Class of Nuke’em High 2: Subhumanoid Meltdown

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L’école, on la préfère buissonnière et c’est d’ailleurs bien légitime. Mais lorsque les cours sont dispensés par la prestigieuse Troma, nous voilà tout de suite plus studieux ! Faut dire qu’avec Class of Nuke’Em High 2, c’est un peu la récré même en classe !

 

 

S’il est généralement un peu éclipsé par la saga des Toxic Avenger, Class of Nuke’Em High premier du nom n’en fut pas moins un joli succès pour la Troma, la bande connue chez nous sous le nom Atomic College permettant même à Lloyd Kaufman et Michael Herz de confirmer leur position importante sur le marché de la Série B des années 80. Il n’en fallu donc pas plus pour que nos deux producteurs radioactifs décident de relancer la machine, cinq années après le premier volet et après quelques autres productions du même ordre comme les inévitables séquelles de Toxic Avenger ou le guerrier Troma’s War. Il y a cependant un gros changement de programme pour la saga s’amusant à corrompre le système scolaire, ce Class of Nuke ‘Em High 2: Subhumanoid Meltdown (1991) n’étant contre toute attente pas réalisé par Kaufman mais par Eric Louzil, également aux commandes du troisième chapitre. Pourquoi le gourou de la Troma ne se retrouve pas derrière la caméra pour cet opus et le suivant ? Tout simplement parce que l’oncle Lloyd pensait devoir se concentrer sur le merchandising lié à The Toxic Crusaders, série animée perpétuant les fluorescentes aventures de Toxie, d’autant qu’il était à l’époque prévu que New Line Cinema (société derrière la série des Freddy et plus tard les Seigneur des Anneaux) en fasse une adaptation live à gros budget. Kaufman regrettera par la suite de ne pas avoir réalisé lui-même les Class of Nuke’Em High 2 et 3 puisque le projet de Toxic Crusaders version longue ne verra jamais le jour, la New Line préférant sortir à la place le troisième volet des Tortues Ninja. Troma s’était d’ailleurs fait entuber à l’époque puisque New Line promettait qu’ils feraient le film alors que le but de la société était de récupérer les droits liés aux mutants des égouts et sortir le troisième film. Ils menaçaient ainsi les ayants-droits de balancer dans les salles obscures les aventures de Toxie la même semaine que celles de Leonardo, Donattello, Michaelangelo et Raphael, coupant forcément les recettes vu que les deux œuvres auraient été du même style. Mais une fois les reptiles dans leurs filets, ils n’allaient bien sûr pas produire un Toxic Crusaders qui entrerait en compétition avec leur propre film… Kaufman et Herz l’ont donc eu dans le cul et ne furent que des pions dans l’incapacité de vendre le projet ailleurs puisque New Line le bloqua pour empêcher toute concurrence avec leurs produits. Une technique fréquente pour le studio…

 

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Soyons cependant honnêtes : si l’on comprend fort bien que Kaufman regrette désormais de ne pas s’être occupé des suites de la franchise qu’il a lui-même initiée, force est de constater qu’avec ou sans lui à la barre, le résultat est à peu de chose près le même. Entre le chef de Tromaville et Eric Louzil, les différences sont relativement maigres au niveau formel, tant et si bien que le vieux Lloyd aurait pu se créditer comme réalisateur que l’on y aurait vu que du feu. Le style Troma étant ce qu’il est, c’est-à-dire un délire thématique plus que pictural, le passage de Kaufman à Louzil se fait donc très facilement, d’autant que l’ami Lloyd a bien évidemment touché au scénario, écrit par une demi-douzaine de personnes. Class of Nuke’Em High 2 débute en tout cas sur les chapeaux de roue, nous montrant le lycée de Tromaville, toujours coincé à côté d’une usine faisant dans le nucléaire, aux prises avec un écureuil mutant gigantesque. Le salopiaud s’amuse à écraser les soldats, à démolir les immeubles et à dégueuler un liquide jaunâtre sur les élèves, ce qui donne bien sûr lieu à un départ en fanfare! Mais comment en sommes-nous arrivés là ? C’est ce que va nous expliquer Roger Smith (Rick Bronsky, une sorte de Dolph Lundgren Z, également dans la suite), un jeune aspirant journaliste, prêt à nous raconter les évènements touchant l’école via un flash-back formant le film en entier. Tout débute d’ailleurs par les malheurs du pauvre Roger : un bel homme, certes, musclé également et visiblement pas plus con qu’un autre, mais doté d’un terrible défaut. Il schlingue. Au point que toute personne qu’il croise se sent obligée de le lui rappeler brutalement, le zig se mangeant des « Tu pues ! » à chaque pas qu’il fait ! Allez donc trouver une gonzesse à palper quand vous avez l’odeur d’un cul de putois ! Dépité par ce manque d’affection dont il souffre, notre naïf héros décide alors de répondre à une petite annonce promettant monts et merveilles. En effet, si les étudiants masculins se présentent auprès de l’une des profs, elle leur proposera une expérience leur amenant le summum de la jouissance. Ce que Roger ignore, c’est que s’il va bien s’envoyer en l’air avec une jolie fille, celle-ci n’est autre qu’une sous-humanoïde, une mutante avec une bouche sur le nombril, à l’origine créée pour faciliter la vie des humains en s’occupant des petites tâches (comme laver les carreaux, nous dit-on) mais que le doyen du collège aimerait voir devenir de vrais ouvriers pour l’usine nucléaire…

 

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Bien sûr, tout tourne à la catastrophe, les sous-humanoïdes étant loin d’être au point et se mettant à fondre comme des esquimaus à Saint Tropez. De quoi faire paniquer Roger, tombé éperdument amoureux de la mutante avec laquelle il a enfin copulé, la belle Victoria (craquante Leesa Rowland, une habituée de Troma), qu’il ne veut pas voir se changer en gros tas d’épinards fumants. Il va donc tenter de retrouver le professeur Melvina Holt (Lisa Gaye, copine de Toxie dans les Toxic Avenger 2 à 4) pour que celle-ci lui remette un antidote empêchant Victoria de finir en un gros mollard, ce qui ne sera guère aisé avec un écureuil furibard de la taille d’un building dans la région ! De toute évidence, on se ramasse là du Troma pur jus, contenant tous arguments habituels du cinéma de la plus toxique (et cool) des firmes : une imagerie tirée du nucléaire et de l’atomique, de l’humour bas du front, une totale absence de sérieux, des monstres improbables et des jolies nanas prêtes à faire pointer les bouts de leurs tétons. Avec tout ça, comment Class of Nuke’Em High 2 pourrait-il être foiré ? Ca tombe bien, il ne l’est pas ! Oh bien entendu c’est pas du grand art et l’on regrettera peut-être que l’ensemble soit un peu moins fou et généreux que le premier volet, sans doute un peu plus rythmé également. Non pas que celui-ci soit chiant, il ne l’est d’ailleurs jamais malgré une propension à tomber dans les tunnels de dialogues, mais on sent que le budget n’était pas tout à fait le même puisque les décors sont ici moins variés et les effets spéciaux globalement moins bons. On a notre dose quand même, rassure-vous : les visages fondent, des espèces de tronches gluantes sortent des bides des sous-humanoïdes, des bagnoles foncent dans des murs et explosent, l’écureuil géant est très présent et l’on a même droit à une troupe de monstres animés en stop-motion vraiment sympas comme un homme-mouche, un drôle de lézard et un mélange entre un démon et un singe. Pas mal pour une pelloche que certains considèrent, à tort, comme un gros Z, non ?

 

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C’est d’ailleurs l’idée reçue habituelle et totalement fausse, celle voulant que Troma soit une société tapant dans le Z. Si les films qu’ils distribuent peuvent en effet, pour leur grande majorité, tomber dans cette catégorie au vu de leur amateurisme (voir Coons ou Heavy Mental pour s’en convaincre), les films « maison » sont pour leur part de vraies Série B bien souvent plus généreuses que celles sorties à la même époque par Roger Corman et Charles Band, dont on ne parle pourtant pas comme des seigneurs de la fin d’alphabet. A vrai dire, c’est sans doute le jeu des comédiens qui attire ce préjugé, et il est vrai qu’on ne trouve pas ici des génies du niveau de Jack Nicholson. Mais là encore, c’est avant toute chose une volonté de la bande à Kaufman, l’aspect cartoonesque étant clairement désiré comme on peut le voir via certaines démarches des protagonistes, jamais les derniers à en rajouter. Un choix artistique, en somme ! Et l’une des dernières pierres à l’édifice d’une petite bande sans prétention et fun comme tout, pleine de couleurs, d’étudiants fringués comme dans un Mad Max (Pécas, pour le coup !), de cantines ne servant que de la bouffe en plastoc, de hard-rock, de gore aussi drôle que cradingue (le mec qui fond après avoir bouffé du verre) et de jolies demoiselles dévêtues. Que pouvons-nous décemment demander de plus ? Rien, alors on la ferme et on mange sans se plaindre, sinon c’est des devoirs pour une semaine !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Eric Louzil
  • Scénarisation: Eric Louzil, Lloyd Kaufman, Carl Morano,…
  • Production: Lloyd Kaufman, Michael Herz, Carl Morano
  • Pays: USA
  • Acteurs: Rick Bronsky, Leesa Rowland, Lisa Gaye, Michael Kurtz
  • Année: 1991

2 comments to Class of Nuke’em High 2: Subhumanoid Meltdown

  • Roggy  says:

    Eh bien, ça semble bien dérangé du ciboulot mais sympathique malgré tout. En même temps, avec Troma on sait à quoi s’attendre. Comme j’aime bien les monstres en stop-motion, le film peut me plaire 🙂

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