Hatchet 2

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Retour au bayou avec le père Victor Crowley ! C’est que le trapu au visage défoncé tient une sacrée forme et n’a pas pour ambition de se relâcher, revenant ainsi quatre ans après ses premiers méfaits pour élargir son bodycount. Et sans surprises, c’est toujours Adam Green que l’on retrouve au poste de Baron Frankenstein envoyant sa créature trucider des innocents…

 

 

Si Hatchet, je le rappelle sorti chez nous sous le blase Butcher, n’a pas franchement ému les foules françaises, le slasher d’Adam Green se sera payé une belle carrière aux States. Pas au point de changer son créateur en un Picsou humain plongeant dans une piscine de pièces d’or, mais suffisamment pour qu’une suite soit envisagée. Annoncée en 2008, elle ne sortira qu’en 2010 en connaissant plusieurs déboires. Le petit clan Green (le gus garde généralement les mêmes collaborateurs autour de lui) s’allégera tout d’abord d’un membre, l’actrice principale du premier volet, Tamara Feldman, laissant sa place à Danielle Harris. La raison ? Elle est peu claire, Adam Green sous-entendant qu’ils ne sont pas parvenus à trouver un accord ou qu’ils ne s’entendaient tout simplement plus, avec un bout d’amertume au coin de la lèvre. Mais les vrais problèmes débutèrent clairement lorsque la MPAA, organisme de censure de l’Oncle Sam, décida que pour sa sortie dans les salles obscures, Hatchet 2 devra être amputé d’une large majorité de ses effets gore, au point que certains meurtres disparaitraient purement et simplement. Sale coup pour une pelloche indépendante misant tout sur les fameux effets sanglants, ceux qui ont forgé la réputation du premier chapitre… Histoire de conjurer ce mauvais coup du sort, Green et ses producteurs, les boîtes Dark Sky Films (The Innkeepers, Frankenstein’s Army) et ArieScope (boîte très attachée à Green puisqu’ayant produit tous ses trucs, de ses séries aux films Frozen ou Chillerama), se tournèrent vers un groupe possédant plusieurs cinoches et acceptant de balancer le film sans coupes dans les salles. Hatchet 2 ne restera néanmoins que quelques jours à l’affiche, continuant bien sûr sa carrière en vidéo et rencontrant encore une fois son petit succès vu qu’un troisième sera mis en chantier dans la foulée et sortira en 2013. Mais avant de nous pencher sur cette fin de trilogie (en attendant un quatrième un jour ?), concentrons-nous sur cette première séquelle…

 

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Hatchet 2, bien sûr dispo en dvd chez nous sous le nom Butcher 2, débute précisément là où son aîné se terminait. Soit durant le combat entre un Victor Crowley d’humeur massacrante et Marybeth Dunstan, jolie demoiselle bien décidée à faire payer au boogeyman la mort de son vieux père et de son frère. La lutte tourne bien sûr en défaveur de la frêle protagoniste, heureusement sauvée par un bouseux local buvant sa propre pisse (John Carl Buechler, réalisateur et faiseur d’effets spéciaux que vous connaissez fort bien pour Vendredi 13 part.7). Une fois hors de danger, Marybeth court voir le Révérend Zombie (Tony Todd, déjà dans le même rôle dans le premier) pour lui expliquer la situation. Et le récit qu’elle lui fait ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd, le vieux magicien vaudou sachant fort bien que le Victor est un revenant piégé dans une nuit sans fin, celle de sa mort causée par trois enfants voilà de nombreuses décennies. Pour que le mortel colosse soit en paix et foute enfin la paix à son monde, le révérend pense qu’il faut que Crowley élimine les trois gosses de l’époque : l’un a déjà passé l’arme à gauche dans le premier film, à savoir le père de Marybeth (alors joué par Robert Englund). Reste les deux autres, l’oncle de la cocotte et un gros barbu typé biker ou musicien du groupe Crowbar. Et le Zombie serait bien content que Crowley disparaisse puisque cela lui permettrait de mettre la main sur les marécages et se faire un max de pépètes. Alors histoire de tirer les deux cibles de Crowley sans attirer les soupçons, il décide d’organiser une petite chasse dans le bayou, réunissant les fines gâchettes du coin, officiellement pour partir sauver d’hypothétiques survivants du premier opus. Un récit tapant dans le bigger and louder, un peu à l’image d’Aliens (toutes proportions gardées, hein) dans le principe.

 

hatchet22Gérard Depardieu fournit un gros boulot dans le rôle du monstre.

 

Pas une mauvaise idée, par ailleurs, seulement effleurée dans les Vendredi 13 (dans Jason va en Enfer, précisément) : celle de balancer un commando ou un groupe de costauds pour qu’ils partent faire de la purée d’haricots rouges avec les burnes du gros vilain local. Bien évidemment, allez chercher la bande des musclés, et je ne parle ni de Framboisier ni de Bernard Minet, ne changera pas grand-chose à l’affaire, le Crowley étant une véritable force de la nature capable de vous péter un tronc d’arbre en crachant dessus. Alors les braconniers avec leurs pétoires, vous pensez bien… Tout ce beau monde se fait d’ailleurs occire de manière de plus en plus gore, le but de Green étant certainement de donner à Hatchet premier du nom, déjà corsé dans le genre, des airs de productions Disney face à la tornade d’hémoglobine qu’est sa suite. Crowley sort en effet l’artillerie lourde ! Et ça tranche en deux un duo de chasseur avec une tronçonneuse longue comme un cou de girafe, et ça décapite un type en train de forniquer sa donzelle, et ça défonce une tronche à la hache, et ça fait sauter le haut d’un crâne en le brisant contre une table ! Sans oublier l’arrachage de cervelle à la ponceuse ou le clou du spectacle, un pauvre mec se retrouvant coupé en deux avant que Crowley ne lui arrache la peau d’un coup sec ! Plus dur que de retirer une nappe sans faire bouger les assiettes. Reste que si tout cela est aussi gore que faire se peut, on peine à comprendre les frayeurs des censeurs puisque ce festival de tripes et de chairs découpées se pare d’un évident second degré. Hatchet 2 est comme l’original, un slasher respectueux du genre (on retrouve bien sûr des plans nichons) mais aussi très décidé à être des plus fun. On devine d’ailleurs qu’Adam Green est un mec plutôt fendard puisqu’il se fend d’un petit caméo au début du métrage, reprenant son minuscule rôle de figurant du premier volet, rôle le voyant dégueuler au sol alors que le crédit l’annonçant au poste de réalisateur apparaît à l’écran. En voilà un qui ne se prend pas au sérieux ! On le sent de toute façon dans les choix musicaux, largement portés sur les gros riffs métalliques. Pas de zik flippante tentant de créer une atmosphère lugubre à laquelle le récit s’accorderait sans doute très mal mais plutôt deux fiers groupes du genre, Ministry pour l’intro et Overkill pour le générique de fin. Ah c’est sûr que c’est autre-chose que le Marilyn Manson du premier…

 

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Si Green met donc les bouchées doubles et fait monter le bodycount tout en rendant l’ensemble bien plus cradingue qu’auparavant, il n’en oublie cependant pas de soigner son univers, qu’il aime clairement. Rares sont les pelloches du style à autant choyer leurs personnages et les liens les unissant, les Hatchet formant un tout tangible et crédible, un monde dans lequel on se retrouve sans aucun problème. Notre pote Adam saisit en tout cas l’occasion que lui donne cette séquelle pour l’augmenter, revenant notamment sur le passé de Crowley et surtout sa conception, plutôt glauque puisque sa mère est tombée enceinte suite à une malédiction… Malheureusement, à trop vouloir en expliquer, le réalisateur finit par oublier de donner un peu de peps à sa bobine, souvent statique… La première partie s’embourbe en effet dans de longues discussions, certes informatives, mais à la mise en scène des plus plates, Green se contentant la plupart du temps de champs/contre-champs d’une banalité confondante. Un problème de forme qui se répand d’ailleurs dans une bonne partie du film… On savait déjà qu’Adam Green n’était pas un grand formaliste, le premier Hatchet ne disposant que d’un seul plan marquant tandis que le très bon Frozen tenait surtout de la réussite grâce à son séduisant pitch, mais on ne se doutait pas qu’il pourrait faire moins bien. C’est pourtant le cas et si le gaillard parvient à créer une petite ambiance avec ses décors brumeux et sa nature hostile, il balance surtout sur nos écrans du travail lambda que l’on imaginerait plus chez un DTV bien Z que sur une bande ayant tout de même un jour eu l’espérance d’une sortie cinéma. Faut dire que le gus est pas aidé par une tenue visuelle catastrophique, le tournage en DV montrant ici ses limites, la qualité visuelle devenant tout simplement atroce lorsque cela bouge un minimum. Osons le dire, le plus pourri des épisodes de Chasse et Pêche, émission célèbre pour l’ennui qu’elle procure, est mieux shooté qu’Hatchet 2 et son hideuse patine numérique…

 

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Deux handicaps plutôt emmerdants et cantonnant la bande au rayon des petits plaisirs régressifs mais néanmoins oubliables et pas plus motivants que cela. Et ce malgré un bon esprit évident. Car tout dans Hatchet 2 est fait pour rendre hommage à la culture horrifique, que ce soit via des clins d’œil (à Jason Voorhees ou à Behind the Mask) ou en créant un monde partagé entre les films de Green (caméo de l’héroïne de Frozen, dans le même rôle). Et puis il y a ce casting de fou : outre une Danielle Harris (les Halloween de Rob Zombie) par ailleurs très mauvaise ici, on retrouve les déjà présents Kane Hodder, Tony Todd, John Carl Buechler et Parry Shen, mais aussi une ribambelle de petits nouveaux ayant officié dans l’exploitation. Déboulent donc pour de grands ou petits rôles Tom Holland (oui oui, le réalisateur du premier Chucky Jeux d’Enfants et Fright Night !), le catcheur R.A. Mihailoff (Leatherface dans le troisième Massacre, Trancers III, Pumpkinhead II), AJ Bowen (The House of the Devil, You’re Next), Alexis Kendra (Big Ass Spiders), Ed Ackerman (Frozen), Shawn Ashmore (le remake de Mother’s Day) ainsi que plusieurs réalisateurs venus passer le coucou comme Lloyd Kaufman (Toxic Avenger), Joe Lynch (Détour Mortel 2), Marcus Dunstan (The Collector), Mike Mendez (Le Couvent) ou encore Ryan Schifrin (le film de yéti Abominable). Ouf ! Que du beau monde qui finit de donner à l’ensemble une douce odeur d’ode à la Série B et à ses travailleurs de l’ombre… Alors oui, tout cela est loin, si loin, d’être parfait, mais impossible de détester ce slasher un peu teubé mais pourtant fait avec amour et dans les règles de l’art ancestral du cinéma horrifique à l’ancienne. Car ici, pas ou peu de CGI, tout étant fait main monsieur, ce que rappelle la chanson finale du groupe de thrash metal Overkill, nommée « Old-School ». Et comme on dit dans ma crypte : Old-school is the best school !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Adam Green
  • Scénarisation: Adam Green
  • Production: Derek Curl, Sarah Elbert et Cory Neal
  • Titre VO: Hatchet 2
  • Pays: USA
  • Acteurs: Danielle Harris, Kane Hodder, Tony Todd, Tom Holland
  • Année: 2010

4 comments to Hatchet 2

  • Oncle Jack  says:

    Damned ! Tu m’as donné envie de voir cette franchise ! Vite faut que je dégotte ça !

  • Roggy  says:

    Certes, le côté old-school fait plaisir mais, comme tu l’écris, les problèmes visuels et de mise en scène du 1er épisode m’ont aussi rebutés. En revanche, je ne me souvenais pas de ce casting si fourni !

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