Roseville

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Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas votre serviteur habituel qui se charge de chroniquer la pelloche du jour, le bulgare Roseville, mais bel et bien Mister Yohann Chanoir, que vous avez certainement lu dans Vidéotopsie, Médusa, Darkness ou Hammer Forever. De passage dans la crypte toxique pour récupérer son lot lors du concours Roseville, l’ami Yohann en a profité, suite à un deal rondement mené entre les deux parties, pour graver son avis sur les murs suintants de mon domaine. Il en est bien évidemment remercié cent fois ! Place à l’artiste!

 

 

 

Merci tout d’abord à l’ami Rigs de m’accueillir dans son antre et merci aussi  de m’avoir fait gagner le droit de voir ce produit bulgare en exclusivité ! Premier long-métrage d’un jeune réalisateur, Roseville est un film d’horreur. Cela commence un peu comme Blair Witch et/ou ses nombreux clones. Des images d’archives nous présentent un ancien policier, évidemment en retraite, évoquant un « cold case », une histoire qui sent le soufre sordide de la sorcellerie. Jamais résolue, elle hante évidemment la mémoire du flic bulgare. La caméra remonte alors le temps pour nous ramener en 1985. On se retrouve avec un gars (Vasko) et une fille (Nadya) qui vont passer leur lune de miel dans un hôtel planté dans la wilderness bulgare. La référence aux films d’horreur classiques est évidente. Dans ce lieu du bout du monde, isolé, cerné par la forêt, les deux tourtereaux aspirent à vivre d’amour et de produits régionaux. Ils sont accueillis par les tôliers de la place, un homme, George, et une femme, Dora, qui éprouvent des sentiments l’un pour l’autre, mais George ne passe pas à l’acte. Un cinquième personnage s’invite, un Américain, trop bizarre pour être honnête, patibulaire mais c’est tout comme, qui en bon Américain vu par les Européens, ne pense qu’à s’envoyer des doses massives de produits alcoolisés et à tenter de s’envoyer Dora d’une toute autre manière, que l’élégance des lieux qui m’accueille m’interdit de préciser davantage.

 

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Le film se retrouve donc dans une sorte de huis-clos, même si les personnages sortent de temps en temps dans le parc ou la forêt. Progressivement des signes curieux apparaissent et Vasko commence à faire des cauchemars et à changer. Belle (enfin, c’est une image…) performance de l’acteur qui l’incarne, sa transformation est crédible et participe à l’angoisse qui perle de plus en plus. Alternant le bulgare et l’anglais, le film n’est pas toujours obvious à understand. Mais sa force, réelle, repose davantage sur l’image. Il n’y a pas trop d’effets à la con, pour faire flipper le spectateur. L’horreur pourtant est là, mais sournoise, insidieuse, présente sans être tangible, tangible sans être discernable, discernable sans être massive. Le film rend bien l’atmosphère délétère d’un lieu maudit, sorte d’autel à un culte démoniaque, dont on ne saura pas grand chose. Il y a une évidente envie de la part du réalisateur de rendre hommage au « genre », et le spectateur polyglotte y retrouvera de nombreuses références, sans être lourdement appuyées comme dans un film de Tarantino.

 

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Pour un premier long film, c’est donc une réussite. Mais dans long-métrage, il y a aussi l’adjectif long et le film l’est, en effet, un peu trop. Des scènes sont inutiles, notamment celles sur l’histoire d’amour entre le tôlier et sa bergère, et on perd de temps en temps le fil, d’autant que l’alternance des langues (celles du film, pas celles de nos amoureux) n’aide pas à la concentration. Le final est sympa, honnête et sans exagération. Le casting, réduit, est efficace, même le chien est bon, c’est dire. Quant à l’arbre, il est irréprochable ! La force de MAKARIEV réside bel et bien dans la manière dont il filme ce coin de Bulgarie, où on n’aimerait passer ni sa lune de miel, ni des vacances, ni même un séminaire. C’est de bon augure pour sa carrière et pour le cinéma de l’autre pays du yaourt, apparemment en plein revival.

Yohann Chanoir

 

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  • Réalisation: Martin Makariev
  • Scénarisation: Bobby Zahariev
  • Production: Dimitar Gochev, Martin Makariev,…
  • Titre original: Vila Roza
  • Pays: Bulgarie
  • Acteurs: David Chokachi, Lydia Indjova, Elena Petrova, Plamen Manassiev
  • Année: 2013

 

 

Un grand merci à Yohann pour avoir prêté sa plume à Toxic Crypt!

4 comments to Roseville

  • Roggy  says:

    Excellente initiative l’ami que de laisser entrer des plumes nouvelles dans cette antre toxique (il a mis des patins j’espère !). Surtout pour chroniquer un film bulgare qui m’était inconnu et qui n’a pas l’air si mal que ça.

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