Dossier Bloody Week-End VI

Category: Dossiers Comments: 12 comments

Voilà plusieurs jours que le Bloody Week-End a fermé ses portes, laissant les bisseux de toutes terres comme des orphelins perdus dans la nature et à la recherche de leur horrifique famille. Pour tenir lors de cette année qui nous sépare de la prochaine édition, les fantasticophiles échangent leurs photos, leurs anecdotes, leurs achats, leurs coups de cœur, tentant de reconnecter leur corps à leur âme, restée à Audincourt. Toxic Crypt décide d’en faire de même et, après un billet d’humeur servi sous la forme d’un édito, c’est via un dossier retraçant les trois jours de folie dans l’antre de Loïc Bugnon que je vous propose de revivre l’évènement à travers mes yeux dégoulinants de slime…

 

 

Un peu d’Histoire avant toute chose, si vous le voulez bien, une présentation du Bloody Week-End n’étant jamais de trop. A la base de cette initiative, on trouve Loïc Bugnon et sa compagne Aurélie Lequeulx, qui décident de lancer en 2010 un grand rassemblement pour les amoureux du cinoche qui sent bon l’hémoglobine. Où ça ? Dans leur fief, à savoir Audincourt, discrète ville trouvable en Franche-Comté. Tenant autant de la convention que du festival, le Bloody Week-End (BWE pour les intimes) a donc pour but de promouvoir le genre fantastique dans son intégralité, ne laissant sur le côté aucune variation, aucune chapelle, aucun art. Il ne s’agit donc pas ici de se contenter d’aller voir des films ou courts-métrages (bien présents, rassurez-vous, amis bouffeurs de pellicule), Loïc Bugnon et sa Bloody Team proposant un large panel d’activités qui vous permettront l’évasion des salles noires, dans lesquelles vous pourrez tout de même vous réfugier si vous êtes d’humeur misanthropique. Il y en a donc pour toutes les sensibilités, les épris du cinoche qui gicle pouvant fort bien se cloîtrer dans la salle de projection, qui diffuse en permanence, tandis que les acheteurs compulsifs ou les curieux de tout pourront vider leur larfeuille ou découvrir de nouveaux talents dans l’espace dédié aux exposants. N’oublions pas la présence, indispensable, d’invités de marque, qui viennent poser leurs valises bourrées de cadavres en France, pour serrer la pogne de tous ceux qui se présenteront devant eux, la bave aux lèvres et les yeux qui crépitent. Après Philippe Nahon (parrain du festival) et Nicolas Stanzick en 2010, Dominique Pinon en 2011, Silvia Collatina (La Maison près du Cimetière), Bobby Rhodes (Demons) et Giovanni Lombardo Radice (Cannibal Ferox) en 2012, Caroline Munro et Luigi Cozzi en 2013, Ruggero Deodato et Mick Garris en 2014, Loïc devait taper fort pour satisfaire les hordes qui se sont abattues chez lui. Pas facile de passer après Garris et Deodato, n’est-ce pas ? Et pourtant, ce passionné d’Halloween et de John Carpenter est parvenu à faire encore mieux, quand bien même la sélection des invités ne brancha pas tout le monde. On pouvait sans doute regretter une trop forte importance laissée à la presse de genre française (trois journalistes ou personnalités du milieu, tout de même) ou le retour d’un Alain Schlockoff qui fut déjà invité deux fois par le passé. Certains penseront également que Jake West ou John Penney ne sont pas assez représentés en France pour qu’on puisse leur faire de la place dans l’espace aux dédicaces. Mais voilà, si les détracteurs peuvent me citer un évènement en France où l’on peut aller faire signer tous ses DVD (et je dis bien TOUS) à ce géant de la série B qu’est Brian Yuzna, et ce sans payer un rond, j’attends qu’ils me refilent l’adresse !

 

bwe1Le Bloody vu de l’extérieur! Merci à Loïc pour la photo!

 

Cette année étaient donc présents Yuzna, son ami Penney (peut-être venu à sa demande), le génial Jake West, le grand Jean-Pierre Putters, Jean-Pierre Dionnet, Anthony « Waxwork » Hickox et Alain Schlockoff, ainsi que Maxime Lachaud (auteur du livre Redneck Movies) venu parler du cinéma horrifique mettant en scène des rednecks lors de deux conférences. Cela fait du beau monde, du beau monde qui participa à plusieurs séances cinématographiques, venant voir leurs propres films (ou ceux des autres !) en présence de fans qui s’en souviendront certainement. Etaient ainsi diffusés, outre un nombre impressionnant de courts-métrages (qui apportent au BWE son angle de festival puisque plusieurs gagnants ressortiront avec un prix), Le Retour des Morts-Vivants 3, Waxwork, Parents, Mother’s Day (l’original), Suceurs de Sang et Doghouse. N’oublions pas non plus quelques animations comme un concert du groupe de rock burné Boobs Collection, les nombreux passages de mecs déguisés en personnages de Star Wars ou de la série V, des tombolas, des concours de Scream Queen et j’en passe. Il y en avait donc pour tous goûts, tout le temps, et tout faire était tout simplement impossible. Il n’y a donc pas une manière de vivre le BWE, il y en a des dizaines, selon le menu que vous vous préparez, selon ce que vous piochez dans la programmation. Autant vous le dire de suite, le compte-rendu qui suit n’est sans doute pas celui qui représentera le mieux l’aspect festival du Bloody, tout simplement parce que je m’étais surtout déplacé pour sa facette de convention. Les films qui étaient projetés ne m’étaient pas inconnus, les courts-métrages ne m’ont jamais intéressé outre mesure (en tout cas pas au point de m’en enfiler une dizaine à la suite) et j’avais surtout une foule d’amis virtuels à faire entrer dans ma vie réelle. Le texte qui suit est donc mon Bloody Week-End, celui que j’ai vécu, et donc pas nécessairement celui que vous avez vécu ou que vous vivrez lors d’une prochaine édition. Vous voilà prévenus…

 

 

Day One : Vendredi 29 mai

Rendez-vous à la gare de Namur pour bibi, histoire de retrouver l’un de mes plus proches amis Laurent, alias le Fanzinophile, et pour rencontrer deux compagnons de route : Sandy, alias Sangore (vous pouvez le retrouver sur le forum Ultra-Gore et le lire dans le fanzine Cin’Exploitation), et Nicolas, qui n’a aucune activité particulière dans le bis mais n’en a pas besoin tant il irradie naturellement de talent et se suffit à lui-même (t’inquiètes, c’est gratuit Nico) ! Cinq heures de route qui passent aussi vite qu’une chiasse de Sonic le hérisson puisqu’à quatre le voyage est tout de suite plus agréable. On y cause bis, on essaie de prévoir ce que l’on choppera à Audincourt, on s’organise un brin, le tout en écoutant l’album de John Carpenter ou du Ennio Morricone, entre deux groupes de rock conseillés par Nico ou un peu d’electro choisie par Sandy. Aux alentours de 13H, nous arrivons à l’hôtel des Tilleuls, où j’ai par ailleurs passé un très agréable séjour, et me voilà déjà dans le bain ! Le pied à peine posé sur le parking, tel un conquérant prêt à mettre Audincourt à feu et à sang, je tombe sur Adrien Vaillant, que vous connaissez bien pour ses écrits sur son blog L’Imaginarium et pour ses textes dans Vidéotopsie. Et ouais, je ne suis pas là depuis deux secondes que je tombe déjà sur un ami qui m’est cher ! Et ça ne s’arrête pas là puisque je trébuche quelques secondes plus tard sur Jérôme, alias l’Oncle Jack de Ze Curious Goods, la première personne à m’avoir proposé d’aller s’éclater au Bloody. Autant dire que croiser ce brother du bis me tenait à cœur… Et je remarque d’emblée que ces trois jours vont défourailler, car de toute évidence il n’y a aucune gêne lors de ces rencontres, ce qui aurait pourtant pu être le cas… Et qui débarque trois minutes plus tard ? Le super cool Didier Lefèvre de Médusa et Hammer Forever ! En compagnie de Rodolphe Laurent du Bissophile ! C’est un fait, on va croiser du bisseux dans tous les coins et c’est tant mieux !

 

bwe2L’espace exposant. Merci encore à Loïc pour la photo!

 

Direction le Bloody Week-End, donc, qui se tient à l’espace Jappy, parfait pour ce genre d’évènement puisque contenant un parc, un parking avec visiblement suffisamment de place (on a réussi à se garer chaque jour, en tout cas !) et un bâtiment disposant de chiottes par ailleurs très propres (rigolez pas, c’est pas toujours le cas…). Sur le parking on me présente Philippe Blanc, sympathique homme qui roule les clopes pour Le Chat Qui Fume, éditeur avec lequel il travaille et qui ne sera malheureusement pas présent pour cause de déménagement. Direction l’entrée, où nous récupérons nos bracelets servant de pass, que nous devons montrer au vigile (qui ressemble un peu au Halloran de Shining), histoire de ne pas faire se péter le bras par ce dernier. Un chapiteau sert d’entrée pour cette année et accueillera les exposants ne venant que les samedi et dimanche, comme l’ami Fanzinophile qui s’est octroyé un jour plus cool, de découverte, le vendredi. Nous arrivons alors dans la salle principale, qui semble moins grande qu’en photo mais qui, vous le verrez, permet d’entasser un nombre déjà impressionnants de stands… On retrouve donc, en vrac et parce qu’il est difficile de tout citer, le splendide stand du magasin Mauvais Genre (spécialisés dans les affiches et photos de films), des maquilleurs, des personnes exposant leurs créations (souvent liées à Star Wars ou la science-fiction), des écrivains venus présenter leurs ouvrages, des vendeurs d’armes au cas où une invasion zombiesque survenait, des vendeurs de fringues gothiques,… Et des stands de DVD et fanzines, bien sûr. Pour ce premier jour, seuls Didier Lefèvre et Rodolphe Laurent, qui ont unis leurs forces autour d’une seule et même table, sont au rendez-vous. L’occasion de parler un peu avec Didier, qui avait déjà pas mal de visiteurs, de récupérer le Hammer Forever qui est beau à en pleurer (vous trouviez le Médusa 26 magnifique ? Attendez de voir le HF…) et de faire connaissance avec le sympathique Rodolphe Laurent. Et lui prendre le Bissophile numéro 6, qui commence à dater mais qui n’en est pas moins alléchant puisque faisant la part belle aux slashers… Le genre de publication qui envoie la braguette du vieux Rigs au plafond, quoi ! Avec Adrien, on se lance ensuite dans une opération de repérage des stands de DVD, les passant en revue une première fois avant d’y revenir après avoir estimé quels étaient ceux à faire en priorité, ceux disposant du plus grand nombre de raretés ou films intéressants qui pourraient dès lors disparaître assez vite…

 

bwe3Loïc seul contre tous! Merci, toujours, à Loïc pour la photo!

 

On débute par les Belges de chez Zeno Pictures, le stand étant tenu par le sympathique Gino et Léon Paul De Bruyn, que vous connaissez forcément si vous avez acheté le dernier numéro de Vidéotopsie, le quinzième, dans lequel il racontait qu’il avait passé plus de temps à partouzer qu’à réaliser son film, Maniac Nurses. Que je lui ai d’ailleurs acheté et qu’il m’a gentiment dédicacé, rajoutant des espèces de petites étincelles sur les attributs sexuels des demoiselles présentes sur l’affiche, tandis que Gino nous a couverts de cadeaux, Adrien et moi. Belle rencontre avec ces gaillards super sympathiques, un duo qu’il vous faut découvrir, le Gino étant le calme et la bonté absolue tandis que Léon est un véritable show à lui tout seul ! A visiter l’an prochain ! Après avoir rapidement noté quelques titres à prendre chez Artus pour le lendemain, il est l’heure d’aller voir ce que les mecs d’Uncut Movies ont dans le ventre ! Du lourd, en vérité, voilà ce qu’ont dans le bide ces deux personnes charmantes que sont Romuald et Patrice, chez qui j’ai fait quelques gores emplettes. Vu la quantité de bons films, qu’ils soient dans la branche du dégueulasse moderne ou dans celle des plaisirs eighties, difficile de ne pas craquer lorsque l’on va poser le regard sur leur échoppe… Bien sûr, les autres vendeurs n’étaient pas en reste et l’on trouvait tout simplement de tout : du Hammer, du slasher, du gothique italien, des classiques des années 50, du fantastique moderne mainstream, du bis rital fauché, des films d’action sans fric… Mission difficile que celle de ne pas revenir avec les valises qui débordent de galettes suintantes… Je n’ai d’ailleurs pas réussi puisque j’ai ramené une cinquantaine de pelloches avec moi… Traîner dans l’espace exposant fut également l’occasion de voir les invités arriver, dont un Brian Yuzna souriant. Le réalisateur de Society était de bonne humeur et cela se voyait ! Notez que le stand d’Artus était venu avec ses propres stars puisque ces Messieurs Alain Petit et Sébastien Gayraud, qui sont derrière les livres sur le western (pour le premier) et sur Joe D’Amato (pour le second) que propose en ce moment l’éditeur à la vente, étaient présents pour signer leurs oeuvres.

 

bwe4Jigsaw (Loïc), Tony Stark et John Penney réunit sous la même bannière! Merci à Loïc pour la photo!

 

Après un petit tour à la buvette, qui proposait des prix abordables (c’est pas toujours le cas, là encore, dans ces évènements), et quelques discussions supplémentaires entre passionnés qui refont le monde du bis, il était temps d’aller grailler dans la Pataterie, d’où nous sommes ressortis le ventre tendu. Nous revenons ensuite à l’Espace Jappy à temps pour profiter de la diffusion du Retour des Morts-Vivants 3 en présence de Yuzna, même si nous aurions tout aussi bien pu être en retard que cela n’aurait rien changé puisque l’organisation subit quelques lenteurs. Après une attente assez importante, nous rentrons dans la salle de projection, où il fait un peu trop chaud et qui n’est pas forcément très adaptée à des séances ciné, mais Loïc Bugnon est de toute façon bien obligé de faire avec ce que les lieux lui proposent, difficile dès lors de lui faire une quelconque remarque sur le sujet. L’habituel Bloody Quizz a ensuite lieu, l’occasion de tester ses connaissances tout en tentant de rafler des lots, Loïc s’amusant visiblement à offrir aux uns et aux autres DVD et autres magazines. Je ne suis pas un grand fan des quizz, loin s’en faut, mais cela a le mérite de faire participer le public et de faire patienter avant une séance. Après dix sympathiques minutes rendant hommage à Yuzna via un montage alternant interview de ce grand bonhomme et scènes tirées de ses films (qui donnent envie de se replonger dans sa filmo démentielle !), les invités entrent en scène. Le souriant Jake West, le nonchalant Anthony Hickox, un Jean-Pierre Dionnet pas mécontent d’être présent, Yuzna bien évidemment puisqu’il venait présenter le film, mais aussi son pote John Penney qui a scénarisé ce troisième volet aux zombies affamés. Et puis il y avait Jean-Pierre Putters. Autant le dire d’emblée, il faisait mal au cœur… Très diminué par une maladie, le créateur de Mad Movies avait du mal à s’avancer et n’était pas maître de ses mouvements, ce qui ne l’empêchera pas d’aller modestement se placer dans une rangée pour assister au film, qu’il ne regardera pas jusqu’au bout. Petit coup de gueule concernant Alain Schlockoff, cependant, qui sera nettement mis en avant par rapport aux autres invités, se voyant nommer « le maestro » tandis que l’animateur ajoutera que l’Ecran Fantastique est une revue légendaire. Ce qu’il n’avait pas fait pour un JPP pourtant tout aussi vénérable, si ce n’est plus compte tenu du fait que sa revue a sans doute enfanté plus de fanzineurs, réalisateurs et autres activistes de tous poils que l’Ecran Fantastique… Bien dommage car cette exagération fut particulièrement difficile à supporter lorsque l’on voyait JPP dans l’état qui était le sien au moment de cette dithyrambe… L’Ecran Fantastique est l’un des partenaires les plus actifs du BWE et a toujours supporté la convention, là où il est vrai que Mad Movies n’a pas apporté de soutien particulier à la convention. Mais ce silence à l’égard du BWE n’est pas du fait de JPP, qui aurait sans doute mérité les mêmes égards qu’Alain Schlockoff…

 

bwe6Loïc en état d’arrestation pour avoir dealé du bonheur aux bisseux! Merci à Loïc pour la tof!

 

Cette petite réserve mise de côté, il était temps de continuer la fête avec Le retour des Morts-Vivants 3, bien présenté par Yuzna, Penney… et Schlockoff (car il l’aurait vu lors de la première mondiale)… Le film reste en tout cas un classique de la série B et il était plaisant de le voir avec son géniteur, qui devait être ravi de s’apercevoir que les fans riaient de bon cœur aux scènes cultes ! Anecdote : Anthony Hickox, qui était particulièrement ingérable et a certainement donné des sueurs froides à l’orga, était assis sur un radiateur, à quelques mètres de nous. Nous avons donc pu le voir en train de se regarder, puisqu’il joue dans le film le premier être vivant à se faire mordre et être contaminé par le virus qui rend pâle ! Hickox prenait dès lors un malin plaisir à se prendre en photo avec le film en arrière-plan, lorsqu’il y apparaissait, avant de tout simplement se casser lorsque son personnage décède et ne sera donc plus visible dans le film ! Ca ne s’invente pas… Je ne finis pas le film non plus puisque je partis à la rencontre d’un autre ami qu’il me tardait de rencontrer, à savoir mister David Didelot de Vidéotopsie. Dès le premier contact, c’est comme si nous nous étions toujours connu et la rencontre (les retrouvailles ?) est chaleureuse, voire rassurante ! Après quelques discussions bis, sur Bruno Mattei notamment, il est temps de clore cette première journée de rêve et allait retrouver le plumard des Tilleuls, histoire d’être en forme pour le lendemain…

 

 

Day Two : samedi 30 mai

Après une courte nuit, une bonne douche et un déjeuner à volonté, la troupe repart en direction du palais des plaisirs sanglants, avec cette fois un Laurent et un Nicolas changés en exposants. Le Fanzinophile entre dans la danse, permettant aux passants d’admirer ses revues tenues par des amateurs (souvent plus talentueux que les professionnels) et même d’en acheter ! Nicolas, quant à lui, profita de l’occasion pour revendre quelques galettes, une belle quantité de Neo Publishing comprise, dont il doit avoir un stock plus impressionnant que celui des gérants de cet éditeur malheureusement disparu. Le hasard faisant bien les choses (hein Laurent ?), le stand du Fanzinophile aura pour voisin immédiat celui de Vidéotopsie, ce qui permettra d’avoir de longues discussions avec David Didelot. C’est donc dans sous la tente que les exposants débutant le samedi sont placés, tente qui offre forcément moins d’espace et où l’on est plus serrés que dans l’immeuble. Mais qu’importe, c’est avec une grande joie que l’on accueille de nouveaux exposants (des Star Wars en Lego), vendeurs (bouquins, comics, bijoux, fringues) et, bien sûr, dealers de DVD ! Nous pouvions également découvrir le premier vrai vendeur de goodies, qui avait de tout : des sacs aux couleurs du cinéma fantastique, un Beetlejuice géant tenant une coupe pour y mettre vos bonbons (pas vos bonbons poilus, Messieurs, voyons !), des Groot des Gardiens de la Galaxie qui dansent dans leurs pots, des petites figurines des monstres de la Universal, du Walking Dead à ne plus savoir où regarder et ces figurines Pop, très populaires avec leurs figures emblématiques de la pop-culture réduites en de mignons personnages avec d’énormes têtes. Fan de Ghostbusters oblige, j’en ai choppé une de Dan Aykroyd… Après un passage chez Artus pour faire le plein de gothique, il est temps de retourner auprès du stand du Fanzinophile… d’où je ne décollerai pour ainsi dire plus ! C’est que ce stand et celui de Vidéotopsie sont vite devenus les lieux de rencontres pour la petite bande qui finit par se former et c’est d’ailleurs là que les gentils Belges Jacques, Pascal et Frédérique nous retrouveront, là encore pour quelques bonnes discussions, parfois arrosées. Je fis également la rencontre du super sympathique Luis, qui me raconta ses débuts dans la presse et son baptême dans le milieu, qui se déroula via une interview de Peter Jackson pour Bad Taste ! Un départ en fanfare, quoi !

 

bwe5Les invités en train de signer! Merci à Pascal pour la photo!

 

Autant le dire, le reste du séjour sera principalement rythmé par les rencontres et je ne quitterai que rarement le stand, que je tiens à l’occasion, ainsi que celui de Vidéotopsie, lorsque les tenanciers s’absentent quelques instants. Je croiserai malgré tout David Fourel de Grim Movies lors d’une escapade, l’occasion de serrer la pince de ce pote dont je vous reparlerai très prochainement puisque nos sites vont s’unir très bientôt pour une chronique mais aussi parce que le gaillard travaille sur un projet prometteur. On vous tient au jus (de viscères), vous en faites pas ! Je fais également la connaissance des deux gaillards derrière le fanzine La Fraicheur des Cafards, Val et Davy, qui me font forte impression et me donnent envie de parler de leurs productions. Là encore, je vous tiendrai bien évidemment au courant de ce que ces deux mecs super cools mijotent avec leur zine… Et puis belle rencontre que celle avec Ellie du groupe Hellbats et The Black Zombie Procession, un mec ultra gentil que j’espère recroiser! Le samedi était également l’occasion de faire dédicacer tout le bordel qu’on a amené avec nous aux invités, qui se prêtaient volontiers au jeu, avec gourmandise même. Quel plaisir de discuter avec l’adorable Jake West, dont je suis assez fan, au sujet de ses DVD sur les Video Nasties ! Quelle joie de serrer la main à Brian Yuzna, qui m’a fait l’honneur de me montrer l’affiche de sa prochaine réalisation, The Plastic Surgeon, qui s’inscrira dans la lignée de ses The Dentist puisque l’on y retrouvera l’aspect médical mais aussi l’acteur Corbin Bernsen! Autant vous dire qu’on attend ça avec une putain d’impatience ! Heureux j’étais aussi de me frayer un chemin jusqu’au bavard Dionnet, qui ne m’a pourtant rien dit ou à peine, sans doute car il a compris que je venais faire signer les objets de mon daron, un fan de la première heure, et non pas les miens ! Enfin, Jean-Pierre Putters me signera Mad… Ma Vie !, avec quelques difficultés liées à sa santé, difficultés qui ne l’empêcheront pourtant pas de signer beaucoup plus longtemps que les autres guests ! Respect éternel, JPP ! Je remercie également mon ami Laurent qui ira me chercher une dédicace de John Penney, dont la table était bien vide du fait de son manque de notoriété chez nous. Je ne remercie pas Anthony Hickox, par contre, qui s’est tiré de sa table de signatures (qu’il tenait debout et en fumant !) lorsque c’était mon tour ! Déjà que le sagouin a laissé une marque digne d’une merde de canard sur le DVD de Waxwork 2 de mon ami Pascal… Mais le mec est si libre et cool que l’on ne peut même pas lui en vouloir… Après un petit tour au resto, nous revenons pour assister brièvement au concert des Boobs Collection, qui envoient du rock chaud tout en usant des charmes d’une demoiselle qui faisait mine d’égorger les musiciens. Sympa, surtout lorsque l’on découvre un Jake West en train de picoler à la buvette ! Après cet encart musical, il est déjà temps d’aller se reposer pour attaquer la troisième journée, la dernière…

 

 

Day Three : dimanche 31 Mai

Le jour le plus triste, celui du départ… Autant dire que je n’ai, là encore, assisté à aucune projection, ni même à la convention de Maxime Lachaud (je ne suis de toute façon pas trop porté sur le cinéma avec des ploucs psychopathes), préférant réserver mon temps aux proches. Grand bien m’en a pris, les discussions étant tout aussi passionnantes que la veille, d’autant que quelques fous rires vinrent s’ajouter au plaisir. Comme lorsque Didier nous raconte qu’il a eu la frousse de sa vie durant la nuit lorsque Rodolphe Laurent, avec qui il dormait (dans des lits séparés hein ! Du moins je le suppose), s’est réveillé en hurlant à la mort, persuadé qu’une poupée vaudou tentait de l’assassiner ! LE fou rire du festival ! Rencontres encore et toujours, comme avec la sympathique tenancière de Scopophilia ou Eric Peretti, la gentillesse incarnée et qui m’a fait l’honneur de discuter un peu, au sujet de L’Espion qui Venait du Surgelé et de Catrionna McColl. Je n’oublie pas non plus mon pote Christophe de l’Argus du Bis, là encore un mec avec qui il est particulièrement agréable de taper la discu, pas plus que le coolos Nasty Samy, aussi chouette à lire qu’à écouter! Rencontres importantes encore avec Sam Soursas, qui me paya une bonne bière, et Peter Hooper d’Ingloriuscritk, le type le plus chaleureux du festival, avec qui je me suis prêté volontiers au jeu des photos, le tout sous les remarques drôles de Jacques et le sourire tendre de Pascal. Enfin, je croise vite fait Thierry Lopez, ce qui fut furtif mais sympathique ! Petit bémol par contre, le second d’un week-end quasiment parfait, concernant le concours des Scream Queen… S’il est aisé de supporter les messages ininterrompus de Pascal Tourrain, maître de cérémonie bien amusant qui se baladait, micro en main, pour foutre l’ambiance, il est bien plus difficile de se faire aux cris de cochons égorgés lors du concours de ces dames. Cela empêchait toutes discussions en plus de nous laminer les oreilles. Si vous vous demandez ce que cela fait de remplacer un coton-tige par un rasoir rouillé, il faut venir au concours des Scream Queen pour le découvrir. Il serait vraiment bénéfique que le concours baisse un peu le volume pour l’an prochain, car c’est clairement agaçant… Et puis vint l’inévitable moment de dire au revoir à tout le monde, de laisser derrière soi les discussions avec Jérôme sur la déception qu’occasionne une certaine presse française, les chasses aux DVD avec Adrien, les discussions variées et souvent drôles avec David, les moments sur le stand avec Laurent et Nicolas où nous blaguions en permanence,… Que de bons moments, gravés dans la tête mais aussi le coeur, auxquels tourner le dos… Une chance d’avoir pu étendre l’expérience avec Laurent, Nicolas et Sandy dans la voiture pour le retour…

 

11010017_809115362519216_2456522191136631913_oMoi-même, les yeux fatigués par trois jours intenses, et David sur le stand de Vidéotopsie.

Vous noterez son casque pour survivre au concours des Scream Queen!

Merci à David pour la photo!

 

De toute évidence, les petits couacs, pas bien méchants, n’ont jamais enrayé la bonne humeur de l’ensemble, l’immense joie d’avoir rencontré des passionnés que l’on ne connaissait pas auparavant et qui sont vite devenus des amis pour la vie. Alors bien sûr qu’il y a eu quelques chieurs, quelques lourdingues (le mec au regard de psychopathe qui engueule David sur son stand alors que le Vidéotopsieur voulait juste lui rendre sa monnaie !), mais c’est quantité négligeable face à l’ivresse de ces trois jours pas comme les autres. David Didelot parle souvent de respiration dans l’année pour évoquer le BWE. Je ne saurais mieux dire et il me tarde déjà de retrouver tout ce beau monde l’année prochaine, histoire de fêter comme il se doit ce cinéma si violent qui attire pourtant les plus tendres agneaux.

Rigs Mordo

 

Remerciements à tous ceux et celles avec qui j’ai passé le week-end. En particulier à Laurent sans qui je n’y serais pas allé! Et merci aussi à Loïc et sa compagne pour organiser chaque année cette véritable réunion de famille!

12 comments to Dossier Bloody Week-End VI

  • David Didelot  says:

    Sûrement le meilleur compte rendu du Festival que j’ai pu lire, le plus précis et le plus incitatif en tous cas ! Il donne envie de voyager dans le temps : direction weekend dernier, ou bien mai 2016. On s’y croirait encore, et ça fait donc un peu mal de ne plus y être.

  • cri stophe  says:

    génial résumé !!! ca donne envie de venir plus tôt… tudonnes un avis franc, complet et, on le sent, qui vient du coeur !!! vivement l’an prochain 🙂

  • ingloriuscritik  says:

    Ben l’ami ,sublime compte rendu, dont je copie/colle le com de David qui a tout dit!
    Je suis a titre personnel (d’où le JE, mais j’aime parfois le coté répétitif) très touché au milieu de ces 4 ou 5000 caractères qui composent ton papier par un adjectif, en l’occurrence « chaleureux », que tu a glissé derrière mon nom, en l’espaçant d’un « le plus », ce qui en augmente l’effet émotionnel. Même si mon seul naturel de « sudiste  » suffit a justifier cette qualification, il n’empêche c’est un sacré coup de défibrillateur. Mon organe vital (le cœur , je précise car l’association avec chaleureux, et les préjugés en vigueur sur les gens du sud…)a pris un sacré coup de jeunesse (toujours le cœur…), voire un afflux sanguin revitalisant( toujours…).
    Il est vrai que c’est extraordinaire de matérialiser les amis FB, et que la théorie de la confrontation est simplement irremplaçable. Je me rend compte avec la « pression » qui retombe que je suis passé a coté de pas mal de gens, de rencontres, que je n’ai pas eu le temps nécessaire de partager, de me remplir de tout votre science de la zone genreuse .Quand je pense que j’ai « oublié » d’aller discuter western avec alain petit, que des amis fanzinophile étaient devant moi et que je n’ai pas « percuté », que je n’ai pas mis le pied , ni mon cerveau chez artus …bref finalement je pourrai faire un papier sur tout ces moments ratés .Mais je ne retiendrai globalement qu’une chose : le fanzinat est rempli de supers mecs, avec une sympathie proportionnelle a leur connaissance et leur talent.
    Alors je retiendrai un parfum, un esprit, des voix, des rires, des images, des couleurs…et puis toi, mon petit frérot comme j’ai aimé t’appeler , toi le gars cool, la modestie et la discrétion incarnée (et dieu sait pourtant qu’il y avais déjà le quota a Audincourt !), toi qui sait faire claquer ton clavier avec une rare justesse de ton dans l’esprit, dans l’émotion, dans le décalage…bref le talent! Et comme je te l’ai dit tu es (avec David) celui qui m’a, malgré mon demi siècle, m’a appris le sens du mot humilité et celui de la générosité !
    Bon, ben je n’aime pas exhiber de trop mes émotions, malgré mon coté sudiste et mes grandes envolées dans mes papiers, mais c’est un fil de partage sur lequel tu m’a désigné, je me devais de t’en remercier par la même porte .
    T’es juste un super petit gars (ca c’est pour la différence de taille, d’âge et mon statu de « cadet »)comme j’en ai rencontré peu dans ma vie …
    A très bientôt

  • Oncle Jack  says:

    Absolument magnifique ! En lisant ton texte j’avais l’impression d’y être encore.
    Si certains hésitent encore à s’y rendre l’an prochain après avoir lu ton article alors je n’y comprend plus rien.
    Allez, plus que 360 jours (grosso-modo) !

  • Bloody week-end  says:

    Un beau retour du festival, bravo encore ! une grande impatience de faire encore mieux l’an prochain.Merci à vous tous.
    La passion est un moteur dont personne ne mesure la puissance.

  • Dirty Max  says:

    Je sors à peine de chez Dreampunk où je viens de lire un autre compte-rendu de ce Bloody Week-End, et en vous lisant, j’ai l’impression d’y être et j’ai envie d’y être. Quelle belle aventure tu nous racontes là, Rigs ! Et toutes ces rencontres cinéphagiques (et magiques) qui font rêver ! En revanche, comme je le disais sur L’Imaginarium, je suis triste d’apprendre que ce n’est pas la grande forme pour JPP… J’espère qu’il va vite se remettre.

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>