Les Soucoupes Volantes Attaquent

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Un oiseau ? Un avion ? Ce con de Superman et son slibard ? Mieux ! Une troupe de soucoupes volantes venues nous cracher leurs rayons lasers désintégrateurs à la gueule ! Et qui c’est qui les pilote ? Le Seigneur Ray Harryhausen, pardi !

 

 

 

A priori, si vous avez lu ma chronique du Monstre vient de la mer, vous savez déjà qui est Sam Katzman, ce producteur de Série B ayant sévi dans les années 50. Un de ces élaborateurs de créatures typique de son époque, qui livrait généralement ses monstres par deux via des double-programmes promettant forcément une double dose d’adorables gloumoutes ! Et qui produisit donc quelques pelloches dont les effets spéciaux étaient assurés par le grand Ray Harryhausen, dont ces fameuses Soucoupes Volantes Attaquant, alias Earth vs The Flying Saucers, classique de la SF réalisé par Fred F. Sears. Un gaillard ayant beaucoup œuvré dans le film de guerre mais que l’on retrouve aussi à la barre de quelques films fantastiques comme The Werewolf (1956) ou The Giant Claw (1957). Des productions Katzman, cela va sans dire… Rien qui soit aussi réussi que son invasion à base d’OVNI mal intentionné, cependant, Les Soucoupes Volantes Attaquent étant même devenue une œuvre véritablement culte, à laquelle Tim Burton rend largement hommage dans son Mars Attacks !, pastichant même quelques unes de ses séquences. C’est que l’auteur de Beetlejuice est un grand fan de Ray Harryhausen, et des B Movies des fifties en général, comme il le rappelle dans les bonus de la galette du film de Sears, une discussion entre Burton et Harryhausen étant trouvable et revenant notamment sur les fameux engins extraterrestres. Une bonne occasion de voir l’ami Ray parler de sa méthode de création, de l’amour qu’il portait à ses créatures et aussi des recherches qu’il pouvait faire. Vous l’aurez compris, si vous n’avez pas le coffret DVD ou les trois Blu-Ray (vendus séparément pour leur part) du Monstre vient de la Mer, Les Soucoupes Volantes Attaquent et A des millions de kilomètres de la Terre à cinquante ans, vous avez foiré votre vie !

 

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Formant un joli petit couple de scientifiques, le Dr. Russel Marvin (Hugh Marlowe, vu dans Le Jour où la Terre s’arrêta) et sa fiancée Carol (Joan Taylor, que l’on retrouve dans A des millions de kilomètres de la Terre) travaillent actuellement sur des fusées qu’ils envoient graviter autour de la Terre dans le but d’obtenir de nouvelles données sur de possibles OVNI. C’est que nous sommes en 1956 et les témoignages de personnes jurant avoir vu des assiettes voler au-dessus de leur tête, sans les couverts, commencent à s’entasser. D’ailleurs, les tourtereaux finissent pas en croiser une, eux aussi, une soucoupe leur passant juste au-dessus alors qu’ils roulaient tranquillement en voiture. Bon, certains sont moins impressionnables que d’autres et nos deux héros, lorsqu’ils contactent le père de Carol, un haut gradé de l’armée, lui annoncent d’abord, la banane aux lèvres, qu’ils viennent de se fiancer. Cela n’engage que moi, mais j’aurais tendance à être un peu paniqué si un OVNI venait de me frôler, et j’en parlerais sans doute autour de moi avant de causer d’un mariage, mais bon… On dira que Russel et Carol ont du sang de serpent et ne sont pas du genre à démouler des gâteaux secs pour si peu… Ils devraient, pourtant, car les envahisseurs atterrissent un peu plus tard dans la base militaire où travaillent nos protagonistes principaux, et du vaisseau sort des… Hum… Ouais, des bites en aluminium. Ou pour être plus précis des bites en aluminium dotées de longs bras au bout desquels on a placé des boules. L’invasion des zgegs venus d’ailleurs ! Mais bon, quand on voit la forme du crâne des mecs, difficile de ne pas penser à un gland sans urètre.

 

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Bon, il faut tout de même préciser que cet accoutrement n’est jamais qu’une armure offrant une protection à nos invités, en fait les survivants d’un système solaire éteint. Armure sans doute très pratiques pour se défendre vu qu’elles crachent des rayons disco qui vous effacent la moindre tâche sur le tablier, et le tablier avec d’ailleurs. Mais par contre, ça n’aide pas franchement les gars à se mouvoir, leurs combinaisons en mousse les empêchant de marcher normalement et leur offrant à la place une démarche particulièrement raide. C’est bien simple, on a l’impression qu’ils ont chié dans leur froc et n’osent pas faire de mouvements trop brusques de peur d’écarter les fesses et retapisser encore un peu plus leurs carapaces. C’est peut-être ce qui les rend si méchants d’ailleurs, car à peine arrivés, ces messieurs se mettent à utiliser leurs armes pour démolir quelques bâtiments et tuer des centaines de personnes, s’amusant même à kidnapper quelques malheureux pour leur faire un petit lavage de cerveau et obtenir toutes les informations nécessaires sur la planète bleue, qu’ils comptent bien obtenir. Mais si possible sans trop l’abimer, parce qu’ils sont pas cons les zouaves, ils ont pas envie d’aller vivre dans un lieu où tout n’est que ruines fumantes… Ils proposent dès lors à Russel et Carol de convaincre les rigolos de la Maison Blanche d’abdiquer gentiment, sans quoi nos extraterrestres enverront un suppositoire dans le soleil, créant de terribles bouleversement météorologiques chez nous (tornades, tsunamis, tremblements de terre, film co-réalisé par Maïwenn et Tarantino,… que des horreurs quoi). Mais Russel n’est pas trop ravi à l’idée de voir les faces de bites de fer venir vivre chez lui, et c’est vrai que ça doit être gênant quand tu tonds la pelouse le samedi après-midi d’avoir un dard métallique qui te fait bonjour de sa fenêtre, du coup il met au point une arme scientifique dont j’ai rien capté au fonctionnement parce que les cours de science m’ont toujours brisé les noix. Mais en gros, ça donnera le tournis aux soucoupes, une affaire de magnétisme, et elles iront se crasher au sol comme des connes. La guerre peut commencer !

 

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Bon, je vanne un peu et j’ai l’air de donner l’impression que Les Soucoupes Volantes attaquent est un truc super rigolo et mal branlé, un peu comme ce que faisait Roger Corman a la même époque, alors qu’il n’en est bien évidemment rien : le film bute ! Mais voilà, ça tout le monde le sait déjà et toutes les chroniques honnêtes vous le diront, tout comme elles vous diront que Ray Harryhausen a encore une fois fait un boulot incroyable, le genre qui vous fait tourner les rétines au même rythme que les soucoupes volantes du titre. Alors vous savez ce que c’est, on essaye de se distinguer et on raconte des conneries sur des zizis de métal. Bon les aliens ont un peu cherché aussi, faut dire… Mais je n’ai pas envie de vous en refaire une tartine sur la qualité des effets spéciaux ici présents, le plus important étant tout simplement que vous vous dirigiez vers le film pour vous en rendre compte par vous-même, car Harryhausen a, une fois de plus, foutu tout son cœur dans la confection de ses créatures. Les vaisseaux sont beaux, ont le look classique de l’UFO, et sont en plus très présents. Car lorsque l’on se lance dans une bande des années 50, nous sommes toujours touchés par la peur de tomber sur une pelloche dont la formule moléculaire est constituée à 90% d’interminables discussions scientifiques dont personne n’a rien à foutre. Heureusement, Harryhausen et Sears ont décidé d’être généreux et si le copain Harry s’est démené pour créer de magnifiques soucoupes, ce n’est certainement pas pour qu’on ne les aperçoive qu’en vitesse, à l’arrière-plan, derrière des arbres. Non, on les voit constamment et dès le départ, aucun suspense n’étant créé quant à leur arrivée. Le public veut voir des soucoupes volantes et bien il va en voir, quasiment sans interruption, et l’on peut dire que, pour une fois, un film des années 50 ressemble véritablement à l’idée que l’on s’en faisait en voyant son affiche. Ce n’est pas du Killer Shrews et ses musaraignes que l’on loupe si l’on cligne des yeux, ce n’est pas non plus Monster from Green Hell et ses ennuyeuses balades dans la savane. On touche plutôt ici à la générosité trouvable dans un Des Monstres attaquent la ville, par exemple, avec la même volonté d’en donner un maximum au spectateur.

 

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Les séquences courageuses s’enchainent alors sans réel temps mort, même si un peu de blabla vient s’immiscer entre deux actes de bravoure mais c’est bien normal. Les soucoupes mettent en tout cas un joli bordel, foutant le feu aux forêts, explosant les bâtiments de Washington, coulant les navires de guerre, bousillant les avions et on en passe. Le bon peuple ne sort pas indemne des assauts de ces pourris venus d’ailleurs, et l’on peut par exemple voir l’obélisque de Washington s’écraser sur quelques malheureux, séquence d’ailleurs reprise et rendue humoristique dans Mars Attacks. Alors que la plupart des bandes d’envahisseurs se contentent d’une invasion timide, avec quelques aliens attaquant en loucedé une petite bourgade, façon Invasion of the Saucer Men, Earth vs Flying Saucers y va de manière frontale et ce en dépit d’un petit budget, sublimé par le talent de Ray Harryhausen. Loin de moi l’idée de minimiser le boulot de Sears, mais nous savons tous que la vraie force créatrice, c’était le roi des monstres… Notons cependant que les humains ne sont pas trop emmerdants pour ce coup-ci, le petit couple étant assez sympathique bien que banal, mais la jolie Joan Taylor et son sourire qui fout de bon poil font largement l’affaire lorsqu’il s’agit de présenter des personnages attachants affrontant des petits hommes verts assez menaçants… Sacrée réussite donc, une de plus à l’actif de Ray Harryhausen, qui en connaîtra bien d’autres… Un indispensable !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Fred F. Sears
  • Scénarisation: George Worthing Yates et Bernard Gordon
  • Production: Sam Katzman, Charles H. Schneer
  • Titres: Earth vs the Flying Saucers (USA)
  • Pays: USA
  • Acteurs: Hugh Marlowe, Joan Taylor, Donald Curtis, Morris Ankrum
  • Année: 1956

2 comments to Les Soucoupes Volantes Attaquent

  • Roggy  says:

    Même si le film est mal branlé et qu’il y a, je cite des « zizis de métal », « Les soucoupes volantes attaquent » vaut le coup d’œil, ne serait-ce que pour les fantastiques effets spéciaux de Ray Harryhausen. Belle chronique l’ami et je ne dirai qu’une chose, Ray forever !

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