Vendredi 13 part.6: Jason le Mort-Vivant

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He’s Back ! The man behiiiind the maaask ! Et si c’est Alice Cooper qui vous le dit, vous pouvez le croire ! Cela se vérifie d’ailleurs avec la sortie de tombe d’un Jason Voorhees plus malodorant que jamais. Et comme à son habitude, le désaxé s’est levé du pied gauche et c’est les moniteurs de Crystal Lake qui vont payer pour sa mauvaise humeur !

 

 

Si au bout du sixième épisode de la saga Vendredi 13 vous ne connaissez pas toujours la rengaine des producteurs, je ne peux plus rien faire pour vous ! Car aucun changement à l’horizon pour la Paramount en 1986, toujours aussi décidée à limer la gueule de quelques adolescents portés sur les plaisirs de la chair avec l’aide d’un gros trapus au masque de hockey. Ou plutôt devrais-je dire peu de changements, car si la méthode et les bases du projet de ce sixième opus restent les mêmes, les différents producteurs commencent à stresser un brin pour leur franchise… Car si le cinquième chapitre, titré Une Nouvelle Terreur, a aussi bien fonctionné que les autres opus au cinoche, les fans ont commencé à gueuler, mécontents de découvrir que le tueur n’était pas Jason Voorhees mais un ambulancier qui a perdu un boulon en route et a décidé d’imiter le massacreur de Crystal Lake. Vous connaissez les fans, un détail de modifié et pour eux le goût de la soupe n’a plus rien à voir, quand bien même le cinquième Vendredi 13 est clairement l’un des plus réussis de la série… Histoire de ne pas s’aliéner encore un peu plus les mécontents, pour le coup bien difficiles, les décisionnaires ne prennent plus de risque et partent sur l’idée du retour de Jason, décidément increvable. Et c’est à Tom McLoughlin, réalisateur de Nuit Noire avec Meg Tilly et Adam West, que revient l’insigne honneur d’exhumer le bourrin de sa tombe ! N’allez cependant pas croire que cela s’est fait en deux coups de pelle, de nombreuses discussions et réécritures du scénario ayant été nécessaires au bon déroulement du projet. Ainsi, lors des préparatifs et de la rédaction du script, il était question que le père de Jason fasse une apparition, une idée finalement abandonnée par manque de place mais aussi par manque d’envie. C’est qu’il fallait créer tout un background pour le gaillard et cela pouvait compliquer un peu trop une œuvre se voulant particulièrement simple à la base, voire simpliste. De même, le réalisateur sera forcé de retourner certaines séquences ou de leur ajouter un peu de violence, comme un arrachage de tête, McLoughlin étant visiblement un peu trop sobre pour ses producteurs… C’est que si le mecton est intéressé par l’épouvante, il préfère visiblement celle à papa, celle de la Universal plutôt que les délires gore des slashers, ce dont on peut se rendre compte en visionnant son œuvre…

 

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Vous vous souvenez de Vendredi 13 part. 5 ? Dedans, le pauvre Tommy Jarvis, rescapé du carnage donné par Jason dans le quatrième film, était devenu légèrement fou et affrontait un nouveau taré, le fameux ambulancier cité plus haut. A la fin de ce beau slasher du regretté Danny Steinmann (Savage Streets), on découvrait que le jeune homme était définitivement tombé du mauvais côté de la barrière et qu’il se prenait, à son tour, pour le père Voorhees, se changeant en tueur lui aussi. Et bien vous pouvez oublier tout cela car McLoughlin, poussé par ses producteurs désireux de ramener Jason sur le trône du grand vilain, balaye la psyché trop tordue de son jeune héros, qui change également d’interprète. Le précédent, John Shepherd, est effectivement devenu un catholique, un new born comme on dit, ce qui signifie que l’enfant de chœur ne peut plus tourner dans des films d’horreur sous peine de se voir administrer une grosse fessée par Saint Pierre lorsqu’il ira au paradis de la barbe à papa. Du coup, la saga a besoin d’un nouveau Tommy Jarvis, qui sera interprété par Thom Mathews, à l’époque connu pour son rôle de blondinet malchanceux et zombifié dans Le Retour des Morts-Vivants, reconverti quelques années plus tard en second rôle de quelques Séries B d’action, comme le Heatseeker d’Albert Pyun. Et ce Tommy-ci, il est nettement plus nerveux que le précédent, qui était plutôt taiseux, puisqu’il part avec un pote vers le cimetière où se repose Jason, persuadé que le gros golio va se réveiller un jour ou l’autre et élargir l’anus à de nouveaux campeurs. Et lorsqu’il ouvre le cercueil du vieux Voorhees, Tommy découvre un corps rongé par les vers, en décomposition depuis une bonne dizaine d’années et bien loin d’être prêt à danser la lambada sans voir ses os voler aux quatre coins du cimetière. Jason est mort de chez mort. Rassuré mais tout de même méfiant, Tommy plante tout de même dans le torse du cadavre un gros piquet… Piquet très vite changé en conducteur d’électricité lorsqu’un éclair s’abat dessus, redonnant un peu de jus au seul hockeyeur qui parvient à confondre les couilles de ses adversaires avec des palets ! Bien ouej, Tommy, tu viens de réveiller un yéti zombifié ! Tu serais resté bien au chaud chez toi à t’aérer les burnes devant un ventilateur, rien ne se serait passé, mais il a fallu que tu ailles vérifier que le Jasonounet ronflait du sommeil du juste en pleine nuit orageuse ! Du coup, bien évidemment, le colosse se dresse et commence à aligner les morts, bousillant tout malchanceux croisant sa route… Et vu les antécédents psychiatriques du pauvre Tommy, le shérif Garris, le chef du coin, n’est pas franchement disposé à croire son délire comme quoi la star des feux de camp reprend du service. Pire, lorsque les autorités tombent sur des cadavres démembrés, ils soupçonnent le Jarvis d’être le coupable de ces atrocités ! Seul soutien du zig’, la belle Megan Garris, fille de son père, qui décide d’aider Tommy à stopper la machine à tuer fraichement ressuscitée !

 

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Quelqu’un qui n’est jamais tombé sur le film, un petit classique des vidéoclubs, doit certainement se dire que vivant ou mort-vivant, cela ne change pas grand-chose pour un Vendredi 13 et que le gros Jason doit toujours foncer dans le tas comme à ses débuts. Et c’est assez vrai sur ce point, le tueur a beau être encore plus increvable qu’auparavant puisque déjà mort (notez qu’une berceuse et un somnifère ne suffisaient déjà pas à l’endormir de son vivant…), cela ne modifie finalement que son apparence, le gaillard étant donc devenu un zombie a la peau sale et aux asticots dans les fesses. Mais cela ne transforme en rien ses agissements et sa volonté de varier les supplices, ni son appétit pour le meurtre d’ailleurs puisqu’il zigouille un peu moins de vingt personnes. Beau tableau de chasse… Jason a beau sortir d’un petit somme de dix ans, cela ne l’empêche nullement de dévisser une tête, de décapiter trois débiles d’un coup de machette, d’arracher un cœur à main nue, de montrer sa maîtrise des arts ninja en balançant un couteau dans un front, de fracasser une caboche, de transpercer des corps avec un piquet ou encore d’égorger un vieil alcoolo avec un tesson de bouteille. Encore du beau boulot, en somme, même si l’on ne peut pas franchement dire que ces meurtres soient parmi les meilleurs de la saga. Dans le lot, deux sont vraiment marquants : l’écrasement d’un visage sur la paroi d’une caravane, qui épouse bientôt les formes de la face de la jeune fille ainsi ravagée, et le pliage d’un pauvre flic, dont le dos se brise d’un coup. Pour le reste, même si c’est du travail bien fait, Jason oblige, cela ne marque pas outre mesure, la faute à une certaine sobriété, le film étant comme tout Friday the 13th censuré. Ce n’est pas l’épisode ayant le plus souffert des coups de cisailles, le septième sera nettement plus amputé, mais cela frustre toujours un peu, le principal attrait d’un slasher étant tout de même ses délices gore… Du coup lorsqu’ils ne sont pas là et bien on a un peu la sensation de manger une choucroute sans saucisses ! Heureusement, la qualité relative des exécutions est compensée par leur quantité, les mises à mort tombant régulièrement, empêchant dès lors l’ennui, ce sixième volet étant par ailleurs l’un des plus rythmés.

 

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Le but de McLoughlin n’est de toute façon par de copier une fois encore le film de Sean S. Cunnigham et son envie est plutôt de sortir un peu des clous. Bien normal, après tout, on a déjà eu cinq films plus ou moins sortis du même moule, dont les différences (3D, un petit garçon en guise d’ennemi final pour Jason, l’aspect whodunit du cinquième opus) étaient plutôt mineures. Sa version, McLoughlin, également scénariste, la veut plus personnelle et plus drôle. Le réalisateur s’autorise ainsi quelques délires meta bien avant que cela devienne à la mode avec Scream et ses suiveurs, n’hésitant pas à faire de ses personnages des êtres connaissant fort bien les ficelles du genre. Ainsi, une automobiliste qui découvre Jason sur sa route lâche « J’ai vu assez de films d’horreur pour savoir qu’un gars planté sur la route avec un masque est dangereux », tandis que ce même Jason s’offre une introduction à la James Bond, notre roi des slashers donnant un coup de machette vers l’écran de la même manière que 007 tire sur son public dans sa propre saga. Le quatrième mur, Voorhees le démolit clairement, et à coups de poings, ce qui est permis au milieu des années 80, le public ayant depuis goûté à plus d’une lame de psychopathe. Il est donc désormais normal d’en rire un peu, ou en tout cas de montrer que l’on sait fort bien que le spectateur n’est plus dupe depuis quelques années déjà… Si l’humour ici disséminé n’est pas du genre à vous faire taper le cul par terre, il a au moins l’avantage de divertir plus efficacement que les habituelles discussions sans intérêt entre les personnages que l’on se tapait auparavant… et que l’on se tapera encore dans les suites. Parfois sympathiques (les enfants qui se demandent ce qu’ils auraient aimé faire plus tard car déjà persuadés que Jason va les découper en morceaux, le Tommy qui fixe l’entrejambe de Megan lors d’une course-poursuite en bagnole), souvent ringards, les gags apportent une décontraction bienvenue et meublent comme il faut, l’histoire restant tout de même assez faiblarde. Après tout, elle tient en une ligne : Jason tue et Tommy tente de l’arrêter. Mais c’est déjà un pas en avant depuis les premiers épisodes qui se contentaient de « Jason tue » ! Ce sixième chapitre a l’avantage de sembler plus adulte, de travailler un peu plus ses personnages et de tenter de nouvelles dynamiques, s’essayant même légèrement au cinéma d’action (coups de feux, courses-poursuites, bagarres). Et tout cela sans oublier ses attributs horrifiques bien sûr, ici hérité des années 30. Début dans un vieux cimetière, réveil par la foudre, final enflammé… Pas de doute, l’auteur avait Frankenstein en tête et cela se voit ! Une bonne chose, car en plus de varier, cela rend Jason plus iconique et finit d’en faire un digne descendant des monstres classiques, comme un successeur moderne qui ne renierait pas ses origines.

 

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Bon point aussi au niveau des personnages, plus attachants que jadis. Bon, pas forcément concernant Tommy : Thom Mathews est sans doute un bon gars mais son interprétation, un peu trop gueularde, rend le perso un peu concon sur les bords et l’on préférait clairement les Tommy de Corey Feldman et John Shepherd. Mais le niveau remonte clairement avec le Shérif Garris, homme présenté comme dur et en partie responsable des meurtres de Jason (s’il écoutait Tommy, les meurtres pourraient s’arrêter) mais qui est en fait le protagoniste le plus sage, le plus réfléchi, du lot. Quant à sa fille, visiblement aussi foldingue que Tommy, si ce n’est plus, elle est aussi jolie qu’amusante et constitue sans doute la meilleure final girl (même si pour le coup, c’est plutôt Tommy le final boy) depuis Amy Steele dans le deuxième volet. C’est en tout cas ma préférée ! On appréciera aussi de voir, pour la première fois, le camp rempli d’enfants, tout en notant aussi un terrible manque… Aucune nudité ! Pas un cul, pas un téton, que dalle ! C’est d’ailleurs le seul Vendredi 13 à se montrer aussi prude, car même s’il n’y avait pas grand-chose dans le troisième (un nibard montré à la va-vite), au moins la tradition était respectée. Non pas que le film ait particulièrement besoin de ça, mais avouez que dans un épisode de cette franchise, cela fait bizarre… Le constat est en tout cas franchement bon pour ce Jason Lives : le scénario tient la route et tente de varier les péripéties, Jason déboîte toujours, la fadeur du héros est compensée par une jolie copine et un père intéressant, la réalisation est assez correcte (rien de spécial à signaler, en fait, c’est du classique) et on a même Alice Cooper à plusieurs reprises en bande-son. Bon, ne nous voilons pas la face, son tube « He’s back (the man behind the mask) » a quand même fort mal vieilli et est désormais à voir comme kitscherie totale et rigolote… Reste que ces bons points n’auront pas empêché cet épisode de faire moins bien que les précédents au box-office, et ce en dépit de bons retours critiques. C’était le début d’une longue descente pour le Voorhees, qui ne cessera de perdre de son influence sur les salles obscures…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Tom McLoughlin
  • Scénarisation: Tom Mcloughlin
  • Production: Paramount Pictures
  • Titre original: Friday the 13th part. VI: Jason Lives
  • Pays: USA
  • Acteurs: Thom Mathews, Jennifer Cooke, David Kagen, Kery Noonan
  • Année: 1986

8 comments to Vendredi 13 part.6: Jason le Mort-Vivant

  • Roggy  says:

    Et bien, tu as sorti ta plume belle de derrière le masque de hockey pour nous parler avec brio de ce 6e opus des aventures de Jason. Je sais que ce n’est pas ton préféré mais le film semble plutôt correct, malgré l’absence de nudité (j’ai bien noté) 🙂

  • Mr Vladdy  says:

    Un film que l’on ne regarde pas pour sa finesse. Je mélange un peu tout les épisodes tant ils se ressemblent tous mais en condition, ça reste quand même le genre de film qui peut te faire passer une bonne soirée ^^

  • Dirty Max  says:

    Malgré quelques fulgurances très sympathiques, je trouve cet opus un brin mollasson. Perso, je lui préfère les épisodes 7 et 8, plus fun et bisseux. Je dois d’ailleurs être l’un des rares à défendre le mal-aimé « Jason takes Manhattan » !

  • dr frankNfurter  says:

    On s’est fadé avec ma moitié l’intégrale… et on pourra dire que ça va de mal en pis à quelques exceptions près.
    Bon allez le 4 de sieur Zito est pas mal du tout parmi les séquelles, peut-être le meilleur (ouah!)… et le pire sans aucun doute Jason X celui qui se passe dans l’espace, qui davantage un épisode à part, celui-ci ne suivant pas l’historique des épisodes précédents (cela dit faut voir aussi de quelle manière capillotractée les scénaristes essayaient d’expliquer avec plus ou moins de conviction les raisons de la résurrection du croquemitaine).
    Je note aussi le 3 et son prétexte 3D complètement foireux et la reprise des thèmes musicaux façon disco !!
    Quant à l’épisode où l’héroïne a des pouvoirs psychiques… Aaarrrghh.

    Cela dit, je bave dessus, mais si tous les épisodes sont dans l’ensemble très cons, ça reste paradoxalement plus sympathiques que les séquelles 4,5 et 6 d’Halloween qui sont de vrais purges (rho le 6 et la malédiction de Myers, terrib’ 😛 ). Oui je peux défendre Halloween 3 😀

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