Evil Toons, qui a peur du diable ?

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Vous êtes les malheureux parents d’un adolescent coincé entre l’enfance et les premiers désirs humides ? Vous ne savez donc pas comment divertir le garnement sans avoir à fouiner deux heures à la recherche de hentaï avec un Pokémon qui se coince une Pokéball dans le derche… N’ayez aucune crainte, cette bonne âme qu’est Fred Olen Ray a pensé à vous avec Evil Toons, qui mélange dessin-animé et tétons baladeurs !

 

 

Il y a des films comme ça qui font partie de votre enfance… alors que vous ne les aviez jamais vus à l’époque ! Evil Toons, qui écope chez nous du titre ridicule et à côté de la plaque Qui a peur du Diable ?, est de ceux-là. Et ce grâce au premier volume des Ze Craignos Monsters de Jean-Pierre Putters, que j’arpentais lorsque j’étais encore un bébé Mordo et qui offrait une entrée dans son petit dico des réalisateurs de bis au grand Fred Olen Ray. Et parmi les photos trouvables sur les deux pages de cet article culte pour votre serviteur, on trouvait des demoiselles dénudées armées de tronçonneuses (c’est pas pour s’épiler ça…), un indien maléfique doté de gros problèmes de peau, des zombies aux yeux lumineux et perdant quelques liquides corporels et, bien sûr, un toon violant une demoiselle aux courbes généreuses. Quoi, quoi, quoi ??? Un toon qui se tape une nana ?! Oui, oui, un gros toon au poil noir et au regard pervers, au-dessus d’une pauvre dame dont on ne sait trop si elle se débat ou si elle prend énormément de plaisir (c’est qu’en photo, c’est moins mouvementé). Imaginez un peu le choc pour un mouflet élevé aux Looney Tunes, sapristi saucisse ! D’autant qu’à l’époque, le mélange entre prises de vues réelles et personnages animés n’était pas inédit pour moi, Qui veut la peau de Roger Rabbit ? faisant déjà partie des pelloches sur lesquelles je revenais régulièrement. Alors le même principe transporté dans un film d’horreur visiblement bien déviant, je vous laisse imaginer l’effet rendu sur un garnement encore dénué de poils. Ce n’est finalement que de nombreuses années plus tard, plus de vingt longues années, qu’il me fut possible de mettre la main sur ce fameux Evil Toons, grâce à l’éditeur Crocofilms qui décida de sortir la bande en même temps que le Z culte qu’est Hollywood Chainsaw Hookers. L’occasion de découvrir ce que vaut le monde coloré de la 2D sous l’œil goguenard de Fred Olen Ray…

 

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Fred Olen Ray qui, par ailleurs, tenta de vendre son pitch au nabab du budget réduit Roger Corman en lui assurant que 250 000 dollars seraient suffisants pour donner vie à ce fameux toon maléfique. Il fut d’ailleurs assez mal reçu, le grand Corman répondant à l’ancien catcheur qu’une somme si dérisoire ne permettrait jamais d’emballer un nouveau Roger Rabbit, tout Z soit-il. Mais pas du genre à passer par-dessus la troisième corde, le Fredo décida de torcher Evil Toons avec ses propres fonds, finançant l’ensemble pour… 140 000 dollars ! Eh oui, pas le genre à pisser dans son froc pour quelques milliers de billets verts manquants, le réalisateur de Scalps s’est lancé dans l’aventure avec trois fois rien, peut-être pour prouver au vieux Roger qu’il se trompait lourdement. Un sacré challenge ? Pas réellement puisque de toute façon les conditions de tournage ne demandaient pas des moyens incroyables… Un lieu unique (une baraque vaguement classe qui a certainement servi au tournage de 110 pornos), un casting réduit à une petite dizaine d’acteurs, des effets spéciaux rares et donc peu onéreux (mais réussis quand on en voit, comme les éclairs dans les paluches de Carradine, qui joue un fantôme fainéant), une durée de tournage réduite à une petite semaine, équipement piqué à une autre production,… Pas de quoi dynamiter un larfeuille, donc, et le script lui-même met tout en œuvre pour ne compliquer la vie de personne. Il se résume en effet à la découverte d’un livre maléfique, Nécronomicon style, par quatre demoiselles embauchées par une entreprise de nettoyage pour requinquer une vieille demeure. Et bien évidemment, lorsqu’elles lisent les quelques paragraphes en latin trouvables dans le bouquin, elles réveillent un démon aussi toonesque que lubrique, bien décidé à les niquer avant de les assassiner. Simple comme bonjour et parfait pour une petite Série B penchant doucement mais sûrement vers le Z à gros nénés. Car comme de juste, Mister Ray convoque des demoiselles prêtes à tomber la chemise et à agiter leurs formes dans tous les sens. Des fières dames soit échappées du porno (Madison Stone et Barbara Dare, ici créditée sous le nom Stacey Nix), soit déjà des habituées du petit monde du cinoche d’exploitation comme Monique Gabrielle (Deathstalker II, Emmanuelle 5, le Not of this Earth version 88) ou Suzanne Ager (Evil Spawn, Inner Sanctum), qui y resteront d’ailleurs pour un bon moment… Comme souvent avec lui, Fred Olen Ray convoque également quelques acteurs plus connus pour mieux vendre son travail et appelle donc en renfort David Carradine, Dick Miller et Arte Johnson (Le Vampire de ces Dames). Notons également la présence, pour un petit cameo, de la belle Michelle Bauer (Hollywood Chainsaw Hookers) et de Don Dowe, méconnu blondinet aux yeux bleus vu dans du bis (il a joué dans les Trancers 2 et 3 mais aussi dans Bad Girls from Mars de… Fred Olen Ray !) et aussi quelques grosses productions et de nombreuses séries.

 

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De toute évidence, tout cela ne coûte donc pas bien cher et ce n’est ni ces demoiselles habituées aux petits salaires ni ces grands acteurs sur le déclin qui iront demander de folles sommes. En somme, celui qui risque fort d’aspirer tout le pognon, c’est ce fameux loup animé sorti de son livre maudit… Autant le dire tout de suite, le Fredo évacue le problème d’entrée de jeu en donnant à son démon un pouvoir bien pratique, surtout pour économiser de la thune : celui de prendre l’apparence de qui il veut. Vous voyez venir l’entourloupe, je suppose. Eh ouais, le fameux toon aura beau être présent durant quasiment tout le film, il le sera majoritairement sous les traits de Madison Stone, sa première victime. Si vous espériez assister à des meurtres commis par un être sorti d’un bon crayon, vous allez donc être déçus puisqu’il ne doit être présent sous sa forme d’origine que trois ou quatre minutes, pas plus, bien vite remplacé qu’il est par la pornstar, pour le coup affublée d’un dentier tranchant. C’est que ça coûte moins cher de badigeonner les nibards de la demoiselle de sirop d’érable et de lui coller de fausses quenottes dans la bouche avant de l’envoyer mordiller ses copines que de s’emmerder à incruster un loup en 2D parmi tout ce beau monde ! Parler de frustration serait cependant exagéré lorsque l’on parle de la faible présence du monstre animé, même si les quelques plans permettant de faire sa connaissance sont assez amusants. Non pas parce qu’ils sont techniquement réussis, ce n’est pas du boulot géré par Zemeckis et ça se sent tant les mouvements de la bête manquent de fluidité, mais parce que le caractère vicieux et pervers du bestiau ont tendance à le rendre attachant. Mais soyons clairs, on n’espérait de toute façon pas un véritable déluge de dingueries sorties de l’université ACME et le point fort de la bande est tout simplement la bonne humeur qu’elle répand.

 

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Car sans parler de franche rigolade, on s’amuse assez bien avec nos nouvelles copines, qui ne font pas grand-chose (on a la sensation qu’elles passent leur temps à attendre qu’un truc se passe) mais le font avec le sourire ! Et les seins à l’air, of course, le plan nichon régnant en maître ici-bas. Le copain Fred sait fort bien qu’il ne va pas emballer un chef d’œuvre : à l’exception de Dick Miller qui donne tout ce qu’il a y compris dans une zéderie totale, ses acteurs sont mauvais (Carradine n’en a rien à foutre et je suis sûr que si on lui avait demandé avant sa mort s’il se souvenait du film, il aurait répondu « Ouais, Space Jam »), ses décors ne créent pas le moindre effroi malgré quelques éclairages recherchés, sa bande-son est d’un ringard fini et son script est plus fin que la bite d’un moustique. Il décide du coup d’assumer tous ces travers et de pondre une véritable comédie, je dirais même un vrai dessin-animé. Tous les personnages, et non pas seulement le toon, finissent en effet par donner dans le surjeu, les filles se mettant à hurler de manière exagérée, grimace à l’appui, ou à se mouvoir de manière ridicule, comme dans un Tom & Jerry. De toute évidence, Evil Toons ne se prend pas au sérieux et revendique son statut de Z fun et fendard, sentiment encore renforcé par l’imbécilité volontaire de quelques dialogues. Ah, il faut voir nos gonzesses planquer un cadavre de peur de ne pas recevoir 100 malheureux dollars à la fin de ce week-end agité ou ces idiotes dire à l’une de leur amie, alors attaquée par la goule, qu’elles reviennent « dans deux minutes » ! Ou encore ce voisin clamant haut et fort qu’il est ravi d’enfin voir les visages des jeunes femmes alors qu’il n’a d’yeux que pour leurs nibards ! Evil Toons est con comme la lune et ne s’en excuse jamais, envoyant même quelques clins d’œil aux bisseux avertiw, que ce soit via l’amusant caméo d’une Michelle Bauer tenant une tronçonneuse ou ce passage montrant Dick Miller regardant l’un de ses propres films (A Bucket of Blood) en s’étonnant que l’acteur de la bande n’a jamais gagné d’Oscar. Et l’acteur à l’écran, c’est bien évidemment Dick Miller en personne… Evil Toons, grossier et fier de l’être, constitue une bande parfaite pour vos soirées pyjamas et risque fort de vous faire passer un moment fendard. Evidemment, galette Crocofilms oblige, le disque n’est pas exempt de défauts : la VF, parfois difficile à comprendre, est obligatoire et l’image n’est pas terrible. Mais l’éditeur se rattrape via quelques trailers d’autres pelloches du Fredo et un court-métrage, Dead End. Et puis on ne va pas faire les fines bouches, pouvoir zieuter Evil Toons les doigts de pied en éventail est déjà une sacrée victoire. Merci à l’éditeur, donc !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Fred Olen Ray
  • Scénarisation: Fred Olen Ray
  • Production: Fred Olen Ray, Victoria Till
  • Pays: USA
  • Acteurs: Monique Gabrielle, Madison Stone, David Carradine, Dick Miller, Suzanne Ager, Barbara Dare
  • Année: 1992

2 comments to Evil Toons, qui a peur du diable ?

  • Roggy  says:

    Un Roger Rabbin version boulard, ça ne se refuse pas ! En revanche, David Carradine semble complètement perdu au milieu des toons et des tétons 🙂 En tout cas, j’ai bien ri à ta chronique très drôle bien dans l’esprit de cette œuvre des 90’s.

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