Rayon Action: Episode 6

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Rayon Action, Episode 6: la riposte! Quelques mois après le précédent numéro, qui date tout de même de la mi-mai, nous revoilà dans armurerie de Toxic Crypt, prêts à choisir quelques grenades pour tout faire sauter sur notre passage! Et cette fois, ce sont un Jackie Chan furieux, un Dolph Lundgren sportif, un Steven Seagal écolo et des ninjas modernes qui vous escortent...

 

 

La Nouvelle Fureur de Vaincre

Sans parler de tradition, il est devenu habituel pour la rubrique Rayon Action d’accueillir une bande de l’ami Jackie Chan, que l’on aime bien dans la crypte toxique. Remontons un peu le temps pour revenir à ses débuts avec La Nouvelle Fureur de Vaincre, qui n’est ni son premier film ni son premier rôle en tête d’affiche. Mais c’est par contre la première bande à laquelle il a pris part à avoir été largement distribuée, le lien avec La Fureur de Vaincre de Bruce Lee n’étant bien évidemment pas étranger à cette volonté de voir plus ambitieux qu’à l’accoutumée pour le Jackie. Le réalisateur, Lo Wei, déjà derrière la version Bruce Lee, avait ainsi pour but évident de faire de Chan le successeur de Lee en offrant au public une suite du succès du dragon. Pourquoi pas, après tout ? L’ennui, c’est que l’œuvre ne rencontra pas franchement le même succès, se changeant même en un échec commercial, sans trop que l’on sache si c’est la faute des nombreux clones de Bruce Lee (Bruce Li, Bruce Le et compagnie), qui auraient pu noyer cette Nouvelle Fureur de Vaincre dans la masse, ou non. Et si c’était tout simplement parce que le film n’est pas terrible ? Loin de moi l’idée de crier sur tous les toits que l’on tient ici une vraie daube sentant le canard laqué moisi, mais force est de reconnaître que l’on a croisé des Jackie Chan plus divertissants. A la décharge de Lo Wei, il faut reconnaître que le réalisateur n’a pas tenté de nous pondre un œuf rigolo et avait plutôt envie de servir omelette particulièrement sérieuse. Le script ne sourit pas des masses non plus puisque revenant sur l’invasion japonaise, l’une des têtes les plus gradées des Japs tentant de soumettre toutes les écoles de kung-fu. Mais comme partout, il y a un petit village, pas trop Gaulois pour le coup, qui fait de la résistance, une école gérée par une jeune femme décidant de se dresser face à l’envahisseur. Et cette école finit par recruter Jackie, voleur à la tire mais également un jeune prodige des arts-martiaux…

 

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Disons-le tout net : La Nouvelle Fureur de Vaincre se laisse regarder mais ne nous offre jamais la chance de libérer la glue dans nos slibards. La faute à des combats tout juste sympathiques et donc jamais vraiment marquants, à quelques exceptions près (le badguy qui est attaqué alors qu’il prend son bain), et surtout à une histoire qui se perd dans ses trop nombreux personnages. Car il y a du monde dans le coin, entre les méchants (plutôt charismatiques, faut le reconnaître), les gentils, les traîtres, les inutiles (la mère de Chan, seulement présente pour meubler), les rigolos, les sérieux, les vieux, les jeunes… Lo Wei ne cesse d’en rajouter, encore et encore, tant et si bien que l’on finit par se demander où il veut en venir… Il n’y a d’ailleurs pas de héros véritable, même Chan semblant comme déconnecté de son propre film, ne prenant de l’importance qu’à la toute fin du film pour le combat final, le seul où il montre ses capacités, jouant jusque-là le voyou ne sachant pas se battre. Nous avons du coup l’impression d’assister à un film choral peinant à choisir un angle précis, une vision, et nous passons les vingt premières minutes à nous demander ce que l’on regarde vraiment… Cela handicape le film et rend le confort de visionnage un peu bancal, j’avoue d’ailleurs avoir un peu piqué du nez lors de la première bobine, guère palpitante… Soyons cependant honnêtes et rappelons que la plupart des films de kung-fu de l’époque étaient salement charcutés niveau histoire et c’est bien sûr le cas ici, plus de vingt minutes s’envolant dans la nature. Inutile de préciser que cela n’aide pas à la compréhension de l’ensemble et rend confus un récit à la base bien charpenté… Le rythme s’arrange tout de même par la suite, les bastons s’enchainant plus volontiers, mais il n’y a définitivement pas de quoi se relever la nuit pour aller péter des rondins en bois… A réserver aux fans de Chan, principalement, les autres pouvant faire l’impasse sans trop de regrets… A moins qu’ils soient attachés aux doublages foireux, aux dialogues cucul et au jeu outrancier des Chinois, bien entendu.

 

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  • Réalisation: Lo Wei
  • Scénarisation: Lo Wei, Pan Lei
  • Production: Lo Wei
  • Pays: Hong-Kong
  • Acteurs: Jackie Chan, Chan Sing, Nora Miao
  • Année: 1976

 

 

 

 

 

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On peut tout de même se demander ce qu’il se passe dans la tête d’Avi Lerner, grand patron de Millenium Films et de Nu Image. Ce monsieur, sans doute désireux de suivre les pas de la Cannon (après tout, il fait à peu près les mêmes films qu’eux) tente de nous proposer à intervalles réguliers quelques blockbusters style La Chute de la Maison Blanche ou le remake de Conan, qui débarquent principalement sous la bannière de Millenium Films, et dans le lot sa franchise la plus connue est sans nul doute Expendables. Saga que l’on peut d’ailleurs apprécier si l’on est de bonne humeur, mais qui laisse toujours un mauvais arrière-goût en bouche et une vilaine pensée : « cela aurait quand même pu être beaucoup mieux, et assez facilement en plus ». Car voilà la phrase qui revient inlassablement dans la caboche de votre serviteur lorsqu’il se colle devant cette trilogie souvent mal réalisée, à la photographie déprimante et aux scènes d’action oubliables (le troisième s’en tire un peu mieux dans ce registre, cependant). En bref, c’est pas bien terrible, c’est le moins qu’on puisse dire. Et là où cela devient bizarre et que l’on ne capte plus le vieux Lerner, c’est lorsque l’on remarque que ces retours de Sly, Dolph, Jason et compagnie coûtent entre 80 et 100 millions de dollars et ont malgré tout dix fois moins de gueule que le Ninja d’Isaac Florentine, qui a pourtant coûté dix fois moins ! Car cette vraie série B à l’ancienne, sortie en 2009 et qui bénéficia d’une suite en 2013, est une pure bombe qui fait la nique à Barney Ross et sa troupe sans aucun problème ! Pas forcément au niveau du scénario, celui-ci étant plus utilitaire qu’autre-chose puisqu’il se contente de développer une habituelle rivalité entre deux ninjas qui finiront par s’affronter pour récupérer un arsenal légendaire (shuriken, arc, épée, armure, tout l’équipement scout quoi !) tandis qu’un homme d’affaires utilise une secte pour éradiquer ses rivaux. C’est du simple, du pratique et personne ne s’attendait à la profondeur d’un Chinatown en se tapant une bande dont le blase se résume à Ninja. L’important, c’est l’action, et de ce côté on peut dire que le Florentine nous a servi un plat très chaud, pour ne pas dire brulant. Il faut dire qu’il est bien aidé par un Scott Adkins qui s’est fait greffer des hélices d’hélicoptères à la place des jambes…

 

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Car l’Anglais est égal à lui-même dans Ninja, c’est-à-dire que c’est le tueur que l’on connait, le mec capable d’étaler toutes les autres stars du cinéma d’action et qui serait devenu un monument s’il était apparu dans les années 80. Malheureusement, les grands casseurs de mâchoires n’ont plus la même cote dans les années 2000, le public préférant les héros du quotidien à la Liam Neeson, le pauvre Scott étant trop « à l’ancienne » pour s’extirper du monde du DTV. Réellement dommage tant il pourrait tout exploser si on lui donnait sa chance, ce qui n’a par ailleurs pas été fait dans Expendables 2, le combat contre Statham sous-employant Adkins de manière flagrante… Cela dit, pour être honnête, il faut bien signaler que l’homme est plus un combattant qu’un acteur et qu’il lui manque un peu de charisme pour qu’il crève l’écran autrement qu’avec ses talons. C’est le cas dans Ninja, notre premier rôle se faisant voler la vedette par Tsuyoshi Ihara (13 Assassins de Takashi Miike, Gamera, Gardien de l’Univers), incarnation du mal bien décidée à se venger de notre héros, qu’il a tenté de tuer lors d’un entrainement dans leur dojo. Du coup, le vil gaillard s’est fait virer et est depuis un assassin à la solde de qui veut bien faire appel à lui, trucidant à tour de bras avec sa tenue de ninja hi-tech qu’il compte remplacer par la légendaire tenue… détenue par Adkins et sa copine ! Belle excuse pour se foutre sur la gueule un peu partout, sur les toits, dans le dojo ou dans la rue, notre pauvre Scott étant également forcé de calmer les ardeurs des membres de la secte appelée en renfort par son ennemi, eux aussi de fins combattants. Et rebelote dans le métro, dans un café ou même dans le repaire des saligauds, à chaque fois avec bonheur puisque Florentine est loin d’être un manche. Ce gars qui a débuté dans les séries Power Ranger et avec le brave Lundgren (Bridge of Dragons, dont je vous parlerai dans un futur Rayon Action) et qui devint plus reconnu grâce à ses deux Undisputed (également de belles rampes de lancement pour son pote Adkins) est en effet l’un des meilleurs réalisateurs de cinoche qui tabasse en activité, et c’est rien de le dire. Chacune des scènes de baston est excellente, mariant chorégraphies impeccables à une inventivité visuelle et un vrai sens du rythme !

 

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Pour ne rien gâcher, il y a une agréable ambiance eighties dans le coin, avec ses rues cradingues aux plaques d’égout qui fument et ses éclairages jaunâtres. Pour tout dire, Ninja ressemble plus à un film Tortues Ninja que le dernier TMNT en date ! Le méchant incarné par Ihara rappelle Shredder (il est défiguré et sa combinaison masque sa tronche), il y a une secte de grands combattants qui foutent le bordel (ce qui rappelle le clan des Foot !) et il y a des combats dans le métro, dans les rues et sur les toits (comme dans le premier film avec les reptiles !) ! D’une manière générale, notons également un plaisir que nous pensions oublié : celui de voir un film d’action urbain, avec des figurants en grand nombre. En effet, nous sommes habitués depuis de trop nombreuses années aux tournages dans des hangars des pays de l’est et découvrir que Ninja a droit à tant de soin fout une sacrée gaule. Car en prime, la photographie est d’excellente facture et rend risible la grisaille des Expendables… Une question vient donc à l’esprit : pourquoi Lerner ne refile pas sa franchise la plus lucrative à Florentine, capable de faire énormément avec relativement peu (même si dix millions c’est pas rien non plus, évidemment) ? Mystère, mystère, reste qu’en attendant, les déçus de la réunion des gros bourrins peuvent toujours plonger dans Ninja, qui tient, lui, toutes ses promesses et est un vrai modèle de série B. Va falloir tenter le deuxième opus, tiens…

 

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  • Réalisation: Isaac Florentine
  • Scénarisation: Boaz Davidson, Michael Hurst
  • Production: Avi Lerner
  • Pays: USA
  • Acteurs: Scott Adkins, Tsuyoshi Ihara, Mika Hijii, Togo Igawa
  • Année: 2009

 

 

 

 

 

Menace Toxique

Steven Seagal a beau aimer péter des bras dans tous les sens, c’est aussi un ami de la nature, un homme qui aime partager ses noisettes avec les écureuils. Ainsi, après avoir sauvé la banquise dans le culte Terrain Miné, Seagal décide d’aller faire le ménage dans le Kentucky, là où un salopard campé par Kris Kristofferson va vider ses liquides radioactifs dans la flotte ou dans des mines, intoxiquant toute la région et refilant la chiasse aux ours et aux castords… Intolérable pour le Saumon Agile, ici nommé Jack Taggart, bien décidé à aller mettre de l’ordre dans tout cela et draguer la plus jolie dame du coin en passant. Pourquoi se priver ? On tient là ce que l’on pourrait appeler le film d’action familial typique, un peu à la manière du Cavale sans Issue avec JCVD, grand ami de Seagal comme chacun sait. On retrouve ce mélange entre romance (Seagal parviendra-t-il à aider la demoiselle noyée dans les problèmes ?) et action (toute son enquête pour tenter de coffrer les salauds qui polluent les jupes de Dame Nature) que vous pourriez presque regarder avec vos rejetons s’il n’y avait pas une histoire de viol à un moment donné et quelques injures fusant ici et là. Mais pour le reste, c’est du Seagal assez soft, joli cœur, avec bien évidemment quelques séquences d’action et du pétage de tronche, mais rien de trop violent. C’est d’ailleurs le premier film du Steven à n’avoir subi aucune censure au Royaume-Unis ou à ne pas souffrir d’une quelconque interdiction, ce qui est déjà un signe de bonne tenue. Pas de bol, alors qu’il nous pond une bande un peu plus respectable et tous publics, voilà que la presse s’en mêle et démonte le film, en prime nominé aux Razzie Awards dans plusieurs catégories (il repartira bredouille, au grand soulagement de l’équipe). Les effets ne se font pas attendre et le film fera un four, au point que le contrat liant Seagal à Warner Bros sera jeté à la poubelle pendant quelques années… Si mauvaise pour la santé que ça, cette Menace Toxique ?

 

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Non, on tient même ici l’un des Seagal les plus agréables à s’envoyer lors d’un week-end de repos. On tient en effet ici un film assez relaxant, simple, nullement fait pour se prendre la tête, ce qui est rappelé par un scénario très basique et cliché. D’ailleurs, ça commence sur les chapeaux de roues puisqu’on nous balance en introduction un Seagal (bien sûr fringué comme un tapis) écoutant son supérieur en train de lui raconter qu’un de ses potes s’est fait rétamer alors qu’il enquêtait sur la pollution de la fameuse région, ce qui fait partir Steven sur le champ. Pas d’introduction du personnage, pas d’historique du gaillard, rien de rien. Après tout, Steven est Steven et tout le monde connait son personnage, pour ainsi dire toujours le même dans tous ses films, inutile d’en faire trop. Reste qu’on a la sensation de voir ici une suite d’un film qui n’existerait pas, problème que les Espagnols ont contourné en nommant le film Terrain Miné 2 (dans leur langue, du moins, donc En tierra peligrosa 2). La suite vous la connaissez : notre fier héros doit faire face au manque d’hospitalité des locaux, qui veulent le tuer car ils sont de mèche avec Kirtofferson, et tombe amoureux de la demoiselle en danger. Simple mais efficace, on en demande pas plus d’autant que c’est pas chiant, que les persos sont assez amusants et que les combats arrivent assez fréquemment. Malheureusement, comme souvent avec Seagal, ça va un peu trop vite pour satisfaire l’appétit de l’amoureux de l’action virile et le montage précipite tout cela en moins de temps qu’il ne m’en faut pour l’écrire. On se rattrapera avec une sympathique scène dans laquelle un camion veut démolir la bagnole du Steven et quelques jolis décors. C’est tout de même pas tous les jours qu’on a droit à une fusillade dans une mine remplie de barils contenant un liquide, bien sûr radioactif au dernier degré, genre gerbe de Godzilla, à la couleur si verte qu’on a la sensation de s’envoyer un film de chez Troma ! Pas de quoi se réveiller la nuit avec les couilles en bouche, on est d’accords, mais on tient tout de même ici un petit film nettement moins minable que ce que certains critiques tentent de nous faire croire, d’autant que comme souvent avec Seagal, qui savait s’entourer, on a un joli casting composé de Kristofferson, Stephen Lang (ici en psychopathe assez flippant) et Harry Dean Stanton ! Pas mal pour un petit film que Bruce Willis a refusé, lui qui devait à la base jouer Taggart…

 

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  • Réalisation: Félix Enríquez Alcalá
  • Scénarisation: Jeb Stuart, Philip Morton
  • Production: Steven Seagal et Julius R. Nasso
  • Titre Original: Fire Down Below
  • Pays: USA
  • Acteurs: Steven Seagal, Kris Kristofferson, Stephen Lang
  • Année: 1997

 

 

 

 

 

Pentathlon

Pour finir, un peu de sport avec l’ami Dolph Lundgren via ce Pentathlon, dernier film réalisé par Bruce Malmuth (Les Faucons de la Nuit avec Sly, Echec et Mort avec Seagal). Notre Suédois y incarne un Allemand (toutes les nationalités y passent dans la carrière du Dolphy !) nommé Eric Brogar qui est entrainé par un certain Mueller (David Soul, alias Hutch dans Starsky et Hutch) pour l’épreuve de pentathlon aux jeux olympiques de 1988, à Séoul. Mais Brogard en a plein le derche de son entraineur, un néo-nazi avéré, et aimerait passer de l’autre côté du mur de Berlin, faisant de ce périple en Corée une bonne occasion pour prendre l’avion vers ces Etats-Unis qui le font tant rêver. Eric parvient à semer ses compatriotes et s’envole donc en direction des States. Mais sur place, c’est la déchéance : Brogar se rend compte que s’il avait patienté encore un peu il aurait pu assister à la chute du mur de Berlin, ce qui aurait sans doute sauvé la vie à son père, tué par un Mueller colérique et bien décidé à se venger de la trahison que son poulain lui a fait subir. Notre héros, par ailleurs détenteur de la médaille d’or de Séoul, fait le grand plongeon dans l’alcool et se contente d’un petit job de cuisto, dépité par cette Amérique où il ne se sent pas chez lui. Heureusement, son patron décide de lui foutre sa semelle dans le fondement et se met à l’entrainer pour de futures compétitions, reboostant notre ami blond bien comme il faut, tandis que Mueller a retrouvé sa trace et compte bien faire payer à Eric sa fuite… Un récit qui a tendance à taper dans plusieurs genres et se présentant autant comme un film d’action (Dolph oblige) qu’un drame, un thriller ou un film sportif. Une œuvre bâtarde en somme, qui risque fort de ne satisfaire personne à l’arrivée… Car le cinéphile cherchant un thriller politique ou un drame sur le nazisme sera sans doute embarrassé par les bagarres placées ici ou là tandis que le fan de Lundgren qui désire le voir dans une bande bien bourrine soupirera plus d’une fois face aux séquences plus tendres ou romantiques. Car bien sûr, il y a un peu de Rocky là-dedans, avec le brave Eric qui tente de remonter la pente et séduire à nouveau une brave Américaine, ancienne petite amie qui l’a largué lorsqu’il a commencé à dormir dans des casiers de bières…

 

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Pentathlon déborde clairement de bonnes intentions et il est évident que Malmuth avait envie de proposer un film complet, qui ne manque de rien. Action, sentiments, compétition sportive, suspense, regard sur la difficulté de s’intégrer dans un pays autre que le sien et critique des nazis, tout est là. L’ennui, c’est que cela fait un peu trop et que du coup chaque élément est réduit à peau de chagrin puisqu’il doit cohabiter avec les autres. Il aurait été bénéfique de larguer en cours de route un ou deux ingrédients, comme la romance (pas bien utile et superficielle) par exemple, et de rajouter un peu plus d’action qui tabasse. Car là, c’est un peu gentillet, Dolph ne faisant pas grand-chose. Si on a une poursuite plutôt cool dans un aéroport, le reste est plutôt pépère et se contente d’une tentative de meurtre à vélo, d’une petite baston, d’un duel d’escrimeurs et d’un final assez mou avec des Allemands terroristes. Pas très brillant, tout cela, et celui qui s’attendait à un vrai déluge furieux peut tourner les talons sans trop de remords. Cependant, le film se suit tout de même comme une Série B pas désagréable. Pas tellement grâce à Lundgren, qui ne semble pas plus impliqué que cela, mais plutôt grâce à un David Soul franchement crédible en gros salopard. Quelques bonnes idées sont même accrochées au personnage, comme sa rivalité avec le père d’Eric, les deux hommes se considérant comme LE véritable daron du héros. Malheureusement, ce n’est pas assez poussé pour donner quelque-chose de réellement mémorable… De même, la réalisation de Malmuth est correcte mais sans génie, finalement assez télévisuelle, ce qui n’aide pas le film à s’élever. Signalons par contre un passage hilarant, malgré lui sans doute, lors duquel l’un des nazis se met à danser de manière totalement ridicule dans un restaurant, un passage fabuleux qui mériterait bien son gif… Au final, le tout n’est pas honteux, mais pas recommandable non plus et à réserver aux plus grands fans de Lundgren, ceux qui veulent voir toute sa filmographie en mangeant du phoque… Par contre, si vous décidez de tenter l’aventure, méfiez-vous de la galette disponible sous le titre Iron Man, qui n’est qu’un vulgaire VHSrip gravé sur galette… Heureusement, une autre édition, bien nommée Pentathlon pour sa part, existe et est sans doute plus recommandable et officielle…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Bruce Malmuth
  • Scénarisation: Bruce Malmuth, William Stadiem
  • Production: Martin E. Caan
  • Pays: USA
  • Acteurs: Dolph Lundgren, David Soul, Renée Coleman, Evan James
  • Année: 1994

 

 

6 comments to Rayon Action: Episode 6

  • Dirty Max  says:

    Génial, le retour de Rayon Action ! Mon préféré dans le lot, c’est Ninja, le genre de B qui fait bien plaisir. Récemment, je me suis envoyé la suite qui est tout aussi plaisante. Comme tu dis, c’est soigné, bien shooté et Adkins est impressionnant (il lui manque cependant un peu de charisme, c’est vrai). En revanche, Menace toxique (un sous Terrain miné en somme) et Pentathlon (un Dolph très mineur) m’ont moins emballé, mais c’est une bonne idée de les chroniquer. Pas vu le Chan cependant, mais pas de doute, le roi de l’action, c’est toi Rigs !

  • Roggy  says:

    Quel bonheur de voir ressurgir cette rubrique “Action” toujours aussi bien achalandé avec du saumon transgénique, du Jackie pas terrible et du Dolph en mode sportif ! comme Max, j’aime bien ce “Ninja” bien foutu et d’accord avec toi sur Scott Adkins très bon tatanneur. Et, il a l’air sympa 🙂

  • Laurent  says:

    J’aime beaucoup cette rubrique. Et pour une fois, ce sont 4 films que j’ai vu. Ou presque. J’ai du m’assoupir pendant le Pentathlon 🙂

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