Ticks

Category: Films Comments: 11 comments

Lorsque deux goreux avérés comme Brian Yuzna (Society, les Re-Animator 2 et 3,…) et Tony Randel (Hellraiser 2, le film live Ken le survivant) se lancent dans un élevage, ce n’est certainement pas dans celui des papillons roses ! Nan, leur genre à nos deux réalisateurs sanguinaires, ce sont plutôt les tiques de la taille de gros crabes !

 

 

On a parfois tendance à l’oublier mais avant d’être le fier papa de quelques bandes bien gore mixant avec joie le fun et le glauque comme La Fiancée de Re-Animator, Le Dentiste, Le Retour des Morts-Vivants 3 ou plus récemment le sous-estimé Amphibious 3D, Brian Yuzna était surtout un producteur avisé. Une activité débutée de la meilleure des façons en aidant son pote Stuart Gordon à donner naissance au cultissime Re-Animator, une si belle alliance qu’elle continua à balancer sur les écrans quelques belles bisseries comme Dolls ou From Beyond et, bien plus tard, l’excellent Dagon. Et ce n’était bien évidemment pas tout, le Brian nous livrant au fil des ans l’actioner mangaesque Crying Freeman, le senatïesque, là encore adapté d’un manga, Guyver, un Warlock qui donnera naissance à une petite franchise, le Darkness de Jaume Balaguero, le moins catholique qu’il n’y parait The Nun ou encore le velu Arachnid de Jack Sholder. D’ailleurs, Yuzna n’a pas attendu de croiser le réalisateur de La Revanche de Freddy pour se rouler dans l’herbe avec quelques arachnides assoiffés de sang, sa rencontre avec Tony Randel, successeur direct de Clive Barker au pays des Cénobites, lui permettant de se pencher sur ces vilaines petites bêtes que sont les tiques via… Ticks ! Un projet né dans l’esprit de Doug Beswick, artisan des effets spéciaux ayant œuvré sur le troisième Freddy, Darkman, Terminator ou encore Aliens, le gaillard imaginant ces suceurs de sang miniatures devenir, soudainement, plus gros que les poings de leurs futures victimes. Une idée bien crasseuse apte à séduire des zigs comme Yuzna et Randel, en somme… Une fois le scénario emballé par Brent V. Friedman (scénariste de Syngenor, Necronomicon et du jeu Halo 4), Tony Randel peut se lancer dans la réalisation, avec dans la tirelire un budget situé entre un et deux millions de dollars et un tournage de cinq semaines. Soit la méthode de toute Série B bien préparée et désireuse de fournir un beau spectacle aux horror addicts !

 

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On vous dira sur les bancs d’école que fumer tue et que la marijuana vous enfumera beaucoup trop le cerveau, qu’en résumé tout cela est très mauvais pour la santé. Mais ce que le dirlo oublie de vous préciser, c’est que Dame Marie Jeanne risque également de vous balancer des tiques monstrueuses dans la crinière ! Ticks nous le montre clairement en s’attardant sur les activités de chimiste/agriculteur d’un bouseux typique des B Movies (incarné par Clint Evilspeak Howard) qui s’amuse à refiler des stéroïdes à sa plantation pour qu’elle pousse plus rapidement et lui rapporte donc quelques biftons avec la même vitesse. L’ennui, c’est que la tuyauterie est à refaire et que le précieux liquide voué à rendre plus costaude l’herbe s’écoule sur un œuf de tique dont sort bien vite un insecte vingt fois plus gros qu’il devrait l’être. Et très vite, ces saloperies commencent à envahir la belle forêt dans laquelle quelques jeunes à problèmes sont venus se ressourcer. Ils vont surtout devoir survivre au milieu de ces énormes poux bien décidés à s’accrocher à leur peau de jeunots… Pour ne rien arranger, deux péquenots portés sur le meurtre et le deal décident d’aller emmerder les gamins (parmi lesquels Seth Green, le fils du docteur Denfer dans les Austin Powers), qui auraient vraiment mieux fait de rester coincer devant la Nintendo à sauter au-dessus des tonneaux balancés par Donkey Kong… Pas de tromperie sur la marchandise avec Ticks : nous sommes en plein dans une petite bande du début des années 90 (le film est de 93), le genre à sentir encore les eighties tout en allant emprunter son pitch aux Monsters Movies bien débilos des années 50. Tout ce que l’on aime réuni en un seul et même film, quoi !

 

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Sans surprise, l’association Yuzna/Randel donne bien évidemment un métrage volontaire lorsqu’il s’agit de verser dans le gore dégueulasse, Ticks pouvant être considéré à juste titre comme un pur film à effets spéciaux. Car il y a du latex et des prothèses dans le coin, et en bonne quantité, les effets gore poussant aussi vite que la mauvaise herbe dans ces bois infestés. Cadavre de chien dont on ouvre le ventre pour en sortir une énorme tique, visage d’un malheureux gonflé parce qu’une bestiole lui est passée sous la peau, cocons dégueulasses prêts à éclore et laisser s’échapper ces fameux crabes vampires et, clou du spectacle, un corps entièrement déchiré par la naissance d’une tique énorme, qui grandissait dans les entrailles du pauvre gars. Que du bon, d’autant que la nature des tiques est fort bien conservée. Qui a un animal sait fort bien que ces saloperies sont difficiles à retirer de l’épiderme de vos chiots et chatons (vous voulez une anecdote perso ? Un de mes chats en avait une à côté du trou de balle, je vous dis pas la joie…). C’est pareil ici : lorsqu’un protagoniste voit l’une des bêtes lui offrir un free hug, il lui est bien difficile de s’en séparer, ces petites merdes aimant très fort les câlins. Et comme dans la réalité, elles n’apprécient guère le feu, les flammes étant, avec une bonne semelle, le seul moyen de se débarrasser de cette menace grouillante. N’allez cependant pas croire que nos créateurs se sont contenté de vulgaires insectes simplement grandis puisqu’ils décident de donner une faculté spéciale à leurs petits monstres, qui rendent stones les personnes à qui ils empruntent un peu d’hémoglobine. Et oui, leur lien avec la beuh leur permet d’enfumer l’esprit de leurs victimes, soudainement prises d’hallucinations certainement pas faites pour les aider à se sortir des situations difficiles. Un petit aspect drugsploitation bienvenu et permettant de varier, voire surprendre un peu ! Un luxe lorsque l’on parle d’horreur animalière, sous-genre généralement résigné à déballer les mêmes idées jusqu’à la nausée…

 

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Ticks nous offre également la chance d’assister à un film de Randel un peu plus franc du collier, son Hellraiser II ayant été fort censuré à l’époque de sa sortie tandis que son Ken le survivant avait la mauvaise habitude de se calmer d’un coup sec lorsque le gore arrivait enfin à l’écran. Les deux étaient donc plutôt frustrants dans leurs genres et c’est avec un grand plaisir que l’on découvre ici le goût immodéré du metteur en scène pour la barbaque saignante. Mais bizarrement, et de manière assez décevante, il n’ose pas sacrifier trop de ses personnages, pourtant créés pour succomber aux assauts des tiques. Et oui, sur la petite bande des huit jeunes, seul un finira par se faire becter, les autres gaillards éliminés faisant partie des seconds rôles, et plus généralement du camp des badguys. Pourquoi ne pas avoir éradiqué deux ou trois marmots de plus ? D’autant que certains ne sont pas vraiment utiles au bon déroulement de l’histoire : difficile en effet de considérer cette asiatique mutique comme importante, au même titre que le garçon d’origine Mexicaine et sa blonde copine, tous deux sans réel intérêt. Randel et sa bande décident pourtant de les épargner, laissant le bodycount à un niveau assez bas pour le genre : cinq tués, dont un qui ne doit d’ailleurs pas sa mort aux tiques mais aux bouseux meurtriers, mécontents que l’on vienne foutre son museau dans leurs affaires. Cela fait peu et ce problème aurait été facilement évité vu tout le bétail trouvable au casting… N’allez cependant pas imaginer que l’on se fait sévèrement chier devant Ticks, vous ne pourriez pas être plus éloignés de la vérité. Même s’ils ne déciment pas autant de gamins que prévu, les insectes sont très présents à l’écran et ne cessent d’attaquer les randonneurs du dimanche. De plus, Randel opte pour un montage ne cessant de sauter d’une scène d’action à l’autre, qui se déroulent souvent en parallèle les unes des autres. Ainsi, pendant que le pauvre black du groupe tente d’échapper aux bourreaux des bois que sont les trafiquants de dope, deux autres jeunes tombent sur un Clint Howard défiguré car infesté de tiques qui font par ailleurs illusion lors de leur animation. Il y a donc du rythme, c’est un fait, et les 85 minutes du métrage passent toutes seules.

 

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Il n’y a d’ailleurs pas grand-chose à reprocher au boulot fait par Randel, qui réalise très efficacement et sait donner à une Mère Nature magnifique de biens jolis plans. Bien sûr, il n’y a pas de cliché particulièrement marquant si ce n’est peut-être celui du déchirement du corps laissant s’échapper la tique géante et celui de la forêt en feu. Sans surprise, c’est une maquette qui fut utilisée pour donner l’illusion que les conifères crament (c’était plus simple que de faire flamber un véritable bosquet !) et cela se voit mais cela donne également un aspect surréaliste bienvenu à la scène. Pour sûr, Ticks n’est jamais qu’une Série B classique et loin d’être révolutionnaire, mais son but premier est atteint : elle divertit. Ca tombe bien, on n’en demandait pas plus !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Tony Randel
  • Scénarisation: Brent V. Friedman
  • Production: Brian Yuzna, Jack F. Murphy, Gary Schmoeller
  • Pays: USA
  • Titres: Ticks Attack (sortie DVD en France)
  • Acteurs: Seth Green, Peter Scolari, Rosalind Allen, Ami Dolenz, Clint Howard, Alfonso Ribeiro, Rance Howard
  • Année: 1993

11 comments to Ticks

  • ingloriuscritik/ Peter Hooper  says:

    Il a fallu que je vois une galette comme « Stung » pour retrouver cette filiation 80’s bien que quelque peu différent sur le fond mais avec l’utilisation d’insecte en mode AD-haineux, prétexte a du bon gore qui tache . Avec de bons effets a l’ancienne….mais tu as encore une fois tout très bien dis ,un vrai tick de comportement a force l’ami ! Mais ne guéris pas , tu me semble bien trop incurable d’ailleurs, et ca rassure !

  • Dirty Max  says:

    Bien d’accord avec tout ce que tu nous dis là, l’ami ! C’est sympa de le ressortir ce Ticks, je l’ai vu il y a un bail mais je garde le souvenir d’un B bien plus fun que le dernier Vincent Lindon.

  • Nazku  says:

    Tu m’as donné envie de voir le film. Un autre à ajouter à ma liste de films « à voir (éventuellement) ». Et pauvre chat quand même, il va bien j’espère? ^^;

  • Roggy  says:

    Je me souviens de ce film vu à la télé lors des séances du samedi soir sur Canal. J’en garde un bon souvenir avec ses créatures en latex old school.

  • Roggy  says:

    Vu aussi à l’époque 🙂

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