Death Race: Inferno

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Tout le monde a besoin de vacances, y compris les prisonniers du pénitencier de Terminal Island, qui vont aller se dorer la pilule sur le sable chaud. Mais le repos sera de courte durée, Death Race Inferno ne comptant pas vous laisser somnoler un seul instant. Une suite qui en a sous le capot ?

 

 

Rebelote! On prend les mêmes et on recommence! Remarquez que les gars de la Universal auraient bien tort de s’en priver puisque la franchise Death Race reste une bonne affaire, quand bien même elle est tombée dans la catégorie des direct-to-video dès son deuxième épisode. Mais pas de quoi faire tirer la gueule aux amoureux de ces courses explosives, Death Race 2 n’étant pas beaucoup moins bon que le premier qui avait pourtant couté quatre fois plus. Une réussite, certes mineure mais une réussite tout de même, que l’on ne doit qu’à un seul homme, un certain Roel Reiné qui semble devenir LE réalisateur de série B de la Universal, le mec qui s’occupe de toutes leurs franchises peu bandantes mais tente de leur redonner un petit coup de jus une fois qu’il prend sa caméra en main. Car contrairement aux DTV qui peuvent sortir de chez les Weinstein ou de chez Sony, ceux de la Universal ont tout de même un réalisateur compétent aux commandes, à qui ses patrons fournissent suffisamment de pognon pour qu’il puisse livrer un travail propre. Ils lui refilent également une énorme caisse à jouets remplie de gros bolides qu’il va pouvoir fracasser dans le bruit et la fureur. Il pourra également compter sur le retour de ses figurines favorites, tous les acteurs dont les personnages sont encore vivants à la fin du deuxième opus rempilant pour cette troisième virée. Devons-nous craindre que nos bagnoles infernales commencent à tourner en rond ? Rassurez-vous, l’intrigue quitte les Etats-Unis pour se téléporter en Afrique du Sud, autant pour dépayser le spectateur que pour profiter d’un tournage moins coûteux, ce troisième film coûtant visiblement moitié-moins que le deuxième. Pas d’inquiétudes, cela ne se voit pas franchement à l’écran.

 

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Carl Lucas (toujours Luke Goss) en voit enfin le bout ! Flanqué derrière le masque de Frankenstein, il ne lui reste plus qu’à remporter cinq courses dans l’émission Death Race pour pouvoir toucher du doigt sa liberté tant rêvée. Il était proche de la réussite sous son identité de Carl Lucas, désormais porté pour mort, mais il fut malheureusement obligé de tout recommencer et faire hurler les moteurs à nouveau… Mais voilà, il ne lui reste plus qu’à traverser la ligne d’arrivée le premier à une seule reprise pour qu’il puisse enfin quitter les barreaux de sa cellule. Mais bien évidemment, rien ne va jamais comme il faudrait et le directeur de l’émission, Weyland (Ving Rhames, peu présent à l’image), doit laisser sa place au jeune et ambitieux Niles York (Dougray Scott, vu dans le remake de Dark Water) qui décide de laisser tomber le contrat de Lucas. Plus question de trouver la liberté à l’arrivée, désormais c’est la mort qu’il évitera en remportant ses courses, sauvant également ses techniciens et amis (Danny Trejo, Tanit Phoenix et Fred Koehler rempilent). York a également pour but de faire grandir le programme, qui deviendra international et se déroulera donc dans plusieurs pays, la première étape se déroulant dans les déserts africains, forçant les candidats à être relogés dans une prison locale. Le reste du film, vous le connaissez déjà: les bagnoles vont se rentrer les unes dans les autres tout en utilisant tout leur arsenal pour décrocher la première place. En route, mauvaises troupes!

 

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Pas la peine de tourner autour du capot durant dix ans: si vous avez apprécié les deux premiers, vous apprécierez ce Death Race: Inferno aussi, la délocalisation ne changeant pas grand-chose à l’affaire. Ce n’est pas en rajoutant deux pincées de sel que l’on change le goût de la choucroute et ce changement de décors est surtout l’occasion pour la Universal de réduire ses coûts tout en donnant aux spectateurs l’impression qu’elle leur propose du neuf. Il faut dire que l’on commençait à bien connaître la prison de Terminal Island et qu’il était sans doute temps d’aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verte. Et l’écraser avec nos gros pneus, bien entendu. Inutile également de tenir dix plombes sur les fameuses scènes de conduites puisque mis à part le cadre, le principe reste le même (allez, ils ont changé le principe d’activation des armes, pour dire que…) et la qualité de ces scènes est la même. C’est lisible, c’est joli, la pyrotechnie fait toujours son effet et la brutalité reste au rendez-vous. Reiné fournit toujours du bon boulot et est définitivement plus à son aise lors de ces courses que lorsqu’il doit filmer des combats à mains nues, qui sont généralement montés sous ecstasy tant les plans sont courts et généralement incompréhensibles, sans doute pour tenter de masquer le fait que les bastons sont en fait assez molles. On sent bien que les coups ne portent jamais et ne sont par ailleurs pas toujours accompagnés de bruitages, ce qui en diminue encore un peu l’impact. Heureusement, le réalisateur retombe sur ses pattes avec le gore, notamment lorsqu’il fait s’affronter seize jolies demoiselles qui vont s’étriper avec des haches, des machettes, des épées ou un lance-flamme. Têtes qui volent et corps sexy qui crament sont au programme, ce qui permet de faire passer la pilule de la mauvaise tenue du montage. Ces combats à mains presque nues sont cependant minoritaires dans le film et le principal est tout de même que Reiné emballe correctement ses courses, ce qui est le cas. Il n’a décidément pas son pareil pour mettre en valeur des cascades impressionnantes, comme lorsque les bolides traversent une maison ou lorsqu’ils explosent. Et s’il peut retomber dans le gore avec des corps écrasés ou qui explosent, il ne s’en prive pas non plus !

 

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A dire vrai, le changement le plus intéressant se fait sans doute du coté d’une certaine tendance à décomplexer un peu son divertissement. Si l’intrigue reste assez sérieuse, on sent bien que Reiné a décidé d’y aller franco dans le coté « exploitation » du film, n’hésitant pas à foncer tête baissée dans quelques idées qui n’auraient pas dépareillées dans un post-apocalyptique bis italien des années 80. La prison africaine semble sortir d’un vieux film grindhouse, avec ses gardes qui se baladent avec des hyènes en laisse ou ces prisonniers obligés de courir dans de gigantesques roues de hamster pour alimenter les lieux en électricité ! C’est débile mais ça nous donne un sourire satisfait, celui que l’on a lorsque que l’on se dit que, finalement, la série B actuelle peut parfois se montrer aussi joyeusement conne que celle d’antan ! L’équipe est d’ailleurs si décomplexée qu’elle semble grandement se foutre du quand-dira-t-on, la représentation ici faite des Africains n’étant pas particulièrement valorisante. C’est bien simple, ce sont soit des brigands qui tirent dans tout ce qui bouge, soit des crétins qui viennent se mettre au bord de la route en chantant et dansant alors que les bolides sont en train de se tirer dessus. Pas de doute, certains tiqueront devant cette image du peuple africain. Notez que les Américains ne passent pas pour bien meilleurs, généralement montrés comme des êtres vénaux, à commencer par le grand méchant producteur Niles York qui n’hésite pas à balancer des missiles dans la population. Notons que son interprète fournit une interprétation qui franchit la limite du cabotinage, ce qui en fait un méchant typique et finalement assez rigolo. Le sort qui lui est réservé est par ailleurs assez bien pensé et nous fait presque espérer un quatrième volet. Le reste du casting s’en tire d’ailleurs un peu mieux que dans le deuxième, car si Luke Goss reste égal à lui-même et est un héros correct, on notera que Danny Trejo est un poil meilleur. Sans doute car il tire un peu plus la gueule, ce qui convient mieux à sa tronche burinée.

 

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Alors, est-ce que ce Inferno est meilleur ou moins bon que les précédents ? Il est en fait exactement du même niveau (un peu meilleur que le deuxième, cependant) et à moins d’être allergique au sable (ce qui serait bien dommage car certains décors sont très beaux), vous n’avez aucune raison de détester cet opus si vous êtes fan des premiers. Reiné semble même s’être amélioré en cours de route, Death Race 3 étant un chouia plus joli que le 2, les plans étant également un peu plus iconiques. Parfois un peu trop d’ailleurs, ce pauvre Frankenstein ne pouvant faire deux pas à une vitesse normale, le ralenti semblant être de mise à chaque fois qu’il passe une porte. Mais c’est un peu à l’image du reste du film, qui se soucie avant tout du plaisir qu’il donnera aux spectateurs et n’essaie jamais de se faire passer pour autre-chose qu’une série B bourrine, sans pour autant bâcler ses personnages ou sa « dramaturgie » (le mot est bien entendu un peu fort pour un film Death Race). Si cet opus doit être le dernier, on pourra dire qu’il aura permit à la franchise de se clore sur une bonne note et lui aura donné une certaine cohérence qualitative, avec ses qualités et ses défauts (notons par ici un personnage qui disparaît du film comme par magie alors qu’il était pourtant le grand rival de la course !). Vous pouvez être sûrs que Roger Corman, toujours producteur de l’affaire, se mord les doigts de ne pas avoir poussé Paul Bartel à faire trois ou quatre suites dans les années 70…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Roel Reiné
  • Scénarisation: Tony Giglio
  • Production: Paul W. S. Anderson, Jeremy Bolt, Mike Elliott
  • Pays: USA
  • Acteurs: Luke Goss, Danny Trejo, Dougray Scott, Tanit Phoenix, Frederick Koehler, Ving Rhames, Robin Shou
  • Année: 2012

2 comments to Death Race: Inferno

  • M. Bizarre M. Bizarre  says:

    Ben voilà ! Autant Death Race 2 était à chier, ennuyant et sans aucune nouveauté par rapport à son modèle, autant celui-ci décide d’y aller à fond et se veut beaucoup plus déconneur. Les acteurs paraissent plus à l’aise, les situations sont beaucoup plus folles (le missile qui traque les fuyards et les villageois qui se font dézinguer, voilà qu’on se rapproche du Death Race 2000 de Bartel ! Pas trop tôt !) et la conclusion à un côté Tales From the Crypt totalement inattendu et en fait même assez cruel, j’aime beaucoup !

    Reste l’idée en elle-même carrément absurde de l’interquelle, avec notre héros brûlé vif qui finalement ne garde qu’une toute petite cicatrice de rien du tout (merci la chirurgie carcérale !), ce qui est quand même vachement, vachement poussif. Comme si les coupables s’étaient dit « le héros il était sympa, il lui faut quand même un happy end ».

    Et sinon, à défaut de séquelles au Death Race 2000 original, il reste toujours Death Race 2020 !

    (PS. c’est dans celui-ci où les héros pensent que Trejo est mourant et le retrouve entrain de se faire sucer par l’infirmière ou c’était celui d’avant ?)

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