Vierges pour le Bourreau

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Jamais à court de romantiques gothiques, Artus nous propose de faire la connaissance avec un vrai bourreau des cœurs. Et son truc à lui, c’est les vierges, qu’il aime voir défigurées par la douleur. 50 Nuances de Grey mais en réussi et dans un beau donjon, c’est dans Vierges pour le Bourreau !

 

Attention ça spoile par ici !

 

Massimo Pupillo n’aura pas réalisé beaucoup de films d’horreur au cours de sa peu prolifique carrière. Mais sa courte incursion dans le genre qui nous fait frémir, qui n’aura duré qu’une petite année, lui aura malgré tout permis de se faire une place dans les cœurs des bisseux. Car ses Le Cimetière des Morts-Vivants, Vierges pour le Bourreau et La Vengeance de Lady Morgan (tous disponibles en DVD chez Artus dans des éditions que vous savez par avance réussies) sont des petits classiques de l’épouvante gothique made in Italy, des fleurons de l’horreur à papa. Toutes réalisées en 1965 lors d’une belle frénésie filmique, ces bandes qui sont bien évidemment recommandées à tous les bisseux ne jurant que par les plaisirs old-school auront fait du nom Pupillo un indispensable du dictionnaire du fantastique. Mais malgré les qualités du Cimetière des Morts-Vivants et de La Vengeance de Lady Morgan, force est de constater que le film du triptyque qui ressort réellement et est devenu culte un peu partout est Vierges pour le Bourreau, alias Il Boia Scarlatto (le bourreau écarlate en français). Plusieurs raisons à cela : tout d’abord, le film est une co-production américaine, ce qui a bien évidemment entrainé une diffusion plus large que pour un film italien « lambda ». Connu sous le titre Bloody Pit of Horror au pays de la si élégante et délicate Miley Cyrus, le film de Pupillo sorti avec une autre de ses réalisations. A savoir Le Cimetière des Morts-Vivants, les deux œuvres partageant dès lors un double-programme prévu depuis le début puisque les deux films furent tournés l’un après l’autre. Et si le premier, Le Cimetière…, avait Barbara Steele pour lui (un avantage non négligeable), le second disposait d’un bourreau qui aime son métier, permettant donc à l’œuvre de se parer d’un sadisme certain. Et si cela fit peur à bien de censeurs (le film fut coupé ici et là et même interdit en Angleterre), cela réjouit également les spectateurs à la recherche d’émotions fortes. Certes, après les coups de cisaille de la censure, il ne restait plus forcément grand-chose des tortures orchestrées par Pupillo, mais le public percevait déjà que Vierges pour le Bourreau allait plus loin que la plupart de ses congénères pelliculés et qu’il était, en outre, plus moderne. Tout était donc réuni pour créer une bande culte qui mérite bien son statut et qui est bien évidemment disponible en version intégrale chez l’ourson des Carpathes !

 

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Il Boia Scarlatto débute par la capture par quelques légionnaires (seulement deux, en fait, la figuration étant ici réduite à sa plus simple expression) du fameux Bourreau Sanguinaire, un abatteur qui se complaisait dans la torture de vierges demoiselles et qui se retrouve puni pour ses actes inqualifiables. La sentence est claire : cet homme tout de rouge vêtu va devoir subir les effets de ses propres engins de torture. Cet agité du bulbe qui voue une haine tenace à la Terre entière se retrouve donc coincé dans une vierge de fer cachée dans les catacombes de son propre château, qui lui servira de cercueil pour des siècles et des siècles. Amen ? Pas vraiment car en 1965 déboule dans la forteresse quelques jeunes adultes à la recherche de beaux décors pour y prendre quelques clichés en vue d’un roman-photo tapant dans l’horreur. Très vite, ces travailleurs de la littérature populaire se retrouvent face à un certain Travis Anderson, un maître des lieux n’appréciant guère que l’on vienne le déranger, l’homme considérant le calme et la solitude comme les seuls et uniques représentants du bonheur. Mais comme l’une des demoiselles de la petite troupe attire son attention, il décide de les laisser séjourner chez lui le temps d’une nuitée qui devrait leur permettre de faire les photos dont ils ont besoin. Mais alors qu’ils fricotent dans les sous-sols de la demeure, deux jeunes cassent malencontreusement la serrure de la vierge de fer renfermant les restes du Bourreau Sanguinaire. Et comme de juste, les tueries vont reprendre de plus belle, sans trop que l’on sache si c’est le fantôme du passé qui revient persécuter ces dames ou si quelqu’un se fait passer pour lui… Un récit qui n’est pas sans rappeler le bien sympathique Des Filles pour un Vampire de Piero Regnoli, qui partage quelques points communs avec Vierges pour le Bourreau. Les deux titres ont déjà une similitude évidente, tous deux mettant en tête-à-tête les victimes et leur tortionnaire, exprimant clairement le rapport de force entre les futurs zigouillés et l’assassin. Simple et efficace ! Mais la ressemblance la plus évidente provient du récit, qui envoie dans les deux cas des gens du showbiz dans une vieille demeure envahie par les toiles d’araignées, favorisant le clash entre l’actuel et l’archaïque, entre l’insouciance d’une jeunesse plutôt rock’n roll et la gravité de menaces ancestrales. Les époques s’entrechoquent et ce n’est pas pour le bonheur des petits jeunes ! De braves danseuses en tournée qui se retrouvent coincées entre les crocs d’un vampire, nous passons donc à ces faiseurs de romans-photos, type Satanik (ceux du film concernent aussi un mec déguisé en squelette, nommé Skeletik !), qui tâtent des instruments de torture du bourreau, mais l’esprit reste le même. On retrouve en effet cette cohabitation entre la décontraction totale et l’horreur tapie dans l’ombre, le fameux bourreau se baladant dans des couloirs à peine éclairés pour surveiller ses proies qui prennent du bon temps en jouant les épouvantés pour les biens d’une séance photo. Ils ne feront pas semblant bien longtemps…

 

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Autre point commun entre le film de Regnoli et celui de Pupillo : la présence de Walter Brandi au générique, qui incarnait la vilaine chauve-souris dans Des Filles pour un Vampire et change de camp pour Vierges pour le Bourreau puisqu’il est le brave héros dont le but ultime est de stopper cette série de meurtres. Un rôle qui n’est pas tellement étonnant lorsque l’on se penche sur le comédien, également co-producteur du film et qui s’est sans doute offert ce personnage, nommé Rick. En effet, il semblerait que Walter Brandi préférait que l’on se souvienne de lui comme d’une espèce de latin lover plutôt que comme d’un monstre et il fut par ailleurs horrifié lorsque l’on lui apprit qu’il était considéré comme une sorte de Christophe Lee rital. Tout ce qu’il désirait éviter ! Est-ce pour cela qu’il se retrouve dans le pantalon du gentil Rick plutôt que dans celui du fameux bourreau rouge ? Pas impossible… N’empêche qu’il était bien meilleur en vampire (sans toutefois avoir fait des étincelles dans le rôle), sa représentation de l’héroïsme visible dans Bloody Pit of Horror prêtant plutôt à rire puisqu’il ne sauve pour ainsi dire aucun de ses amis ! Ce n’est pas faute d’essayer, bien sûr, mais toutes ses tentatives tombent à l’eau, le gars étant un peu trop lent pour parvenir à déjouer les pièges du Bourreau Sanguinaire en temps et en heure… Pire, lorsqu’il est pourchassé par une brute épaisse qui lui a déjà foutu une petite raclée, le Rick se sert du cadavre d’un de ses potes comme appât (!!!), laissant son décédé ami se prendre une flèche dans le cul à sa place, ce qui entrainera la chute du corps d’un balcon. Quelle bravoure ! Quel courage ! En prime, le Brandi est ici un personnage assez terne, incapable de dévoiler la moindre émotion et qui se contente de faire son Steven Seagal, en moins efficace. On a connu l’acteur en meilleure forme, il faut bien le dire, et il se fait clairement voler la vedette par son ennemi le bourreau…

 

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Bourreau incarné par Mickey Hargitay, le fameux propriétaire des lieux qui aime tant vivre reclus. Et le moins qu’on puisse dire c’est que l’acteur était aussi possédé que son rôle, le Travis Anderson qu’il joue étant en fait un homme à priori pas plus violent qu’un autre, mais qui se trouve soudainement pris d’une folie meurtrière après que fut brisée la serrure de la vierge de fer dans laquelle le Bourreau Sanguinaire reposait. Alors est-ce que le spectre du monstre humain s’est emparé de son corps ou est-ce que le Travis à un pet au casque, on ne sait pas trop, mais ce qui est sûr c’est que Mickey Hargitay a donné tout ce qu’il avait. Très sobre lorsque que Travis en est encore à ses mondanités, il devient une vraie furie lorsque son alter-égo de cinéma revêt la tunique du Bourreau Sanguinaiiirrreee comme il le dit lui-même en allongeant ce bel adjectif. Hargitay grimace, éclate en de grands rires sardoniques, sautille dans tous les coins et ne se préoccupe visiblement pas de savoir s’il en fait trop ou non. Je le lui dis, moi, il en fait trop, beaucoup trop, et il suffit de voir sa manière de marcher à reculons pour se convaincre que le gaillard ne se retenait pas ! Cependant, et même s’il nous fait bien rire à certains moments, cela ne l’empêche pas de faire le boulot et de répandre un immense plaisir tandis qu’il distille une innommable douleur à ses suppliciées. Il a la carrure et la tronche requises et son sourire satisfait lorsqu’il torture les beautés qui se sont égarées dans sa demeure sonne juste. Hargitay en fait donc des tonnes parce que le rôle exige une certaine grandiloquence, qui tranche par ailleurs avec la trop forte sobriété de Walter Brandi… De même, alors que le personnage de Rick n’a aucun intérêt, celui du Bourreau Sanguinaiiirrreee/Travis est assez intéressant et se trouve être un méchant mémorable pour sa psychologie. Travis était à l’origine un acteur populaire qui avait tout ce qu’il pouvait désirer, le style à être courtisé par tous et toutes. Jusqu’à ce que ça l’en écœure et qu’il parte s’isoler dans son vieux château où il espère ne plus voir personne, si ce n’est ses deux hommes de main qui sont habillés comme des marins. Mais lorsque la troupe de comédiens déboule dans ses murs, le pauvre perd les pédales et change de personnalité, ou plutôt nous dévoile-t-il celle qu’il a toujours eue au fond de lui. Celle d’un mégalo intégral qui va nous coincer dans les tympans un long monologue, très habité, dans lequel il critique tout et tout le monde et prétend ne plus supporter les défauts des autres, physiques comme comportementaux. De là lui vient l’idée de faire subir les pires supplices à ses invités, tout simplement pour les punir de leurs imperfections, insupportables pour un être parfait tel que lui. En voilà un qui n’est pas mécontent d’être lui-même ! Tout cela est assez campy, c’est un fait, mais ça marche aussi du tonnerre et fait du Bourreau Sanguinaiiirrreee une figure inoubliable du cinéma bis.

 

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Les autres protagonistes paraissent forcément un peu fadasses à côté de ce tourbillon écarlate et les demoiselles peinent un peu à exister dans ce récit finalement assez masculin. Ces fameuses vierges du titre qui ne le sont d’ailleurs pas du tout (désolé, cher Bourreau Sanguinaiiirrreee, pas de pucelles pour vous aujourd’hui) sont tout de même interprétées par quelques frimousses reconnaissables du style, vues ici ou là, comme Luisa Baratto (Superargo contre les Robots), Moa Tahi (L’Espion qui venait du Surgelé, dans un petit rôle non-crédité), Femi Benussi (Une Hache pour la Lune de Miel, Nues pour l’Assassin), Barbara Nelli (La Vengeance de Lady Morgan, qu’elle incarne d’ailleurs) ou encore la blonde et bien mauvaise actrice Rita Klein (Maciste, le Vengeur du dieu Maya). Rayon hommes, on croise à nouveau Alfredo Rizzo (Le cimetière des Morts-Vivants, Des filles pour un Vampire) mais aussi le producteur Ralph Zucker, qui incarne ici le photographe. Ce sera d’ailleurs son seul et unique rôle d’acteur, le garçon se concentrant plutôt sur ses activités de producteur (on lui doit d’ailleurs Vierges pour le Bourreau et Le Cimetière des Morts-Vivants). Du beau monde réuni ici pour se faire laminer petit à petit, le film de Pupillo pouvant d’ailleurs être considéré comme l’un des pères du Torture-Porn, bien sûr, mais également du slasher. On retrouve en effet la plupart des éléments qui feront recette quinze ans plus tard tel un tueur masqué, un petit côté whodunit (même s’il est ici très mince, on est d’accord), une bande de jeune gens qui veulent s’amuser, des jolies filles, un lieu unique et une grande variété dans les meurtres. Car le Bourreau Sanguinaiiirrreee a de la suite dans les idées, mal placées diront certains, ce grand Monsieur n’étant pas le genre de type qui se contente d’un coup de couteau dans le dos ou d’une simple pendaison. A la place, notre ricanant maniaque préfère mettre au point des pièges plutôt élaborés. Certes, il y en a des simples, comme la vierge de fer qui sert à trouer la demoiselle qui y sera enfermée ou encore la cage suspendue au-dessus de flammes qui vont transformer un homme en merguez. Et le bourreau apprécie aussi le meurtre à mains nues puisqu’il brise la colonne vertébrale d’un mecton d’un coup de genou bien plaçé. Mais pour le reste, on entre dans des délires que n’aurait pas reniés l’inquisition…

 

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L’instrument de mise à mort le plus connu du film est bien évidemment la toile d’araignée, dans laquelle une Asiatique est prisonnière. Le principe est simple : elle ne peut pas bouger car attachée à des cordes tandis que s’avance lentement une araignée empoisonnée. Je ne sais pas si la bestiole est censée être une machine ou si elle est réelle dans le film, mais dans le premier cas elle est bien moche et dans le deuxième elle est risible ! Et dans les deux cas elle est bien évidemment délicieuse ! Reste que notre dame de l’Orient ne pourra même pas recevoir d’aide extérieure puisque quiconque touchera un fil sera criblé de flèches… Une scène fantastique, mémorable, peut-être un peu longue, mais qui offre des images à faire rêver le plus blasé des bisseux… On retiendra également cette installation en bois qui tourne sur elle-même, à laquelle sont attachées deux top-modèles qui se font lacérer les nibards par des épées que le Bourreau Sanguinaiiirrreee rapproche un peu plus à chaque tour. Un délice qui nous permettra même d’apercevoir le seul téton du film, alors profitons-en ! Que du lourd qui vient forcément mettre un peu de nouveauté dans l’univers du gothique transalpin, qui est toujours aussi succulent à s’envoyer dans les dents mais qui se répète tout de même beaucoup. Certes, Vierges pour le Bourreau rappelle un peu La Vierge de Nuremberg à certains endroits, film qui lui aussi se penche sur le cas d’un bourreau qui aime kiffe un peu trop son travail, mais pas suffisamment pour que l’on retire au film de Pupillo une certaine originalité. Qui s’allie par ailleurs à un mélange des tons là encore pas inédit (Des filles pour le Vampire, encore et toujours) mais pas assez usé dans le genre pour que l’on en arrive à se plaindre. Amusant en effet de s’affaler dans ces scénettes rigolotes durant lesquelles la troupe organise leur petit roman-photo, le tout sous une musique pop qui met en joie, avant de sauter aux châtiments sanglants qui viennent bien évidemment ruiner la bonne humeur ! Pupillo mise donc sur les bas instincts de ses spectateurs, flattés par les déambulations des actrices en petite tenue puis par le sadisme dont fait preuve le Bourreau. Un vrai film d’exploitation pur et simple, en somme, ce qui ne devait pas réjouir le metteur en scène.

 

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Car le Massimo, l’horreur ce n’était pas plus sa came que cela, le réalisateur préférant sniffer des documentaires ou autres types de cinéma. Serait-ce pour cela que le film se clôture sur le jugement fait par Rick, le personnage de Brandi et héros je le rappelle, écrivain de romans d’épouvante qui nous sort qu’il n’en écrira plus jamais car il ne faut pas trop fricoter avec les dangers de l’horreur ? Allez savoir mais il n’est pas interdit d’envisager ce dialogue de conclusion comme un aveu de la part du réalisateur… Qui par ailleurs fournit un travail incroyable ! Vierges pour le Bourreau est un film splendide, qui délivre des images dignes d’une galerie d’art, en témoigne ce plan-séquence tout bonnement somptueux qui permet de se familiariser avec le donjon, lui aussi beau à s’en arracher les paupières. Les extérieurs sont du même niveau et, bien que peu présents, contribuent également à faire de ce film gothique finalement très moderne une œuvre à ne pas manquer pour tout bisseux qui se respecte. Un véritable modèle de travail soigné, fait avec grand sérieux mais diablement fun, à la fois vénérable pour d’évidentes qualités mais aussi appréciables pour quelques amusants défauts. Du bis parfait en somme, avec tout ce que cela représente et implique. Si vous ne l’avez pas déjà, je vous conseille donc d’acquérir le DVD disponible chez Artus, vous ne regretterez pas la transaction et vous vous prendrez peut-être, vous aussi, pour un Bourreau Sanguinaiiirrreee !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Massimo Pupillo
  • Scénarisation: Roberto Natale, Romano Migliorini
  • Titres: Il Boia Scarlatto (Italie), Bloody Pit of Horror (USA)
  • Producteurs: Ralph Zucker, Francesco Merli
  • Pays: Italie
  • Acteurs: Walter Brandi, Mickey Hargitay, Luisa Baratto, Alfredo Rizzo, Rita Klein
  • Année: 1965

4 comments to Vierges pour le Bourreau

  • jacques  says:

    Les nanas du film ont l’air de tout … sauf de vierges, non ?

  • Dirty Max  says:

    Excellent papier, Rigs ! De Pupillo, je préfère Le Cimetière des Morts-Vivants et surtout La Vengeance de Lady Morgan, je trouve ce Vierges pour le Bourreau plus léger et naïf… Mais le film – plus délirant qu’horrifique – demeure un fumetti live très fun, coloré et dominé par le cabotinage d’un Mickey Hargitay s’amusant comme un p’tit fou en « bourreau des cœurs » (belle trouvaille, l’ami). En outre, parmi les fausses vierges, on retrouve la jolie Femi Benussi, dont l’un des nichons saigne un peu plus dans la version intégrale proposée par Artus.

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