Waz

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Waz, WΔZ, W Delta Z, The Killing Gene,… Il y a des putains de films dont on ne sait jamais comment les appeler, qui vont jusqu’à avoir plusieurs appellations différentes dans le même pays! Et en plus ils nous ramènent aux cours de math de notre adolescence!

 

Votre ami Rigs Mordo n’a jamais été un fervent admirateur des mathématiques… Pourquoi s’emmerder à savoir faire des équations à la con alors que savoir multiplier, diviser, additionner et soustraire suffit amplement dans la vie de tous les jours ? Avez-vous souvent eu l’occasion de faire une preuve par neuf ? De faire de l’algèbre ? Non, vous avez juste additionné les prix de vos légumes et Nutella avant d’aller à la caisse, c’est tout. Et alors que vous êtes bien heureux d’avoir laissé ces conneries de calcul derrière-vous, voilà un putain de film qui se ramasse une équation en titre ! Bon, au départ vous n’y prêterez pas attention, bien trop occupés à remarquer que Waz (ou WΔZ, en fait) ça ressemble à Saw à l’envers. Et en pleine période de Torture-Porn, vous vous voyez déjà face à un énorme plagiat du film de James Wan. Mais vous remarquer par la suite l’équation qui vous est proposée au-dessus du titre. WΔZ = cov(w.2)=bwzvz. Je vais vous en donner une autre moi d’équation: WΔZ = Seven² + Saw³ = bon ou mauvais film ? Je relève les copies dans une heure.

 

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Comme si le tout ne semblait pas encore assez obscur, on a droit à une phrase étrange. « L’amour ne fait pas mal, il tue ». Quand l’amour se mêle aux maths, la logique fait la gueule. Mais de quoi ça cause au final, ce film qu’on ne sait comment appeler (on va opter pour WΔZ car il est dans mon « copier/coller », oui je suis une feignasse, vous croyez-quoi) ? Et bien ça raconte l’enquête que mènent deux flics (Stellan Skarsgard et Melissa George), confrontés à un tueur en série qui a des méthodes assez inhabituelles. Les victimes semblent retrouvées par deux, deux connaissances ayant un lien fort: la première est électrocutée, la seconde a été torturée (clous dans les doigts, bite coupée, la totale). Un sacré mystère, refusé par Barnaby, Perry Mason, Miss Marple (même si le réalisateur en a réalisé un téléfilm) et Navarro, tous partis dégobiller plus loin. Mais le tueur ne semble pas être un taré classique et penche plutôt du coté des vigilantes puisqu’il ne tue que des membres d’un gang. D’un gang bang, même, puisque les salauds ont violé une pauvre fille et l’ont mise face à un terrible choix: soit ils continuent de la torturer (tesson de bouteille dans le vagin, quand même), soit ils tuent sa mère. Elle semble avoir opté pour cette deuxième option…

 

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Ce n’est pas un énorme spoil (mais si jamais vous ne voulez rien savoir, arrêtez-vous ici) que de dire que c’est la fameuse victime (Selma Blair) qui est également la tueuse puisque de toute façon le film ne semble pas miser dessus. On apprend effectivement son identité après quarante minutes, l’argument policier n’étant clairement pas mis en avant. C’est ici le coté glauque qui prime, plus qu’un mystère au final guère épais. A un point que les histoires autour de cette équation semblent présentes pour épaissir un peu une intrigue assez légère. Car WΔZ est en fait une équation servant à prouver que les gènes sont plus forts que l’individu, qui choisira toujours la survie à l’être aimé. C’est en tout cas ce qui pousse notre victime revancharde à torturer les uns jusqu’à ce qu’ils fassent rôtir les autres sur la chaise électrique placée juste en face… Mais tout cela n’est finalement pas très important, le réalisateur mettant surtout tout en œuvre pour créer un monde poisseux et lugubre, nihiliste au possible, sans une once de clarté. Vous ne verrez jamais la lumière du jour ici, ni des beaux quartiers. La crasse, les ombres, la misère, c’est ce que WΔZ vous propose d’explorer. Veinards.

 

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Mis en scène par Tom Shankland (connu de nos services pour avoir fait The Children, avec ses enfants qui éliminent leurs parents lors d’un séjour enneigé), WΔZ ne bénéficie pas d’un budget des plus confortables, ce qui se sent franchement. Doté d’une caméra numérique qui n’est pas forcément du plus bel effet (comme la plupart des séries B récentes, cela dit), induisant une image trop clinique, Shankland arrive tout de même à nous offrir quelques jolis plans. Surtout lorsqu’il film Stellan Skarsgard dans des décors lugubres, dans un couloir sombre ou dans un immeuble misérable. Mais il faut bien avouer que, comme Resurrection avec Christophe Lambert, la ressemblance avec Seven ne plaide pas particulièrement en la faveur de WΔZ, qui y doit beaucoup au classique de David Fincher. Il y a même un certain cahier des charges à remplir: les inscriptions sur les corps, morts violentes, un peu de gore, un vieux flic bourru et une jeune motivée, des décors sales,… WΔZ, comme beaucoup d’autres films du genre, réunis tout ces éléments, mais le problème c’est que la sauce ne prend que moyennement… Cela manque de chair, on a l’impression que le script s’est malheureusement aligné sur le budget réduit et n’a pas pu créer un monde aussi tangible qu’il l’aurait souhaité. Comme si nous étions en présence d’une version courte…

 

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Il est également difficile de savoir vraiment où le film va… Veut-il copier le chef-d’œuvre de Fincher ou profiter du succès de celui de James Wan ? Vous me direz, Saw ressemble déjà un peu à Seven, donc prendre exemple sur l’un revient à piocher chez l’autre aussi (à noter un générique de fin industriel, comme dans les films cités). Il n’empêche que là où les premières aventures de Jigsaw arrivaient à peu près à mélanger torture et policier, WΔZ a plus de mal à créer le mélange. Autant le dire d’emblée, ceux qui viennent pour voir des scènes gores peuvent passer direct aux vingt dernières minutes car auparavant, on ne fait que découvrir des cadavres. Ce qui n’empêche en rien le film de nous mettre mal à l’aise, que ce soit à cause de cet environnement étouffant ou du flashback montrant le viol. Court et très cut, il prouve qu’il n’est pas nécessaire de faire durer le calvaire féminin durant une heure pour être percutant. Nombre de Rape and Revenge devraient en prendre de la graine… Oui c’est à vous que je cause, Morituris, Gutterballs et I Spit on your Grave le remake !

 

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WΔZ est donc un film inégal, handicapé par un script trop maigre et une image numérique trop froide et désagréable. Mais cela ne l’empêche pas d’être assez sympathique. D’une part parce qu’il se permet d’aller loin sans pour autant faire racoleur. Rares sont les films à distiller un tel malaise, à être si incommodant, sans pourtant vous déverser trois litres de tripailles sur la tête. La suggestion est puissante et Tom Shankland s’en est rendu compte. Le film a également pour lui un bon casting, avec en héros le très bon Stellan Skarsgard, second rôle régulier (le remake de Millenium mais aussi Thor et Avengers) qui mériterait d’être plus souvent mis en avant. Un regard et tout passe avec lui, il nous ferait croire n’importe quoi. Melissa George (une habituée du genre comme le prouvent 30 Jours de nuit et le Triangle de Christopher Smith) s’en sort très bien aussi, tout comme une Selma Blair (la petite copine du grand Hellboy), crédible en victime en quête de réponses, totalement détruite par ce qui lui est arrivée. On notera également Tom Hardy qui était encore loin de son statut de super-méchant dans le dernier Batman mais qui incarnait déjà, avec talent, une sacrée pourriture. Car, parfois, la conclusion d’une torture fait plus mal que celle-ci…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Tom Shankland
  • Scénario: Clive Bradley
  • Production: Vertigo Films
  • Pays: USA
  • Acteurs: Stellan Skarsgard, Melissa George, Selma Blair, Tom Hardy
  • Année: 2007

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