La Justice selon Demon Vendetta

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A priori et si vous lisez Toxic Crypt de manière plus ou moins régulière, vous n’êtes pas sans connaître Nasty Samy. Fanéditeur avec Everyday is Like Sunday, cerveau derrière le livre Explosions Textiles, mon premier t-shirt de groupe et musicien envoyant du bois au sein de plusieurs groupes, dont The Black Zombie Procession, le gazier a très clairement un amour en acier pour la sous-culture, faite chez lui de gros son, de comics et de cinéma d’exploitation. Cet univers, Sam l’emporte partout avec lui, y compris dans Demon Vendetta, un autre de ses nombreux projets musicaux, une autre facette de ce Fantomas des milieux bis français. Moins metal que The Black Zombie Procession mais faisant tout de même partie de la même galaxie horror rock, la vendetta démoniaque tape dans la surf music, style qui reste assez méconnu chez nous et qui est, vous l’imaginez bien, associé au surf. Un genre souvent instrumental, ce qui ne loupe pas avec Demon Vendetta, qui respecte visiblement ses aînés tout en n’hésitant pas à amener les préférences personnelles de ses membres, injectant notamment dans tout cela une atmosphère héritée du cinéma de genre. Dès lors les références aux bandes que nous aimons se feront régulières, et évidentes grâce à des samples, nos musiciens se référant aux légendes du fantastique, mélangeant les Ed Wood, Universal Monsters, Roger Corman, Hammer Films et autres Herschell Gordon Lewis pour obtenir une mixture qui fleure bon les cinémas de quartier et les bandes-annonces de début de VHS ! Les pochettes de leurs skeuds ne trompent d’ailleurs pas sur la marchandise, en témoigne celle de Guardians of the Bitter Sea, sorti en 2013, qui nous montre un pauvre gonze en train de se noyer et secouru par des squelettes dans un canot, tandis que d’autres attendent patiemment qu’on leur ramène ce futur repas dans un beau galion. Et le tout dans un style emprunté aux comics horrifiques, style Tales from the Crypt ! Le ton est donné et nous voilà soudainement attirés…

 

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Bien sûr, si je vous cause de tout cela, ce n’est pas pour rien : vient de sortir la nouvelle livraison du groupe, nommée Vigilante Surf. Voilà un patronyme qui ne laisse pas beaucoup de doutes sur l’ambiance recherchée par nos zikos, qui semblent avoir convié Charles Bronson et Fred Williamson, venus mosher dans la salle, grosses pétoires clouées aux ceintures. La justice expéditive est à l’honneur et qui aime le film de William Lustig (Vigilante pour ceux qui auraient pas capté) ne se plaindra pas de retrouver quelques punchlines balancées par l’ami Fred, en version française ! Vous pouvez d’ailleurs profiter du très chouette clip tourné pour la chanson donnant son titre à l’album (cliquez ici pour le voir), qui s’aligne bien évidemment sur le thème choisi et nous montre un brave gars sur le point de prendre les armes pour nettoyer son quartier ! Néanmoins, Demon Vendetta ne se contente pas de ce sous-genre musclé du ciné qui décape et n’oublie pas de revenir sur des genres plus old-school comme l’épouvante à papa. En témoigne un Fear of a Surf Planet (ma chanson favorite de l’album) qui nous téléporte dans une ambiance clairement héritée de la SF des années 50, avec son ambiance volontairement bizarroïde. Pour peu, on imaginerait bien une soucoupe volante un peu ringarde, façon Ed Wood, venir nous voler au-dessus la tronche… On appréciera également l’emprunt fait au sixième épisode de la saga Halloween, dont des petits monologues sont repris au début de Shock Waves et Hearse Full of Souls, tandis que Jaguar God clôt l’album avec ses sons en provenance d’une jungle qui se met à rebondir aux rythmes endiablés du groupe. Tout le long du CD, on se retrouve donc à bouger la tête, à secouer les reins, à tapoter du pied, tout ceci étant clairement foutu pour passer un super moment. Demon Vendetta propose une zik entrainante, c’est même le moins que l’on puisse dire, aux riffs conçus pour être tatoués dans nos mémoires. C’est carré, très fun, bien produit, et le bisseux sera aux anges avec ces hymnes qui pourraient tous être collés sur des vieux trailers de films, nous laissant l’impression de nous balader dans la célèbre 42nd street. Samy a beau multiplier les projets, courir dans tous les sens, cela ne l’empêche visiblement jamais de nous proposer du musclé. Qui va s’en plaindre ? L’achat de cet album est donc recommandé, d’autant que le digipack est bien classe et que cela vous permettra d’admirer la cover, apocalyptique, durant l’écoute!

Rigs Mordo

2 comments to La Justice selon Demon Vendetta

  • Laurent  says:

    C’est pas du tout mon style de musique mais les pochettes! Trop belles!

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