Compte rendu Weekend of Horrors 2015

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Ah l’Allemagne… Sa choucroute grasse, ses séries TV chiantes comme la mort, sa techno « boum boumisante » (rigolez pas, ça sera dans le Larousse 2023), ses pornos branchés pipi-caca… et ses conventions horrifiques ! Bien évidemment, pour votre ami Rigs Mordo, c’est plutôt cette dernière facette culturelle du pays de Fritz Lang qui est intéressante, et ce même s’il aime beaucoup la choucroute. Du coup, la petite journée passée au Weekend of Horrors par le Toxic Cryptkeeper représente l’occasion parfaite pour vous faire un petit papier sur la méthode allemande…

 

 

Les virées entre amis, c’est toujours sympa, et comme celle du Bloody Week-End s’était particulièrement bien déroulée, mes amis Laurent (Monsieur Le Fanzinophile), Sandy (le Sangore gérant le forum Ultra-Gore) et Nicolas (qui n’a pas besoin d’activités bis, ce grand homme se suffit à lui-même !), qui se font des voyages bis depuis quelques années (je suis un petit nouveau dans l’équipe, moi) ont décidé qu’il serait temps d’aller trier les culottes d’Angela Merkel. Enfin, si on en avait le temps, car le but premier du voyage, c’était surtout le Weekend of Horrors, bien entendu, convention existant déjà depuis quelques années et qui est surtout réputée pour son grand nombre de stands vendant des DVD et ses tables de guests volontaires lorsqu’il s’agit de signer quelques photos ou jaquettes (à condition qu’on leur donne quelques euros, c’est pas le Bloody Week-End ici, et c’est bien malheureux d’ailleurs). Ainsi, au fil des années, sont passés Malcom McDowell, Linda Blair, Jeffrey Combs, Angus Scrimm, Michael Madsen, Kane Hodder, Danny Glover, Sid Haig (bon lui c’est quasiment devenu son job d’aller signer des DVD aux conventions) et j’en passe ! Bon, pas de bol, l’année où je viens le défilé de stars a moins de gueule, même si chacun pourrait y trouver son compte : Michael Berryman, John Russo (scénariste de La Nuit des Morts-Vivants), Laurence Harvey (le petit gros à lunettes de The Human Centipede 2), Thomas Ian Nicholas (le gus d’American Pie qui fait un cuni à Tara Reid et se fait zigouiller dans Halloween Résurrection), Morjana Alaoui (héroïne de Martyrs), Belinda Balaski (Hurlements, Piranha, Gremlins), Ruggero Deodato (Cannibal Holocaust, of course) ou encore, car je vous saute les moins connus, Katharine Isabelle des Ginger Snaps, dont je ne comprendrai jamais la popularité vu que je ne la trouve pas plus jolie que talentueuse. Mais bon, comme précisé, les signatures, si c’est payant, c’est niet ! Du moins pour ma part car un ami préférant rester anonyme (que l’on appellera donc David Didelot) m’a envoyé par la poste quelques breloques (deux livres et une jaquette de VHS) pour que je les lui fasse signer chez le père Russo. Par contre, pour le vieux Rigs, c’est DVD à gogo, vous me connaissez !

 

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Plutôt que de se lever tôt le samedi matin, je décide de ne pas dormir du tout le vendredi, me laissant tout le temps de me préparer et d’arriver à l’heure à la gare pour y retrouver Sandy, histoire de prendre le tchou-tchou train en direction de Bruxelles, où nous attendent Laurent et Nicolas. C’est ensuite parti pour 2h30-3h de route, qui nous mènent à Bottrop en Allemagne, soit un coin plus ou moins perdu, un petit village à l’architecture agréable mais entouré d’usines larguant sur la population une douce odeur de pet foireux. Notre fine équipe arrive en tout cas sur les lieux en fin de matinée et débute par un tour d’horizon : on commence par les chiottes (ben ouais, dans les trois heures de route ça donne envie de lâcher la citronnade) puis on découvre les stands. Si pour votre serviteur, tout semble là et bien à sa place (boutiques de posters, DVD à gogo, goodies à gauche et à droite, vieux magasines, ateliers maquillages zombiesques et tout le bordel), mes comparses m’assurent que les années précédentes proposaient d’avantages de boutiques, surtout au niveau DVD. Il est d’ailleurs vrai que le tout semble bien moins imposant que d’ordinaire… L’explication, nous l’avons eue le lendemain : l’équipe du festival s’est scindée en deux il y a quelques temps et chacun a fait son festival dans son coin. Je suppose que cela s’est passé ainsi : ils regardaient certainement un épisode de Derrick en écoutant du Rammstein, le tout en mangeant des saucisses de Francfort tout en zieutant un vieux porno dans lequel quinze musclés urinent dans la bouche d’une soixantenaire aux seins percés. Je vous rappelle que ce sont des Allemands. Et là, patatra, l’un des mecs s’assied sur l’une des télécommandes et fait passer la télévision de Derrick à Julie Lescaud. Le drame. Dispute, noms d’oiseaux et donc séparation. Une partie de l’équipe a donc gardé le lieu des précédentes éditions, une sorte de grande usine, tout en changeant leur nom (devenu le Weekend of Hell) tandis que l’autre moitié a déménagé mais gardé le nom Weekend of Horrors. Il est possible que cela se soit passé un peu différemment mais je ne le pense pas… Reste que selon toute vraisemblance, toute la population allemande est allée au WE of Hell, tout comme les différents vendeurs et stars intéressantes (là-bas, t’avais Brad Dourif, Tom Savini, Tony Todd ou Ken Foree), laissant le WE of Horrors un peu vide. Bon, au moins on n’était pas trop serrés… D’ailleurs, ce que j’ai devant moi me suffit mais mes trois amis sont donc un poil déçus, ce qui est bien compréhensible vu qu’ils étaient habitués à mieux les années précédentes. Histoire de mener à bien ma mission signatures, je pars immédiatement dans la pièce dédiée aux starlettes du bis, frôlant Ruggero Deodato, croisant les regards de Morjana Alaoui et du zig d’American Pie, me tenant à un mètre de Berryman (qui semblait bien fatigué mais répondait vaillamment aux questions de ses fans) ou découvrant les deux zombies black que Michone se trimbalait des Walking Dead me regardent quand je passe devant eux. Mais moi, celui qui m’intéresse, c’est John Russo. Pas forcément pour moi mais pour l’ami David, vous le savez déjà, mon but étant de faire plaisir au gredin. Bonne nouvelle, je vois que les stars ne sont pas du tout débordées et, on peut même le dire, c’est désert dans le coin. Nous sommes pourtant samedi et il était légitime d’imaginer des files longues comme des bites de poney devant nos affreux du cinoche horrifique. Il n’en est rien et je ne vais pas m’en plaindre puisque cela m’a permis de ne pas attendre trop longtemps devant Russo, un seul fan lui faisant signer tous ses bidules et prenant des photos juste devant moi. Vint enfin mon tour… et c’est là que ça part en couille !

 

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Pas au début, je vous rassure : John Russo est poli (bon, il allait pas me cracher sur la braguette non plus, c’est certain), est content que je lui sorte des romans en français (« j’en ai déjà signé quelques-uns par le passé », me confiera-t-il) et m’écoute distraitement lorsque je lui raconte que j’aimerais qu’il signe « For Videotopsie Fanzine », fanzine français ayant plusieurs fois parlé de ses travaux. Il en a un peu rien à foutre, ça se voit, mais tant qu’il signe les reliques de mon ami, moi ça me va, je ne comptais de toute façon pas m’en faire un ami pour la vie. En plus, c’est pas trop cher puisque c’est à quinze euros selon le site internet du festival. Vous allez me dire que 15 boules pour trois signatures, c’est déjà trop, et vous avez sans doute raison, mais dites-vous bien que la surcoté Katharine Isabelle demande 30 euros (je n’ose pas imaginer le prix de la pipe !), Berryman 25 et Jesse Moss, second rôle oubliable de Tucker et Dale fightent le mal, en réclame 30 aussi. Du coup le Russo, c’est quasiment gratos quand on le remet dans le contexte. Mais alors que le John entame la troisième signature, je vois une étiquette avec marqué un charabia allemand et la mention « 20 euros ». Bon, ça monté un brin, mais qu’importe, David m’avait dit qu’il était prêt à aller jusqu’à 20 euros, donc ça roule. Là-dessus, l’Allemand présent pour récupérer le blé pour le père Russo demande combien de trucs j’ai fait signer, et le scénariste/romancier répond « three ». Là-dessus, le mangeur de saucisses de Francfort me dit « Ok, 3 x 20 = 60 euros ». C’est parce que je sais me tenir mais si ça n’avait pas été le cas, je pense que j’en aurais chié une dalle de merde dans mon froc tant j’ai été surpris. Car quelle personne saine d’esprit peut imaginer que trois misérables gribouillages sur deux livres et une jaquette de Midnight peuvent coûter 60 euros ? Bien sûr, Russo ayant déjà vidé un peu d’encre sur les affaires de David, je suis piégé, c’est trop tard, je ne peux pas lui dire d’effacer le bordel avec du tipex et je suis bien obligé de sortir mes billets, non sans être terriblement mal à l’aise pour mon ami à qui je vais devoir annoncer la nouvelle plus tard dans la soirée. Heureusement que c’est un mec bien, compréhensif au possible… Reste que ça met de mauvais poil… Là-dessus, le Russo, tout sourire, me sort une petite carte, qu’il signe, et me la donne, genre « tu as bien mérité un cadeau mon gars ». Mesquin, l’enculé ! Mon ami Mr Bizarre de l’Imaginarium m’avait prévenu que c’était pas un gars particulièrement agréable, avide au possible, j’en ai eu la preuve, même si je ne sais pas trop si tout cela est de son fait ou celui de la convention… Je dirais torts partagés vu que les Allemands se comportent comme des rats (vous le verrez plus loin) et que le Russo a tenté de vendre à mon ami Nico une réplique d’un de ses scénarios. Réplique sans doute photocopiée le matin même et qu’il vendait… 100 euros ! J’ai en tout cas une pensée émue pour le gus devant moi qui a ramené toute sa collection pour qu’on la lui signe, celui-là va sans doute manger ses ongles de pied durant six mois…

 

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Bon, après cette petite mésaventure, il est temps de se consoler en vidant son larfeuille. C’est qu’il y a du DVD dans le coin, et du beau, l’Allemagne étant la spécialiste au niveau des galettes collector. C’est bien simple, c’est les boîtiers lambdas qui sont quasiment rares, là-bas ! On peut d’ailleurs penser que l’Allemand est un grand nostalgique de l’époque de la VHS vu que les trois-quarts des DVD présents sont dans ce que l’on appelle des Hartbox, soit des boîtiers plus grands que la moyenne, mi-carton mi-plastique, comme nos cassettes d’antan ! Ca rend du tonnerre, c’est une évidence ! Et vu qu’il y en a à la pelle, autant dire qu’il y a du choix, notamment au niveau des inédits, pas mal de bisseries jamais sorties chez nous étant disponibles en Allemagne. Mais il faut malgré tout rester méfiant, quelques arnaques étant trouvables sur les stands, l’ami Nico et moi-même nous sommes même amusé à les chercher : Blu-Ray de Des Monstres attaquent la ville à la jaquette imprimée à la va-vite, Blu-Ray Arrow pirates avec résumé au dos en allemand (les éditions Arrow étant toujours en anglais) et autres flying jaquettes improbables (Class of Nuke’em High en couv, Virus Cannibale à l’intérieur !). Sans oublier que chaque DVD annonce fièrement être numéroté, pointant du doigt le faible numéro de copies trouvables (généralement, c’est 66 !), ce en quoi il est permis de douter car il semble assez probable que certaines numérotations soient trouvables plusieurs fois, comme plusieurs 22/66 ou plusieurs 49/66 par exemple. Méfiance, donc, même si l’on trouve aussi quelques bonnes affaires par moment. Bon, pas trop quand même, car les prix sont ici assez cheros, et les fameuses Hartbox tapent généralement entre 20 et 30 euros, selon le film… Et ne comptez pas sur les schleus pour vous faire des réductions, ces Messieurs étant plutôt du genre à vous arnaquer d’un misérable cent. Des exemples ? J’achète deux DVD à 14.99 et le mec me demande 30 euros. Sandy achète un T-Shirt à 14.99, paye via un billet de 20 et on lui en rend un de 5, sans le petit cent qui va avec. Bien sûr, nous ne sommes pas à un ou deux cent près, on s’en fout, même, mais cela montre une certaine mentalité de rapace… Ce qui ne m’a pas empêché de faire de belles emplettes, bien entendu, ramenant en Belgique quelques bisseries jamais démoulées chez nous comme Dawn of The Mummy en Hartbox, Toolbox Murders en steelbook, The Evil Tower en Blu-Ray ou, entre autres, The Dunwich Horror. Intéressant donc pour les collectionneurs de belles pièces et autres fous du format physique (le seul qui vaille !), à condition d’être prêt à passer en revue chaque stand, bien évidemment ! Mes comparses auront d’ailleurs trouvé leur bonheur, les uns prenant des laserdiscs, les autres quelques beaux frisbee. Sandy sera d’ailleurs revenu avec quelques jolis petit films extrême, vous savez le style « Chies-moi vite dans la bouche avant que je vomisse dans ton anus », dont un Manniac montrant des femmes sucer des bites tandis qu’un mec s’arrache le cœur. Le genre de trucs à avoir sa pub dans le magazine Marianne, quoi !

 

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Bien sûr, une fois les stands dédiés aux films arpentés, il est temps d’aller se pencher sur le cas des goodies, ce qui me permettra de choper une belle figurine de Godzilla (celui de 1985, pour les puristes !) et un exemplaire du mag culte Famous Monster of Filmland (le numéro 34, avec Mister Hyde en couv’), ce dont je rêvais depuis un moment… Bon, j’ai dû supporter le monologue du vendeur, tout fier de m’annoncer que sa boutique est la première au niveau vente de mags, de posters et de photos, ce que je crois bien volontiers d’ailleurs mais faut se le dire, le zig était un peu chiant. Quelle joie de le voir me lâcher et aller faire chier mon ami Nico, qui a eu le malheur de lui poser une question ! Etaient également présents certains membres des équipes des films The Curse of Doctor Wolfenstein (du même réalisateur que le très gore et fun Necronos sorti il y a peu chez Uncut) et Blood Feast, remake évident du classique de l’exploitation du père H.G. Lewis. D’ailleurs, la convention était recouverte de ces posters, seule décoration rappelant qu’on est dans une convention horrifique (si ce n’est un très beau décor sur la scène pour les Q&A), peu de cosplayers étant venus faire les zazous au Weekend of Horrors. D’ailleurs, j’ai lâchement embarqué un poster Blood Feast avec moi, l’arrachant des chiottes où il était placé. On dira que c’est une vengeance pour le coup des 60 balles ! Vous l’aurez sans doute compris : si vous n’êtes pas accompagnés de potes et que vous n’êtes pas portés sur les achats bis, le Weekend of Horrors ne déborde pas particulièrement d’intérêt. Par contre, si vous ne pouvez pas rester chez vous calmement sans aller remplir quelques sacs de DVD, c’est l’endroit rêvé pour vous (mais si vous pouvez, faites plutôt le WE of Hell ). Comme c’est mon cas et que je suis toujours heureux de retrouver mes potes, je me suis bien plu sur place mais mieux vaut tout de même ne pas trop attendre de l’évènement, voire garder ses billets verts pour le Bloody Week-end, plus chaleureux et, surtout, plus honnête…

Rigs Mordo

8 comments to Compte rendu Weekend of Horrors 2015

  • Oncle Jack  says:

    Nom de dieu, on se croirait presque dans un festoche parisien dis voir. Ah les crevards ! L’essentiel c’est que tu te sois bien amusé avec tes potes.

  • Roggy  says:

    Quel retour l’ami ! Tu m’as donné surtout envie de ne pas m’y rendre 🙂 C’est une honte pour le bis ce monnayage de signatures ! Je ne comprendrais jamais… Convention = piège à cons (Star Wars rules) 🙂

  • Jean-Claude Michel  says:

    Il serait intéressant de savoir depuis quand les dédicaces sont devenues payantes. Je suis évidemment bien plus vieux, mais j’ai une photo personnellement dédicacée de Karloff en Monstre de Frankenstein, de Cushing au naturel, de Christopher Lee, et de Paul Naschy et personne ne m’a fait payer un centime. C’était une autre époque, c’est vrai…

  • ingloriuscritik/ Peter Hooper  says:

    Ben l’avantage avec toi c’est que même lorsque tu sors de ta Crypte tu emportes avec toi ce regard décalé et ton humour « incorruptible » que tu jette sur ton clavier en rentrant. Je ne suis pas vraiment surpris de l’ambiance money maker des « stars » présentes, un peu par le piège des signatures monnayées a l’unité ! Au moins ton review m’a donné une nouvelle occasion de rire, mais je me garderai de te dire combien de fois, sait-on jamais, des fois que…
    C’est bien que tu ais précisé que au BWE les dédicaces sont gratuites, ce qui donne un peu plus de légitimité a cette convention. Je connais même un photographe qui te prend en photo avec les stars pour pas un kopeck , même si les clichés disparaissent plus vite qu’avec Snapchat!

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