Vidéotopsie 16 et Toutes Les Couleurs du Bis 6

Category: Fanzines Comments: 4 comments

Et une double dose de fanzine supplémentaire, une ! Avec, à ma droite, David Didelot et son seizième Vidéotopsie, plus varié et plus musclé que jamais, et à ma gauche Stéphane Erbisti et son sixième Toutes les Couleurs du Bis, concentré sur l’ami Fulci. De quoi faire plaisir à tout le monde, en somme !

 

 

Une fois n’est pas coutume, il ne m’est pas aisé d’écrire sur le dernier Vidéotopsie. Alors que je ne suis pas le dernier à envoyer quelques tartines au sujet du fanzine de David Didelot, il m’est en effet bien difficile de dire quoique ce soit sur le seizième numéro, sorti courant septembre 2015, pour la simple et bonne raison que je suis dedans en tant que rédacteur. Pourquoi j’en parle, alors ? Parce que j’ai causé des sorties précédentes et qu’un tour d’horizon de ce que propose cette dernière livraison peut toujours être utile à certains, principalement à de futurs visiteurs du site disposant ainsi, dans quelques années, d’une vue d’ensemble sur tous les Vidéotopsie. Ce serait tout de même dommage d’avoir un trou dans le tableau… N’espérez donc pas de ma part une analyse approfondie de la dernière revue made in Chaumont, je suis bien trop impliqué pour pouvoir prendre un air détaché et juger de quoi que ce soit. Prenez donc le texte qui suit pour un simple papier informatif…

 

vidéotopsie16

 

Au vu de l’accueil réservé au quinzième numéro de Vidéotopsie, très remarqué grâce, entre autres, aux charmes d’Annie Belle et le sacré dossier qui lui était consacré, n’importe quel fanéditeur aurait pondu une barre chocolatée dans son froc en réalisant qu’il va falloir désormais faire aussi bien, voire mieux. David n’étant pas du genre à se défiler, il relève le défi avec ce numéro 16, un dernier opus bien décidé à jouer la carte de la diversité. Rarement Vidéotopsie aura tiré dans autant de directions, regardé dans autant de trous de serrures, diversifié son propos. Le temps passant et les numéros s’entassant, David a fini par prendre conscience qu’il lui était permis de s’échapper du strict cadre du cinéma bis, souvent européen, pour ne pas dire italien, et de s’échapper vers d’autres climats. Et qu’importent s’ils n’ont pas toujours un rapport très étroit avec le cinoche de genre ! Ce basculement progressif vers une plus grande liberté ne date pas de ce numéro et l’on pouvait déjà le voir venir dans la précédente sortie, lorsque la parole fut donnée au sympathique Patrick Viguier, gaillard derrière le KISS Museum du sud de la France. Pas décidé à raccrocher son envie de se renouveler, David passe ainsi le micro à BB Coyotte, gaillard semblant par ailleurs fort sympathique. Là encore, on ne tient pas une personnalité réellement affiliée au monde du cinéma bis mais plutôt un acteur de la culture underground en général puisqu’il est un illustrateur et un musicien. Bien entendu, le lien avec l’horreur est fait puisque le vil Coyotte est un passionné de tout ce pan monstrueux du cinéma, ses dessins représentant souvent toutes nos créatures préférées, de Lon Chaney aux figures emblématiques de la Hammer. Un entretien sympathique et franc du collier offert par une personne visiblement honnête, un papier qui semble peut-être ne pas payer de mine lorsque l’on parcourt le fanzine, doté de dossiers et articles pouvant passer pour plus « importants ». Penser cela est cependant une erreur d’appréciation et de jugement, l’entretien de BB Coyotte étant finalement celui qui en dit le plus sur l’orientation progressive de Vidéotopsie, en train de devenir un fanzine « rock ». Pas dans les thèmes abordés, bien entendu, et il est peu probable que vous tombiez un jour sur une chronique du dernier CD des Rolling Stones dans les pages de la revue, mais dans l’esprit, désormais libre. Car David, à l’instar de son ami et frère fanzinesque Didier Lefèvre, n’a plus rien à prouver après tant de numéros et peut donc faire ce que bon lui semble, tenter de nouvelles choses, de nouvelles idées. Sans jamais renier son identité, bien sûr. Au contraire, même ! Il y a en effet fort à parier que plus le temps passera, plus Vidéotopsie représentera David.

 

vidéotopsiepagePhoto piquée à David, ne lui signalez pas!

 

Bon, je cause, je cause, mais je ne dis finalement pas grand-chose sur ce qu’il se trouve dans ce beau bloc de papier, bien plus maousse qu’auparavant puisque désormais doté de 150 pages. Pour rappel, le quinzième en avait 110, c’est vous dire si Didelot s’est gonflé à bloc pour l’occasion, et ce ne seront certainement pas ses lecteurs qui viendront s’en plaindre. Les hostilités débutent par un dossier sur les films perdus d’une vingtaine de pages, rédigé par vous-savez-qui (mais non, pas Voldemort !). Je n’en dirai pas un traitre mort, si ce n’est que j’ai fait ce que j’ai pu et que j’espère que ça a plu, malgré une petite erreur (j’ai depuis appris qu’Hu-Man était plus rare que paumé, je remercie les amis Eric Peretti et Stéphane Leroux pour leurs informations sur le sujet). Les reviews bis arrivent ensuite, avec leur lot de nymphes dévêtues, de fous furieux des arts-martiaux, de cadavres ambulants, de terreurs venues d’Asie, de cyborg moins méchant que prévu, d’agité de la lame et j’en passe ! Toujours assez variée dans les choix des films traités, la rubrique possède toujours cette même bonne gueule de vidéoclub, ce qui tombe bien puisque c’est son but avoué. Le relais est pris par l’excellent Claude Gaillard via une rétrospective de la carrière de Fred Olen Ray, réalisateur préféré de Monsieur Ecranbis. Inutile de rappeler que le zig’ connait donc parfaitement son sujet, tant et si bien que l’on regrette que l’article ne fasse que quatre pages. Plus long, la prochaine fois, Claude ! On quitte un habitué des petits budgets pour un autre en revenant en France pour deux entretiens mettant le grand Jean Rollin en avant. C’est tout d’abord Véronique D. Travers, proche collaboratrice de l’auteur du Viol du Vampire, que l’on retrouve dans le fauteuil de l’interviewé, et ce pour une bonne vingtaine de pages, généreuses en anecdotes et informations. On continue dans la Rollin Attitude avec un autre entretien, celui de Janette Kronegger, monteuse du metteur en scène, bien mené, tout comme le précédent, par Patrick Callonnec, le roi de l’interview (remember celle de Léon-Paul De Bruyn dans le Vidéotopsie 15). C’est ensuite le dossier offrant au zine sa superbe couv’ que l’on retrouve, à savoir un beau retour sur la filmo de Greydon « Terreur Extra-terrestre » Clark. Un peu plus d’une dizaine de pages sont nécessaires à Thomas Roland pour faire le tour de la question, belle occasion de découvrir les nombreuses facettes de cet artisan de la série B, passé par tous les genres. On continue en musique avec un dossier sur la carrière du compositeur Nico Fidenco avant de vivre au rythme des quelques jours signant la fin du mois de février 2015, alors que Christina Lindberg venait rendre visite à ses fans français. Tout cela, c’est Christian Valor de l’excellent site Psychovision, que vous connaissez certainement déjà (sinon y’a un problème !), qui nous le raconte. Bonne occasion pour plonger dans l’intimité de la Suédoise (enfin, façon de causer, hein, car je vois déjà mon ami Dirty Max en train de trembler) et de voir qu’organiser le séjour d’une star du bis, ben c’est pas évident ! On termine bien évidemment pas les habituelles rubriques, comme « Et pour quelques infos de plus… », passage fourre-tout mais jubilatoire permettant à David de revenir sur les derniers évènements importants de la planète bis, des tristes décès aux joyeuses retrouvailles, et puis bien sûr ses avis sur les dernières sorties de fanzines. Et tout cela pour 10 euros seulement ! Juste un léger regret à émettre : que David ne soit pas plus présent dans ce numéro, sa plume nous manquant un peu (beaucoup, passionnément,…). Mais bon, le bougre à quelques bonnes excuses (au hasard un livre sur Bruno Mattei…), donc on ne le fouettera pas encore sur ce coup-ci. Il ne me reste qu’à dire que je suis bien évidemment fier, et heureux comme jamais, d’avoir mon nom associé à Vidéotopsie, et que je remercie David pour la confiance qu’il m’a accordée…

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Bon, puisque je viens de faire mon quart d’heure bisounours, je vais pouvoir sabrer Toutes les Couleurs du Bis ! Mais non, je blague, Stéphane, bien évidemment ! Toutes les Couleurs du Bis, donc, fanzine populaire s’il en est puisque parmi les plus récents, il est indéniablement l’un de ceux qui s’écoulent le plus facilement, tant et si bien qu’Erbisti, également blogueur (voir ce lien), et l’association Sin’Art ont réédité tous les numéros. Une belle preuve du succès rencontré par ce fanzine atypique, de la taille d’un cahier et prenant à chaque fois un thème précis pour cible. Bien évidemment, avec un titre hérité de Toutes les Couleurs du Vice, il était obligatoire de débuter par la filmographie d’Edwige Fenech, à l’honneur dans le premier numéro, tandis que le second se la joue moins féminin, portant même la moustache pour célébrer le viril Charles Bronson. Ce sont ensuite les nazis (numéro 3), le roi du bricolage Tobe Hooper (numéro 4) et une Linda Blair ne manquant pas de coffre (numéro 5) que l’on retrouvent dans les pages du fanzine. Et pour le sixième, le dernier sorti (le prochain avec le label Uncut Movies analysé en long et en large ne tardera plus à pointer le bout de son nez crochu), c’est Lucio Fulci qui se retrouve disséqué par Stéphane, un véritable fan du monsieur comme il nous le rappelle dans son édito. C’est que parmi les premières VHS avalées par ce bissophage, il y avait le culte Frayeurs, donc l’une des rampes de lancement de Mister Erbisti, bien heureux de pouvoir rendre hommage à l’homme qui lui permit d’être ce qu’il est. Mais alors qu’il travaille généralement seul, le chef de TLCDB (pour les intimes) obtient un beau soutien en la personne de Gilles Vannier pour ce numéro, le rédacteur de Psychovision (décidément, si après tout ça vous ne les avez toujours pas dans vos favoris !) venant prêter main forte à Stéphane, principalement pour les Fulci humoristiques, moins connus et plus difficiles à voir. Après un retour sur la vie du maestro de l’horreur, on entre dans le vif du sujet avec une grosse rétrospective, chaque film étant chroniqué par les deux compères. Des comédies avec Franco et Ciccio aux classiques du gore que nous connaissons tous en passant par les westerns et autres gialli, tout y est ! L’occasion de combler les trous, ou d’en apprendre plus sur certaines parties de la filmo du monsieur sans avoir à se taper les films (je suis personnellement bien heureux d’en savoir plus sur les comédies sans avoir été obligé de supporter Franco et Ciccio…) et même de rappeler que la fin de carrière de Fulci, généralement jugée comme faisandée, n’était pas nécessairement aussi mauvaise qu’on le dit.

 

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Gilles et Stéphane y vont donc sincèrement, dans un style simple, celui de fans qui s’adressent à d’autres fans, privilégiant le ressenti à l’analyse pompeuse, dans le simple but de donner envie de voir des films. Toutes les Couleurs du Bis est un fanzine simple, dans le bon sens du terme, peut-être un peu scolaire diront certains, mais dont découle un bon esprit plus que plaisant. D’autant qu’il faut le dire clairement : ces petits guides du routard du bis sont extrêmement pratiques et permettent de combler les trous. Et le tout dans une lecture facile et très permissive : on peut en effet lire la chose d’une traite tout comme on peut s’envoyer deux ou trois chroniques chaque soir, avant d’aller se pieuter. Il n’est donc guère surprenant de voir la chose partir comme des petits pains puisqu’on tient finalement de vrais petits livres, peu chers pour ce qu’ils sont (8 euros) et tout en couleur, avec de jolies images. Petit reproche, lié à mes goûts personnels, mais la grisaille des pages rend un peu triste l’ensemble, une autre couleur que ce bleu-gris aurait sans doute permis un peu plus de folie, quelque-chose d’un peu plus en adéquation avec les thèmes abordés. Mais je chipote ! Vous l’aurez capté, si vous cherchez un zine qui ne vous prend ni la tête ni trop de place, extrêmement pratiques, avec un sujet unique dont vous saurez tout, et bien vous l’avez ici !

Rigs Mordo

4 comments to Vidéotopsie 16 et Toutes Les Couleurs du Bis 6

  • didier lefevre  says:

    décidément, tu demeures l’un de ceux qui parle le mieux de fanzinat. bravo !

  • Dirty Max  says:

    Salut l’ami ! Tout d’abord, merci pour la dédicace, les pages sur Christina Lindberg sont naturellement celles que j’ai le plus zieuté (on ne se refait pas), mais le reste de ce Vidéotopsie est tout aussi excitant. Je prends mon temps pour le lire, histoire de faire durer le plaisir jusqu’au numéro 17… Sinon, je suis content que tu abordes Toutes les couleurs du Bis, je le trouve très attachant et agréable ce zine. D’ailleurs le numéro un avec Edwige a été le tout premier fanzine que j’ai lu ! Depuis, de nombreux titres ont suivi, notamment grâce à la Crypte et à ses judicieux conseils. Comme le dit Didier Lefevre plus haut : tu es vraiment l’une des plus belles voix du fanzinat.

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