Rayon Action: Episode 4

Category: Rayon Action Comments: 8 comments

Rayon Action, Episode 4: la résurrection! Et oui, ça fait un petit moment, quatre ou cinq mois en vérité, depuis la dernière fournée de pelloches généreuses en pectoraux d’acier et en pluie de grenade, mais l’attente est terminée puisque l’allée des brutes rouvre ses portes! Et pour fêter ça on se penche sur du Sylvester Stallone vénéneux, du Jackie Chan revanchard, du Jason Statham protecteur et du Dolph Lundgren incorruptible. Dégoupillez! Lancez! Explosez!

 

 

 

Cobra

Si Sylvester Stallone a souvent incarné des héros au grand cœur, qui n’hésitent pas à montrer leurs sentiments, voire à pleurer comme des fans hystériques de Violetta devant leur idole (ce que l’on ne voit jamais chez son copain Schwarzy), il lui est aussi arrivé d’incarner de vrais durs, des gars capables de vous démouler un cigare de trois mètres sans avoir l’air de pousser. C’est le cas dans Cobra, nom du film mais également diminutif de Sly dans le récit, ce qui est déjà une indication de la dangerosité du garçon, car on ne se fait pas appeler Cobra quand on va servir la soupe populaire ou qu’on est ingénieur du son aux concerts des Enfoirés. Non, on prend le patronyme de l’un des plus vicieux serpents du monde lorsque l’on tue comme à l’usine, que l’on démolit des bagnoles comme dans une casse ou que l’on fait cramer des corps comme dans un four crématoire. Cela tombe bien, tout cela vous aurez la chance d’y assister dans le film de George Cosmatos, déjà réalisateur de Rambo 2 et donc habitué des longs-métrages explosifs. A la base une adaptation du roman Fair Game et mettant donc en scène un flic devant protéger une nana de la mafia russe mais changé après le passage de Sly (ici scénariste) en un actionner aux relents de slasher, remplaçant les Russes par une secte de dégénérés attaquant tout ce qui bouge. Leur cible de la semaine: Brigitte Nielsen, à l’époque épouse de Sly, seul témoin capable d’envoyer tous ces dingos derrière les verrous pour un moment. S’en suivra un jeu de cache-cache entre la bande des illuminés et Cobra et sa protégée, qui tenteront de fuir face à la horde de psychopathes qui leur colle au derrière. Une œuvre visiblement incomprise puisque si Cobra est réévalué avec les années, il fut sacrément descendu à l’époque de sa sortie, en 1986. Les Razzie Awards feront d’ailleurs un carton dessus, le nominant dans toutes les catégories possibles et imaginables, de pire acteur et scénariste pour Stallone à pire actrice pour Nielsen, en passant par quelques nominations exagérée comme le prix de la pire photographie, alors que le film est justement fort soigné à ce niveau. Et il n’y a d’ailleurs pas matière à avoir honte lorsque l’on s’envoie ce cracheur de venin dans les rétines puisque l’on peut même dire que nous avons là l’un des meilleurs Stallone et l’un des plus sympathiques films d’action des eighties. Oui, j’ose!

 

cobra1

 

Il faut dire que l’amateur de cinéma horrifique sera aux anges avec le film de Cosmocats… Oups Cosmatos, pardon. Bien entendu, le bourrin qui veut sentir la poudre et voir des flammes aura sa dose aussi, et le film est d’ailleurs particulièrement varié dans ses tentatives de taper dans l’action, les situations (fusillades, mano a mano, courses-poursuites en bagnole) étant aussi variées que les décors (orangeraie, usine, motel, hôpital). Mais le petit plus de Cobra par rapport à ses rivaux des mêmes années est très clairement son affiliation à la scène horrifique et il est bien difficile de ne pas percevoir le coté slasher ici amené. Nos fous furieux aiment la hache et les couteaux tranchants et le montrent, s’attaquant à tous et toutes, ajoutant à l’effroi avec leurs gueules de porte-bonheur. Il faut ainsi voir la tronche de l’incroyable Brian Thompson, doté d’une mâchoire capable de vous gober d’un coup. Lui aussi fut d’ailleurs « honoré » d’un Razzie, ce qui encore une fois est un poil exagéré, car s’il ne méritait pas un Oscar il était tout de même bien dans le rôle, qui ne demandait d’ailleurs aucune finesse mais juste un visage particulier. Et celui qui a tourné un mockbuster des Expendables nommé The Extendables (ça ne s’invente pas) avec Mark Dacascos a justement la tronche qu’il faut pour incarner un méchant mémorable et assez creepy. Et pour rester dans le coté « épouvante », on remarquera avec amusement que la bande-originale du film a sans doute servi d’exemple à celles des Insidious tant elles sont similaires, usant des mêmes sons inquiétants. Ecoutez, vous verrez, c’est saisissant! Jamais chiant (le film est trop court pour ça, de toute manière), Cobra fera tout de même sourire les plus jeunes qui lui trouveront un coté eighties trop prononcé, que ce soit dans les coiffures ou certains choix musicaux, très pop. Mais mis à part ces quelques réserves pas bien vilaines, il faut bien avouer que l’on tient là l’un des Sly les plus jouissifs et sombres de sa filmographie. Ce qui se salue forcément. Et puis tout cela est une production Cannon, ce qui devrait rassurer tous les bourrins de la planète…

 

cobra

  • Réalisation: George P. Cosmatos
  • Scénarisation: Sylvester Stallone
  • Production: Menahem Golan, Yoram Globus
  • Pays: USA
  • Acteurs: Sylvester Stallone, Brigitte Nielsen, Brian Thompson, Reni Santoni
  • Année: 1986

 

 

 

 

 

 

Homefront

Dans la crypte toxique, on l’aime bien Jason Statham, même si ça n’a pas toujours été le cas. A notre décharge, il faut bien admettre que le début de carrière du chauve qui fait la gueule n’était guère motivant et principalement constitué des films d’action antipathiques, genre Le Transporteur et ses suites ou ses décevantes rencontres avec Jet Li (The One, Rogue). Et ne parlons pas du risible King Rising de l’allemand boxeur Uwe Boll… Mais petit à petit l’oiseau fait son nid et vient nous dégueuler dessus quelques jolis vers qui remontent le niveau, comme Death Race, le sympa Cellular (néanmoins explosé par son génial remake chinois, Connected), les très fun Hyper Tension ou encore le fort bon Safe, chroniqué dans le Rayon Action précédent. On en vient même à regretter que son ami Stallone lui ait refilé le rôle le plus antipathique de l’équipe des Expendables… C’est d’ailleurs le bon vieux Sly qui apportera à Statham le scénario d’Homefront, projet écrit par notre ami Rocky et adapté d’un livre du même nom (titré Du Feu sous la Neige chez nous) dans le but d’en faire Rambo 4. Nous savons tous qu’au final John Rambo sera tout autre, son interprète changeant de plans au dernier moment et se retrouvant donc avec un script dont il ne sait que faire sur les bras. Il décide donc de le proposer à son ami Jason, qui le lit sur le set d’Expendables 2 et en tombe amoureux, voyant là l’occasion d’incarner un père de famille, ce qui ne lui était jusque-là jamais arrivé. Banco, Statham se retrouvant dans la peau de Phil Broker, agent de la DEA infiltré dans une bande de motards trafiquants de la coke. Mais la mission tourne mal et le fils du chef de nos drogués motorisés est tué, son papa rejetant la faute sur Broker qui est du coup obligé d’aller se planquer en Louisiane avec sa fille pour quelques temps… Mais les habitants du coin, pas du genre à vous accueillir avec une tarte au citron, se montrent de plus en plus hostiles. A commencer par Cassie (Kate Bosworth, moins jolie qu’à l’accoutumée) qui n’accepte pas que son enfoiré de fils se soit fait rosser par la fille de Broker, ce qui entraine une guerre entre parents qui finira par impliquer le dealer Gator (James Franco), frère de Cassie qui compte bien utiliser des méthodes illégales pour laver l’honneur de sa frangine. Et pourquoi pas appeler les vieux ennemis de notre héros ?

 

homefront1

 

Homefront ne cache jamais son intention de faire un actioner mâtiné de suspense comme on en croisait régulièrement dans les années 90 (on pense parfois à Cavale sans Issue), avec son père de famille rangé des voitures mais qui était tout de même le meilleur des flics quelques mois auparavant (syndrome Commando) et ses vilains trafiquants qui ne savent pas vraiment à qui ils ont affaire. Mais pas indestructible comme ce bon vieux Arnold, Statham préfère se la jouer homme lambda, plus doué que la moyenne pour casser des tronches, certes, mais normal tout de même. Un bon gars qui aime sa fille, organise des fêtes d’anniversaire et ne cherche pas la merde. Il devra bien évidemment ressortir la hache de guerre à un moment ou un autre, pour que le film mérite son adjectif d’actioner. C’est peut-être là que le bas blesse un peu puisque si les scènes de baston ou de fusillades sont toutes très réussies (bien filmées, violentes, avec un Statham en forme bien que pas forcément super exploité), elles ne sont jamais l’argument de vente principal d’Homefront qui préfère jouer sur son suspense. Qui est par ailleurs bien foutu, l’aspect « querelle de voisinage » apportant une touche de réalisme bienvenue, mais également un brin prévisible… Car tout spectateur sait ce qu’il va se passer, et ça ne fait d’ailleurs pas un pli, ce qui nous donne la désagréable sensation que le scénario qui ne devait être qu’un prétexte à faire voler les dents ennemies prend finalement le pas sur l’action. Ce qui n’empêche pas le film d’être très agréable à suivre, comme une bonne vieille série B d’antan, mais limitera peut-être les révisions. Mais c’est là du chipotage car si le manque d’originalité de l’entreprise peut faire tiquer, il faut reconnaître que nous sommes très heureux de retrouver une bande burnée à l’ancienne et soignée visuellement, le réalisateur Gary Fleder (The Express) nous pondant une centaine de minutes à la photographie soignée et à la réalisation efficace, quand bien même le montage n’est pas le point fort du film. On se réjouira également de retrouver une certaine brutalité, avec des corps transpercés par les balles, et pas avec du sang numérique! Ce qui surprend pour une prod Millenium, Avi Lerner nous ayant habitués à des films moches comme du DTV Seagalesque et à des gerbes pixélisées du plus ignoble effet… On aimerait le voir soigner ses Expandables avec autant de bonheur… Notons également un joli casting, qui ressuscite Winona Ryder, appelle le toujours excellent Clancy Brown et finit de faire du très sympathique Frank Grillo un futur espoir du cinoche d’action. Car après avoir tenu les flingues comme le Punisher dans American Nightmare 2 et s’être fait remarquer dans Captain America: Le Soldat de l’Hiver, le bon Grillo se retrouve ici à jouer les bad guy psychotiques dans un rôle court mais bien tenu. Le constat est donc plus que positif malgré quelques réserves guère envahissantes et si vous chercher un petit film qui regarde vers le passé, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

 

homefront

  • Réalisation: Gary Fleder
  • Scénarisation: Sylvester Stallone
  • Production: Sylvester Stallone, Nu Image, Millenium Films
  • Pays: USA
  • Acteurs:Jason Statham, James Franco, Winona Ryder, Kate Bosworth, Frank Grillo
  • Année: 2013

 

 

 

 

 

 

Le Poing de la Vengeance

Histoire de varier les plaisirs, quittons un instant les grands musclés et leurs grosses pétoires pour partir du côté de la finesse asiatique, et plus précisément dans les poches de ce petit singe malicieux qu’est Jackie Chan. Enfin, la finesse n’est pas nécessairement le fort de ce Poing de la Vengeance qui est un produit typique de la production de kung-fu de la fin des années 70 à tendance ancestrale, avec ses vieux temples et ses écoles d’arts-martiaux qui se font des politesses en face mais se crachent des gros mollards dans le dos. Le film débute en tout cas sans tarder puisque nous sommes d’emblée spectateurs d’un tournoi opposant les maîtres du pays et dans lequel se distingue tout particulièrement Juang, qui plaque au sol tous ses opposants sans difficultés particulières. En toute logique, il gagne le titre de vainqueur, à la grande joie de sa femme, sa fille et de son disciple Yuen (Jackie Chan). Mais alors qu’ils s’apprêtent à fêter cette belle victoire au cours d’un banquet qui les fera se réveiller avec trois kilos dans le slibard le lendemain matin, un retardataire du nom de Chung (c’est le dos du DVD qui me le rappelle, je vous avoue que je n’ai pas retenu tous les noms et je ne suis pas persuadé que c’étaient les mêmes blases dans le film, d’ailleurs). Chung, c’est le genre sans gêne, l’emmerdeur né, le mec qui arrive une heure après le souper et qui trouve encore le moyen de râler parce que la bouffe est froide. Ainsi, non content de débouler en retard, ce qui l’empêche bien évidemment de participer au tournoi, il se plaint que le gagnant n’est pas méritant et que lui seul est digne du titre de vainqueur. Et pour prouver ses dires, il fout la branlée de sa vie à Juang, qui décède sous ses coups. Une année passe et le disciple Yuen décide de quitter sa terre natale avec la femme et la fille de Juang pour aller ratatiner la tronche de Chung, sans trop que l’on sache pourquoi ça lui a pris une année pour se décider (le temps de s’entraîner, peut-être ?). Mais une fois arrivé dans le fief de Chung, les choses se compliquent. D’une part, celui-ci s’est tranché la jambe de remord, déshonoré par ses actes passés et déprimé par la mort de sa concubine, qui s’est suicidée lorsqu’elle eut vent de la méchanceté dont fit preuve son époux. D’une autre, Chung est en conflit avec une école rivale, faite de criminels qui pillent et brutalisent les honnêtes gens. Ces brigands vont d’ailleurs utiliser la soif de vengeance de Yuen pour s’en prendre à Chung et faire tomber son école et prendre le contrôle de la région…

 

chan1

 

Du pur cinéma de kung-fu à l’ancienne, aucune tromperie sur la marchandise ! Et de qualité, en plus ! Certes, le scénario a un fort goût de prétexte à distribuer les mandales, certes il n’est guère original, mais au moins bénéficie-t-il d’un certain suspense. Ça se trahit dans tous les sens, ça déçoit, ça dramatise, ça s’énerve, ça se rabiboche,… Ce n’est pas d’une finesse absolue, même si le personnage de sale mec repenti de Chung permet des relations intéressantes avec les autres personnages et est un bon moteur pour le tout, mais au moins on ne s’ennuie pas en attendant que les combats débarquent avec fracas. Ils sont par ailleurs en très grand nombre et sont généralement très sympathiques, même si la majorité n’est guère mémorable. On retiendra tout de même ce très violent combat entre Jackie Chan et un manieur de tonfas pointus, la participation de Chung à la bataille finale alors qu’il lui manque une jambe et cet accès de colère du Jackie, qui tabasse avec une rage impressionnante un badguy particulièrement imbuvable. Bien sûr, tout cela est transpercé par les lames d’un doublage français d’époque qui réunit les trois ou quatre doubleurs habituels du genre, qui n’en ont pas plus à foutre ici que dans les autres films du même ordre. Ça n’aide pas vraiment à prendre le tout au sérieux, et encore moins lorsque cette version française nous prouve qu’elle a pris le montage américain pour socle lorsque l’on entend un Chinois courir en criant « Let’s get out of here ! » ! Reste que ceux qui trouvent que ce petit singe de la baston qu’est Chan est trop porté sur la gaudriole peuvent y jeter un œil puisque le tout est d’un sérieux absolu et régulièrement violent. On y empoisonne des vieilles, on se coupe la langue pour se suicider, on se pend, on tue des gosses, on crache du sang,… Rien à voir avec Le Smoking et Rush Hour donc, et c’est tant mieux ! Un moment particulièrement agréable et fort recommandable dans la filmographie du Chan.

 

Le-poing-de-la-vengeance-affiche-14474

 

  • Réalisation: Wei Lo
  • Scénarisation: Chung-Ping Wang
  • Titres: Long Quan (Chine)
  • Pays: Chine
  • Acteurs: Jackie Chan, James Tien, Lin Yin-Ju, Chiang Kao
  • Année: 1979

 

 

 

 

 

Direct Action

Pour peu que vous soyez des habitués de Toxic Crypt, vous savez déjà que dans ce caveau vénéneux on kiffe clairement Dolph Lundgren. Ne cherchez pas des raisons scientifiques à cet amour pour le Suédois de fer, il n’y en a pas. Le grand gaillard est juste cool : de beau gosse du cinéma d’action il est devenu la vieille tronche burinée de la série B et il parvient à exceller dans les deux cas tout en n’étant pas un acteur particulièrement brillant, le mec multiplie les talents (monsieur aurait pu être chimiste, il fut top-modèle, videur de boîte de nuit avec Chazz Palminteri, pratique les arts-martiaux, fut le capitaine de l’équipe de pentathlon aux Jeux Olympiques de 1996, est un passionné de batterie et a même chanté et fait son petit show lors de l’Eurovision) sans se la jouer, la plupart des gens qui causent de lui le faisant en soulignant sa gentillesse. C’est le bon gars quoi, le type qui prend son travail au sérieux et reste agréable en toutes circonstances, l’exact opposé d’un Steven Seagal jugé comme désagréable par tous ceux qui ont travaillé avec lui et qui ne soigne plus ses films depuis bien longtemps, se contentant de venir encaisser son chèque pour ensuite aller claquer ses millions en jeunes filles des pays de l’Est. Lundgren, lui, tente vaille que vaille de proposer quelque-chose de réussi, réalisant régulièrement ses propres films lorsqu’il le peut ou développant leurs scénarios (le très prometteur Skin Trade avec Tony Jaa, Ron Perlman, Michael Jay White et Peter Weller, qu’il a écrit et produit). Si son vieil ami Sly ne lui laisse que des miettes de pellicules dans la très moyenne série des Expendables, Dolph ne s’apitoie pas sur son sort et use de ses talents pour pondre des séries B aussi sympathiques que faire se peut. Ainsi, si l’on regarde sa filmographie, on note que le mec qui éclipsa Van Damme dans Universal Soldiers a fait moins de mauvais films que beaucoup de ses collègues de la salle de sport. Bien sûr il n’y a aucun classique intemporel dans sa carrière récente, disons celle des quinze dernières années, mais on n’y trouve pas non plus des masses de merdes qui fument si fort qu’elles vous en retournent les narines. Il faut aussi le préciser : je suis sans doute plus bienveillant avec une daube de Lundgren qu’avec une de Seagal, tout simplement parce que je suis toujours heureux de revoir le blondinet, même dans une purge, alors que le Steven ne m’a jamais particulièrement attiré. Et cela n’a pas loupé avec le Direct Action qui nous occupe aujourd’hui : j’ai trouvé ça plutôt agréable.

 

directaction1

 

En plus d’être un titre de film particulièrement cliché mais qui a le mérite de vous vendre le ketchup sans l’étiqueter comme de la mayonnaise, Direct Action est une équipe d’intervention qui agit au plus vite pour éradiquer toute criminalité. Frank Gannon (Lundgren) en fait partie et est peut-être le meilleur élément de la troupe, si bon et droit dans ses bottes qu’il est aussi le seul à ne pas être un ripou s’en mettant plein les fouilles en trafiquant de la poudreuse avec tout ce que la région compter de dealers. Il est même déterminé à faire tomber ses collègues en allant témoigner contre eux au tribunal, ce qui n’enchante guère son capitaine, trempé jusqu’au cou dans les sales affaires, qui décide d’envoyer ses hommes au cul de Gannon, qui va avoir toutes les peines du monde à parvenir jusqu’à la barre… Pour ne rien arranger, l’honnête homme se retrouve avec une jolie débutante peu douée dans les pattes… Direct Action porte à vrai dire bien son titre puisque le script ne s’embarrasse pas de grand-chose, ni velléité artistique, ni idée originale, sachant fort bien que le public de 2004 (année de sortie du film) empoignant un DVD de Dolph Lundgren dans les bacs à soldes ne s’attend pas à un remake d’Autant en Emporte le Vent. Le but est ici de servir la bouillie en temps et en heure, de ne pas tromper sur la marchandise et de livrer ce qui a été commandé. Et il n’y avait pas de finesse ou d’introspection au menu mais plutôt des douilles, des mitraillettes et des coups dans la gueule ! Le film nous envoie donc une scène d’action toutes les dix minutes ou presque, tentant de varier les situations autant que le budget le permet. Dolph éclate ainsi des bikers dans un bar avant d’aller dézinguer des flics corrompus dans un terrain vague. Et comme il lui reste encore un peu de temps avant d’aller faire raisonner sa grosse voix rocailleuse dans les pots de cérumen des jurés, il va retourner des malfrats dans une bicoque pourrie, torcher des enfoirés dans une usine désaffectée et écraser du pourri sur un parking. La journée habituelle de Dolph, en somme, qu’il finira en dégustant un bon phoque grillé. Le film est donc assez généreux niveau agression filmique et dispose de la quantité suffisante pour calmer la faim des ogres des actioners que vous êtes. Mais si le buffet est garni, encore faut-il que le goût soit bon…

 

directaction2

 

Malheureusement, les planètes n’étaient pas alignées pour faire de Direct Action un classique dans la carrière du Dolph. Il faut dire qu’avec Nu Image à la production (pas franchement connus pour torcher le top niveau du cinéma) et Sidney J. Furie (Superman 4, connu pour sa qualité ignoble, quand même…) à la réalisation, on ne s’attendait pas à offrir à nos écrans plats un polar digne de Heat, ou plutôt de Training Day puisque c’est ici la référence évidente de Direct Action. Avi Lerner, patron de Nu Image, vous dirait peut-être que le film de Furie est du même tonneau, histoire de vous vendre sa came. Sur le papier, il n’a pas tort, on retrouve en effet la même donnée temporelle et le même regard désabusé sur les flics et les autorités que dans le petit classique avec Ethan Hawke et Denzel Washington. Mais oubliez l’aspect pesant et noir du film d’Antoine Fuqua, ici c’est de la photocopie à la mode Série B, une version qui bande les muscles et tabasse sur tout ce qui bouge. Cela pourrait fonctionner si ce n’était pas aussi mou, à vrai dire… Car même si l’on n’attendait pas énormément d’un budget forcément maigre, il faut bien souligner que malgré son nom, Furie ne filme pas comme un furieux et que tout cela est bien pépère. On se plaint souvent que les montages actuels sont trop dynamiques, au point que le spectateur peine à y comprendre quoique ce soit, celui de Direct Action ne l’est malheureusement pas assez. Il y a un côté plan-plan, sans impact, presque sans bruit. C’est bien évidemment le gros problème de l’entreprise, et c’est particulièrement gênant lorsque l’on parle d’un film d’action, ce qui est d’autant plus dommage que le tout est assez violent et dur. Des innocents sont assassinés, Dolph lui-même se fait tirer dessus et blesser au couteau à plusieurs reprises, il y avait matière à faire un bon petit actioner nihiliste et brutal du futal. Malheureusement, le film loupe le coche de la réalisation, en plus de proposer un badguy peu charismatique qui n’aide pas franchement à se sentir impliqué dans l’histoire. Rajoutez au tableau quelques touches de mauvais goût qui viennent ringardiser l’affaire, comme ce générique de fin à la musique immonde, le genre dont ne voudrait même pas Marc Dorcel pour le dernier de ses pornos. Cependant, il reste le plaisir de voir le Lundgren faire quelque-chose (pas comme dans Expendables 3, où il passe tout le film à se faire chier dans son coin) et la satisfaction de voir un sidekick féminin pas trop désagréable. Pas très flamboyant donc, ce Direct Action qui ne risque pas de laisser Dolph se cogner à un Boeing vu que le tout ne vole jamais haut, et à ne conseiller qu’aux fans de Musclor, qui devraient passer un assez bon moment car le tout n’est jamais désagréable et Lundgren y bouge tout de même très fréquemment !

Rigs Mordo

 

directactionposter

 

  • Réalisation: Sydney J. Furie
  • Scénarisation: Sidney J. Furie, Greg Mellott
  • Production: Avi Lerner, Paul Jennison, Shane Cardwell, Gary Howsam
  • Pays: USA, Canada
  • Acteurs: Dolph Lundgren, Polly Shannon, Donald Burda, Walter Alza
  • Année: 2004

8 comments to Rayon Action: Episode 4

  • Dirty Max 666  says:

    Quand je te lis, je retrouve la fougue de mes anciens numéros d’Impact ! Y a pas à dire, ce nouveau rayon action dépote. Déjà, Cobra, sacré morceau de péloche sombre et bourrine, que tu défends à merveille. J’avais oublié que le film avait récolté autant de césars, euh…de razzies, pardon, ce qui est franchement injuste…Et pour la musique d’Insidious, je ferai attention la prochaine fois, ta comparaison est très intrigante. Sinon Homefront, je le trouve très sympa, avec un script (et un casting) loin d’être inintéressant. Le seul hic, en ce qui me concerne, c’est l’utilisation de la shaky cam lors des scènes d’action (ça m’avait aussi gêné sur le tout aussi sympa Safe). Pas vu encore vu le Jackie Chan mais ta critique me fait saliver (heureusement, j’ai toujours mon bavoir quand je lis Toxic Crypt). Et pour le Dolph, je plussoie à donf puisque j’adore aussi le géant suédois, un mec plus attachant et intègre que le saumon agile, ça c’est sûr.

  • M. Bizarre M. Bizarre  says:

    Gros gros +1 vis à vis de Cobra, qui (à ma connaissance) a TOUJOURS été torpillé par tout le monde. Le public général (arf arf Stallone, nanar !) et par la presse spécialisée type MM ou autre (film de facho. Sérieusement). Pour ma part je l’ai toujours vu comme un hybride dégénéré entre le films d’action over-the-top d’époque, avec un Stallone qui pour le coup EST Judge Dredd ici, et le slasher gimmick de la fin des années 80. Brian Thompson est d’ailleurs vraiment impressionnant, et le culte paraît carrément cinglé avec leur idée de lancer des attaques meurtrières limite suicidaires contre les citoyens (le début dans le supermarché notamment).

    Je pourrai en dire mais… Disons qu’une chronique est en route 😉

    Homefront, plus trop de souvenir, mais pareillement. Statham est sympa (surtout avec sa vrai voix enrouée) et le script plutôt sympatoche. Ce n’est pas extraodinaire, et pas aussi mémorable que d’autre prod Statham / Stallone, mais ça fait parfaitement son office. Pas déplaisant même s’il lui manque un petit quelque chose pour le différencier de la masse, ou pour lui donner une véritable identité. (par contre je cherche toujours le rapport avec Rambo)

    Le Jacky de l’époque, et bien que dire. C’est une époque révolu, des films comme on ne le fait plus, mais qui sont toujours vibrant d’une énergie incroyable (le Qi, sans aucun doute) qui file la patate. Je déplore juste les VF, quand même franchement pitoyable, et les titres que l’on fini toujours par mélanger (combien de Hyène, de Tigre, de Dragon qui Frappent ou se Vengent ?).

    Quant à Direct Action, je n’ai malheureusement vu que les dernières minutes donc je ne me prononcerai pas. Mais Dolph Lundgren = un BON film même dans ses pires productions. Elles ne tombent jamais en-dessous d’un certain niveau, contrairement à ses pauvres collègues, et restent même mémorables dans pas mal de cas. Du coup je le verrai très sûrement un jour.

    PS. Skin Trade ça va poutrer.

  • Roggy  says:

    Comme Max, j’adore cette rubrique action qui se complète bien avec tes autres productions. Je me souviens être allé voir « Cobra » un samedi soir avec des potes au ciné de ma petite ville et j’en garde un bon souvenir bien bourrin :). Comme toi, j’aime bien le vieux Dolph qui paraît bien plus cool que l’ensemble des autres stars du genre. Sans bruit, il fait son petit bonhomme de chemin dans le genre et reste encore au niveau si on le compare au botoxé et au saumon plus très agile.

  • princecranoir  says:

    Ah cobra ! Enfin un article qui ne crache pas son venin sur ce film. Viux souvenir pour moi aussi, sortant de la salle avec lenvie soudaine de sortir un gun a crosse d ivoire et de machouiller une allumette (gosling tu fais pitié avec ton cure dents)

Leave a reply

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>