Vendredi 13 chapitre VII: Un Nouveau Défi

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Dans la crypte toxique, on ne fait jamais rien comme les autres et nous avons donc tendance à fêter les vendredi 13. Bah quoi, c’est pas plus larmoyant que la Toussaint et certainement pas plus chiant que la Pâques, que je sache ! Alors lâchez vos tombes, vos cloches et prenez un masque de hockey, on va partir camper à Crystal Lake pour la septième fois ! Le pire, c’est que ça ne lasse même pas… Ou si peu…

 

 

 

On le sait, rares sont les franchises à parvenir à garder l’enthousiasme du public intact au bout de quatre ou cinq séquelles. La saga des Vendredi 13 n’échappe bien évidemment pas à la règle et après six opus voyant Jason, sa reum ou son copycat limer la gueule des campeurs et moniteurs, la lassitude des spectateurs a commencé à se ressentir sur les résultats au box-office. Pas suffisamment pour que la Paramount envoie le père Voorhees à l’hospice, cependant, faut pas rêver ! Mais assez pour que leur vienne l’idée d’innover un brin… Et pourquoi pas d’organiser un match avec l’autre star de l’horreur des eighties, le griffu et brulé Freddy Krueger, alors au firmament ? L’idée du siècle mais encore faut-il se mettre d’accord avec New Line, détentrice des droits de la saga Les Griffes de la Nuit. Et comme vous le savez déjà, la rencontre au sommet ne se fera pas dans les années 80 et sera reportée à 2003, les deux sociétés ne parvenant pas à se mettre d’accord. Que faire dès lors ? Un Vendredi 13 classique et banal ? La Paramount décide plutôt de garder l’idée d’un affrontement entre deux être surnaturels, le vieux Jason, mort-vivant depuis l’opus précédent, et une jeune fille pratiquant la télékinésie. C’est au spécialiste des effets spéciaux John Carl Buechler, à l’époque jeune réalisateur de Cellar Dweller et du premier Troll, que revient le siège de metteur en scène bossant sur un script de Darryl Haney (Xtro 3) et Manuel Fidello (le court-métrage Michael vs Jason, encore un fan des crossovers !). Sa première décision au père Buechler, c’est de virer C.J. Graham, dernier interprète de Jason en date, au profit de Kane Hodder. A la déception de Graham d’ailleurs, qui se voyait déjà remettre le masque de hockey et incarner le roi du slasher jusqu’à la fin de la saga. Mais voilà, Buechler a bossé avec Hodder sur le Prison de Renny Harlin, le John Carl s’occupant des différents effets spéciaux du métrage, et il fut impressionné par l’acteur/cascadeur, si soucieux de fournir du bon boulot qu’il mit des asticots dans sa bouche pour une séquence. En voilà un qui mérite son salaire. Débarque alors en 1988 ce Vendredi 13 Chapitre 7 : Un Nouveau Défi (v’la le titre collant plus à un péplum ou un film d’action…), qui parvient à être à la fois l’un des volets les plus sympas et l’un des plus frustrants !

 

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Rappel des faits : à la fin du sixième vendredi maudit, Jason affrontait sa Némésis Tommy Jarvis et se retrouvait au fond du lac Crystal Lake avec une chaîne au cou, reliée à un rocher en plastoc l’empêchant de remonter à la surface. Mais devenu zombie depuis que la foudre lui a rechargé les piles, le grand con ne peut plus clamser et n’a plus qu’à compter les poissons venant lui chier dans les oreilles. Heureusement, un peu de viande va lui tomber dans le gosier quand une petite famille vient prendre ses vacances à quelques mètres de son étang. Et lorsque le chef de la petite tribu fout une trempe à madame, la petite Tina pète un câble et laisse exploser ses pouvoirs psychiques, envoyant son Padre dans la flotte. Du pain béni pour le Voorhees, qui agrippe le papa et le tue. Une bonne dizaine d’années passent et Tina est désormais une adolescente d’environ 18 piges rongée par la culpabilité, persuadée que la mort de son père est de son fait puisqu’elle n’a pas vu le joueur de hockey planqué sous les algues. Au fond du gouffre, la jeune fille est aidée par un psychologue plus intéressé à l’idée de se servir d’elle comme d’un cobaye pour ses expériences sur l’esprit humain qu’à celle de la rendre plus heureuse. Et sans surprise, le sale docteur décide de stresser Tina au maximum, histoire qu’elle montre à nouveaux ses super pouvoirs… qui réveillent Jason et brisent les chaines l’entravant ! Désormais libre, notre gogole favori est prêt à repartir comme en 40 et démolir du jeune comme si rien ne s’était jamais arrêté. Ca tombe bien, une bande d’une quinzaine de garnements fêtent justement un anniversaire à deux pas de Crystal Lake…

 

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On va pas vous la faire à l’envers, d’autant que le pitch ne s’en cache pas non plus : s’il y a une douce odeur de Carrie dans ce nouveau chapitre des aventures du débilo le plus furibard de tous les temps, on reste dans un slasher pur jus. Certes, on fait un pas de plus vers le fantastique le plus débridé, mais la structure reste la même et continue de se pencher sur les méfaits d’un Jason toujours volontaire lorsqu’il s’agit de foutre la branlée de leur vie aux fumeurs de joints et érotomanes de tous bords. Notre costaud sorti de la tombe ne se cache d’ailleurs même plus, les producteurs et autres décisionnaires sachant fort bien que son aspect iconique a fait beaucoup dans le succès de la série. Autant le montrer, dès lors, surtout quand son costume devient aussi élaboré. Jadis un simple chauve portant un sac à patate sur la caboche, le Jayjay est devenu un magnifique zomblard, à la peau dégueulasse et à la chair partant en lambeau, laissant entrevoir la colonne vertébrale du zigoto. A se demander quand même comment il peut encore surprendre ses proies car vu le look qu’il se paye, on devine sans se forcer qu’il doit schlinguer la merde d’alligator et qu’on le sent venir à dix kilomètres. Reste que cette forme physique le rapprochant plus de mon grand-père décédé voilà déjà bien des cycles lunaires que de Teddy Riner ne l’empêche nullement de continuer ses jeux olympiques de la mort. Et le bougre est doué dans toutes les disciplines : plantage de dague dans la gorge, percée de dos à main nue, meurtre au sifflet (!!!), fendage de tronche à la hache, débroussaillage d’entrailles, décapitations et on passe ! Malheureusement, la MPAA rôdait toujours les bois, les cisailles à la main, pour censurer autant de scènes gore que faire se peut. Et s’ils étaient déjà doués en la matière dans les opus précédents, ils ont particulièrement bien fait leur boulot avec Un Nouveau Défi puisqu’il ne reste pour ainsi dire rien des effets sanglants imaginés par Buechler. Si les autres films étaient déjà amputés, quelques plans survivaient toujours tout de même, c’est à peine le cas ici et New Blood, comme il est titré aux USA, a bien du mal à se relever de ces coupes.

 

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On tient en effet ici le plus soft des Vendredi 13 puisque dès que Jason s’apprête à frapper, le montage saute toute partie violente pour revenir sur des plans plus gentillets. Le summum du trash est ici un gros plan d’une victime avec une lame dans la pomme d’Adam, et je peux vous dire que c’est pas du Fulci ! Si l’on peut trouver assez facilement les séquences non-censurées sur Youtube, on ne peut que regretter qu’elles ne furent jamais implantées dans les DVD sortis sur le marché tant leur manque fout le film à genoux. Car quel est l’intérêt d’un Vendredi 13 si tout le gore part aux oubliettes ? Il est bien mince, soyons honnêtes. Heureusement, le principe du slasher reste assez simple et efficace pour que le spectateur ne sombre pas dans l’ennui, Buechler ayant en prime la bonne idée d’insuffler un sacré rythme à sa bobine. Elle est certes exsangue, mais elle trace vite et les meurtres surviennent si fréquemment que l’on n’ose même pas aller pisser de crainte d’en louper un. Ca nous change de certains opus précédents un peu trop lents… Dans le même ordre d’idées, dur de ne pas envoyer un gros pouce levé au réalisateur lorsque l’on découvre son climax, la course-poursuite entre Jason et la final girl. Rarement le moment le plus bandant d’un slasher, le principe est ici sacrément relevé de par les pouvoirs de Tina, qui compte bien les utiliser pour foutre son ennemi à mal. Elle le fait cramer, brise son masque, le pend, lui fait traverser le plancher, lui balance des clous dans la gueule,… Jason n’était jamais vraiment épargné jadis, il en prend carrément plein la poire ici, au point de faire basculer le film dans le slapstick ! Un sacré moment de bravoure, multipliant les décors et bénéficiant d’excellents effets, dont celui du pus sortant du crâne du maniaque zombifié alors que la lanière de son masque le serre de plus en plus ! Félicitons aussi le costume du gredin, qui n’a jamais été aussi beau !

 

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De quoi frustrer encore un peu plus, finalement, car si la censure ne s’en était pas mêlée, ce volume 7 serait sans doute parmi les meilleurs de l’univers de Crystal Lake. Mais force est de reconnaître que sa tiédeur en matière de brutalité lui met un méchant coup, au point que les meurtres, nombreux (16 quand même), en deviennent fort peu mémorables. L’attention sera plutôt retenue sur quelques gueules reconnaissables comme Terry Kiser dans le rôle du vilain docteur, un acteur connu pour les deux films Weekend at Bernie’s, sympathiques comédies traitant de la mort et du vaudou avec second degré. Ou Heidi Kozak (Society, Slumber Party Massacre II) en blonde sacrément salope, l’habituée de la Série B Elizabeth Kaitan (Silent Night Deadly Night 2, Slave Girls from Beyond Infinity, Roller Blade Warriors) dans celui d’une jolie demoiselle aimant le flirt et les pétards, voire même William Butler des Terror Toons et scénariste et voix pour les Gingerdead Man. On remarquera aussi quelques détails amusants, comme le fait que le film se déroule une bonne dizaine d’années après les évènements du sixième, soit dans les années 90 ou au début des 2000, et que tout le monde a tout de même des coupes et fringues so eighties. Et puis il y a ce t-shirt incroyable que porte Elizabeth Kaitan, sur lequel sont brodés… les logos de la Vache qui Rit ! Ouais, ouais, les fromages ! Ca ne s’invente pas… On n’oubliera pas non plus ces ultimes minutes, surprenantes mais hautement ridicules, voyant le père décédé de Tina revenir d’entre les morts grâce à son pouvoir pour l’aider à ramener Jason à la case départ. Original, oui, mais aussi très con… Le constat est donc assez mitigé : d’un côté ce New Blood divertit sans mal et regorge d’effets sympas, de l’autre il est clairement défavorisé par une censure dénuée de pitié et reste un volet insatisfaisant. Dommage, treize fois dommage…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: John Carl Buechler
  • Scénarisation:  Manuel Fidello, Daryl Haney
  • Production: Frank Mancuso Jr., Barbara Sachs, Iain Paterson
  • Titres: Friday the 13th part VII – The New Blood
  • Pays: USA
  • Acteurs: Kane Hodder, Lar Park Lincoln, Terry Kiser, Kevin Spirtas
  • Année: 1988

6 comments to Vendredi 13 chapitre VII: Un Nouveau Défi

  • Nazku Nazku  says:

    Mec tu as un oeil de lynx je n’avais JAMAIS remarqué que la fille avait des logos de la Vache Qui Rit sur sa chemise. Et pourtant j’ai vu ce film plusieurs fois. xD

    Du coup je n’ai pas le choix de le revoir ce soir!

    Et c’est vrai que Jason a vraiment un super look avec ses vêtements déchirés et sa colonne vertébrale. :3

  • Roggy  says:

    Ce qui est con dans cette affaire (hormis le t-shirt « Vache qui rit » !), c’est surtout qu’il n’y a qu’un vendredi 13 cette année 🙂 Il va donc falloir encore attendre un an pour découvrir un autre film…

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