Superman (40’s Cartoon)

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Puisqu’il est en ce moment occupé à se mettre sur la gueule avec son meilleur ennemi Batman, l’occasion est trop belle pour ne pas revoir l’une des plus belles incarnations de l’homme d’acier. C’est sans doute ce qu’a pensé aussi Elephant Films, qui nous propose en ce moment l’intégrale des cartoons des années 40 en DVD. Enjoy !

 

 

Regardez, dans le ciel ! Mais qu’est-ce donc ? Un vautour en pleine fuite urinaire ? Un bombardier à eau tentant d’éteindre un incendie dans les locaux de Marc Dorcel, où il fait toujours très chaud ? Mais non, c’est Superman en train de chialer parce que tout le monde vient poser sa pèche sur son dernier méfait cinématographique, de manière un poil exagérée par ailleurs. Pire film du siècle qu’ils disent. Allons, allons, comme si une bande, même ratée, mettant en scène Batman et Superman en train de s’envoyer quelques gnons dans les couilles pouvait être réellement plus merdique que des fleurons de la nazerie de ces quinze dernières années que sont Les Nouvelles Aventures d’Aladin avec Kev Adams, Boulevard de la Mort, Les Profs avec Kev Adams, Inception, Les Profs 2 avec Kev Adams, Coco avec Elmaleh, Copains pour Toujours et tout autre comédie à pleurer de nullité d’Adam Sandler… J’arrête là, la liste pouvant s’étendre jusqu’au bout de la nuit ! Tout ça pour dire qu’on sent une petite volonté d’empêcher un nouveau film de Zack Snyder, cible préférée des Cinéphiles avec un grand C (ironie), d’avoir son succès, mérité ou non. C’est que les évènements, quels qu’ils soient, attirent toujours leur lots d’irrités, prêt à hurler que, décidément, c’était quand même vachement mieux avant. Z’ont pas toujours tort (mais pas forcément raison non plus), cela dit, et ils seront en tout cas bien heureux de pouvoir poser la patte sur la galette d’Elephant Films réunissant les 17 cartoons de Superman sortis entre 1941 et 1943. Des courts d’environ dix minutes, la première moitié étant sortie des studios de Max Fleischer (du Popeye, du Betty Boop,…) tandis que la seconde fut chauffée dans les fourneaux de ses successeurs Famous Studios (du Casper, notamment). Dans tous les cas une bonne occasion de revivre des aventures diablement old-school pour qui est lassé d’avance par la pop culture actuelle !

 

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Bien évidemment, avec des histoires ne durant que dix petites minutes, il est inutile de s’attendre à des récits à tiroirs, aux twists débarquant à un rythme métronomique et à des protagonistes particulièrement profonds. Non, ce que le spectateur aura avec ce Superman version 40’s, la première animée, c’est une bonne dose d’aventure à l’ancienne, donc assez naïves, aux structures scénaristiques simples et identiques d’un épisode à l’autre. On découvre ainsi toujours que Metropolis est en proie à un grave souci, que l’inévitable Lois Lane tente de résoudre parce qu’elle sait que ça lui apportera un super article pour son journal et flattera son égo démesuré, que cette cruche finit toujours par être capturée par les méchants, forçant bien évidemment Clark Kent à tomber la chemise et mettre ses collants bleus et son petit slip rouge pour la secourir. Rideau ! Répétitif ? Sans doute un peu mais cela va de pair avec l’aspect désuet de l’ensemble. D’ailleurs, le côté rétro et vieillot de ces petits segments n’est jamais problématique et est même rafraichissant pour toute personne un peu lassée, et il y a de quoi l’être, par les films de super-héros actuels et leur « dark attitude », leurs obligatoires traumas et leurs méchants interchangeables. Non pas que ceux de cette série Superman soient particulièrement charismatiques mais ils ont au moins le mérite d’être un peu variés. Savants fous, malfrats de tous bords, généraux d’armées, momies, dinosaure sortis de leur sommeil, robots, désastres naturels, un macaque de mauvais poil, des hommes-aigles vivant dans des souterrains, voilà le genre de rencontres que fait Superman au détour de tous ces petits dessins-animés. Qu’importe que les scénars ne soient pas des modèles d’épaisseur, le but étant de proposer aux spectateurs des épopées bourrées d’action et montrant le plus fort des super slips au top de sa forme.

 

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Malgré le fait qu’ils soient tous assez similaires dans le propos, les épisodes sont malgré tout inégaux et on finit bien évidemment par en préférer certains à d’autres. Généralement les plus fantastiques, bien évidemment, les chapitres plus terre-à-terre n’étant pas particulièrement excitants. Si l’on ne sortira pas nos regards laser pour déchiqueter les épisodes un peu moyens, tout de même très regardables et appréciables, on ne s’envolera pas non plus devant ces histoires de tains détournés, de bombardiers utilisés par des mafieux ou de meurtres dans une usine. Mais on appréciera cette excursion dans un monde gouverné par des oiseaux antipathiques, cette arrivée d’un ancêtre de Godzilla et des monstres de Ray Harryhausen dans Metropolis, ce combat avec des nazis au milieu d’une tribu d’indigènes vénérant des statues mystiques, cette tentative de déjouer les plans d’un savant fou en train de faire fondre des buildings avec ses rayons lasers, ces joutes avec des robots partis cambrioler des bijouteries et j’en passe ! Il y a donc de quoi faire pour l’amoureux des comics du début, du temps où les histoires étaient bien séparées et qu’il n’était pas nécessaire d’avoir acheté 140 volumes pour apprécier la lecture. Les fidèles de l’épouvante des années 30 seront aussi en terrain connu puisque l’on sent bien que les œuvres de la Universal et leurs rivaux ont servi de modèles pour certains décors. Les sombres laboratoires des génies du mal rappellent ceux des émules de Frankenstein, les jeux d’ombres sont fréquents, le musée aux momies qui prennent vie ne peut que faire songer au film avec Karloff et la sortie de sa cage de ce gorille furieux rappelle bien évidemment toutes ces œuvres aux singes mal lunés, genre Le Singe Tueur. Autant dire qu’on est dans nos petits souliers !

 

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Pour ne rien gâcher, la tenue visuelle de l’ensemble est toujours impeccable malgré le temps qui passe et les rides désormais visibles. C’est certes daté, mais aussi impressionnant : ça bouge bien, l’animation assure, les dessins sont toujours fort beaux et les couleurs apportent cet aspect old-school qui nous manquait tant ! A vrai dire, le seul réel problème de ces épisodes est cette pauvre Lois Lane. Dans la crypte toxique, nous ne sommes pas le genre de mutants à user de la violence envers les femmes, violence que nous laissons aux esprits faibles. Mais force est de reconnaître que la journaliste, on a bien envie de la baffer avec un fer à repasser ! Tout d’abord parce qu’elle passe son temps à mettre des bâtons dans les roues d’un Clark pourtant pas rancunier puisqu’il ne cessera de la sauver par la suite, mais aussi parce qu’elle est particulièrement douée pour se foutre, volontairement, dans les pires situations possibles. Ceinture noire de suicide, la donzelle, toujours partante pour s’enfermer dans les engins les plus dangereux et pilotés par des maniaques ne désirant que la destruction de la ville. Et pensez-vous que la miss éprouve des remords à forcer Superman à lui sauver les miches tous les matins ! Jamais, elle est au contraire particulièrement satisfaite de voir les beaux articles découlant de ses agissements ! Madame Lane est ici particulièrement détestable et l’on a bien du mal à ne pas souhaiter que les torrents de lave ne lui rôtissent les cuisses ou que le macaque ne lui torde la nuque ! Pour le reste, rien à reprocher à ces petits délices animés, de bon goût et trouvant encore le moyen de se bonifier avec le temps. On pensait se prendre une vilaine odeur de renfermé ou de pet de vieux, finalement on a une belle bouffée d’air frais !

Rigs Mordo

 

 

2 comments to Superman (40’s Cartoon)

  • Roggy  says:

    Evidemment, on est bien loin de Batman vs Superman mais ce dessin-animé a l’air somme toute sympathique et recommandable. Et pam dans la gueule de Quentin et Christopher au passage 🙂

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