Dead Snow 2: Red vs Dead

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C’est la démarche raide et robotique que reviennent nous voir les zombies nazis de Dead Snow, toujours commandé par un Tommy Wirkola revenu à son norvégien bercail après l’aventure hollywoodienne Hansel & Gretel : Witch Hunters. Bonne occasion de voir si bouffer avec des stars Ricaines tous les midis n’a pas changé les habitudes du viking…

 

 

Résumé des épisodes précédents de Toxic Crypt : alors qu’il se baladait dans un Cash Converter belge, l’homme le plus sexy du monde, Rigs Mordo, tombait sur la galette du premier Dead Snow, disponible à 1 euro. Sapristi saucisse, il serait bien dommage de ne pas tenter l’expérience pour un prix aussi dérisoire ! Et si le gardien de la crypte fluo a bien apprécié le délire norvégien, fun et gore bien comme il faut, il avait également émis quelques réserves sur l’esprit de la bande, un peu trop volontaire lorsqu’il s’agissait de souligner ses références. Ca citait donc Peter Jackson et Sam Raimi avec balourdise et si le but était sans doute de prouver aux bisseux que Wirkola est un vrai fan, le genre à avoir la tronche de Pinhead tatouée sur le scrotum, le résultat fut surtout de rendre l’ensemble de l’affaire un peu suspecte. On ne savait pas trop si le p’tit Tommy avait emballé une pelloche gore avec sincérité et envie ou s’il avait tourné tout cela pour de simples raisons financières (ce qui n’a rien de sale) mais masquait le tout sous une couche de vernis un peu trop voyante. Reste que Dead Snow fut un joli succès en DVD et fit sensation dans les festoches fantastiques où il fut programmé, poussant son réalisateur à remettre le couvert en 2014, soit cinq années après le premier volet. Et quelques mois à peine après la sortie d’Hansel & Gretel, sa grosse Série B friquée made in Hollywood. Le besoin de revenir à quelque-chose de plus simple, plus proche de ses racines et de sa Norvège chérie ? Ptet bien vu qu’il emballa à la même période une suite à son Kill Buljo, parodie qui disposa de sa petite heure de gloire au début des années 2000 et fut bien plus remarqué que sa discrète suite. Quoiqu’il en soit, Dead Snow 2 est débarqué avec une réputation plutôt bonne, louant ses qualités de divertissement encore plus déjanté que le premier opus. Vérifions cela !

 

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Un peu à la manière léger retour en arrière que je viens de vous faire pour vous éviter d’aller relire ma chronique de Dead Snow premier du nom (mais si ça vous chante, elle est toujours disponible, œuf corse !), Wirkola se lance dans un résumé des évènements de l’original au début de sa séquelle, le survivant Martin (toujours incarné par Vegar Hoel) racontant son histoire. Donc celle d’un groupe de jeunes partis faire les cons dans la neige et trouvant de l’or dans un chalet, or appartenant à des zombies nazis menés par le commandant Herzog (Orjan Gamst rempile également). Bien évidemment, les Allemands pourris firent des ravages chez les jeunes, tuant tout le monde sauf le pauvre Martin, inconsolable depuis la mort de sa chère et tendre. Et les choses vont de mal en pis puisque les autorités locales suspectent le rescapé d’être à l’origine de la tuerie enneigée et ne croient bien évidemment pas à son délire sur le retour des SS. Ces derniers ont d’ailleurs une mission à accomplir, Hitler leur ayant demandé dans les années 40 d’éliminer tous les habitants d’un petit village leur ayant résisté et dans lequel un bataillon russe colla une branlée aux nazillons. Vu qu’ils ont du mal à dormir lorsque le boulot n’est pas terminé, ils se mettent en route vers les lieux à ravager, et seuls Martin et quelques geeks américains soi-disant spécialisés dans l’éradication des zombies pourront les empêcher de se lancer dans un nouveau carnage. De toute évidence, Wirkola est revenu de son périple américain avec des idées de grandeur et a décidé de pousser sa franchise vers des contrées un peu plus épiques. D’une petite comédie zombiesque se déroulant autour d’une petite cabane, on passe d’un coup d’un seul à une pelloche guerrière et misant nettement plus sur l’action que par le passé. Peut-être revenu satisfait du cirque Hansel et Gretel, qui voyait Jeremy Renner et Gemma Aterton dégommer de la sorcière en tentant d’être aussi badass que faire se peut, notre zig’ s’est dit qu’il pourrait faire de Dead Snow 2 : Red vs Dead un actioner déguisé, gore et rigolo. Pourquoi pas, après tout, le genre se prêtant plutôt bien au slapstick violent.

 

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L’ennui, c’est qu’une fois de plus le Wirkola, sans doute bien brave, ne fait que se référer à ses modèles. Dead Snow ressemblait à Evil Dead ? Ben sa suite ressemblera à Evil Dead 2 ! Car il est bien difficile de ne pas songer aux mésaventures de ce bon vieux Ash lorsque l’on découvre que Martin, qui s’était tranché le bras dans le premier film pour éviter une contamination de la part des zombies (ce qui fut inutile, il n’y a pas de contamination comme dans un Romero dans les Dead Snow), se retrouve à l’hosto avec un nouveau membre. En effet, Dead Snow 2 débute avec un premier combat entre Martin et Herzog, qui perd son avant-bras dans la bataille, et c’est bien sûr cette mimine que l’on a recollée à Martin. Une idée rigolote bien évidemment, et promesse de bons moments puisque notre héros est désormais devenu bien plus fort qu’auparavant et peut éclater des crânes d’un simple coup de poing. Mais une idée rappelant beaucoup Evil Dead 2, Ash voyant sa paluche contrôlée par le démon et commettant des actes indépendants de sa volonté. Pareil ici, Martin ne contrôlant plus ses faits et gestes, tuant des innocents sans le vouloir via des scènes rappelant beaucoup le très bon La Main qui Tue, qui mixait également pogne infernale et humour gore et débridé. Bien sûr, le fantasticophile a l’habitude de voir passer sous son petit nez crochu des séquences déjà aperçues auparavant, le genre ne cessant de se pomper lui-même, c’est même quasiment sa nature profonde et cela ne nous gêne que rarement. Mais il y a quelque-chose qui ne passe jamais avec les Dead Snow, ce sentiment que l’ensemble n’est jamais réellement sincère et que Wirkola a surtout étudié les classiques pour s’assurer que son œuvre obtiendra un maximum de suffrages. Impossible de ne pas penser à Peter Jackson, par exemple, puisque l’on retrouve des losers magnifiques en protagonistes principaux, du gore franc du collier, quelques éléments de fantasy (on songe même au Seigneur des Anneaux par moment) et des scènes horrifiques assez chorégraphiées. Mais l’on peine à déceler une réelle identité dans ce joyeux bordel citationnel et il est bien difficile de voir en Dead Snow 2 autre-chose qu’une zombedy plus gore que la moyenne, un peu plus friquée sans doute également, mais certainement pas plus honnête. Lorsque Wirkola donne des interviews pour causer de son invasion germanique des cimetières, il explique qu’il aime les films de zombies en ne citant que les plus évidents comme Le Retour des Morts-Vivants, Braindead et Evil Dead (c’est pas vraiment des zombies mais admettons…), admettant sans le savoir qu’il ne s’intéresse au genre que de manière assez superficielle. Et c’est bien sûr un simple procès d’intention de ma part mais je décèle là-dedans une simple volonté de surfer sur un courant qui marchait fort bien il y a quelques années et fonctionne toujours du tonnerre auprès du public nourri à la chair putréfiée.

 

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Et d’ailleurs cela ne poserait nullement problème (comme déjà dit plus haut, être un film commercial ne signifie pas forcément ratage et bien des œuvres de commande sont plus réussies que des pelloches artistiques) si Wirkola ne tentait pas de masquer ses ambitions avec des clins d’œil qui ne trompent personne. Vraiment désireux de prouver à son audience qu’il s’adresse à eux et rien qu’à eux, il caviarde ses dialogues de références à Star Wars, l’une des demoiselles lancées aux trousses des nazis zombies causant comme Yoda dès que l’occasion se présente. Ce qui devient particulièrement fatigant et à force de caresser son public, le Tommy finit un peu par l’irriter… Ce qui est dommageable puisque sans cela, Dead Snow 2 serait plutôt sympathique grâce à de vraies qualités. Le gore est bien présent (mais moins inventif que dans le premier film), les décors dépaysent et il y a une bonne humeur communicative. Mieux, Wirkola joue les sales gosses et prend un réel plaisir, partagé par votre serviteur, lorsqu’il tape dans le politiquement incorrect en décimant à la chaîne les habituels épargnés du genre. Ainsi une pauvre mémé est décapitée, des gosses se font écraser par un tank, une paraplégique se fait rétamer la tronche à coup de bottes et des mères et leurs bébés se prennent un obus dans leurs petites gueules. Réjouissant, surtout quand, comme moi, on n’aime guère les nouveaux nés ! On pourrait cependant reprocher que le film ne va pas au bout de ses idées et aurait pu être bien plus virulent encore, ou plus osé. Voir par exemple la scène de fin, voyant Martin faire revenir à la vie sa dulcinée pour avoir une scène de sexe avec elle. Alors qu’il avait mis en boîte des plans visiblement bien crades (asticots qui sortent de madame durant l’acte), Wirkola les a retirés, histoire de donner une patine romantique à sa scène. Dommage, le gag tombant un peu à l’eau puisque semblant, pour le coup, vraiment édulcoré…

 

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Ainsi, si Dead Snow 2 se regarde agréablement et sans ennui (malgré une ou deux baisses de régime à mi-parcours) et se montre assez bien documenté (Wirkola a fait des recherches sur les duels entre les Russes et les Allemands), il peine, comme son aîné, à entrainer une réelle sympathie. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer et de disposer de personnages sympathiques, tel quelques guest (Derek Mears en zombie) ce « sidekick zombie » incarné par Kristofer Joner (Next Door) et qui ne cesse de se faire ravager la gueule tout le long du métrage. Ou de séquences aventureuses, comme ce combat sur un tank en train de détruire tout un village. Mais rien n’y fait, la pelloche se visionne sans passion et il en sera sans doute de même pour l’inévitable troisième volet, auquel Wirkola songe déjà. Pas sûr que je serai encore de l’aventure pour celui-là…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Tommy Wirkola
  • Scénarisation: Stig Frode Henrikse, Vegar Hoel, Tommy Wirkola
  • Production: Kjetil Omberg, Terje Stroemstad
  • Titre Original: Død Snø 2
  • Pays: Norvège
  • Acteurs: Vegar Hoel, Martin Starr, Amrita Acharia, Orjan Gamst
  • Année: 2014

2 comments to Dead Snow 2: Red vs Dead

  • Roggy  says:

    J’avais apprécié le 1er film plutôt divertissant. Visiblement, ce 2e opus que je n’ai pas vu, n’a pas eu les faveurs de l’Apollon de la crypte toxique 🙂

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