Class of 1999

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Class of 1999 ou le film sur lequel Najat Vallaud-Belkacem se frotte chaque soir, le mieux placé dans sa vidéothèque ! Bon, ok, j’abuse un poil (de chatte) et il y a fort à parier que la ministre ignore jusqu’à l’existence de cette grosse Série B ramenant les bisseux sur les bancs d’école. Mais d’une école pas comme les autres puisque les profs n’y sont que des tas de ferraille balançant des colles particulièrement salées…

 

 

Mark L. Lester fait clairement partie de ces mecs pour qui on ne peut avoir que la plus grande des estimes. D’une part parce qu’il a franchement égayé nos soirées filmiques dans les années 80 et 90, balançant quelques belles grenades dans nos téléviseurs (le Commando avec Schwarzy, Dans les Griffes du Dragon Rouge avec Dolphy), d’une autre parce qu’il ne s’est pas reconverti dans les séries télés emmerdantes, type Les Experts, à l’inverse d’un certain nombre de ses collègues. Le père Lester, également producteur à ses heures, s’est en effet lancé dans la Série B monstrueuse, réalisant du Poseidon Rex, du Pterodactyle ou du Dragons of Camelot quand il ne produit pas du Sand Sharks, du Dragon Wasps ou du Jurassic Attack pour redonner de la couleur aux chaînes du câble. Pas que des chefs d’œuvre, on est bien d’accords, mais c’est toujours mieux que d’aller filmer des enquêteurs en costard en train de vérifier par quel malheur une bastos a pu s’infiltrer dans le trou de balle d’un sénateur alors qu’il était en pleine partie de golf. Le B Movie fantastique ou de science-fiction, le réalisateur ne s’y est pas essayé hier et palpait déjà les mamelles du genre dans les eighties, période à laquelle il sera à jamais attachée grâce à son classique Class of 1984 (1982), récit noir de chez noir mettant en avant une jeunesse peu décidée à faire ses devoirs et mettant les nerfs à vif des professeurs. Une œuvre si marquante que Lester décidera d’y revenir sept années plus tard au détour du futuriste Class of 1999, qui imaginait la gueule des établissements scolaires dix ans plus tard. C’est donc en 89 que débarque cette bande d’anticipation, fausse-suite du premier, qui laisse les aspects réalistes de son modèle au placard pour transformer l’ensemble en un pur film d’action futuriste lorgnant du côté des Terminator et Robocop. Et qui aura par ailleurs droit à une suite à son tour, un Class of 1999 II : The Substitute sortant en 94, réalisé par Spiro Razatos, un cascadeur très demandé dans les milieux hollywoodiens. Mais c’est une autre histoire…

 

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Tout juste sorti de prison, où il fut incarcéré pour ses activités malfaisantes au sein d’un gang, Cody Culp (Bradley Gregg, le mec tué par le Freddy changé en marionnette du troisième opus) se voit forcé de reprendre un chemin scolaire et de se tenir à carreau. A la grande déception de ses anciens potes, d’ailleurs, les zouaves étant loin d’être calmés pour leur part et désireux de voir Cody reprendre part à la guerre qui les oppose à une bande rivale. Mais pas de ça pour notre jeune héros, désormais décidé à rentrer dans le rang, d’autant qu’il craque peu à peu sur la fille du dirlo (campé par Malcolm McDowell, qui emballa toutes ses scènes en deux jours). Ce dernier en a d’ailleurs assez de voir son établissement se changer en supermarché pour tous les camés de la région et finit par se tourner vers le docteur Forrest (Stacy Keach), qui lui propose de changer ses professeurs humains pour trois robotiques. Des androïdes confectionnés pour donner cours, certes, mais aussi pour remettre les élèves dans le droit chemin, quitte à devoir user de la violence s’il le faut. Ce qui finit bien évidemment par arriver, les trois enseignants développant peu à peu un sadisme les poussant à punir les lycéens indélicats par la mort. Ce que ne manque pas de remarquer Cody, qui aura bien du mal à convaincre ses amis qu’il ne se passe pas que du joli dans la salle des profs, ses camarades étant trop occupés à s’envoyer de la merde dans les narines ou à s’entretuer pour remarquer que leurs titulaires ont pété un fusible. Pire, ces derniers ont remarqué le petit jeu de Cody et sont bien décidés à le faire taire une bonne fois pour toutes…

 

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Oubliez la polémique qui entoura Class of 1984, bien évidemment démoli par une gauche n’y voyant que les discours d’un réal bien réac, la version 1999 est bien loin de vouloir soulever le débat, Mark Lester laissant de côté ses ambiances grises, son ton désabusé et son ultra-violence réaliste pour retourner du côté du Commando qu’il emballa en 85. Certes, les analystes de tous poils ne manqueront pas de remarquer que le discours semble s’inverser et que le réalisateur passe cette fois du côté des étudiants en difficultés, fracassés par une machination gouvernementale visant à tester des cyborgs militaires sur les petites têtes blondes avant de les envoyer au front. Il y a certainement un petit message à ressortir de Class of 1999, surtout destiné à l’adresse des jeunes en perdition, à qui il est ici recommandé de se réveiller et de sortir la tête de la poudreuse s’ils veulent s’apercevoir à temps que leur état les encule, mais force est de constater que le but premier du film est tout autre. Ce que veut Lester, c’est défourailler un maximum, faire tout sauter, exploser l’école entière ! Au départ relativement sage et presque classique dans sa représentation de la chute du système scolaire (gardes futuristes et brutaux à l’entrée, jeunes qui débarquent armés dans l’établissement, drogue planquée dans les casiers, guerre des clans,…), la pelloche mute dans un premier temps en un film à suspense en montrant Cody en train d’enquêter sur cet étrange trio d’enseignants. Et une fois l’horrible vérité dévoilée, à savoir qu’ils pissent et chient de l’huile de vidange, l’ensemble bascule dans la fureur ! On sort les mitraillettes, les grenades et les revolvers et on fait un max de bruit ! Car pour se débarrasser d’un maximum d’étudiants en un temps record, les instituteurs d’acier décident de les liguer les uns contre les autres et d’aggraver les conflits locaux, poussant bien évidemment les voyoux du coin à s’entretuer lors d’une bataille explosive. Nostalgique de l’acte final de Commando voyant le musculeux John Matrix raser une résidence classieuse à grands coups d’obus, le Lester ? On peut le croire en voyant les dernières scènes de Class of 1999, franchement généreuses niveau pyrotechnie, les hangars désaffectés et salles de classe étant soufflés par les flammes à plus d’une occasion.

 

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On n’est d’ailleurs pas très loin des délires post-nuke alors très populaires depuis Mad Max 2. Certes, le monde de Class of 1999 n’a pas été dévasté par une morille atomique et s’il est en perdition, c’est par la faute de l’humanité dans sa grande majorité. Les rues sont grises, parsemées de tonneaux enflammés, les bagnoles ne dépareilleraient pas dans un post-apo rital, les zigs ont des tenues à faire passer Prince pour un modèle de sobriété et les gardes de l’école portent des armures futuristes. Le décor est planté et sent bon le bis, quitte à être ridicule au dernier degré d’ailleurs. Voir pour s’en convaincre la dégaine du pauvre Stacy Keach, qui se trimballe une coiffure de blonde peroxydée avec une jolie petite queue de rat, histoire de le ringardiser à tout jamais. On lui colle en prime des lentilles de badguy pour lui donner un air méphistophélique qui finit de lui donner des airs de crétins et il aurait plus sa place dans les Zoolander que dans une pelloche d’anticipation. Il parvient en tout cas à faire oublier les looks des étudiants, presque sobres à côté de lui… Et meilleurs acteurs pour la plupart, Keach cabotinant pas mal cette fois-ci. Non pas que les jeunots proposent un jeu particulièrement fin, certains en font d’ailleurs des tonnes, mais personne ne sombre dans le ridicule complet. Et certainement pas Joshua Miller (depuis devenu scénariste de The Final Girls), dont la prestation fut d’ailleurs remarquée. De toute façon, c’est vers le trio robotique que tous les regards se tournent et pour cause : il a de l’allure. Ainsi on trouve une prof de chimie dotée d’un lance-flamme en guise de bras, incarnée par la toujours délicieuse Pam Grier, un prof de sport balanceur de missiles (Patrick Kilpatrick, que vous avez vu dans L’Effaceur ou Minority Report) et un dernier d’histoire (John P. Ryan, de la saga It’s Alive, qui semble s’amuser comme une petit fou ici) doté d’une perceuse sous la main. De beaux ustensiles bien pratiques pour punir les élèves ayant foiré leur dictée… Lester prend en tout cas un grand plaisir à démolir ses robots dans le dernier acte, voyant les rebelles chevaucher leurs bécanes et mitrailler dans toute l’école. Il plagie même le premier Terminator, montrant l’un des cyborgs se redresser après une explosion, désormais dénué de sa peau synthétique, et s’avancer d’une démarche saccadée vers ses cibles. Si ça ne vous rappelle pas le combat final entre Sarah Connor et son pote métallique…

 

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Louons d’ailleurs les effets spéciaux de la bande, bien sûr moins impressionnants que ceux trouvables chez James Cameron, mais franchement satisfaisants. La dernière boîte de conserve en état de bouger à de la gueule et un soin a d’ailleurs été apporté à sa mort. Lester, s’il emballe l’ensemble sans trop de génie la plupart du temps, se sent pousser des ailes lorsque ça remue un peu, filmant toutes les explosions frontalement et trouvant des angles bien choisis pour montrer les derniers tourments de sa créature robotique. Class of 1999 se présente donc comme une pure bisserie d’action, bourrine et dotée d’un second degré particulier (la scène de la fessée, à voir pour le croire) qui l’éloigne bien évidemment de son modèle, nettement plus remarquable. Mais pour un samedi soir passé en tête à tête avec une pizza ou un Magic Box de chez Quick, ça le fait carrément !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Mark L. Lester
  • Scénarisation: C. Courtney Joyner, Bradley Gregg
  • Production: Mark L. Lester, Eugene Mazzola, Stanley Mann,…
  • Pays: USA
  • Acteurs: Bradley Gregg, Traci Lind, John P. Ryan, Pam Grier, Stacy Keach
  • Année: 1990

A lire aussi la review du pote Matt sur Les Films du Placard (que vous allez liker en passant, aussi!)

2 comments to Class of 1999

  • Roggy  says:

    Je ne connaissais pas cette suite à « Class 1984 » que j’ai dû voir en VHS à l’époque. Le résultat semble bien sympathique et premier degrés avec quelques tâches de Bis pour la route 🙂

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