérature érotique m’intéresse à peu près autant que l’œuvre de BHL, c’est-à-dire pas du tout. J’ai pourtant pris un grand plaisir à découvrir ce petit monde, Vincent usant de son talent pour nous la présenter efficacement, de manière ludique. Impeccable ! On reste dans les pages écrites au sang des règles avec Léon Despair, auteur branché SM que Frédérick Durand étudie pour la cause Vidéotopsie, non sans donner la parole à l’intéressé lors d’une interview on ne peut plus franche et truffée de bons mots. Et c’est lorsque l’on remarque que David reprend la parole que l’on se rend compte que nous atteignons doucement mais sûrement la fin du numéro. Retour sur quelques courts (interview d’Arnaud Mangin a la clé), retour sur les derniers évènements marquants de la galaxie bis et quelques mots sur les fanzines les plus frais et voilà qu’on referme déjà cette dix-septième offrande. Qu’en dire si ce n’est que l’excellence est toujours de la partie et que nous ne sommes pas loin du niveau, diablement élevé, du quinzième numéro. C’est dire !

 

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Et offrons-nous un rapide retour sur le numéro 10 pour conclure. Bon, on ne va pas trop s’attarder dessus non plus pour une raison très simple : il est entièrement consacré à Bruno Mattei. Oui, comme le livre que vient de sortir David, Bruno Mattéi, Itinéraires Bis, disponible chez Artus. Vous me voyez venir : je préfère garder mes impressions pour le bouquin, car vous vous doutez bien que l’état d’esprit entre la version zine et le livre est pour ainsi dire le même, David n’ayant pas changé du tout au tout en quinze ans, même si c’est déjà un petit paquet d’années. Le zine est bien évidemment moins précis, à moins de place pour s’étendre sur le sujet, commet quelques erreurs bien normales (on était moins informés sur le Bruno en 2001 qu’en 2016, c’est évident) mais ne s’en lit pas moins d’une traite et se montre comme une date importante pour le fanzine. Après tout, se lancer dans des critiques de tous les films alors trouvables (le livre en ajoute bien évidemment une grosse poignée) n’étant pas rien et David s’était entouré de ses habituels compagnons que sont Jean-Sébastien Gaboury et Didier Lefèvre, sans oublier Stéphane Caboche pour un texte en duo avec David et un Jérôme Pottier soulignant les traits les plus fendards du cinéma de Mattei. Bref, vous verrez que David et sa team avaient déjà le même crédo : Mattei c’est rigolo, oui, mais de là à foutre le mecton plus bas que terre pour se moquer de lui… Mais nous reviendrons sur tout cela en temps et en heure, lorsque la chronique du bouquin arrivera (c’est-à-dire dans assez peu de temps). Evidemment, le dossier Mattei prenant 95% du zine, il ne me reste plus grand-chose à décrire, si ce n’est la présence d’une section musicale en fin de parcours, tenue par un certain Légion (qui est-ce ?) et revenant sur quatre albums de l’époque, principalement tournés vers le black metal. A quand un retour de cette rubrique Audiotopsie, David, avec un peu de death metal en option ? Très intéressant aussi l’édito de ce dixième numéro puisque le tenancier de la boutique annonçait clairement que c’était le dernier, que désormais tout était terminé. Certes, la vie privée des Didelot était chamboulée à l’époque comme David l’avait confié à Toxic Crypt lors d’une interview puisqu’il devenait le fier papa d’un jeune métalleux en devenir (amusant de voir David dédier le zine à son fils alors âgé de vingt mois lorsque l’on a rencontré le garnement, désormais très grand… Putain, même moi ça me vieillit !), mais l’on sent surtout que le Vidéotopsieur en chef avait un peu l’impression de se battre dans le vide. Comme il le disait lui-même, Bruno Mattei et le bis en général n’intéressaient plus personne en 2001 et les fanzines entraient doucement mais sûrement dans ce qu’il pensait être un cercueil, les lecteurs se raréfiant sacrément. Ce que David ignorait, c’est que la mort n’était qu’une hibernation et que les zines sont désormais plus populaires et forts que jamais tandis que Mattéi trouve, enfin, la fanbase qu’il mérite. Et ce dont David ne se rend sans doute pas compte, c’est que dans un cas comme dans l’autre, c’est en bonne partie grâce à lui…

Rigs Mordo

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