Zone 52 numéro 3 et Everyday is Like Sunday numéro 8

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Retour dans la galaxie du fanzine avec cette fois une visite de la Zone 52, où je n’ai pas rencontré un petit homme vert mais un chevelu à lunettes ! Et puisque j’étais dans le bon mood, je me suis payé un petit détour par la cave de Nasty Samy, qui balançait dans à la gueule du monde le huitième numéro d’Everyday is Like Sunday.

 

 

On n’avait pas encore causé de Jérémie Grima dans la crypte toxique et on avait bien tort, le zigoto étant l’une des personnalités montantes du fanzinat. Il faut bien dire que le Mister était jusque-là plutôt cantonné à la scène métallique, à laquelle il a offert plusieurs ouvrages comme Trace Ecrite, livre revenant sur le parcours du groupe de death metal frenchy Supuration, ou Metal Bunker, un recueil de goûts façonné en demandant à plusieurs membres de groupes quels seraient les quelques CD qu’ils emmèneraient avec eux dans un bunker pour les écouter jusqu’à la fin de leurs jours. Un bouquin d’ailleurs édité par lui-même via sa propre structure, Zone 52 Editions (n’hésitez pas à visiter son shop), qui nous sort également d’autres livres, dont des romans. Mais aussi quelques skeuds, des t-shirt, des badges rendant plus sexy aux effigies de Robby le Robot ou Chuck Norris et donc des zines. Ceux de son vieux pote Nasty Samy mais aussi les siens, soit les Zone 52. Et tout comme Everyday is Like Sunday, ce jeune zine a pour ambition de briser les barrières entre la musique et le cinoche, le numéro 1 nous faisant un grand écart Van Dammien entre des pelloches à la The Warriors et les riffs de Metallica ou Anathema, en passant par quelques chros centrées sur les jeux-vidéos. Pour Jérémie, le plaisir est dans la variété, dans l’ouverture, et c’est sans surprise que l’on passe par divers arômes tout au long du second numéro où l’on trouvera aussi bien des retours sur le superbe documentaire sur la Cannon Electric Boogaloo que sur des divertissements interstellaires comme Starcrash. Et bien sûr, le casque sur les oreilles, l’équipe de Z52 se met à pogotter au rythme des Dead Kennedys et de The Damned, quand ils ne jamment pas sur du rap latino ! L’ouverture les gars, toujours l’ouverture ! Mais se crever les yeux sur les nichons de Caroline Munro et se lancer dans des battles in ze hood, c’est bien joli mais faudrait voir à pas oublier de s’instruire en bouquinant un peu, la pipe en bois au coin des lèvres. C’est du coup un certain David Didelot (qui ça ? Connais pas… Sans doute un petit universitaire à la cravate trop serrée) que l’on retrouve interviewé à l’occasion de son livre Gore, Dissection d’une Collection (pas lu non plus tiens !), en plus de Julien Heylbroeck, auteur de roman à faire dégueuler un vautour dans la bien-nommée collection Trash ! Mais pour ce deuxième numéro, Grima (j’adore son nom, on se croirait dans Donjon & Dragons et il serait un putain de sorcier maléfiques contrôlant une armée d’alligators) sortait aussi les colts et dégommait quelques boules de pailles roulantes via un dossier sur les westerns spaghettis. Mais après avoir bouffé rital, le gaillard s’est sans doute dit qu’il était temps d’aller croquer dans un bon gros hamburger bien gras, le genre à te cracher son ketchup sur ton t-shirt de New York 1997. Et c’est ainsi que pour le numéro trois, il a rangé les petites pétoires de ces gonzesses de cowboys pour les remplacer par les grosses sulfateuses de Chuck Norris et Charles Bronson.

 

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Vous l’aurez deviné, le troisième volume se penche sur la Cannon Films, joyeux studio ayant fait les grandes heures des années 80 en nous balançant, pêle-mêle, du Lundgren aux cheveux long se foutant sur la gueule avec un magicien squelette, un moustachu pépère se changeant en entreprise de démolition pour nettoyer les mauvais quartiers de leurs loubards, un Chuck aux poils de bite sans doute aussi drus que ceux de sa barbe, des ninjas massacrant à tour de bras sur des terrains de golf, un Van Damme trimballant ses deux choux de Bruxelles dans un univers post-apocalyptique ou encore un Leatherface bien décidé à prouver à Dennis Hopper que c’est lui qui a la plus grosse ! Fiou, sacré programme ! Le dossier Cannon de Zone 52, c’est donc 80 pages où tout ou presque est chroniqué (manque juste à l’appel quelques films d’horreur comme X-Ray mais c’est pas bien grave), où sont interviewés Sam Fistenberg (réalisateur de plusieurs bandes à ninjas), Hari Ryatt (sound designer ayant officié pour Golan et Globus) ainsi qu’un Damien Granger (ancien rédacteur en chef de Mad Movies) revenant sur cette époque bénie et les méthodes de production alors en cours. Pour conclure, Jérémie, grand fan de BO s’il en est, analyse quelques scores triés sur le volet pour la plus grande joie des mélomanes. Tant qu’on est dans la partie ciné, notons un touchant et très juste hommage au grand Christopher Lee de la part de Julien Heylbroeck (oui, le même que celui cité plus haut) et quelques books branchés pellicules comme la bio du souriant Schwarzy ou celui sur le moins avenant requin du premier Jaws. Entre autres plaisirs lettrés, bien sûr, comme un retour sur une œuvre de Matt Groening (auteur des Simpsons) ou une chro d’un Stephen King, en guise d’apéro avant une longue interview de Christophe Siebert, là encore un romancier officiant dans la collection Trash. On trouvera également quelques mots sur des zines sortis ou à venir (le prochain Toutes les Couleurs du Bis de Stéphane Erbisti et son défilé de grosses poitrines) mais on devra passer avant cela par un nouveau papier sur les jeux-vidéos, ou plutôt le jeu-vidéo puisque c’est ici le Life is Strange de Square Enix qui est décortiqué. Et puis bien entendu, il y a de la zic, en suffisance et pour tous les goûts. Vous aimez remuer le popotin au son du blues et de la soul ? Parfait, vous avez quelques pages instructives sur le sujet. Vous êtes plus branchés gros riffs et headbanging ? Balisez pas, vous aurez de longues chroniques sur la dernière offrande d’Iron Maiden et un retour sur le classique Wildhoney de Tiamat, classique auquel je n’ai par ailleurs jamais accroché d’ailleurs… Avant ça, on aura une petite rubrique nostalgique, menée d’une main de maître par un Betrand Pinsac au style super sympa, direct et assurant une proximité avec le lecteur. Il revient pour nous sur quelques albums passés, que ce soit un AC/DC ou un Bodycount, projet métallique du rappeur Ice-T, en passant par Strife et d’autres formations du même acabit.

 

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Mais un beau sommaire et de la variété, ça ne fait pas forcément une bonne revue. Qu’on se rassure, la bande au nécromancien Grima n’est pas là pour torcher vite fait bien fait leurs papiers, le patron étant d’ailleurs assez regardant sur la qualité des textes qu’il publie. Tout est bien rédigé, il n’y a pas ou peu de fautes (j’ai en tout cas rien remarqué) et le ton utilisé s’offre le juste milieu entre esprit relax et rigueur stylistique. Le meilleur des deux mondes, à l’image de celui employé par la maquette, à la fois claire, lisible et généreuse en images, le sympathique maquettiste Lebon Deun s’amusant notamment à placer des ninjas ou un Chuck Norris armé de son bazooka dans ses pages, comme s’ils étaient véritablement ancrés dans le zine. Le format est en prime pratique puisque l’on a là un petit zine tenant bien en main et doté d’un papier glacé forcément agréable au toucher. N’en jetez plus, la coupe est pleine, vous aurez bien capté qu’on se chope ici une publication d’excellente facture, parmi ce que j’ai lu de mieux dernièrement. Alors oui, on ne peut pas se passionner par les nombreux sujets abordés (moi et le blues ou la soul, ça fait quinze), mais c’est le prix de la variété et ce n’est certainement pas grave ! L’équipe étant en prime particulièrement gentille et agréable (vous pouvez d’ailleurs écouter les gredins sur leur podcast), ce qui ne gâche rien, je vous conseille donc d’aller faire un tour dans la Zone 52 : on y trouve parmi ce qui se fait de mieux dans le fanzinat.

 

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Puisque les présentations sont faites avec Zone 52, nous pouvons retourner sur Everyday is Like Sunday, que vous connaissez bien normalement puisque j’ai déjà causé à plusieurs reprises du boulot de Sam Guillerand, alias Nasty Samy. Pas de surprises avec le huitième numéro, et sûrement pas des mauvaises, on reste en terrain connu, soit dans ce mélange de chros musclées de films bis ou de Séries B et de concerts et albums de punk/hardcore/metal ou des bouquins. Niveau livres, on trouve ainsi quelques ouvrages faisant la part belle à l’univers qu’on aime tant, que ce soit un Xerox Ferox revenant sur les premiers pas des fanzineurs américains, le recueil de BD fantastiques La Tombe de la Terreur ou l’ode au death metal qu’est Extremity Retained, qui doit valoir son pesant de bracelets cloutés. Côté ciné, on a un superbe témoignage de Jérémie Grima (encore lui ?!) sur sa rencontre avec Jean Rollin, un hommage de Sam à Christopher Lee, une interview sympatoche d’un de ses potes qui fut projectionniste dans les années 80 et 90 et puis des chros en vrac. De l’envoutant Messiah of Evil, du Scanners de Cronenberg, du gros B dégoulinant Syngenor, du troisième Hatchet et j’en passe pour vous laisser découvrir le reste. Rayon zikmu, ça n’arrête plus non plus avec une interview du groupe coreux Harmdone, des critiques de skeuds (du Prong, du Danzig, du Twitching Tongues,…), un report hilarant d’un concert de Sabaton (Elie Hellbats, le roi de la punchline). Et puis on retrouve une rubrique déjà présente dans les précédents numéros, à savoir une discussion entre Samy et Grima (l’est partout lui…) où ils se renvoient la balle sur des œuvres comme Judge Dredd ou L’Emprise des Ténèbres de papy Craven. Léger et sympa à lire ! Comme tout le fanzine, de toute façon, mais vous le savez déjà si vous connaissez un peu le gazier de Besançon, qui ne change pas sa méthode : phrases percutants, punchlines à gogo, style parlé, second degré récurrent. Le changement il vient plutôt de la technique de création du zine, Sam misant sur un petit retour en arrière puisqu’il a confectionné cet Everyday is Like Sunday à l’ancienne. Comprendre que le gars a découpé des images avec ses ciseaux et non avec Paint et les a collées sur ses pages avec de la colle et non avec Photoshop, éparpillant tout son bordel sur le sol de son appart’ d’adolescent des années 80. Old school ! Du coup, on a ce séduisant cachet, celui qu’on peut ressentir face à une bobine usant d’effets en latex, ceux qui nous rappellent que l’artisanat, ça a clairement du bon… Le Everyday 8 c’est un peu ça et Sam nous concocte une maquette volontairement vieillotte mais néanmoins sublime, avec ses chauves-souris se baladant ici et là ou ses vieux squelettes pourris nous faisant des clins d’œil. Bref, c’est toujours du zine à lire avant le coucher, pour se vider la tête un bon coup et oublier les conneries du quotidien, et on reprochera juste à Sam la réutilisation de textes déjà parus dans le premier Cathodic Overdose. Ayant lu les deux numéros à quelques jours d’intervalles, je ne pouvais que le remarquer ! Mais sinon, c’est toujours du super taf’ et que dire si ce n’est qu’on attend le prochain avec impatience, en espérant que les petits bras de grenouilles de cette gonzesse de Sam n’ont pas été trop tué par ses séances de collage, bien sûr !

Rigs Mordo

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