Death Race 2

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A tout succès, sa suite! Ou plutôt sa préquelle, ce qui est le cas avec ce Death Race 2 qui est en fait un Death Race 0 maquillé. Mais rassurez-vous: avant, pendant ou après, cela ne fait absolument aucune différence, la recette reste la même et mise toujours sur le même mix de grosses cylindrées, de jolies pépées et de sang qui gicle.

 

Sans faire beaucoup de vagues, le Death Race de Paul W.S. Anderson (monsieur Resident Evil) s’est tout de même frayé un chemin jusqu’au succès et aura rapporté pas mal de flouze. En tout cas suffisamment pour que les gaillards d’Universal mettent en branle une suite, certes DTV, mais qui aura malgré tout le mérite d’exister. Une série B qui aura tout de même un joli budget de 14 millions de dollars, ce qui est quatre fois moins que le premier avec Jason Statham mais aussi quatre fois plus que la grande majorité des direct-to-DVD qui viennent se garer dans les rayons de nos revendeurs (soit, par les temps qui courent, dans les pages d’Amazon). Un lit de billets confortables, qui permettra à Roel Reiné de s’offrir un casting qui reprendra d’un coté quelques acteurs du premier opus (Frederick Koehler, Robin Shou) tout en ajoutant quelques nouvelles têtes qui font la gloire de la série B moderne: Ving « Piranha 3D » Rhames, Danny « Machete » Trejo, Sean « Black Death » Bean et, dans le rôle du héros, le sympathique Luke Goss, méchant attitré de Guillermo del Toro, que ce soit en elfe maléfique dans Hellboy 2 ou en vampire mutant dans Blade 2. Un gaillard au physique proche de celui de Statham (un chauve musclé, quoi) qui pourrait laisser sous-entendre que Goss reprend le rôle du plus énervant des Expendables. Que nenni! Goss incarnera un nouveau personnage qui prenait le volant bien avant que Statham n’entre dans la course, ce Death Race 2 étant une préquelle qui va s’attarder sur la genèse de « Death Race », l’émission…

 

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Carl Lucas (Goss) est une petite frappe sympathique, le genre à ne pas aimer faire couler le sang (après tout, depuis vingt ans qu’il commet des braquages, il n’a jamais blessé personne), bossant pour le compte du tout puissant Markus Kane (Sean Bean), gangster local. Mais voilà, alors qu’il s’attaque à une banque, Lucas se retrouve avec les flics au cul, l’opération ayant si mal tournée que notre protagoniste s’est vu obligé de tuer quelqu’un. Il ne peut prétendre bien longtemps à la fuite et se retrouve coffré et directement envoyé dans la prison de Terminal Island, un pénitencier dirigé par September Jones (Lauren Cohan de Walking Dead, qui joue très bien la pétasse de télévision), une productrice ambitieuse qui se sert des prisonniers comme de gladiateurs, les forçant à s’entretuer devant les caméras dans des arènes crasseuses. Mais cela ne suffit pas à faire monter l’audimat et la demoiselle se voit presser par son patron Weyland (Ving Rhames), qui la menace de la virer si elle ne trouve pas une solution très vite. Mais September a une idée de génie: garder le principe des combats tout en le transposant dans une course. Un Mario Kart de l’extrême auquel Lucas va participer puisqu’au bout de cinq courses gagnées, la liberté lui tend les bras. S’il sera aidé de fiers techniciens comme Goldberg (Danny Trejo) ou Lists (Frederick Koehler), il devra également faire face à quelques fiers adversaires comme 14K (Robin Shou), Big Bill (Deobia Oparei) et tous les autres coureurs qui l’ont dans la ligne de mire, Markus Kane ayant posé un contrat sur sa petite gueule, le mafieux ayant peur que son ancien ami le balance…

 

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Si elle comporte quelques petites différences avec le premier film, l’histoire reste globalement la même, ou se repose en tout cas sur les mêmes figures. On a d’un coté le héros, qui n’est pas un ange mais n’est pas un mauvais non plus, qui va être forcé de participer à cette course, poussé par une femme d’affaires diabolique. Comme dans le premier, il sera aidé par de sympathiques techniciens et devra éliminer les autres concurrents. Il est évident que l’on n’a pas trop cherché à changer la recette, qui avait de toute façons fait ses preuves dans le premier, ce divertissement décérébré qui tenait ses promesses et donnait au public ce qu’il voulait: de la violence fun et de la pyrotechnie. Deux légumes à nouveau jetés dans la marmite, l’Hollandais Roel Reiné (qui est en passé de devenir le spécialiste de la série B puisqu’il a signé The Marine 2, Le Roi Scorpion 3 et Death Race: Inferno, le troisième opus de la franchise) respectant l’univers et le style instauré dans le premier. Les courses sont toujours brutales même si le cachet alloué ne permet pas toutes les folies que Paul Anderson pouvait s’offrir. Pas de camion qui vient dégommer les autres voitures, pas trop de courses non plus. Mais ne partez pas tout de suite ! Si Reiné ne peut clairement pas espérer atteindre le niveau de démolition qui était mis en place dans le premier, il ne démérite pas pour autant, le nombre d’explosions étant particulièrement haut, Reiné les mettant par ailleurs fort bien en valeur. Il sait en effet shooter de belles scènes d’actions, toujours lisibles, qu’il stylise en s’offrant des ralentis trafiqués jusqu’à l’os mais qui font clairement leur petit effet. Si vous aimez les explosions, vous aurez ici tout votre temps pour les apprécier, tout comme les fusillades. Reiné est à son aise et sait raconter une histoire, le rythme de son film ne pâtissant jamais, allant à l’essentiel puisque bien conscient qu’il est là pour torcher une bande divertissante. Il se rapproche donc beaucoup du film d’Anderson (qui reste actif dans le développement de cette suite, qu’il supervise), allant jusqu’à reprendre la patte musicale, qui contient quelques morceaux en commun avec le volet précédent, y ajoutant de nouveaux, qui vont du rap de gangsta au rock industriel, ce qui colle plutôt bien avec le sujet.

 

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Reiné ne se contente pas seulement de copier le film d’Anderson et lui ajoute tout de même quelques éléments nouveaux. On sent par exemple poindre quelques moments plus sensibles, voire poétiques, comme lors de ces ralentis qui épousent soudainement une musique plus triste. L’exemple parfait est cette scène au début du film où Lucas tire sans le vouloir sur un policier, le laissant complètement choqué de son geste alors que les balles fusent tout autour de lui. Une bonne manière de développer un brin le personnage, qui n’a pas de raison bien valable de se battre comme Statham qui devait retrouver sa gamine. Reiné remet également la critique des médias plus en avant que ne le faisait Anderson, ce qui fait de son Death Race 2 un meilleur disciple du film de Paul Bartel, les patrons de la télévision y étant vus comme des pourris qui s’assoient sur les corps des victimes si cela peut faire grimper l’audimat. Le coté Running Man est donc encore un peu plus présent que dans Course à la Mort premier du nom, Reiné se permettant même de poser Sean Bean dans son canapé, en train de regarder la production Corman (qui est toujours producteur). Le plus gros apport fait par Reiné est bien entendu ces combats à mains nues dans ces arènes de fortune, ce qui permet de proposer de l’action à moindre frais en laissant les bagnoles au garage. Lance-flammes, couvercles de poubelles qui deviennent des boucliers, massues, ces combats de gladiateurs nous ramènent un peu au bis italiens des années 80, ce qui n’est bien évidemment pas fait pour déplaire à de fieffés déviants tels que nous.

 

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Reiné en profite également pour développer quelques personnages présents dans le premier, comme Lists ou 14K, ce qui est l’occasion de voir un peu plus Robin Shou, ce membre des triades étant montré sous un jour un peu plus valorisant (il n’était là que pour se faire dégommer dans le premier). On peut par ailleurs remarquer que c’est une préquelle crédible que nous avons là, nous n’avons aucun mal à faire le lien avec le film d’Anderson, Reiné et ses scénaristes se raccrochant à celui-ci autant que possible. Y compris lorsqu’il s’agit de Frankenstein, dont nous découvrons la naissance. Un passage assez réussi, plus dur qu’on ne l’aurait soupçonné dans pareille entreprise, mais qui malheureusement n’aboutit pas sur grand-chose puisque le film se termine là où l’on aurait aimé qu’il commence. Ce sera pour le troisième! Nous sommes en tout cas face à une série B qui met en joie, nous rappelant que lorsqu’ils le veulent les studios peuvent faire des DTV de qualité. Car le film aurait clairement pu prétendre à une sortie en salles, le seul élément qui pourrait l’empêcher étant sa patine visuelle, la photographie ne masquant pas le coté très DV de l’image. Mais pour le reste, tout y est, y compris un casting finalement plus bandant que celui du premier. Bien entendu, tout n’est pas parfait, l’interprétation n’est pas le point fort ici (Rhames cachetonne, Trejo a beau être ultra sympathique il est aussi très mauvais acteur) et voir les divers fous du volant résumés à leurs origines est un peu gavant. On a le blanc, le noir, l’asiat, l’Allemand, l’indien et voilà pour la caractérisation. Dommage de ne pas retrouver l’originalité de Paul Bartel, qui avait réellement essayé de créer des concurrents différents, aux styles visuels bien différenciés. Mais c’est vraiment pour râler un peu car ce Death Race 2 est un divertissement recommandable qui devrait vous aider à finir votre bière et votre pizza le samedi soir. Voilà qui redonne en tout cas foi dans le cinéma d’exploitation moderne…

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Roel Reiné
  • Scénarisation: Tony Giglio
  • Production: Paul W. S. Anderson, Jeremy Bolt, Mike Elliott
  • Pays: USA
  • Acteurs: Luke Goss, Danny Trejo, Lauren Cohan, Sean Bean, Ving Rhames
  • Année: 2011

6 comments to Death Race 2

  • Dirty Max 666  says:

    Je n’attendais pas grand chose de cette suite (préquelle plutôt) mais apparemment il y en a encore sous le capot ! Et puis Luke Goss en tête d’affiche, ça le fait non ? Il m’a l’air assez robuste, le gazier. En plus, la jolie Lauren Cohan de The walking dead joue dedans…

  • Roggy  says:

    Comme tous les deux, je trouve cette séquelle assez sympathique et largement matable. En plus, j’avoue que j’aime bien Luke Goss qui est très crédible dans le rôle et qui possède un certain charisme.

  • M. Bizarre M. Bizarre  says:

    Et bien je serais loin d’être aussi tendre. Pour moi DR 2 est une merde très très mal réalisé, qui pu le cheap à fond. Luke Goss est sympa mais je l’ai senti pas très à l’aise, hésitant, la plupart du temps et pas tout à fait dans ses marques.

    Toute l’intro où il se la joue Transporteur (clin d’œil ?) est également mal foutu, mal monté, et doté de CGI de merde qui font vraiment peine à voir.

    Les courses ne m’ont pas paru mémorable contrairement aux autres opus de la série, et certains éléments du films sont quand même super naze (Sean Bean infiltre ses hommes dans une prison pour tuer un gars qui a toute les chances d’y mourir de toute façon ? Et il veut s’assurer de le faire taire alors que c’est précisé que CE gars sera le seul au monde à ne jamais le vendre ? WTF ??)

    Et tant qu’à faire, Sean Bean joue vraiment comme une brêle sur ce film. Il a deux modes: je parle / je cri. Je ne l’ai jamais vu comme ça.

    Heureusement que DR 3 vient relever le niveau. L’histoire est tout aussi conne sur certain point (le grand brûlé qui fait une opération de chirurgie et retrouve son visage, et le concept d’interquelle quand même bien con), mais Luke Goss y est beaucoup plus fun et relaxe, les courses changent un peu avec l’idée du désert, les foules innocentes s’en prennent plein la gueule comme dans le film original et tout se conclu par une scène plutôt bien vu concernant le ptit gros bêbête mais gentil, qui finalement…. a bien une raison pour se trouver en prison.

    Bref, DR2 c’est le coup d’essai, c’est foiré, on passe direct au 3 qui lui fait plaisir (et me donne bien envie d’un 4ème).

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