Star Bis 5 et Peeping Tom spécial Hitchcock

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Jamais à court de fanzines, la crypte toxique revient cette fois sur deux publications qui décidèrent de se concentrer sur deux personnalités du cinéma que nous vénérons. Retour donc sur l’ancien Starbis et le plus récent Peeping Tom, le premier allant cotoyer les colts encore fumants de Franco Nero tandis que le deuxième se grille un cigare avec Alfred Hitchcock.

 

Honneur aux ancêtres et c’est donc Starbis qui ouvre la marche avec son numéro 5, sorti en septembre 1989 et consacré à Franco Nero. Un fanzine plutôt concentré sur les gros durs, par ailleurs, qu’ils soient de tous horizons. Ainsi, au cours de sa carrière, Olivier Tassart, qui est comme vous l’aurez deviné le Starbisseux en chef, sera parti renifler les aisselles salées de quelques joyeux costauds, Jackie Chan, Chuck Norris, Charles Bronson, David Carradine ou Wang Yu étant les enfants de cœur qui furent invités à la fête tout le long de ces six numéros. Mais pour l’heure, on y va franco avec le Nero. Starbis est donc un fanzine au format A4, noir et blanc, et qui pose d’emblée une bonne question : est-ce qu’une revue débutant par une galerie d’affiches de films de Jean-Claude Van Damme peut être mauvaise ? Non, trois fois non ! C’est donc avec un petit sommaire et cette belle surprise à la belge que débute Starbis, qui nous met en appétit avec quelques zakouskis aux choux de Bruxelles avant d’entamer le plat principal, pour le coup plutôt italien. Le principe est donc simple : Olivier Tassart va voyager dans l’imposante filmographie de Django, nous offrant une cinquantaine de pages sur le sujet. Pour les fans de l’acteur, c’est bien évidemment un très chouette document, qui passe en revue chaque film, offrant synopsis, casting et avis plus ou moins long selon ce que Mister Tassart en pense. Il ne tombe en tout cas pas dans l’idolâtrie du personnage qu’il épluche ainsi, n’hésitant pas à torpiller quelques films qu’il juge mauvais, comme Un Coin Tranquille à la Campagne ou Exécutions. De quoi ravir les fans de Keoma, Django, L’Implacable Ninja, Terreur sur le Stade et on en passe ! Pour finir, Olivier Tassart revient sur les dernières sorties de fanzines (dernières sorties… de 1989, on se comprend !) comme Inferno, Cine-Zine-Zone, Fan’Tastic ou Fog, ce qui rappelle que dans le milieu, on s’est toujours serré les coudes !

 

StarBis

 

Bien évidemment, Starbis étant un fanzine plus informatif que critique, il vieillit un peu plus vite qu’une revue de chroniques. En effet, Tassart avait clairement pour but de faire connaître les films et la filmographie de Nero et non celui d’analyser dans tous les sens ou donner son avis. Si cela avait bien évidemment un énorme intérêt dans les années 80, période durant laquelle il était bien sûr plus difficile de réunir des données qu’à notre époque, en 2015 quiconque veut connaître la liste des bandes dans lesquelles Nero a posé les pieds n’a besoin que de deux clics pour que se déroule l’entiereté du CV du bonhomme devant ses petits yeux. Starbis a également quelques soucis de lisibilité, Tassart optant pour un bloc de texte qui mélange synopsis, fiche technique et avis. Séparer tout cela, ne serait-ce qu’un peu plus, aurait sans doute été profitable à la lecture, qui reste tout de même très agréable car le ton très proche du lecteur du fanzineux fait que cela se lit d’une traite et très facilement. Bien évidemment, il était plus difficile de faire une maquette lisible à l’époque où le collage régnait en maître, donc là encore, difficile d’en vouloir à ce Starbis qui demeure une archive intéressante du genre, un sympathique représentant d’une époque. Plutôt à réserver aux collectionneurs, donc, qui seront bien heureux d’avoir un exemplaire d’un magazine qui s’attachait aux acteurs branchés vidéoclubs.

 

PeepingTomHS10_2013

 

Autre format, autre ambiance avec Peeping Tom, fanzine lancé en 2008 et qui en est déjà à sa huitième publication, à laquelle il faut ajouter quelques hors-série, comme celui sur Alfred Hitchcock qui servit à cette chronique. Notons tout d’abord qu’un autre fanzine portant le même nom fut publié dans les années 70, à ne pas confondre donc ! Le Peeping Tom version moderne s’attache à mettre en lumière et analyser films et filmographies, genres et personnalités. Ainsi, tout au long de ses publications, l’équipe de Jan Jouvert, rédacteur en chef, sont à l’honneur David Twohy, Bullit, Martine Beswick, les Batman de Nolan, Paul Verhoeven, Milo Forman, Psychose II, Steve Buscemi, Flash Gordon, Paul Schrader, Last Action Hero, La Revanche de Freddy, Larry Cohen, Mimic 3, Kubrick et encore bien d’autres sujets dégoulinants. Pour ce HS sorti en octobre 2013 au prix de 9 euros, c’est Hitchcock, ou plutôt sa descendance, qui intéresse le cas des voyeurs du fanzinats. Et par descendance, je parle plutôt des fils spirituels, des réalisateurs qui ont pris le gros Alfred pour exemple, qui se sont servi des bases hérigées par le maître. Dario Argento, Brian de Palma ou Paul Verhoeven sont ainsi placés face à leur modèle tandis que les différents chroniqueurs (citons-les : Adrien Clerc de Torso, Jan et Sylvie Jouvert, Christophe Bauer et Julien Camy) scrutent leurs insipirations et comparent avec les œuvres du Hitch. Peeping Tom se distingue en tout cas par un format particulier puisqu’il prend naissance sous la forme d’un petit carnet, très classe, avec un papier agréable et le tout étant en couleurs. Les textes sont par contre écrit en noir sur blanc, n’imaginez donc pas que le principe de la colorisation chez Peeping Tom soit perçu comme chez Medusa, par exemple ! Le tout parait donc un peu froid, ce qui fait que le contenant ressemble au contenu, lui aussi guère ardent. Ce qui ne signifie pas que c’est mal foutu, au contraire, mais nous sommes clairement face à un fanzine plus intellectuel, qui analyse (en finesse par ailleurs et avec de belles plumes), compare, dissèque. Nous ne sommes pas face à du partage de passion comme dans Vidéotopsie mais plutôt à des explications, à de l’approfondissement. Il y a par ailleurs quelques très bonnes choses ici, comme l’influence du Alfred dans le cinéma bis rital (via Perversion Story, Solamente Nero et Dellamorte Dellamore) ou quelques comparaisons bien senties entre les films du Hitchcock et d’autres apparus par la suite, notamment concernant De Palma. Peeping Tom est donc une lecture peu récréative mais qui comblera ceux qui espèrent d’un fanzine qu’il leur apporte une exploration poussée du média. Vous le savez, ce n’est pas trop ma came et je n’ai pas tendance à analyser la mécanique plus que nécessaire, persuadé que je suis qu’on finit par perdre un peu de plaisir au bout du compte. Mais si vous ne pensez pas comme moi, Peeping Tom est là pour vous et vous tend les bras !

Rigs Mordo

 

Merci au Fanzinophile pour les images!

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