Hanuman vs 7 Ultraman

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Les sentaï, même s’ils ont tendance à verser dans la répétition, c’est fun ! Des monstres géants, des gus costumés et aux pouvoirs déments, des robots qui s’assemblent, des gadgets balançant des rayons lasers aux couleurs très disco,… Comment ne pas kiffer tout ce bordel ? D’autant qu’avec Hanuman vs 7 Ultraman, Toxic Crypt s’offre sa première virée en Thaïlande, ce qui se fête !

 

 

Par chez nous, on connait fort mal, pour ne pas dire pas du tout, Sompote Saengduenchai, que l’on appellera Sompote Sands pour d’évidentes raisons de facilité. Ainsi, qu’elle soit à l’abricot ou à la fraise, on n’a jamais trop goûté de cette Sompote (rires) alors qu’en Thaïlande, le monsieur est connu pour être un fier artisan, fort d’une douzaine de films déballés en une quinzaine d’années. Parmi ses plus célèbres, un certain Chorakhe, alias Crocodile (1979), et ses collaborations avec les Japonais faiseurs de sentaï, soit la maison de production Tsuburaya. Comme Jumborg Ace & Giant, adaptation maison du héros Jumborg Ace (forcément !), mais aussi et surtout ce Hanuman vs. 7 Ultraman (1974), version thaï du très célèbre Ultraman, héros immortel jouissant encore d’un nouveau film à l’heure où j’écris ces lignes. En somme, malgré les apparences et les idées reçues voulant que l’on a tôt fait d’imaginer que le Sompote a ici tourné sa petite version pirate, dans son coin et comme si de rien n’était, son crossover entre les héros de Tokyo et la divinité à face de macaque est tout ce qu’il y a de plus officielle. Ce qui ne signifie pas que les relations entre les deux parties ne vont pas aller en se détériorant, Sompote et sa boîte Chaiyo Productions tentant visiblement de s’emparer des copyrights, plongeant la Tsuburaya dans une succession de procès (tous gagnés à l’exception d’un pour le merchandising thaïlandais, revenu à la Chaiyo) de 1996 à 2008. Mais les coulisses, si elles peuvent intéresser le bisseux, ne le détournent jamais du plus important : la pelloche ! Et avec Hanuman vs 7 Ultraman, alias Urutora 6-kyodai tai kaijû gundan, le fan de divertissements farfelus et épicés va en avoir pour son argent !

 

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Il fait chaud en Thaïlande, désespérément chaud. Au point que les gosses passent leurs journées à faire la danse de la pluie ou celle du dieu Hanuman pour qu’il leur porte chance et ramène les averses. Z’ont raison, rien de tel que de gesticuler durant trois heures en pleine canicule, super moyen pour pas crever de chaud ! Et pendant que les mouflets imitent Patrick Sébastien sous le regard flegmatique de Bouddha, un scientifique de renom met plutôt au point des fusées vouées à éclater dans les nuages, histoire de favoriser la bruine. Mais tout ce barnum lié au Roi Soleil, quelques brigands n’en ont cure et préfèrent partir récupérer un butin qu’ils avaient planqué dans une statue. Ils sont cependant remarqués par Koh, un gamin se prenant visiblement pour un justicier puisqu’il tente d’arrêter les malandrins, qui lui répondent avec leurs flingues. Car oui, ce gosse d’environ neuf ans se prend une bastos en plein crâne et meurt sur le coup, ce qui est déjà assez surprenant… Heureusement pour lui, les frères Ultraman et leur daronne veillent de leur lointaine planète et décident de lui venir en aide, récupérant le cadavre du chiard pour le transformer en Hanuman, nouvel héros thaïlandais bien décidé à se venger de ses agresseurs. Une scène par ailleurs assez violente et surprenante, le singe surnaturel devenant gigantesque pour traquer ses proies, qu’il écrase sous sa semelle, qu’il ensevelit sous un arbre ou qu’il broie dans sa main, dès lors sanguinolente. Plutôt trash pour du sentaï, vous en conviendrez ! Pendant qu’Hanuman règle ses comptes et en oublie presque de sauver son meilleur ami, en train de claquer à cause de la chaleur et les pieds en sang pour avoir marché sur des cailloux tranchant durant des heures (quand on vous dit que c’est rude, dans le coin !), le scientifique approche de ses lancements de fusées. Mais bien entendu, ses petits suppositoires finissent par s’étaler au sol, créant d’énormes explosions favorisant la naissance d’un imposant cratère dont sortent, j’ai envie de dire « évidemment », cinq affreux monstres géants !

 

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Vous savez comment c’est en Asie : vous soulevez un caillou et paf, y avait un opossum diabolique planqué en-dessous et le voilà qui se met à grandir pour ravager les villes. Ben le pauvre Hanuman va devoir en calmer cinq, des streums précédemment apparus dans des épisodes de la série Ultraman, et aux looks bien évidemment très sûrs. On a donc une sorte de dragon avec trois cornes (le plus méchant et visiblement le boss des quatre autres), un éléphant avec une grosse boule à pics en guise de paluche (la masturbation, ce sera sans lui), un espèce de gros gorille infernal, une grosse mite verdâtre et un iguane bien maousse. Que du beau monde venu piétiner des bases scientifiques, cracher des flammes dans tous les sens, balancer des éclairs sur le bon peuple ou faire sentir leur haleine putride à un Hanuman bien évidemment dépassé par les évènements. Tentez donc de rester debout quand cinq affreux se mettent à vous prendre en tournante, vous ! Sans surprises, les valeureux frères Ultraman, sous le regard bienveillant de leur chère môman, viendront à la rescousse de leur nouvel ami qu’ils ont aidé à ressusciter, histoire de clôturer cette belle histoire lors d’une titanesque mêlée. De quoi satisfaire l’appétit des bouffeurs de Kaiju, d’ailleurs, vu que tout ce beau monde se fouette le cul, balance des disques d’énergie tranchants, s’enfonce des tridents dans le bide ou se combat à grand renforts de pirouettes impossibles ! Inutile de préciser que ce dernier acte, ces trente minutes conclusives, sont fendardes à plus d’un titre : si on n’atteint pas le niveau du délirant Super Inframan, on sort tout de même repus de ces violentes luttes, par ailleurs bien gore et méchantes. On finit d’ailleurs par avoir mal pour les démons sortis de terre, soit parce qu’ils finissent décapités ou tranchés en deux, soit parce que ce sadique d’Hanuman décide de les dépecer entièrement. Certes, c’est pour un gag visuel, n’empêche qu’on a connu des héros moins vicieux ! Que dire également de cette scène montrant le dieu simiesque tabasser un pauvre monstre tandis que les Ultraman le maintiennent au sol ? Des techniques de voyous, ça, messieurs !

 

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Malheureusement, il faudra prendre son mal en patience pour en arriver là, la première moitié de Hanuman vs. 7 Ultraman (titre mensonger par ailleurs vu que les zigs sont alliés) préférant se concentrer sur la genèse d’Hanuman, véritable star du film puisque les Ultraman ne sont là que pour le mettre en valeur. Et pas de bol, tout cela est parfois fort long, surtout lorsque l’on nous montre les gosses en train de suer ou deux pilotes, éléments comiques et lourdingues du récit, à la recherche d’un peu de flotte pour se rafraîchir. Heureusement qu’on a cette revanche citée plus haut et ces quelques scènes misant sur le folklore thaï, Hanuman partant converser avec le roi soleil, pour nous occuper en attendant le début des festivités. Alors on ne s’ennuie pas réellement durant tout ce temps, mais au vu du sublime et prometteur visuel de la jaquette, disons qu’on espérait rentrer dans le vif du sujet plus rapidement. D’ailleurs, pareille œuvre est bien sûr à réserver aux bisseux purs et durs ayant pris « l’option cinoche asiatique débridé et déglingo » au collège, se lancer dans pareille aventure en espérant voir le Ran de Kurosawa n’étant pas franchement une grande idée. On tient là de l’exploitation acide des seventies, avec son image parfois un peu jaune-pisse, ses effets spéciaux charmants mais datés à mort, ses acteurs qui en font beaucoup trop et ses gloumoutes en caoutchouc, donc pas forcément le mets préféré de tout le monde. Dans la crypte toxique, on a bien évidemment rien contre ce genre de match de catch remplaçant les gros barbus et les chicanos masqués par des tapirs géants et des moustiques mutants, donc on prend ! D’autant que la galette éditée chez les super sympathiques Belges de chez Zeno Pictures (avec sous-titres en français, s’il vous plaît !) profite autant d’un beau packaging que d’un bonus sacrément sympathique. A savoir un show-reel du boulot abattu par Sompote Sands durant ses années en tant que réalisateur, une occasion en or de découvrir quelques extraits de sa filmographie, qui semble des plus folles. Pour le bisseux ouvert, ça n’a bien évidemment pas de prix ! Notons enfin que par la suite, Sands s’est lancé dans un autre crossover, invitant les Kamen Rider, là encore des personnages populaires du monde du sentaï, à venir s’éclater avec Hanuman. Sur ce coup, le gredin n’avait pas les droits, lui causant quelques ennuis mais ne nous empêchant pas d’avoir très envie de voir ce que valait cette belle promesse de bis espiègle !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Sompote Sands
  • Scénarisation: Bunzô Wakatsuki
  • Production: Sompote Sands, Noboru Suburaya
  • Titres: Urutora 6-kyodai tai kaijû gundan
  • Pays: Thaïlande, Japon
  • Acteurs: Ko Kaeoduendee, Anan Pricha, Yodchai Meksuwan
  • Année: 1974

4 comments to Hanuman vs 7 Ultraman

  • Oncle Jack  says:

    Ah feck, j’aurais dû le prendre au BWE celui-là !

  • Roggy  says:

    Ca a l’air vraiment WTF ! Moi aussi j’en veux un 🙂

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