Rayon Action: Episode 7

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Rayon Action, Episode 7: la renaissance! Histoire de vérifier que vous n’avez pas perdu la forme depuis la rentrée scolaire, le Rayon Action nouveau va, comme à son habitude, vous renvoyer à la salle de gym avec quelques costauds qui s’y connaissent en matière de musculation. Et vos coachs du jour sont un Tom Berenger justement prof à ses heures, un Jackie Chan roi de la cascade, un Dolph Lundgren singeant son pote Bruce Willis et un Robert Patrick dans le costume de l’anti-héros. Si avec ça vous ne perdez pas vos poignées d’amour…

 

 

The Substitute

On le sait, au cinéma rentrée des classes rime souvent avec rentrée des crasses. C’était d’autant plus vrai dans les 80’s ou les 90’s, époque où il était particulièrement fréquent de tomber sur un film mettant en avant la violence scolaire. Des trucs à la Class 1984, Esprits Rebelles ou 187 Code Meurtre, drames plus ou moins tendus et brutaux selon les cas, qui ont un commun le thème des gangs et des bandes-originales souvent (mais pas systématiquement) composées de groupes de rap. C’est dans cette veine que s’engouffre The Substitute en 1996, amenant dans sa besace un peu d’originalité (si l’on peut vraiment appeler cela comme ça) en sortant l’artillerie lourde et en laissant le réalisme de coté. Car si tout ce qu’il se passe dans cette série B réalisée par Robert Mandel (School Ties) et scénarisée par Roy Frumkes (aussi scénariste de Street Trash) garde un minimum de crédibilité, nous sommes cette fois bien loin de la gentille Michelle Pfeiffer qui remet ses élèves dans le droit chemin ou d’un Samuel L. Jackson qui perd la tête et se la joue vigilante. A cette relative finesse, The Substitute préfère les gros muscles puisque c’est Tom Berenger de Platoon qui se retrouve flanqué d’un poste de professeur d’histoire dans le lycée où sa petite amie fut agressée. Et c’est justement pour ça que ce mercenaire et son équipe de brutes se retrouvent sur les bancs d’école, la vengeance étant le principal moteur de notre héros, qui compte aussi démanteler le trafic de drogue orchestré par le proviseur, incarné par le génial Ernie Hudson (S.O.S Fantômes). Si vous retrouverez les passages obligés du thriller scolaire (remise dans le droit chemin des jeunes, morale, coups de tension avec les membres d’un gang) vous remarquerez bien vite que tout cela n’est que le camouflage plus ou moins réussi d’un gros film d’action de série B. Car ça se castagne et ça tire dans tous les sens plutôt régulièrement, ce qui ne sera pas une surprise pour vous vu la présence du film dans cette rubrique. Pas folle, la mouche! A ce niveau, The Substitute est un produit plutôt standard, qui oppose les gentils mercenaires face aux méchants trafiquants de dope. Des forces qui seraient d’ailleurs un peu déséquilibrées si nos membres de gangs n’étaient pas rapidement rejoints par un commando venu les épauler, ce qui entraîne une guerre de vétérans du Vietnam dans les couloirs de l’école. Explosions, fusillades, mano a mano, pièges, tout est là pour satisfaire le fan de cinéma qui pétarade, et l’on signalera d’ailleurs que le final réussit là où deux premiers Expendables ont échoué: donner un peu de place à chaque membre du groupe, tout personnage disposant de son petit moment de gloire et sa scène bien à lui. Si une série B des années 90 y parvient, tu peux le faire aussi avec tes dizaines de millions Sly, tu crois pas ? Comment ça, t’as pas envie ???

 

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Si niveau action le film se tient fort honorablement, sans toutefois faire de vagues, c’est bien évidemment sa fusion avec le style écolier qui lui vaut son petit statut d’œuvre culte, surtout des bacs vidéos ou des secondes parties de soirée des chaînes belges (car le film passe très régulièrement par chez moi). Car comme simple film de bourrin, l’œuvre de Mandel ne vaut pas mieux qu’une autre, alors que l’ajout de la dimension gangsta des cours de récré lui offre une petite saveur peu courante dans le genre. Rien de comparable avec les meilleurs films du genre cependant, nous ne sommes pas là face à un Le Proviseur pour n’en citer qu’un, mais cette partie du scénario apporte quelques jolies surprises, comme des têtes-à-têtes plutôt tendus entre Berenger et Hudson, ce dernier étant aussi élégant que dangereux. Signalons d’ailleurs un autre grand moment: le pet. Oui, le pet. En vérité, il y en a deux dans le film, mais le premier est bien meilleur que le second si vous voulez mon avis. Tout simplement parce qu’il débarque tel un poil de cul dans la soupe. Le film ronronnait en effet fort bien, déployant son sérieux relatif (on avait bien vu un ou deux gags mais rien de trop dingue non plus) et voilà que déboule sans crier gare l’une des plus grosses flatulences du septième art. Et le meilleur dans tout ça c’est qu’elle est totalement gratuite (vous me direz, des pets faisant office d’effets dramatiques, c’est rare). Mais qu’importe, elle est si belle et si surprenante qu’il est dur de lui en vouloir. On ne peut pas toujours servir à quelque-chose! The Substitute ne sert à rien, lui non plus, mais tout comme le vent anal qu’il met en scène, il amuse pas mal, en plus d’avoir un petit casting bien sympathique (William The Devil’s Rejects Forsythe, Luis Le Dernier Rempart Guzman). Certes, tout cela est un peu long pour ce que ça vaut (ça dure pas loin de deux heures, quand même), mais ce n’est jamais chiant et, l’un dans l’autre, on n’en attendait guère plus. C’est en tout cas un bien meilleur essai que ses trois suites avec Treat Williams, nettement plus molles…

 

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  • Réalisation: Robert Mandel
  • Scénarisation: Morrie Eisenman, Jim Steele
  • Production: Lo Wei
  • Pays: USA
  • Acteurs: Tom Berenger, Ernie Hudson, William Forsythe, Luis Guzman
  • Année: 1996

 

 

 

 

 

Police Story

Si Bruce Lee et Louis de Funès s’étaient emboités, de leur union aurait pu naître Jackie Chan. C’est que cette espèce de petit singe malicieux a toujours eu à cœur de marier les acrobaties et la comédie, avec plus ou moins de bonheur. Les plus, c’est généralement ses scènes de bastons et les cascades à donner des cauchemars à votre chiropracteur. Les moins, c’est quelquefois un humour souvent forcé dont il ressort néanmoins quelques belles idées. Police Story, l’une des bandes les plus cultes de notre pote Jackie, également réalisateur pour l’occasion, tente bien évidemment à son tour d’allier l’humour à l’action au travers de cette lutte entre un flic chevronné et un grand mafieux. Chan et ses collègues parviennent d’ailleurs à capturer le scélérat dès la première scène d’action mais notre héros doit par la suite protéger la secrétaire de son ennemi juré, qui a bien envie de la faire disparaître pour ne pas qu’elle aille larguer des informations compromettantes aux flics. L’ennui, c’est que la petite amie de Chan est particulièrement jalouse et ne voit pas d’un très bon œil que son boyfriend devienne le garde du corps d’une jolie demoiselle. Ce qui sera donc l’excuse parfaite pour multiplier les quiproquos et gags vaudevillesques : enregistrement sonore qui laisse supposer que Chan a niqué sa protégée alors qu’il n’en est rien, dispute sur une mobylette entre les tourtereaux, faux assassin particulièrement maladroit qui tente d’effrayer le témoin à surveiller, cassage de sucre sur le dos d’une personne présente dans la pièce ou encore difficultés à jongler entre quatre interlocuteurs au téléphone sont le lot du film. Est-ce que cela fonctionne ? La scène de la mobylette et du téléphone font leur effet, le reste nettement moins, surtout si comme moi on se dirige vers un film avec le Jackie au casting pour assister à des bastons homériques…

 

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Heureusement, à ce niveau, le Chan est généreux et débute par la destruction quasi-complète de bidonvilles. Après une fusillade pas plus bandante qu’une autre, les voitures des mafieux décident de se frayer un chemin en éventrant cette ville miséreuse et le moins que l’on puisse dire c’est que ça envoie la sauce. Suit très vite une belle scène avec un bus, le brave Jackie y étant accroché et tentant de ne pas se faire jeter du véhicule par ses adversaires, qui sont à l’intérieur. Dangereux mais bien sûr palpitant ! Après ce départ en fanfare, Police Story ronronne un peu, préférant plaisanter avec ses demoiselles (les connues et appréciées Maggie Cheung et Brigitte Lin) en alignant les gags inégaux. Heureusement, on a droit à une belle baston, bien virile, dans un parking, Chan s’amusant à passer d’une voiture à l’autre. Quelques autres séquences aux muscles bandés viendront bousculer nos téléviseurs, comme un échange de coups de poings dans un appartement. Mais le clou du spectacle, LA scène de ce premier volet d’une saga qui en contient quelques-uns, c’est bien entendu celle du centre commercial. Un vrai climax durant lequel Chan et ses divers opposants vont briser plus d’une vitre, sauter des balcons, chuter dans les escalators, balancer des gonzesses dans les escaliers, faire des conneries avec des motos et utiliser des guirlandes comme moyen de locomotion. Une dizaine de minutes de pur plaisir qui terminent le film dans la fureur et permettent à Police Story d’être un Chan particulièrement marquant. Alors on aurait bien retirer une scène comique ou deux pour les remplacer par de la castagne, mais le constat est bien évidemment largement positif à l’arrivée !

 

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  • Réalisation: Jackie Chan
  • Scénarisation: Jackie Chan
  • Production: Raymond Chow
  • Pays: Hong-Kong
  • Acteurs: Jackie Chan, Maggie Cheung, Brigitte Lin
  • Année: 1985

 

 

 

 

Hong Kong 97

Le cinéma d’Albert Pyun a beau ne pas toujours être génial, c’est malgré tout toujours un plaisir de retrouver l’ancien assistant d’Akira Kurosawa. Et si en plus il tente de faire de Robert Patrick, éternel méchant patibulaire, une figure héroïque, le fameux plaisir est décuplé. On retrouve donc le Robert en tête d’affiche dans Hong Kong 97, Série B vaguement d’anticipation puisque tournée en 1994 lors d’un rush filmique comme seul Pyun savait les faire, le bonhomme emballant son petit polar avant de partir les jours suivants sur Spitfire (avec Lance Henriksen) et Heatseeker (avec Gary Daniels, déjà chroniqué ici). Le récit se déroule donc trois ans plus tard, à la veille de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, un tueur à gage éliminant quelques hauts dignitaires chinois. Et ce gars, c’est Reginald Cameron, bien sûr joué par le bon Robert, qui se retrouve donc ici dans le costume d’un premier rôle à la gentillesse relative puisqu’il est tout de même un assassin. Le genre à ne pas trop se poser de questions, d’ailleurs, notre tueur professionnel étant d’une froideur légendaire, celle-là même qui lui a permis de survivre jusqu’ici. Mais cela risque de changer, un contrat ayant été posé sur sa tronche, ce qui lui apporte d’avoir les triades au cul… Aidé de quelques amis, notre homme va devoir survivre dans un Hong Kong agité et tenter de découvrir au centre de quel sinistre complot il est tombé… La promesse d’un polar palpitant et bien vénèr ? Pas tant que ça, malheureusement, car si Pyun propose effectivement une quantité satisfaisante de fusillades, elles ne sont malheureusement pas aussi haletantes que prévu, la faute sans doute à un budget restrictif et surtout parti dans les larfeuilles des comédiens. Le bon Albert fait de son mieux, cela se voit, et tente de livrer un sous-John Woo bien comme il faut mais ne parvient pas à insuffler le même dynamisme que celui trouvable dans ses œuvres modèles que sont Une Balle dans la Tête ou A Toute Epreuve. Les tirs croisés et échanges de plomb sont effectivement assez mous du zboub et on a la sensation que les malfrats qui tentent de faire un second nombril à Robert Patrick font tout pour viser à côté. Alors que lui et ses amis n’auront bien sûr aucun problème à loger des pruneaux dans les fronts de leurs assaillants ! Il faut voir le mentor de notre héros s’approcher de quelques bandits et les zigouiller tranquillement, ne se prenant aucune bastos dans les fesses alors qu’ils sont cinq fois plus nombreux ! Un sentiment de facilité découle de l’ensemble et laisse présager que les bons ne risquent pas grand-chose… Comme s’il s’en rendait compte, Pyun sacrifie alors deux gentils, sans que cela ne change grand-chose à l’affaire…

 

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Heureusement, Pyun évite le naufrage grâce à ses qualités de metteur en scène (il y a quelques beaux éclairages et des plans qui chatouillent la rétine) et, surtout, un casting quatre étoiles. Du quatre étoiles pour les bisseux et amoureux de la Série B bien sûr, vos collègues de trime vous diront sans doute que la bande aurait été plus alléchante avec Gad Elmaleh et Sandrine Kiberlaim au générique. Qu’ils aillent se faire enculer ! Car outre le T-1000, par ailleurs plutôt bon dans une posture positive, on croise dans les parages le regretté Brion James (Blade Runner, Tango et Cash, Red Scorpion avec Dolphy et cette sinistre daube qu’est Le Cinquième Elément), l’habitué de la Full Moon qu’est Tim Thomerson (les Trancers, Dollman), Andrew Divoff (Wishmaster, Faust selon Yuzna,…) bien évidemment dans un rôle de salaud intégral, la jolie Ming-Na Wen (la Chun-Li du Street Fighter avec JCVD) ou encore, dans un rôle minuscule, la canon Terri Conn, une bonne copine du Pyun puisque présente dans Spitfire et Kickboxer 4 ! Bref, que du lourd, et il est indéniable que voir toutes ces tronches de B Movies réunies permet de passer un excellent moment. Et du coup, même si les scènes d’action sont loin, très loin, d’être faramineuses, il est bandant de voir Thomerson et Brion James faire équipe et sortir l’artillerie lourde pour sauver leur copain Reginald. On notera d’ailleurs une séquence amusante lors de laquelle le personnage de Tim Thomerson, un pauvre comptable qui n’a jamais tenu une arme de sa vie, fonce avec fureur vers une escouade d’ennemis en tirant à tout va et parvient à démolir une bonne partie d’un aéroport ! Un petit plaisir dans un océan de bavardage, malheureusement, Hong Kong 97 blablatant plus qu’il ne tabasse. Pardonnable car l’ambiance est travaillée, mais décevant tout de même…

 

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  • Réalisation: Albert Pyun
  • Scénarisation: Randall Fontana
  • Pays: USA
  • Acteurs: Robert Patrick, Brion James, Tim Thomerson, Andrew Divoff
  • Année: 1994

 

 

 

 

 

 

Etat d’Urgence

Et pour conclure dans la joie et la bonne humeur, rien de tel qu’un bon émule de Die Hard, réel sous-sous-genre du cinoche pétaradant des nineties, auquel s’était frottés Steven Seagal (les Under Siege) et Jean-Claude Van Damme (Mort Subite). Si ces deux costauds ont leurs petites aventures à la John McClane, il n’y a aucune raison pour que Dolph Lundgren ne dispose pas de la sienne ! C’est chose faite depuis 1997 avec Etat d’Urgence, alias The Peacekeeper, production Nu Image (comme souvent avec Dolph !) et premier long de Frédéric Forestier, qui emballera plus tard ces gros classiques du cinéma français que sont Le Boulet (passe encore celui-ci), Astérix aux jeux olympiques ou Stars 80. De quoi foutre la trouille au bisseux, pas bien convaincu qu’un mec qui tourne des conneries avec Richard Anconina soit l’homme de la situation pour torcher un actioner bourrin… Et bien détrompez-vous, car son The Peacekeeper est loin d’être dégueulasse et si l’on se doutait un peu que l’on tient là sa meilleure pelloche (un film avec Dolphy, même minable, ne peut qu’être meilleur que les machins cités plus haut), on peut aussi considérer qu’on a là l’une des bandes les plus sympas du Suédois ! Rien que ça ! Bien sûr, c’est du sous-Die Hard, avec un brave gars un peu blagueur sur les bords mais très capable quand il s’agit de dévisser du salopard qui va devoir anéantir une bande de terroristes à lui tout seul. Ici, Lundgren incarne Frank Cross (notez qu’ils s’appellent jamais Rémi Petit-beurre ou un nom du genre, dans les films d’action), officier de l’armée qui se voit confier la mallette du président contenant les codes et boutons capables de lancer des missiles nucléaires. Mais bien entendu, le grand blond tout en béton se fait chourer la mallette, ce qui permet au groupe des enfoirés (pas ceux qui chantent en France hein, ceux d’Etat d’Urgence ne sont pas aussi mauvais…) d’envoyer un suppositoire géant sur la face de Washington. Pour éviter la destruction de toute la ville et des millions de morts, le chef des terroristes (un excellent Michael Sarrazin, vu dans Terreur.com) propose au prédisent (Roy Scheider, que l’on ne présente plus) de se suicider… Mais bien évidemment, Frank Cross, qui a suivi les vilains, a bien l’intention de leur faire un deuxième trou de balle…

 

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Le moins que l’on puisse dire c’est que les mecs de Nu Image ont bien retenu la leçon donnée par John McTiernan vu que tous les éléments de sa saga sont présents dans The Peacekeeper. Dolph est un sacré tueur mais il aime balancer des vannes, on voit sa petite famille durant tout le film, il a un sidekick black, le reste des flics et des autorités manœuvrent de leur côté, on retrouve une certaine unité de temps et il y a une certaine violence envers les innocents (ici, des milliers de personnes sont effacées de la carte en même temps que le mont Rushmore, victimes d’un gros pruneau atomique). Bien évidemment, Forestier n’est pas McTiernan, d’une part parce qu’il n’a pas franchement le même talent, d’une autre car le budget qui lui est alloué n’est pas le même que ceux des Die Hard… N’empêche que le tout se suit avec un grand plaisir et n’ennuie jamais ! Je ne vous referai pas le couplet sur Dolph, vous savez ce que je pense de lui et que même une merde du grand gaillard a toujours une once de sympathie par sa simple présence. Ici, il est plutôt bon et campe un héros agréable, plutôt relax, même s’il n’arrive bien évidemment pas à la cheville de Bruce Willis dans le domaine (encore que si l’on compare avec les derniers films du chauve…), tout comme Sarrazin n’est pas Alan Rickman ou Jeremy Irons, ce qui ne l’empêche pas d’être un badguy franchement intéressant. Ancien colonel parti faire la guerre chez Saddam Hussein, le pauvre a été trahi par sa patrie, qui a balancé un missile à côté de lui et ses troupes. Résultat : tous ses amis ont fondus et lui est comme mort, son pouls étant arrêté et son hémoglobine ne coulant plus comme avant. Depuis lors, cet homme qui a sans doute été bon dans une autre vie n’est plus qu’un fou qui ne jure que par la vengeance et l’envie de faire souffrir les autres autant qu’il a souffert. Vous avouerez qu’on a vu des méchants de série B moins bien foutus que celui-ci… D’ailleurs, son combat psychologique avec Roy Scheider, par ailleurs plutôt bon en président qui s’envoie des putes dans les grands hôtels, est assez tendu, Sarrazin faisant tout son possible pour ridiculiser celui qu’il considère comme responsable de son malheur. Forestier tire d’ailleurs le meilleur parti de ces échanges, nous proposant une réalisation et un montage très adapté au suspense, également présent lors de l’acte final…

 

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L’ennui c’est que plus le film avance plus on se fait forte la sensation que le pauvre Dolph est effacé au profit de la confrontation entre les terroristes et les politiques, notre action-star devenant presque secondaire dans son propre récit. Il se passe donc quelques minutes où on l’oublie presque, où il devient moins central, ce qui gênera sans doute ses fans qui attendaient de lui de l’action folle. Qui est bien présente, cela dit, et est de bonne qualité ! Dolph fait une belle poursuite en voitures sur des toits (effet garanti !), se bastonne avec un grand gaillard sous les flammes d’un missile sur le départ, tente d’esquiver les assauts d’agresseurs venus le gêner alors qu’il prenait un bon café, pique un sprint dans un tunnel avec au cul les flammes d’un missile et puis bien évidemment utilise sa mitraillette pour faire un peu de chirurgie esthétique à ses ennemis. Tout cela est donc bien sympa mais il est vrai qu’une scène d’action supplémentaire, ou alors allonger celles déjà présentes, aurait sans doute évité un petit ventre mou vers le milieu du film. D’autant que Dolphy a cette fâcheuse tendance à réduire les rangs adverses un peu trop rapidement, rendant certaines scènes d’action un peu trop précipitées… Mais que cela ne vous tienne pas à l’écart d’Etat d’Urgence, une fière série B faisant clairement partie des films les plus recommandables du musclé. Vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Frédéric Forestier
  • Scénarisation: Stewart Harding et Robert Geoffrion
  • Production: Nu Image
  • Pays: USA, Canada
  • Acteurs: Dolph Lundgren, Roy Scheider, Michael Sarrazin, Montel Williams
  • Année: 1997

 

 

4 comments to Rayon Action: Episode 7

  • Dirty Max  says:

    L’état d’urgence est déclaré ! Avec un tel casting de mastards, la toxic crypt est en sécurité. Avec tout d’abord, du bon vieux Tom Berenger (il nous manque bien celui-là, remember “Randonnée pour un tueur”) dans une version biceps et badass de l’Instit. Sympa, mais je préfère le décomplexé “Class 84” ou le très noir “187 Code Meurtre”. Rien à ajouter sur “Police Story”, un classique du grand Jackie (ici en pleine forme). Pas vu “Hong Kong 97” mais je me souviens qu’Impact parlait à l’époque d’un mix Bis entre Bronson et John Woo (comme tu le soulignes d’ailleurs). Mais comme toute péloche avec Brion James se doit d’être vu, je me rattraperai très prochainement… Quant à Etat d’urgence, il s’agit effectivement d’un sous-Die hard à voir surtout pour l’ami Dolph (et Roy Scheider aussi). En plus, tu m’apprends que c’est le même réal que celui qui a commis plusieurs étrons hexagonaux tels que…Stars 80 ! En voilà un qui a pris un mauvais virage dans sa carrière…

  • Roggy  says:

    Tu as sorti ta plus belle (grasse :)) plume pour nous parler de ce rayon action de plus en plus précieux. Surtout avec du Jackie et du Dolph (il devrait y en avoir à chaque fois d’ailleurs !). Je note le film avec notre suédois préféré. Par ailleurs, j’ai un petit faible pour “The substitute” bien sympa à l’époque. Bravo pour la rubrique l’ami.

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