Hatchet 3

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Troisième round pour le mec le plus moche de Louisiane, le grand Victor Crowley ! Pas fatigué après deux films le voyant pourtant découper en rondelles des dizaines de garnements, le colosse des marécages revient une fois de plus dans un ultime volet tentant de corriger les erreurs des précédents.

 

 

Alors que la plupart des slasher modernes en restent à l’état de one-shot, la faute à un manque de véritable succès, la franchise Hatchet continue son petit bonhomme de chemin tranquillement, à son aise, pondant un nouvel opus tous les trois ou quatre ans. A la cool, quoi ! Enfin, plus tant que ça avec le troisième volet puisque le tournage, situé en grande partie à Los Angeles pour les deux premiers films, s’est délocalisé en Louisiane, dans les marécages. Et sans surprise, les moustiques et autres insectes imbuvables sont venus passer le bonjour à l’équipe, envoyant à l’hosto un grand nombre de techniciens à grands coups de piqûres. Et ceux qui parvenaient à échapper à ces terreurs minuscules mais grouillantes finissaient par être intoxiqués par leurs sprays anti-bestioles et finissaient eux aussi aux urgences ! Sans compter sur les camions transportant l’équipement, les engins s’embourbant dans la boue et ralentissant donc tout le processus de création. Hatchet 3 ne fut donc pas un projet facile à démouler et Adam Green, père historique de la saga, était certainement bien soulagé de ne pas avoir la pression du réalisateur. Car cette fois, l’Adam s’est mis au vert ou presque, se contentant des casquettes de scénariste et producteur pour laisser le siège du grand patron à son ami BJ McDonnell, caméraman sur les deux autres films mais aussi sur quelques blockbusters comme Avengers : Age of Ultron, Star Trek : Into Darkness ou Jack Reacher. Un gus sachant contrôler les aspects techniques, en somme, et qui voyait ici l’occasion de faire ses preuves en tant que metteur en scène. Un changement de taille que les fans, très attachés à Green, acceptèrent facilement puisque McDonnell étant présent sur les autres chapitres, l’affaire restait en famille. D’ailleurs, les habitués ont tous répondu présents, de Danielle Harris à Kane Hodder en passant par l’inévitable Parry Shen. Autant dire que l’on sait où l’on fout les pieds et qu’il n’est pas nécessaire de se les frotter sur le paillasson avant de rentrer : la bande des Hatchet, la saleté elle aime bien. Pourtant, vous allez voir que cette deuxième séquelle apporte son lot de changements…

 

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Tout comme le précédent Butcher (allez, on va utiliser ce nom « français » inutile, pour varier), celui-ci débute précisément à la fin du second volet. De sorte que si vous regardez la trilogie d’une seule traite, vous aurez la sensation de voir un seul et même film se déroulant sur quelques jours à peine. On retrouve ainsi la copine Marybeth, en pleine séance d’écrasement de tronche puisqu’elle fait passer le quart d’heure de sa vie au vieux Crowley. Elle lui défonce la face, le fait tomber sur la tronçonneuse géante qu’il utilisa précédemment, le scalpe et repart tranquillement en ville avec l’esprit léger. Déjà, ça débute bien et on retrouve nos marques immédiatement : c’est gore à mort, Crowley est littéralement scié en deux alors que son visage n’est plus qu’un trou béant et le duo Green/McDonnell nous balance bien évidemment un générique de début branché gros riffs puisqu’ils ont choisi du Gwar pour débuter. Good choice ! Marybeth décide malgré tout d’aller au commissariat histoire de prévenir les keufs que c’est bon, elle a fait leur job et que plus personne ne doit avoir peur d’aller se mouiller les pieds dans le bayou, à part quelques alligators c’est tranquille comme une église. Sauf que le sheriff du coin (incarné par Zach Galligan, éternel ennemi des Gremlins) a bien du mal à croire à la légende de Victor Crowley, ce fantôme hantant les cabanes des bouseux, et lorsqu’il voit le top-modèle arriver avec plus de sang que si elle était passée sous King Ghidorah alors qu’il se pétait une hémorroïde, il a tôt fait de penser qu’elle est une meurtrière. Il décide alors d’aller sur les lieux du crime avec une troupe de flics et sont vite rejoints par une équipe du SWAT. Et comme vous l’imaginer sans peine, le gros Victor n’est pas mort et une fois la nuit tombée il se redresse et reprend son entreprise de démolissage de son prochain. Heureusement, l’ex-femme du sheriff, une journaliste déchue de son titre pour avoir trop cru à la légende des Crowley, sait comment éliminer une bonne fois pour toutes le titan meurtrier. Puisqu’il passe ses nuits à gueuler après son pôpa, autant le lui ramener : si Marybeth, fille du tortionnaire ayant causé la mort de Victor, lui rend les cendres de son père, le fantôme se calmera. Encore faut-il parvenir à l’approcher sans qu’il ne vous débouchonne l’anus d’un coup de dent cariée…

 

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Sur le papier, on sent bien que l’on est dans la suite logique des évènements du précédent film, avec cependant une grosse volonté de faire tomber la bobine dans le genre action. Il y a du Predator et du Aliens dans l’arrivée de ces membres du SWAT, d’autant que l’on retrouve quelques scènes cultes du film de McTiernan, comme ces quelques secondes voyant le commando déforester bruyamment en tirant dans les arbres après une menace invisible. Hatchet 2 lorgnait déjà doucement mais sûrement vers un récit plus musclé avec ses chasseurs velus prêt à faire parler la poudre, la logique du « bigger and louder » pousse donc Hatchet 3 à partir encore plus loin, sortant même un lance-roquettes pour remettre de l’ordre dans les pustules du Victor. Alors certes, cette histoire de ramener les cendres du père Crowley jusqu’à son abominable fiston n’a rien de neuf et l’on sent bien que cette partie du récit n’est qu’une excuse pour justifier la sortie d’un troisième opus. Reste que les scénarios des slasher n’ont jamais été le point fort des bandes en question et que Green a pourtant toujours apporté beaucoup de soin aux siens, créant un vrai monde avec méticulosité, ne versant pas dans la facilité. Alors si le script est ici un peu mince et n’apporte pas grand-chose à la saga, au moins permet-il au film de ne pas sembler injustifié, ce qui est déjà beaucoup dans un courant slasheresque. Tout aussi fidèles aux autres chapitres, ce troisième mise bien évidemment beaucoup sur des effets à l’ancienne, laissant la part belle au latex et à la silicone, les CGI étant forcément interdits. Et comme de juste, le gore est aux abonnés présents, même si l’on remarquera tout de même une petite baisse d’intensité par rapport aux deux films précédents, et plus particulièrement le deuxième. Rassurez-vous, on reste plus proche de Braindead que du Cœur des Hommes 2, le Victor prenant toujours le même plaisir à démembrer, couper un crâne en deux pour laisser la cervelle qui y est cachée se casser la gueule au sol, poncer des caboches, en faire exploser d’autres ou retirer des colonnes vertébrales à mains nues. La quantité des meurtres est donc toujours là, peut-être même en hausse, mais la qualité se veut tout de même moins frappante…

 

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Heureusement, McDonnell nous surprend là où on ne l’attendait pas, à savoir au niveau formel. Pour rappel, Adam Green n’avait pas franchement fait des merveilles au même poste, sa réalisation se montrant statique, peu inspirée et la qualité visuelle montrait les limites d’un tournage en DV… Pas de ça ici, son remplaçant nous montrant ses talents de caméraman, prouvant qu’il a bien sa place sur des productions plus cossues. Les cadres sont bien torchés, la photographie est plus jolie qu’avant, les décors mieux croqués et ça bouge enfin ! Alors que Green posait sa caméra et laissait ses comédiens causer tranquille, McDonnell n’hésite pas à faire flotter son objectif d’un bout à l’autre d’une cellule, à varier les plans, apportant le dynamisme qui manquait auparavant à la franchise. Techniquement, on tient sans conteste le plus solide des Hatchet, ce qui permet de faire passer la pilule de la baisse de régime niveau trash attitude (y’a même plus de nichons qui sautent à l’écran, c’est un scandale !). Pour dire, même les acteurs semblent un peu meilleurs. Bon, on ne dira rien sur le méritant Kane Hodder, évidemment très bon en tueur fou, mais force est de constater que la Harris se débrouille ici un poil mieux que dans le second volet. Pas de quoi sauter au plafond, mais sa prestation est un peu moins agaçante, ce qui est sans doute aidé par le fait que son personnage change subitement de comportement. Auparavant une petite biche effrayée mais volontaire, Marybeth devient une sale gamine rechignant à tout. Vous vous souvenez du rôle qu’avait la jolie Danielle dans Le Dernier Samaritain, où elle incarnait l’insupportable fille de Bruce Willis ? Ben elle reprend plus où moins ce personnage puisqu’elle passe tout Hatchet 3 à envoyer chier son monde !

 

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Comme toujours, le reste du casting est composé de mercenaires de l’horreur et on croise, pêle-mêle, Zach Galligan (Waxwork et Gremlins donc), Caroline Williams (héroïne de Massacre à la Tronçonneuse 2), Derek Mears (Jason dans le remake de Vendredi 13 et Chameleon dans le celui de La Colline a des Yeux 2), Sid Haig (à peu près tous les films de Rob Zombie, La Galaxie de la Terreur, Spider Baby) et même Joel David Moore, qui jouait le premier rôle masculin dans Hatchet premier, que l’on découvre en survivant ici alors qu’on le pensait mort et qui se fait immédiatement tuer ! Car bien sûr, l’humour reste très présent, même si l’atmosphère générale est un chouïa plus sérieuse qu’auparavant. Le constat est en tout cas positif et l’on ressort de ce troisième volet avec la sensation, déjà présente dans les deux autres, que cette Série B a été confectionnée pour nous, les Horror Addicts, et par d’autres Horror Addicts. Toujours pas de quoi entrer au panthéon du style, mais définitivement un divertissement sincère et bien torché ! Profitez-en, c’est visiblement le dernier qu’on aura et pas sûr que les prochaines années nous offriront beaucoup de pelloches dotées de ce bel esprit…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: BJ McDonnell
  • Scénarisation: Adam Green
  • Production: Adam Green, Sarah Elbert
  • Titres: Hatchet 3, Butcher 3 (France)
  • Pays: USA
  • Acteurs: Kane Hodder, Danielle Harris, Zach Calligan, Caroline Williams
  • Année: 2013

2 comments to Hatchet 3

  • Roggy  says:

    Je surpris que ce 3e opus, que je n’avais jamais regardé, soit finalement à la hauteur. C’est assez rare pour le signaler. Au vu de ta chronique, il va bien falloir que je le mate… Bigre 🙂

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