Rayon Action: Episode 5

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Rayon Action: Episode 5, le come-back! Un come-back qui aura pris moins de temps à débouler que le précédent, ce qui n’empêche pas ce nouvel obus bourré de testostérone d’être aussi bien armé que les précédents, du moins je l’espère! Comme d’hab’, la section va tenter de s’attarder sur des oeuvres de Série B qui montrent les pectoraux, de toutes provenances, de tous âges! Au menu: du Seagal qui débute, du Chan qui ne faiblit pas, du catcheur romantique et du Donnie Yen zélé!

 

 

 

Nico

Dans la crypte toxique, on ne peut pas dire que l’on apprécie Steven Seagal outre mesure. Oh, non pas que votre serviteur soit du genre à lui poser un cake à la fiente dans la nuque comme il est de coutume de le faire sur à peu près tous les sites de critiques ou dans tous les magazines, loin de là, mais il se trouve que ses films n’ont jamais particulièrement fait vibrer mon échine. Et je ne parle pas seulement de ses dernières offrandes à la fainéantise légendaire, dans lesquelles le Saumon jadis Agile lève à peine la patte et se contente d’encaisser son chèque, mais aussi de ses premiers essais, ceux qui sont jugés, à raison, comme ses meilleurs. Je dois avoir du mal à m’attacher au style Seagal, à son art-martial sans doute très efficace mais qui ne m’a jamais impressionné outre mesure sur un écran, cet enchainement de prises et de cassages de bras ne valant pas, selon moi, les classiques coups dans la gueule comme les distribuent son vieil ennemi Jean-Claude. Et malheureusement, ce n’est pas avec Nico, alias Above the Law, que la tendance va s’inverser dans les eaux radioactives de ma crypte, même si le tout ne manque pas de qualités. L’histoire, c’est celle de Nico Toscani, sans doute l’un des rôles les plus marquants du Seagal avec celui de Casey Ryback dans les Under Siege, un ancien agent de la CIA, qu’il a quittée car il n’aimait pas ce qu’il s’y passait, l’un de ses supérieurs étant un trafiquant de drogues appréciant particulièrement la torture. Quinze années passent et Toscani est désormais un fier papa à qui tout réussi, du moins jusqu’à ce qu’une enquête sur des dealers l’amène à recroiser la route de ses anciens collègues tombés du mauvais côté de la loi et qui comptent bien l’éliminer une bonne fois pour toutes… Si présentée ainsi l’intrigue semble des plus simples, il faut bien noter que le scénario est assez travaillé, peut-être trop d’ailleurs, puisqu’on a clairement la sensation que le réalisateur Andrew Davis (Piège en Haute Mer, Le Fugitif) était plus intéressé par la partie polar de son film que par ses aspects de film d’action. Il y a bien évidemment de la castagne et des balles qui vont s’écraser dans les tronches des vilains, mais on ressort du film avec le ventre vide, ces séquences étant généralement assez courtes, le Steven étalant ses ennemis en très peu de temps…

 

nico

 

Il est assez clair que Davis avait pour ambition de torcher plus qu’une Série B bête et méchante, et son histoire, qui se complexifie inutilement par moment, est plus complète et bossée que celles de la majorité des films bourrins sortis à la même époque. L’ennui, c’est que Seagal n’est pas franchement l’homme de la situation pour pareille œuvre et qu’avec un acteur aussi limité il aurait été préférable de verser dans le régressif qui s’assume. Nico semble donc une œuvre hybride, coincée entre le thriller qui fait bonne figure et le cinoche d’exploitation bête et méchant, sans réellement choisir son camp, ce qui au final risque fort de frustrer tout le monde. Et pour ne rien arranger, on vous rajoute par-dessus le marché le fait que Toscani est devenu un pro des arts-martiaux au Japon, un ajout bien évidemment fait pour coller au plus près à l’histoire du Steven, sans doute dans le but de le présenter au public et d’en faire une star. Cet Above The Law n’est pas désagréable pour autant, loin s’en faut, et s’avale d’une traite et sans accrocs, disons juste qu’il aurait été meilleur s’il s’était montré un peu plus généreux en action et un peu moins bavard, ce qui est d’autant plus dommage que les séquences qui envoient la sauce sont souvent bien violentes (balle dans la tête, mains coupées et tout le bordel) et que les passages qui font avancer l’histoire sont plombés par des dialogues peu inspirés. On inverserait donc bien le ratio… Reste que le tout est facile à regarder, d’une part grâce à un casting généreux en seconds rôles connus (Pam Grier, Sharon Stone, Henry Silva et même Michael Rooker en figurant !) et d’une autre grâce à une brutalité assez noire, avec des méchants qui ne font pas semblant de l’être et n’hésitent pas à aller poser une bombe dans une église. Même le perso de Seagal en prend un peu pour son grade, ce qui nous change de ce que l’on voit habituellement le concernant, le Toscani se retrouvant roué de coups et drogué lors d’un acte finale très agressif mais malheureusement expédié en dix secondes… Nico souffle donc le chaud et le froid, nous excite pour mieux nous frustrer ensuite, allie les bonnes notes comme les mauvaises (que de clichés raciaux ici, avec les Italiens très catholiques et mafieux, les Asiatiques bons en informatique et les Indiens qui tiennent des épiceries en priant la vache sacrée !). En résulte donc fort logiquement une œuvre très moyenne qui aurait sans doute été meilleure avec un autre acteur, comme Van Damme ou Lundgren par exemple, même si voir Seagal pleurer est toujours un grand moment. Mais rassurez-vous, quand Steven chiale, c’est comme quand Steven fait caca ou quand Steven regarde un match de foot : impassible !

 

nicoposter

  • Réalisation: Andrew Davis
  • Scénarisation: Andrew Davis, Steven Seagal, Steven Pressfield, Ronald Shusett
  • Titres: Above The Law (USA)
  • Production: Andrew Davis, Steven Seagal
  • Pays: USA
  • Acteurs: Steven Seagal, Pam Grier, Henry Silva, Sharon Stone
  • Année: 1988

 

 

 

 

 

 

Le Magnifique

Je vous expliquais dans le précédent volet de Rayon Action que ce petit singe malicieux qu’est Jackie Chan avait Le Poing de la Vengeance, vous saurez aujourd’hui qu’il est aussi Magnifique ! Bien évidemment, nous tenons là un titre français aléatoire, qui pourrait être collé sur n’importe quelle bande de ce grand des arts-martiaux pelliculés, mais il est toujours plus simple d’utiliser cette appellation qui ne trouve aucune justification dans le film que le titre d’origine, She He Ba Bu. Ça doit certainement vouloir dire quelque-chose de très profond en chinois mais chez nous, ça donne l’impression qu’un bébé avale son hochet. De toute façon, She He Ba Bu ou Le Magnifique, le goût de la soupe reste le même puisque l’histoire est pareille, se concentrant sur la disparition de huit maîtres de la baston terriblement puissants et détenteurs d’une technique secrète. Puisque la bande des vieux n’est plus, tous les clans des alentours cherchent à mettre la main sur les documents leur permettant d’apprendre le savoir des mentors en matière de kung-fu, documents qui seraient en la possession de Yin-Fung (Jackie Chan). Dès lors, toutes les écoles tentent de les lui dérober par des moyens divers et variés mais en privilégiant bien évidemment le poing dans la gueule. Mais Yin-Fung n’est pas un idiot et ne se ballade pas avec les fameux papiers en poche par stupidité mais pour espérer découvrir qui est à l’origine de la disparition des huit grands maîtres. Une histoire des plus simples qui parvient encore à être épurée par chez nous puisque, de toute évidence, le film fut remonté pour nos territoires pour en faire une succession de combats. C’est bien simple, ça n’arrête jamais et la moindre personne qui entre dans le champ de la caméra le fait dans le but d’essuyer ses pompes sur la tronche du Jackie Chan. Le montage ne s’embarrasse en effet guère de quelconque exposition, comme le prouve cette scène où Chan est en train de causer avec deux demoiselles qui vont se mettre à l’attaque après cinq secondes, nous laissant bien évidemment l’impression qu’il manque quelques bouts de pelloche ici et là. En même temps, on s’en cogne pas mal et celui qui enfourne un DVD de Jackie Chan dans son lecteur pour assister à une histoire prenante s’est clairement trompé de crèmerie. Ici c’est les pirouettes et les tatanes qui priment et de ce côté, nous sommes bien évidemment servis…

 

magnifique

 

Pas la peine de tourner autour du pot plus longtemps, Le Magnifique est l’un des Jackie Chan les plus sympas qui soient. Certes aussi peu original que possible, mais aussi très généreux puisque comme précisé plus haut les 80 minutes du film ne subissent aucun temps mort et enfilent les combats de guerriers aux techniques et caractères divers, une variété apportée par la multiplication des clans aux blases clichés. On a donc les Dragons Noirs, les Tigres Volants, Les Mendiants (véridique) ou encore les Coussins Péteurs (ok, celui-là n’y est pas, mais avouez que ça aurait donné un second souffle au film), qui vont s’allier et se trahir dans tous les sens (que de traitrises ici !) pour mettre la main sur le fameux cahier contenant les techniques secrètes. Les combats ne sont pas toujours terribles, peu sont réellement inspirés (le meilleur étant sans doute celui opposant Chan à trois mecs armés de lances), mais on est emporté par l’énergie ici déployée et les diverses méthodes de combat des gugusses, le chef des Tigres Volants utilisant des boules en acier alors que le gaillard des Dragons Noirs utilise la dureté de son corps. Boules d’aciers et corps bien durs, tout un programme qui sur le papier ressemble à du bon Dorcel des familles. Les acteurs ne sont d’ailleurs pas meilleurs que dans les pornos du vieux Marc, Jackie y compris, même si son rôle d’arrogant jeune homme change un peu ses habitudes de petit pitre déconneur. Il est cependant effacé par un personnage humoristique nommé Lou le Simple, cabotin au-delà du raisonnable et grimaçant comme un diable, ce qui en fait la personnalité la plus attachante du film. Je n’aurais pas été contre une série de films sur ce brave homme, je me suis même surpris à stresser pour sa vie lors de ses combats (pas les meilleurs, il faut bien le dire). Car on peut mourir dans Le Magnifique, comme cette pauvre gamine qui perd la vie lorsque le grand méchant du film lui assène une série de coups de boule meurtriers ! Ce n’est donc pas le film le plus rigolo du Jackie, la comédie n’y ayant pas réellement droit de cité, même si le spectateur francophone rigolera tout de même un peu grâce au doublage français, bien sûr nul comme à l’accoutumée ! Le plus beau ici est la manière dont on parle de la fameuse technique que tous les clans veulent apprendre, celle dite du « Snake et du Crane ». Si vous êtes un minimum doué en anglais, vous savez que cela signifie « la technique du serpent et de la grue », mais les doubleurs du film étant très mauvais dans la langue de Shakespeare et de Britney Spears, cela donne du « la technique du snack et du crâne », comme si nous allions commander des têtes de squelettes au McDo du coin ! Notons également que, comme souvent, les doubleurs ont laissé passer des phrases dites dans la langue d’origine et se trompent parfois de voix, on entend par exemple Jackie Chan parler alors qu’à l’image, c’est Lou le Simple qui cause… Mais ça fait partie du plaisir et ça apporte le côté fun qui colle comme une sangsue à ces types de films, alors on ne va pas pleurer. Et si Le Magnifique n’est pas considéré comme l’un des meilleurs de Chan, le film étant reçu assez froidement par beaucoup des amateurs du cinoche de kung-fu, il n’en reste pas moins une série B extrêmement divertissante, qui ne vous laisse jamais le temps de vous emmerder et a en prime quelques beaux décors de lac gelé ou de temples abandonnés. Que du bon !

 

she he ba bu

  • Réalisation: Chi-Hwa Chen
  • Scénarisation: Hsin Yi Chang
  • Titres: She He Ba Bu (Chine)
  • Production: Wei Lo, Li Hwa Hsu
  • Pays: Chine
  • Acteurs: Jackie Chan, Nora Miao, Yung-kuo Li, Ya Ying Liu
  • Année: 1978

 

 

 

 

 

 

The Marine

Le catch est plus populaire que jamais, c’est un fait, et les descendants de Hulk Hogan ont décidé eux aussi de s’essayer au cinéma. Ils y sont de toute façon bien aidés par la WWE, organisme gérant une partie de ce sport théâtral avec quelques autres rivaux, qui s’est lancée dans les années 2000 dans la production cinématographique. Bien évidemment, le but est de lancer les carrières d’acteurs des musclés qui se tabassent sur le ring le restant de l’année, les Steve Austin et compagnie, dans des séries B souvent d’action même si on peut également trouver quelques films d’horreur dans le lot comme les deux See no Evil (avec Kane, qui ferait passer Jason Voorhees pour un beau gosse), le slasher No One Lives de Ryûhei « Versus » Kitamura ou Leprechaun: Origins, le reboot de la saga du lutin malicieux. Reste que l’un de leurs plus beaux coups, si l’on peut dire, c’est The Marine avec la star des cordes John Cena, film d’action qui se veut à l’ancienne qui marchera plutôt bien puisque le studio continuera à sortir des suites, le quatrième volet étant sorti il y a peu. Que du DTV, et Cena abandonnera la saga dès les débuts, n’étant même pas de la première suite. On le comprend lorsqu’on voit ce premier opus qui est… pourrave ? Sur le papier, ça part plutôt bien pourtant pour qui aime l’action typée années 80, même si le tout est réalisé en 2006: John Triton (ça commence fort) est le meilleur des marines, si bon qu’il commet un peu trop de dégâts, éradiquant des Irakiens par paquet de douze, ce qui lui vaut de prendre un peu de congé, sa hiérarchie ne voulant plus de lui. Mais que le Triton se rassure, il ne va pas se faire chier longtemps, des voleurs de diamants kidnappant sa blonde femme pour s’en servir comme otage. Pas le genre de trucs que laisserait passer un ancien marine, qui va se lancer à leur poursuite et les éclater un à un. Dit comme ça, on se dit que ça peut encore le faire, un bon petit truc régressif et fou à la Commando, auquel on pense immédiatement. Je vous calme direct: Cena n’a pas le charisme du Arnold et n’espérez pas trouver un méchant du niveau de Bennet, celui qui veut vous tuer entre les couilles, et ce même si le badguy en chef est incarné par cette vieille tronche de Robert Patrick. D’ailleurs, de Commando il est ici moins question que de Maman, j’ai raté l’avion 3 (ouais ouais, le troisième en particulier) puisque l’on suit principalement la bande de ravisseurs qui sont dignes d’une comédie enfantine de troisième zone. Car The Marine tente de faire rire ses spectateurs et pas de la manière la plus fine qui soit, tous les gags tombant à plat avant même d’être commencés. Florilège : l’un des méchants raconte son viol en expliquant son traumatisme des sucres d’orge (je vous jure que c’est censé être un gag), ce même méchant, qui est black, ne cesse de dire qu’on accuse les Noirs de choses horribles alors qu’il vient justement de les commettre, un autre tente d’imiter Al Pacino, Robert Patrick se sent à la foire à la grimace (et une carrière de coulée, une!),… Ce n’est pas compliqué: toutes les séquences où ça ouvre la bouche sont aussi navrantes que possible.

 

marine

 

Dialogues indignes des séries pour vieilles du style Les Feux de l’Amour, clins d’œil ridicules à Terminator 2 suite à la présence de Robert Patrick, acteurs aux fraises, script prévisible au possible (le flic et sa bonne tronche de traître, on l’a venu venir dès sa naissance), The Marine n’évite pas beaucoup de défauts et n’a pour lui qu’une seule qualité. Les scènes d’action, qui sont en effet assez chouettes. Les cascades sont sympas comme tout (le final avec le camion), il y a quelques idées bien foutues (le méchant qui revient entièrement calciné!), les combats sont assez violents et utilisent les décors (histoire de les démolir) et on ne pourra pas reprocher à l’équipe d’avoir joué les petites bites sur la pyrotechnie. Si ce film est un pet, c’est un pet enflammé car tout est emporté dans les flammes, jusqu’au ridicule parfois. Voir cette scène où les malfrats mitraillent la bagnole conduite par Cena, qui subit accidents sur accidents, au point que le capot, le toit, le pare-brise et le reste s’envole. C’est bien simple, j’ai cru qu’on allait le voir courir avec le volant en main au bout d’un moment! C’est stupide, enfantin dans ce plaisir à casser tout ce qui bouge, mais au moins il se passe quelque-chose entre deux tunnels de dialogues insipides et écrits par des étudiants en scénarisation. Malheureusement, le montage vient un peu foirer le coup en étant trop cut, comme souvent lorsque l’on cause de cinoche d’action moderne, ce qui est rageant car la réalisation sans génie de John Bonito se réveille et devient bien plus efficace lorsque ça s’empoigne et que ça fait gicler les flammes. Le gars devrait devenir un réalisateur de seconde équipe spécialisé dans les scènes qui défouraillent, car il n’a malheureusement pas la carrure pour torcher tout un film. Preuve en est faite avec The Marine, qui est une jolie daube chiante et navrante dont on ne se souviendra que pour ses jolies flammes…

 

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  • Réalisation: John Bonito
  • Scénarisation: Alan B. McElroy et Michell Gallagher
  • Production: Joel Simon, Kathryn Sommer-Parry et Jonathan Winfrey
  • Pays: USA
  • Acteurs: John Cena, Robert Patrick, Kelly Carlson, Abigail Bianca
  • Année: 2006

 

 

 

 

 

 

High Voltage

Donnie Yen n’est qu’à moitié chanceux. Il est bien évidemment mieux loti que vous et moi puisque sa rapidité et son agilité en ont fait une star du cinoche branché tatanes, mais il a le malheur de devenir réellement connu des cinéphiles lorsqu’il commence à atteindre un âge où il lui sera difficile de continuer ses galipettes sans être accompagné de bruits de craquements d’os similaires à un sachet de Tuc qui se fait piétiner. Le gaillard a beau avoir trainé sa bouille sympathique dans pas mal de pelloches, et parfois des très connues (Il était une fois en Chine 2, Hero), il lui aura fallu attendre les deux excellents Ip Man auxquels il a participé (et en moindre mesure le génial SPL) pour que le public commence à le reconnaître, après quelques tentatives de percées du marché amerloque, qui vont du passage quasiment inaperçu (Blade II) aux mauvais films qu’il aurait mieux fait d’éviter (Highlander : Endgame). Ce brave gars, toujours assez souriant et qui donne l’impression d’être une vraie crème (mais c’est qu’une impression, il est ptet du genre à aller péter dans le pot de yaourt aux abricots de son voisin, j’en sais rien) aurait ainsi pu devenir l’égal d’un Jackie Chan ou d’un Jet Li et il n’en sera malheureusement jamais rien. Voyons le bon côté des choses : sa carrière sera sans doute moins salie par des productions ricaines minables que celles de ses deux collègues ! On va en tout cas remonter un peu le temps via High Voltage, sorti en 1994 en pleine période de John Wooïte aigue. C’est bel et bien à un gros polar bien musclé des testicules que l’on assiste ici via la traque du gentil flic (Donnie Yen) lancée à l’encontre du vilain baron du crime (Roy Cheung, vu dans tout un tas de trucs cools comme Prison on Fire ou Infernal Affairs 2), le Donnie cherchant à satisfaire une vengeance personnelle puisque le Roy a tué sa femme… A vrai dire, le scénario ne va pas beaucoup plus loin et se résume clairement à cet affrontement se déroulant aux Philippines, les rares tentatives d’étoffer un peu l’intrigue se soldant d’ailleurs généralement par un manque de clarté évident puisque l’on ne comprend pas toujours tout. Mais qu’importe puisque le principal est ici dans l’action, qui ne faiblit pour ainsi dire jamais…

 

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C’est bien simple, si vous voulez vous faire un petit polar made in HK bien brutal et qui ne joue pas la carte de la contrefaçon, vous allez être servis par High Voltage, qui porte bien son nom. Comme l’album d’AC/DC, ça rock à fond dans le coin et il ne faut jamais patienter bien longtemps pour se retrouver pris dans une fusillade, une baston ou une explosion. Et ce de manière totalement gratuite à l’occasion, comme lorsqu’on nous montre les souvenirs de Donnie Yen sur l’une de ses opérations passées, lors de laquelle il décimait de l’enfoiré au fusil à pompe par paquet de douze. Ça n’a aucun lien réel avec l’histoire principale, c’est à peine utile pour définir le personnage de Donnie Yen (ici un casse-cou qui fait courir des risques à tout le monde), c’est seulement présent pour faire plaisir, pour atteindre le quota demandé de bourrinage bête et méchant. Il crève d’ailleurs le plafond, le quota, vu la générosité ambiante en la matière. Bagarre dans un club gay, fusillade sur des docks, castagne dans un appart, cascades en voitures, coups de poings dans la gueule sous une pluie elle aussi battante,… Aucun risque de se faire chier et regarder sa montre, d’autant que même les instants ne versant pas dans la fureur et le bruit participent à créer un film qui ne manque pas d’intérêt. La relation entre le bon Yen et le méchant Cheung est intéressante, surtout via ce dernier, un homme très attentionné avec les enfants nécessiteux, qu’il comprend pour en avoir été un. Il peut donc se montrer d’une extrême douceur à l’égard de certains avant de se changer en un démon sadique avec d’autres innocents… Bien sûr, il fallait bien que quelques menus défauts sabrent un peu l’enthousiasme et il faut bien avouer que formellement c’est perfectible. La réalisation de Yeung-Wah Kam et de Donnie Yen (non crédité pour cette occasion) a le mérite d’être nerveuse et de respecter la furie ambiante, mais ils ont tendance à en faire un peu trop, notamment au montage puisque tous les combats sont très cut et accélérés. Alors c’est sûr, c’est dynamique, mais ce n’est pas avec ça que l’on pourra apprécier pleinement les talents de nos martialistes, qui donnent quelques jolis coups. Autre problème : tous les combats ou presque sont tournés dans la pénombre, ce qui est une idée pour le moins étrange compte tenu de l’importance de la clarté visuelle dans un film d’action… On notera également une bande-son particulièrement inégale, qui alterne les bons passages sonores avec d’autres tout simplement horribles ! Tout cela n’aide donc pas à élever le spectacle qui, finalement, n’est pas malheureux dans ses qualités de petit film bas du front. Ça pique beaucoup au cinoche de Woo, c’est même assez cliché, ça tape partout et souvent à côté, mais rien à faire : c’est fun !

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Yeung-Wah Kam, Donnie Yen (non-crédité)
  • Scénarisation: Fung Chow
  • Titres: Ah Sau Ging Gat: Si gou aat Sin (Chine)
  • Production: Luis Sy, David Ng Dai-Wai, Wing-Fai Hung
  • Pays: Chine
  • Acteurs: Donnie Yen, Roy Cheung, Edu Manzano, Lily Lee
  • Année: 1994

 

 

 

6 comments to Rayon Action: Episode 5

  • Dirty Max  says:

    Quel bonheur de retrouver la fraîcheur immuable de cette bonne vieille crypte ! Et de se faire défoncer la tronche par ce nouveau Rayon Action ! Le ninja terminator que tu es, n’a même pas eu peur de se friter avec The marine. J’avoue que je ne l’ai jamais vu celui-là, j’ai peur de me retrouver devant un 12 rounds bis… Je suis comme toi, je préfère largement Jackie et Donnie, deux authentiques artistes martiaux. Je te rejoins aussi sur Nico, un B au script intéressant mais au résultat assez perfectible. Le film ressemble d’ailleurs beaucoup à un autre Andrew Davis, tourné trois ans plus tôt : Sale temps pour un flic. Même bad guy (le grand Henry Silva), même thème central (un flic intègre s’élève seul contre le trafic de drogue). Mais avec Chuck Norris à la place du panda vigoureux. Quoi qu’il en soit, tes textes sont toujours aussi affûtés et ça, ça ne m’étonne pas. À plus, l’ami !

  • M. Bizarre M. Bizarre  says:

    Je pourrai en faire des tartines à propos de The Marine, mais pour faire très clair, disons John Cena est loin d’être la superstar la plus apprécié des foules, mêmes (surtout) chez les fans de la WWE. Autant dire que le projet était foutu d’emblée. Reste tout de même un gag qui fonctionne, la backstory de ce terroriste Black qui se conclue sur un riff de guitare provenant de Délivrance. Fallait le faire.

    Quant à Seagal, comme toi il s’agit du seul avec lequel j’ai du mal. Pas tellement en raison de son art martial ou même de son manque de charisme, mais juste parce que celui-ci m’a l’air parfaitement antipathique contrairement à ses pairs.
    Cependant j’avoue qu’il y a, dans sa « première » filmo (celle où il est mince) un petit plus qui lui permet de se distinguer des autres. Le sadisme. Seagal fait vraiment mal, ne respect personne, est loin d’être un rôle modèle et surtout n’est jamais menacé. Même les grands bad guys, qui d’ordinaire ont tout un speech, une capacité spéciale ou je ne sais quoi pour tenir tête quelques instants face à nos héros, se font latter en 10 secondes montre en main !

    (maintenant Nico était vraiment son « introduction » et se contentait du strict minimum. Préfère lui Justice Sauvage, avec son William Forsythe cocaïné).

  • Roggy  says:

    Avec beaucoup de retard, je viens me planter avec plaisir devant ce rayon action avec du Steven Seagal, du sous-acteur de catch, du presque Belmondo et du Donnie Yen… Que demande le peuple ? Toujours un régal cette rubrique.

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