Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama

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En manque de cinéma cheesy typé eighties ? N’ayez crainte, mes doux infectés, notre stock de Série B vacillant doucement vers le Z n’est pas prêt de diminuer et ce grâce à certains réalisateurs particulièrement prolifiques. Des gars souvent conspués comme David DeCoteau, qui nous rappelle avec son Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama qu’il n’est pas nécessaire de s’appeler James Cameron pour balancer un divertissement pur premium !

 

 

Pauvre David DeCoteau ! C’est vrai quoi, c’est quand même pas marrant pour lui d’être perçu par une large proportion des amateurs de cinéma horrifique comme l’un des pires tâcherons en activité. Bon, il faut bien admettre qu’il n’aide pas forcément à se forger une carrure de dieu du bis en enchaînant les zéderies sans saveur branchées musclés en slip et les bidules merdiques à destination des marmots avec animaux dotés de la parole (voir à cet effet le navrant A Talking Cat !?!). Mais rien n’y fait, dans la crypte toxique on l’aime bien le gazier, malgré sa tendance à torcher les basses besognes d’un Charles Band (producteur non-crédité du film du jour) ne lui refilant que des petits boulots minables. D’une part parce qu’il est capable, quand il le veut bien et qu’on lui donne des moyens suffisants, de torcher quelques Séries B fort légitimes (Puppet Master III), d’une autre parce que ses pelloches fauchées des débuts étaient quand même sacrément sympathiques et divertissaient leur homme de fort belle manière. A l’image de ce Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama, l’une de ses bandes les plus cultes, arrivée au bon moment (1988), celui où les Scream Queens dénudées croisées dans des œuvres sentant fort la fin d’alphabet devenaient de plus en plus populaires auprès des mectons ayant planté leurs tentes dans des vidéoclubs. Avec son casting d’enfer, réunissant justement plusieurs donzelles cultes de cette véritable économie parallèle et souterraine, Bowl-O-Rama ne pouvait que s’attirer les faveurs des cinéphiles déviants et amateurs de belles nanas. Sont ainsi venues s’amuser les déesses du petit budget Linnea Quigley (Creepozoids, Nightmare Sisters, Savage Streets,…), Brinke Stevens (Slave Girls from Beyond Infinity, Nightmare Sisters,…), Michelle Bauer (Hollywood Chainsaw Hookers, Phantom Empire,…) ou encore la regrettée Robin Stille (The Slumber Party Massacre, Vampire Knights,…) que les problèmes d’alcool ont poussée au suicide en 96. Que du beau monde, une réunion idéale pour faire chuter l’anxiété d’un bisseux harassé par une semaine de travail, en somme ! Sortez les bières (ou le Tropico), les pizzas et les hot-dogs, foutez vos pieds sur la table, c’est DeCoteau qui régale !

 

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Calvin (Andras Jones, le karatéka du quatrième Freddy) et ses deux potes Jimmie et Keith sont ce que l’on peut appeler des puceaux glandeurs. Plutôt que de courir les filles, notre trio préfère en effet passer son temps dans sa chambrée mal rangée à mater des Séries B monstrueuses tout en gardant un œil sur quelques revues porno fraichement achetées. Un saint hobby si vous voulez mon avis. Mais Jimmie et Keith commencent à en avoir ras la fente de végéter sans pouvoir ne serait-ce qu’effleurer une poitrine alors que le campus regorge de minettes prêtes à s’offrir à de beaux jeunes hommes vigoureux. L’ennui, c’est qu’avec leurs dégaines de geeks, leurs grosses lunettes voire leur embonpoint, nos nerds n’ont guère de chance de se faire sucer le cigare ce soir. Pas refroidis pour autant, ils décident d’aller espionner les étudiantes d’une sororité, histoire de voir si les tétons s’y baladent librement. Ils ne seront pas déçus puisqu’ils arrivent en plein rite d’initiation, trois anciennes du club féminin s’amusant à humilier deux petites nouvelles (Brinke Stevens et Michelle Bauer, créditée sous le nom Robin Rochelle). Mais nos trois larrons se font bien évidemment remarquer par ces beautés, bien décidées à les punir tout en profitant de leur présence pour pimenter encore un peu le bizutage entamé. La chef de la bande (Robin Stille) a ainsi l’idée d’envoyer les deux jeunes filles et les zigs dans un centre commercial, en pleine nuit, les forçant à s’y infiltrer en toute illégalité. Leur mission : subtiliser l’un des trophées trônant fièrement dans la salle de bowling. Deux surprises attendent nos héros, qui tombent d’abord sur une voleuse nommée Spider (Linnea Quigley), en train de forcer quelques coffres, et découvrent ensuite que l’un des trophées abrite… un lutin ! Et ce dernier est plus que généreux puisqu’il propose à ses nouveaux potes d’exaucer quelques vœux. Bien entendu, cet altruisme n’est qu’une façade et le but du petit monstre est d’envoyer tout le monde dans la tombe…

 

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Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama est une Série B, voire Z, pur jus et en a bien conscience comme le prouve cet unique scénario de Sergei Hasenecz, un script certainement pas pensé pour récolter les Oscars et les Césars. Et c’est tant mieux ! Ici, la bonne humeur règne en maître et DeCoteau et sa fine équipe se foutent totalement de savoir si l’entreprise est intelligente, profonde et finaude, le but étant tout simplement de s’éclater et d’offrir au spectateur ce qu’il est venu chercher. A savoir des filles sexy en petite tenue, voire nues, du gore, une sale bestiole et une grosse dose de second degré. Bien sûr, avec la toute petite enveloppe allouée à notre réalisateur aimant les jeunes éphèbes, il ne faut pas non plus s’attendre à un spectacle aussi généreux que celui d’un Evil Dead 2. Pour le gus derrière Creepozoids, pas question de sortir des maquillages couteux, de multiplier les prises de vue, de balancer des effets faisant la nique à ceux des blockbusters ou de prendre son temps. Son petit métrage dénué de toute prétention, DeCoteau doit le torcher à la hâte, tournant l’ensemble en un peu moins de deux semaines, profitant d’un bowling dont il ne peut profiter que la nuit, son budget ne lui permettant pas de le louer de jour. Le lutin ? Une simple marionnette en mousse ne faisant guère illusion tant il est évident qu’un assistant a son bras profondément enfoncé dans le cul de la bête pour tenter de la rendre vivante. Il devient d’ailleurs bien vite évident que ce Wishmaster avant l’heure ne fera pas grand-chose puisqu’il décide de transformer en goules les trois anciennes de la sororités, histoire qu’elles fassent tout le boulot à sa place. Et puis ça coûte quand même moins cher de maquiller légèrement et recoiffer trois comédiennes (l’une d’elle se choppe la coupe de la fiancée de Frankenstein) que d’avoir à animer un putain d’elfe diabolique !

 

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Il est donc inutile d’espérer des prouesses techniques et visuelles de Slimeball, même s’il faut reconnaître à DeCoteau quelques plans loin d’être dégueulasses compte tenu de la hâte dans laquelle il fut forcé de bosser. Une ambiance s’installe en effet, quelques éclairages font mouche et s’il on ne voit pas grand-chose du centre commercial dans lequel le carnage prend place, force est de reconnaître que l’on y croit sans mal. Dommage par contre de ne pas avoir montré un peu plus de gore, ici tristement absent, si ce n’est au détour d’une tête coupée roulant sur le terrain de bowling. Pas avec ça qu’on aura la quille… Le bon David sait que les maigres effets à sa disposition ne font pas le taf et préfère donc dévier sa caméra des outrages physiques fait à ses protagonistes, concentrant dès lors son objectif sur les réactions des survivants éberlués. Heureusement qu’on ne s’attendait pas à un déluge à la Braindead… Du coup, plein feu sur l’anatomie de nos vieilles copines, après tout c’est un effet spécial (et qui fait toujours son petit effet) à moindres frais ! Brinke Stevens et Michelle Bauer en train de prendre la douche, cette dernière s’envoyant un garçonnet intimidé dans un vestiaire, voilà les belles séquences branchées guiboles que le film propose, histoire de vous assécher les noix. Alors j’en entends déjà se plaindre que le rythme de la bobine n’est pas franchement enlevé et il est vrai qu’il faut patienter un bon moment avant que la clique se retrouve aux prises avec leur génie mal intentionné, dont le sort est par ailleurs fort peu impressionnant. Il est indéniable que DeCoteau tente d’étirer chaque situation à son maximum, et ce dans une certaine économie de plan, rendant extrêmement statiques les prémices, lorsque les mecs vont espionner les filles et se font prendre (pas comme ils le voudraient, malheureusement pour eux). De là à dire qu’on s’emmerde au départ, il n’y a qu’un pas à ne pas franchir, car une certaine légèreté, une atmosphère apaisante et bon enfant, s’échappent de ces premières minutes, tant et si bien que l’on est presque déçus que le film prend un tour un tantinet plus sérieux lorsqu’arrive le monstre. Bon, c’est pas The Thing non plus hein, et l’humour garde son droit de cité à chaque instant, ce que rappelle le lutin, dont la manière de s’exprimer, genre vieux mac black des années 70, rappelle régulièrement.

 

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Evidemment, DeCoteau ne propose pas non plus un classique absolu, il n’en a jamais tourné et n’en tournera jamais. Reste que pour occuper un samedi soir, on tient avec Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama un prétendant parfait et fait avec plus de sérieux qu’on ne pourrait le penser. Voir pour s’en convaincre la touchante relation entre une Linea Quigley badass en punkette se plaisant à balancer des vacheries à tout le casting et l’un des nerds épris d’elle. Ce n’est pas de la grande romance, personne n’y crève de froid après le passage d’un iceberg, mais c’est touchant et cela sonne finalement assez juste en dépit d’un jeu outrancier trouvable chez chaque comédien. D’ailleurs, les bisseux avertis reconnaîtront sans doute ce bon vieux barbu qu’est George Buck Flowers (The Fog, Puppet Master II, Pumpkinhead,…), ici à la fois un ressort comique et l’habituel personnage venu raconter les sinistres évènement s’étant déroulés dans la salle de bowling bien avant que nos héros n’y mettent les pieds. Un bon point de plus pour une oeuvre que l’on qualifie généralement de préparation de mauvais élève. Et c’est vrai que la note générale n’est pas bien élevée, que le redoublement est proche et que tous les devoirs n’ont pas été rendus à temps. Mais un mauvais élève, il faut bien le dire, c’est souvent plus sympa qu’un premier de la classe. On s’en rend bien compte ici !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: David DeCoteau
  • Scénarisation: Sergei Hasenecz
  • Production: David DeCoteau, Jon Schouweiler, Michael J. Mahoney
  • Pays: USA
  • Acteurs: Linnea Quigley, Andras Jones, Michelle Bauer, Brinke Stevens
  • Année: 1988

2 comments to Sorority Babes in the Slimeball Bowl-O-Rama

  • Roggy  says:

    Malgré son côté Z, tu m’as donné envie de voir le film pour le lutin et les Scream queens. Tiens, un film de DeCoteau sans mecs à torse poil 🙂

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