Suspiria numéro 4

Category: Fanzines Comments: No comments

suspiriafanzineteaser

Lorsqu’un fanzine porte le nom Suspiria, on sait que l’on va avoir droit à une bonne dose de cinéma bis, avec au menu de l’horreur échappée des eighties et du gore qui sent bon la bolognaise. Pour sûr que Mater Suspirorum serait fière de ces vaillants fanzineux!

 

 

La plongée vers les profondeurs fanzinesques continue et c’est face à un soupir bis que nous nous retrouvons aujourd’hui avec le quatrième numéro de Suspiria. Le genre de blase bien rassurant, qui nous fait comprendre que nous sommes face à une revue conçue par des gens de bon goût. L’équipe vénérant visiblement le meilleur film de Dario Argento (et le meilleur film d’horreur jamais réalisé) avait en tout cas pour but de coucher sur papier leurs avis sur le cinéma bis, sans aucune prétention, une belle mission tenue de 2002 à 2004 et qui tiendra le temps de six numéros. Le premier débutait les hostilités avec un dossier sur le festival Gerardmer, édition 2002, accompagné d’un papier sur l’historique du cinéma d’horreur, de chroniques de DVD (Le Masque de Cire, La Nuit des Morts-Vivants version Savini ou encore La Maison Hantée). Fait assez intéressant, ce premier numéro établissait déjà certaines rubriques qui resteront tout du long de la parution, prouvant que la bande à Mater Suspirorum savait ce qu’elle faisait, débutant ainsi une série de pages réparties dans chaque numéro et consacrées à Peter Jackson. Pour ce premier numéro, c’était à Bad Taste de se retrouvait sur le grill tandis qu’une autre section du fanzine naissait, celle de « L’Autre Cinéma », qui s’occupe des réalisateurs atypiques, Jean Vigo étant choisi pour ces débuts. Sans grandes surprises, le deuxième volume de Suspiria revient sur la carrière du Dario via un dossier sur sa personne, tandis que le père Jackson a droit à son hommage via Meet The Feebles et que l’Autre Cinéma est célébré via Man Ray. L’actualité de l’époque était également tranchante via des reviews de Ring 2, Le Sang des Innocents (Dario encore et toujours !), Memento Mori ou Avalon. Mais le présent (enfin, le présent d’il y a dix ans, on se comprend !) c’est bien beau mais le passé vaut aussi son pesant de cacahuètes radioactives, ce qui nous est rappelé via un article consacré au génial Blue Holocaust de Joe d’Amato, fer de lance de la section Bis Repetita, comme vous l’imaginez bien placée sous le signe du bis rital. Niveau DVD, c’est Destination Finale, le très chouette Kaïro de Kyoshi Kurosawa, Faux-Semblant et Requiem For A Dream (oui, c’est étrange mais c’est ainsi) qui sont analysés. Comme ils n’avaient pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin, ces amoureux des Trois Mères ne lâchent pas Argento dans un numéro 3 se lançant sur les traces des Frissons de l’Angoisse via la désormais obligatoire rubrique Bis Repetita. Comme l’actu était plutôt belle à l’époque, le fanzine en profite et nous informe sur Spider-Man, Jeepers Creepers, Emprise et L’Echine du Diable. Peter Jackson est toujours à présent avec Brain Dead tandis qu’Isidore Isou a les honneurs de l’Autre Cinéma. Pour les DVD, retour sur Terror Tract, Ring premier du nom et le décevant (mais regardable) Evolution d’Ivan Reitman, qui tentait de retrouver la recette miracle de Ghostbusters, malheureusement en vain… Enfin, un entretien avec Jean-Pierre Putters venait égayer un peu plus l’ambiance tandis que Suspiria se lançait dans deux nouveaux défis : le premier étant la publication d’une nouvelle nommée Surménage et le deuxième était le lancement d’un dossier sur le cinéma de genre des eighties… dont la suite se trouvait dans l’inévitable volume 4 !

 

suspiria4

 

Volume 4 que je tiens entre mes mains gluantes, grâce à l’ami Fanzinophile qui a bien voulu me prêter l’objet du délit ! Il en est bien évidemment remercié ! Un numéro 4 qui continue les choses là où elles s’étaient stoppées la dernière fois, continuant donc le dossier sur les années 80, dont cette deuxième partie tient une bonne vingtaine de pages. Le principe est simple et efficace : l’équipe épluche quelques films, emblématiques ou non, de cette belle époque, pris un peu au hasard et classés sans ordre particulier. C’est donc à une sorte de carnet de voyage eighties que nous sommes conviés, ce qui nous permet d’avoir une vue d’ensemble sur cette sainte décennie, au travers des chroniques de films très connus (Retour vers le Futur) ou nettement plus confidentiels (La Maison du Cauchemar d’Umberto Lenzi). Nous passons donc d’un Jess Franco (L’Abîme des Morts-Vivants) au vampirique Génération Perdue, du galactique Retour du Jedi au Fulci un peu fatigué d’Aenigma, du sympathique Messe Noire au classique déviant Virus Cannibale. Les nostalgiques seront ravis de ce coup de rétroviseur tandis que les curieux désireux de savoir ce qui sortait de beau aux débuts des années 2000 auront des retours sur le très fun Jason X, Le Règne du Feu et Minority Report. Quant aux férus de cinéma bis rital, ils en auront encore pour leurs 4 euros (prix de la revue à l’époque de sa sortie) avec le génial La Fille qui en Savait Trop de Mario Bava et le médiocre Je suis Vivant ! d’Aldo Lado, tous deux disséqués pour les lecteurs. Bien évidemment, les rendez-vous immanquables du fanzine répondent présents, que ce soit le passage par la filmo de Jackson (Créatures Célestes) ou l’Autre Cinéma (Jonas Mekas), tandis que la bonne idée de fournir un entretien est ici gardée pour Jaume Balaguero, à l’occasion de la sortie de La Secte Sans Nom. Bonne idée encore que celle de laisser un peu de place au cinéma amateur, cette fois via Purproduction, une équipe de passionnés qui se lançait dans la création de courts de genre, ici analysés pour vous dans Suspiria. Excellent papier également sur Mark Gregory, le Rambo du bis italien, dont la vie et les productions sont ici passées en revue, bonne occasion de découvrir cette petite légende pour les lecteurs ne connaissant pas encore ce fier musclé. Bien entendu, on retrouve les chroniques DVD en bout de parcours, avec cette fois les grosses araignées d’Arachnid, le peu hospitalier Terror Clinic, l’animation folle de Blood, The Last Vampire, le romantisme à la sauce sanguinaire du Retour des Morts-Vivants 3, le survival culte Battle Royale et encore d’autres choses comme Astérix et Obélix, Mission Cléopâtre, ici très apprécié par la rédaction. Ce qui m’étonnera toujours un peu car j’ai toujours trouvé le film de Chabat particulièrement surestimé. Enfin, nous avons la deuxième partie de Surménage, la nouvelle de Stéphane Clément, assez difficile à juger compte tenu du fait que je n’ai pas lu les débuts.

 

suspiria6

 

Dans la forme, nous tenons là un fanzine A4, à l’épiderme coloré et aux entrailles en noir et blanc, avec du papier que l’on qualifiera de classique et sans doute assez fragile. Dans le fond, on tient du bon boulot qui ne se prend pas la tête, l’équipe maniant le second degré tout du long, la prétention n’étant clairement pas de mise ici. On sent que ces gars ont beaucoup lu Mad Movies, dont on retrouve l’esprit d’antan et une certaine structure (l’actu au début, les DVD à la fin). Le tout se lit donc très facilement et on a presque la sensation de jouer à domicile avec Suspiria, dont la simplicité aide à s’en sentir proche. Bien sûr, il y a des défauts : tous les textes ne sont pas forcément très judicieux ou utiles, certaines chroniques laissent trop de place aux résumés des films avant d’attaque la chronique (c’est surtout gênant concernant des films que nous connaissons tous, comme pour Retour vers le Futur, le pitch de la trilogie étant lourdement rappelé alors que ce n’était pas nécessaire), certaines reviews manquent d’informations (dommage de ne jamais citer Mattei et Fragasso dans une critique de Zombi 3) et, à titre personnel, j’ai toujours du mal face aux chroniques de Cannibal Ferox qui se concentre sur les aspect divertissants et jouissifs du film (les qualités indéniables du film) en omettant de rappeler les scandaleuses tortures animalières dont on se passerait volontiers… Mais c’est là ma sensibilité personnelle et on ne peut pas compter ce dernier point comme un réel défaut, bien évidemment. Ce n’est d’ailleurs là que du chipotage puisque ce quatrième numéro de Suspiria se lit d’une traite et avec plaisir. Et si vous vous demandez quelle est la suite des affaires pour l’équipe, là voilà ! Suspiria tiendra en effet encore assez longtemps pour fournir deux numéros, le cinquième revenant sur les dix ans du festival de Gerardmer, sur Lucio Fulci, sur Juan Piquer Simon ou encore le Fantastic’Arts 2003 tandis que le sixième se penchait sur l’édition 2004 du même festival, sur le coréen Deux Sœurs, sur Eric Valette via un entretien, sur le père Romero, sur le grand Christopher Lee et sur la séduisante Annie Belle ! Enfin, une partie de l’équipe n’a pas raccroché les gants de cuir, Nicolas Tholozan gérant désormais le site Terreurvision qui publie… un fanzine dont le troisième numéro est sorti il y a peu ! On ne change pas les vieilles habitudes !

Rigs Mordo

 

Toutes les images ici présentes ont été honteusement piquées sur le blog du Fanzinophile!

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>