La Galaxie de la Terreur

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« Dans l’espace, personne ne vous entendra crier… lorsque vous serez violés par un asticot géant ». Voilà la tagline qu’aurait pu (dû ?) utiliser ce filou de Roger Corman lorsqu’il mit au monde cette Galaxie de la Terreur qui marche clairement sur les plates-bandes d’Alien. Le Prometheus de son époque ?

 

Le pognon il veut bien, oui, mais la vengeance aussi ! Car Roger Corman a beau être un producteur avisé, un homme d’affaire en acier trempé, c’est aussi un être humain doté de sentiments, d’un petit cœur qui bat et peut, à l’occasion, être blessé. Et en cette fin des années 70 qui commence déjà à annoncer le début des 80, Corman est amer. Amer parce que son fond de commerce commence à être récupéré par les grands studios. Désormais, les animaux tueurs, les épopées spatiales et les monstres mutants ne sortent plus seulement de ses tiroirs, des films comme Les Dents de la Mer, La Guerre des Etoiles ou Alien débarquant de firmes autrement plus friquées que la sienne. Difficile pour Corman de tenir la comparaison et il prétend toujours que des gars comme Steven Spielberg et Georges Lucas ont contribué à lui piquer une grande part de son gagne-pain. Car dans les années 50, 60 et une bonne partie des 70, les majors se foutaient du cinoche horrifique et fantastique comme de leurs premiers pets, laissant toute la place à Corman et quelques autres indépendants qui pouvaient dès lors envahir les drive-in et autres cinéma de quartier et y projeter leurs séries B bricolées avec les moyens du bord. Le public devait de toute façon s’en contenter puisqu’il n’existait pour ainsi dire qu’eux, l’alternative étant inexistante. Mais lorsque les grands d’Universal et compagnie se sont lancés dans l’aventure suite au succès de Jaws, les choses n’ont plus jamais été les mêmes pour Corman, ses efforts paraissant bien dérisoires face aux moyens dont disposent les grandes enseignes du cinéma américain. Mais sa vengeance, il la prendra partiellement dans les années 80, lors du boom de la VHS. Car si les majors niaient le cinoche de genre auparavant, c’est désormais la cassette-vidéo qu’ils vont esquiver pendant quelques temps, persuadés que cela va tuer les cinémas, et donc leur business. Peu de gros films sortent aux débuts de la VHS, ce qui laisse les étagères des videostores désespérément vides. Une demande se crée et il va falloir la satisfaire, c’est alors que les indépendants, les faiseurs de série B et Z, reprendront le pouvoir pendant un temps, nourrissant les rayons de leurs bisseries. Des studios comme Troma ou Empire y feront leur renommée, d’autres comme Corman s’en serviront pour persister.

 

 

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Puisque les studios lui ont piqué son genre, Corman va se servir d’eux à son tour et les utiliser comme pare-vent. Puisque les films de genre friqués marchent bien, il va saisir l’opportunité et sortir les mêmes films, ou en tout cas des œuvres proches, faites avec le quart du budget de ces modèles. Des versions B ou Z des grands succès, qui débarquent sur le marché pour satisfaire ceux qui n’ont pas eu l’occasion de voir les moutures plus prestigieuses. Vous n’avez pas vu Star Wars ? Pas grave, Corman vous propose Battle beyond the Stars. Vous avez kiffé Les Dents de la Mer ? Essayez donc Piranhas, c’est encore plus mordant ! Ah, c’est Alien que vous voulez voir… Désolé, on ne l’a plus, mais vous pouvez tenter La Galaxie de la Terreur, c’est pareil ! Vous avez saisi le principe, qui ne pourrait bien évidemment plus fonctionner à l’heure d’internet… Quand on n’a pas les moyens de balancer son film sur tous les grands écrans du pays, on doit redoubler d’ingéniosité et utiliser les techniques parallèles, et la vidéo était la meilleure du moment. Ce The Galaxy of Terror est donc le produit typique de ces années 80, fait pour un peu moins de 2 millions de dollars (à titre de comparaison, Alien en a couté 11 millions) et sorti deux ans après son modèle avoué. Car Corman ne cherche pas vraiment à masquer le fait qu’il a le film de Ridley Scott dans le collimateur, les scripts des deux films étant similaires. Dans un cas comme dans l’autre, une équipe de soldats de l’espace est envoyée sur une planète peu connue pour essayer de retrouver un vaisseau et ses passagers, visiblement perdus en ces lieux glauques. Et, dans un cas comme dans l’autre, les héros vont se retrouver face à de biens vilains monstres. Bien entendu, Corman ne peut pas se permettre de copier purement et simplement, il risquerait de se faire taper sur les doigts comme cela arrive fréquemment aux Italiens à la même époque, les ritals ayant moins de scrupules à reprendre les scénarios tels quels. Histoire de réduire les coups de production, Corman fait comme d’habitude: il engage des jeunes qui ne demanderont pas un gros salaire (s’ils en demandent un…) et feront le boulot aussi bravement que des pros. On retrouve d’ailleurs dans l’équipe pas mal de noms qui feront les beaux jours du cinéma fantastique par la suite, le plus connu étant bien entendu James Cameron. Ici réalisateur de deuxième équipe et homme à tout faire (il fait les décors, des effets), il se démarquera du reste des assistants par le fait qu’il trouve très rapidement des solutions à tout problème. Un débrouillard qui tape dans l’œil de Corman, qui le laissera se montrer plus créatif et lui permettra de se lancer en réalisant la suite de Piranhas. Difficile de ne pas remarquer l’ironie de l’histoire, Cameron faisant ses débuts sur un sous-Alien alors qu’il en réalisera la suite quelques années plus tard… Mais le réalisateur de Titanic n’est pas le seul nom intéressant que l’on retrouve au générique (ou pas, d’ailleurs, certains n’étant pas crédité et demandent que l’on analyse un peu IMDB) comme Bill Paxton (que l’on retrouvera aussi dans Aliens, d’ailleurs) qui se charge ici des décors, Tony Randel (réalisateur d’Hellraiser II) qui se charge de quelques effets spéciaux ou encore David DeCoteau (roi de la série B et Z, à qui l’on doit Creepozoids ou Puppet Master III) comme assistant de production. Cette galaxie terrifiante aura donc lancé quelques talents, même relatifs. On en vient à oublier le réalisateur, un certain Bruce D. Clark, dont c’est le dernier film et dont le seul autre titre un peu glorieux est Hammer avec Fred Williamson. Pas de quoi se souvenir particulièrement de sa personne, donc…

 

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Niveau acteurs aussi on retrouve quelques têtes connues, les plus évidentes étant bien entendu Robert Englund, qui ne savait pas encore qu’il allait entrer dans la légende sous le nom Freddy Krueger, ou encore ce bon vieux Captain Spaulding qu’est Sid Haig, qui détestait tellement ses dialogues qu’il a demandé à Corman si son perso pouvait parler le moins possible. Ce qui est le cas, il a deux phrases en tout et pour tout et elles sont en effet assez nazes. Bien joué, Sid! Notons également la présence du vétéran (et aujourd’hui décédé) Ray Walston, qui joua dans quelques séries B comme Popcorn ou Blood Salvage (et dans le film Popeye aussi, mais c’est juste pour dire…). Les seuls acteurs réellement intéressants par ailleurs, le plutôt connu Edward Albert qui se voit octroyé le premier rôle n’ayant pas beaucoup de films de genre à son actif. Le reste du casting ne se fera pas particulièrement remarquer, en tout cas pas pour leurs talents, la plupart étant assez amorphes (et guère aidés par une version française catastrophique tant les doubleurs semblaient s’emmerder), à l’exception d’Erin Moran, premier rôle féminin, qui semble vouloir réveiller tout le monde en allant dans l’excès inverse puisqu’elle en fait beaucoup trop. Elle hurle pendant tout le film et écarquille si fort les yeux que j’avais peur qu’elle se déchire les paupières à un moment ou un autre (notez que son sort n’est pas bien diffèrent…). Mais bon, les acteurs pas très impliqués, ce n’est que du commun pour qui navigue dans la série B/Z et cela ne choquera personne de ne voir aucune performance oscarisable ici. Le principal est ailleurs, dans les éléments horrifiques. Et c’est plutôt rassurant de ce coté puisque les décors sont assez jolis et passent bien l’épreuve du temps, ce qui est d’autant plus étonnant pour une production aussi modeste. C’est bien entendu fait avec les moyens du bord, il se dit d’ailleurs que la paroi du vaisseau a été faite avec des boîtes d’hamburgers de chez Mc Donald, paroi qui sera par ailleurs réutilisée dans une autre production Corman: Forbidden World, sortie une année après Galaxy of Terror et qui lui copie sérieusement Alien (il suffit de voir la créature pour s’en convaincre), mais peu importe, ça fonctionne toujours bien et certains plans auraient pu se retrouver sur la saga alienesque, comme la découverte de cette étrange pyramide.

 

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Le film se distingue également par quelques moments gore plutôt sales et qui vont clairement dans une volonté de mettre mal à l’aise. Bras coupé envahi par les vers, tête qui explose, intestins qui sortent du bide, corps brulé, il y a de tout et pour tous les goûts. Les effets sont par contre assez inégaux et vont du meilleur au pas terrible, le pire étant sans doute incarné par cette créature, heureusement furtive, qui ne ressemble à rien si ce n’est à un loup-garou martien. Le clou du spectacle est bien entendu le viol de cette pauvre blonde, qui ne supporte pas la vue des asticots et va se faire prendre par un ver géant. Une scène qui aura causé quelques petits problèmes puisque valant au film un classement X, qu’il réussira tout de même à éviter en coupant une seconde ici ou là, ce qui ne retire rien à la scène, à peine plus courte. Le fait que l’actrice commence à émettre quelques sons de plaisir durant l’acte n’a pas aidé non plus, il faut bien l’avouer. Reste que cette séquence, que vous ne retrouverez dans aucun des Alien, aura bien aidé le film à atteindre un statut d’œuvre culte. Visuellement, ce n’est donc pas mal, à condition bien entendu d’aimer les effets vintages, à base de laser kitsch et autres effets visuels colorés. Le problème, c’est que si La Galaxie de la Terreur parvient à se forger une patte graphique séduisante, il trébuche à toutes les autres marches, et surtout à la plus importante: raconter une histoire.

 

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Car on ne comprend rien, ou pas grand-chose, au film de Bruce D. Clark, qui a bien du mal à éclaircir son intrigue, qui aurait pu sortir d’une bande-dessinée publiée dans Creepy. On a ici la désagréable sensation qu’un narrateur était prévu mais aurait été perdu en cours de route tant nous sommes balancés au milieu d’une histoire dont on ne saisit que des bribes. On comprend bien qu’il y a eu une expédition similaire par le passé qui s’est mal déroulée, les relations entre les personnages sont également un peu décrites (mais vraiment un peu, hein), mais cela reste tout de même très léger et bien laborieux. On ne comprend pas non plus ce qu’est ce foutu « maître », un gars avec une tête luisante, qui envoie nos héros sur cette planète maudite, le finale tentant de nous expliquer ce qu’il peut mais nous tombons finalement dans une intrigue à la limite du mysticisme et surtout totalement incompréhensible. On a donc la sensation que les scénaristes ne savaient pas où ils allaient et on jetés sur la table quelques idées, du genre « une gonzesse violée par un ver, une autre qui a le crâne qui explose » mais n’avaient aucune idée de comment lier tout cela. On assiste donc à un enchaînement de scènes qui peinent à créer un tout cohérent, le film manquant sérieusement de bases scénaristiques pour que le spectateur soit impliqué. Les personnages eux-mêmes sont très fades et se cantonnent à leurs rôles de soldats/chercheurs (là non plus, on ne sait pas trop). La Galaxie de la Terreur n’apporte aucune réponse et nous ne sommes d’ailleurs pas très sûrs des questions non plus. On peut par exemple se demander pourquoi nos protagonistes n’essayent pas de se tirer de la planète ? L’un d’eux se contente d’expliquer qu’ils n’y arriveraient pas à cause d’une force invisible, un truc pas très clair encore. Et qu’est-ce que c’est que ces shurikens en cristal qu’utilise Sid Haig, des objets auxquels il tient tellement qu’il dit « ne vivre que par les cristaux » et est très déprimé lorsqu’ils se brisent ? On a la sensation d’avoir loupé des épisodes, des informations, tant tout est mal raconté, ou plutôt pas raconté du tout. C’est, avec l’interprétation paresseuse des acteurs, le gros point faible du film, qui n’a pas été assez structuré et travaillé…

 

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Avouons tout de même que ce défaut peut jouer en sa faveur si vous savez le prendre par le bon bout. Car si vous aligner votre cerveau à la bizarrerie de l’ensemble et que vous décidez d’y voir un film plus psychédélique qu’autre-chose, ça peut passer. Car, que ce soit volontaire ou non, le film est étrange et se permet tout ce qu’il veut, ce qui est justifié par le fait que lorsque les personnages entrent dans la pyramide, leurs peurs deviennent réelles et s’en prennent à eux. Il y a un coté « rêve éveillé » qui peut donc plaire à certains s’ils sont dans de bonnes conditions et ne s’attendent pas à voir du classique. Cela ne sauve pas forcément les meubles mais cela peut aider à faire passer la pilule. Le film vaut d’ailleurs le coup d’œil puisque les décors sont bien jolis, l’ambiance anxiogène et sombre est bien rendue et ce n’est pas emmerdant. Et puis, ce n’est pas tous les jours qu’on voit des asticots géants violer des demoiselles… On a donc là un représentant correct du cinéma de genre de l’époque, qui reste intéressant historiquement puisqu’il fut la rampe de lancement de nombreux cinéastes que nous chérissons. Pas génial mais pas déplaisant et à voir pour les nostalgiques de l’époque.

Rigs Mordo

 

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  • Réalisation: Bruce D. Clark
  • Scénarisation: Bruce D. Clark, Marc Sieger
  • Titres: Galaxy of Terror (USA)
  • Production: Roger Corman, Mary Ann Fisher
  • Pays: USA
  • Acteurs: Edward Albert, Zalman King, Erin Moran, Robert Englund, Ray Walston, Sid Haig
  • Année: 1981

6 comments to La Galaxie de la Terreur

  • M. Bizarre M. Bizarre  says:

    Découvert assez tardivement pour moi, en même temps que Fordidden World, ce « célèbre » clone d’Alien par Roger Corman qui a toujours eu une réputation extrêmement pauvre. Jusqu’à ce que je découvre que le film n’a rien à voir du tout avec Alien (contrairement à Forbidden World). Et que le résultat est bien plus réussi que les ersatz de Xénomorphes qu’on trouvait à la pelle dans les vidéo club.

    Ca commence pourtant simple, avec un équipage disparate qui est assemblé sans logique apparente pour une mission dont on ne leur révèle quasiment rien. En route pour une autre planète où tout va mal, et où les relations déjà pas bien terribles entre les personnages va envenimer la situation. Un peu comme un Star Trek inversé où la petite bande ne peut absolument pas compter l’une sur l’autre.
    Il y a la capitaine (une femme, leader de mission ?! Et oui !) totalement paranoïaque et hanté par les souvenirs de guerre, il y a ce garde doué pour tuer, taciturne et possédant un grand sens du devoir, là où son disciple débutant est plutôt trouillard et nerveux. Et puis il y a ce petit vieux qui a l’air tout gentil comme ça, mais qui semble être une version maléfique de Yoda quand on l’écoute attentivement plus de deux minutes…

    Au final, en fait d’Alien, effectivement c’est un aspect très Prometheus que l’on retrouve, avec la découverte de cette pyramide extraterrestre dont les pouvoirs et même l’architecture nous dépasse. Une sorte de construction qui n’est PAS faite pour les humains, qui bousille notre subconscient et peut nous rendre fou avec trois fois riens…
    R’lyeh ? Ouaip, on est clairement dans le même type de cité bizarroïde découverte par les marins dans la nouvelle L’Appel de Cthulhu. Même sauce Space Opera, ce qui en rajoute un peu dans l’onirique et donne probablement cette aspect « confus » ou « décousu » que beaucoup reprochent au film.

    La réalité est tout autre. Non, ce n’est pas la tanière d’une bête extraterrestre, ou une cité fantôme. Non, cette pyramide est en fait un jouet. Un jouet qui n’est pas fait pour l’être humain, mais pour une ancienne race extraterrestre, plus céleste, plus ancienne, plus développée. Peut-être disparue, mais en tout cas terriblement supérieur à nous. Un peuple doit de pouvoir psychique étonnant, capable probablement de modifier la structure de la réalité. Un peu comme les extraterrestres de Lovecraft encore, même si leur apparence (du moins ce que l’on en aperçoit) n’a rien d’une bête immonde et renvoie plus aux aliens divins de certaines BD américaines. Une créature faite de lumière ou d’énergie, qui n’a probablement plus besoin de corps puisque psychiquement au-delà de cette nécessité.

    La pyramide, donc, était autrefois un moyen pour les « enfants » de cette race à maîtriser leur pouvoir. Découvrir leur faculté, utiliser ce don pour le conquérir, l’apprivoiser, et le maîtriser pleinement. Forcément, chez un humain ça se traduit par quelque chose de beaucoup moins simple et du coup notre subconscient matérialise nos pires craintes, nos pires faiblesses, et les décuples. Et forcément, on ne peut absolument pas lutter contre elle.

    La chef, toujours dans ses idées d’hostilités et de guerre, piège littéralement toute son équipe en imaginant un scénario où le vaisseau est piégé, avec une attaque ennemie imminente. Et elle sera détruite par cette « menace » imaginaire car cédant à la peur de ne pouvoir lutter.
    Sid Haig, sorte de mercenaire de l’espace ne vivant qu’à travers un code de conduite très particulier et entretenant un lien quasi psychique/physique avec un « cristal » qui lui sert d’arme, va périr lorsqu’il se retrouve dans l’incapacité de le contrôler correctement. Une rébellion qu’il ne parvient à surmonter.
    Et puis il y a ce vers géant bien sûr, LA scène du film et qui n’est pas très difficile à comprendre.

    Le film, clairement, semble manquer quelques scènes ou en tout cas une conclusion correct pour éclaircir parfaitement l’ensemble, mais la fin reste simple à cerner. Quoique ça fait longtemps que je n’ai pas revu le film donc je peux oublier un ou deux détails.
    Mais grossièrement, le personnage du vieil homme joué par Ray « Mon Martien Favori » Walston (une des forces du film) est l’un (ou le) dernier survivant de son espèce. Baptisé Le Maître (ou quelque chose du genre) puisqu’il peut contrôler ce qu’il veut par la force de son esprit, il a prit une forme humaine et formé un équipage de personnes susceptibles de lui succéder. Peut-être parce que la race humaine à évolué, peut-être parce que le héros possède une volonté suffisante pour dompter l’épreuve de la Pyramide, ça ce n’est jamais clairement expliqué hélas. Tout ceci n’est qu’une expérience et au final on peut le voir fréquemment guider les personnages, parfois même jusqu’à tenté de les sauver (notamment la chef d’équipe qui se croit en pleine guerre) afin qu’ils aient une chance de s’en sortir.

    Et au final, seul l’un d’eux fini par explorer la pyramide jusqu’à l’y retrouver. Celui qui a la volonté de survivre et de ne pas se laisser bouffer par ses sombres pensées. Et même si celui-ci tente de rejeter l’offre, me semble t-il, il fini malgré tout par prendre sa place et devenir le nouveau Maître. A t-il le choix, est-ce automatique en raison de la pyramide, là encore ce n’est pas précisé et le film se clôture sur cette révélation de façon très abrupt.

    En vérité je crois même qu’il y a un gros soucis avec cette histoire. Je crois qu’il est dit que le héros est le seul du groupe a avoir pu survivre et triompher de la pyramide, d’où sa « récompense » en obtenant le pouvoir ultime. Seulement le personnage de Robert Englund survit également, et il est même le premier à réaliser quelque chose ne tourne pas rond dans le comportement du vieillard. Si il ne l’identifie pas pour ce qu’il est réellement, il s’en méfie et fini même par survivre jusqu’au bout, restant simplement à l’extérieur de la dernière pièce par sécurité, pour surveiller les parages.
    Peut-être le personnage succombe t-il à une forme de paranoïa, mais si c’est le cas, ça ne se voit pas du tout et je me suis demandé pourquoi Englund n’était finalement le nouveau Maître puisque beaucoup plus conscient de la situation que le « héros » (qui, en fait, ne cherche qu’à survivre et foutre le camp).

    Bref, le film est pas parfait, mais son histoire reste compréhensible dans ses grandes lignes, malgré quelques trucs obscures. Même Sid Haig n’a rien d’incompréhensible, seulement c’est tellement rare de voir un petit film de SF introduire des personnages humains alternatifs que ça surprend. Ici, lui et son disciple sont une sorte de sous-espèce humaine (réplicants ?) apparemment doué dans l’art du combat et se conduisant selon un code de conduite très strict (la hiérarchie avant tout, la vie des autres avant la leur, le respect des « cristaux », étranges pierres qui leurs servent d’armes et probablement d’origines extraterrestres elles-mêmes). C’est très RPG en fait dans l’esprit, mais à une époque où la dite « culture Geek » n’existait pas, et ou personne ne faisait alors de références aux Klingons ou à certaines classes de personnages de Donjons et Dragons.

    En fait La Galaxie de la Terreur c’est clairement une partie de RPG retranscrite à l’écran. Mais les rôlistes pannent que dalle à Corman et la série B de ce style, et les fans d’horreur de ce type sont pas rôliste. D’où un bon gros fail.
    On m’enlèvera pas de la tête que c’était extrêmement osé, original, et super bien foutu quand tu vois toutes les anecdotes de tournages liés à l’avarice de Corman. Et carrément des crans au-dessus de Forbidden World qui est sympa, mais beaucoup plus banal et oubliable.

  • Oncle Jack  says:

    Un film qui a marqué mon enfance alors que je ne l’ai vu qu’à l’âge de 16 ans. La raison est simple : la VHS trônait en tête de gondole du vidéoclub de mon carrefour local et son visuel prenait un plaisir sadique à capturer mon regard dés que je passais à proximité. A chaque fois que mes parents passaient en caisse je m’éclipsais rapidos pour aller mater cette bestiole à tête de mort s’en prenant à une pauvre donzelle à moitié dénudée. Bien entendu, quand quelques années plus tard j’ai fourré cette cassette dans mon lecteur, je me suis vite aperçu que le machin volant monstrueux n’apparaissait à aucun moment et que le seul truc dégueulasse qui s’amusait à effeuiller des jeunes filles était un gros lombric lubrique. Pas grave puisque ce film remplit parfaitement son rôle de petite série B au rabais totalement décomplexée et qu’elle nous en file pour notre argent. Et quelle affiche bon dieu !

  • Roggy  says:

    Je n’ai pas encore vu ce film, mais il est prévu au programme à l’occasion. Et ta chronique qui montre que tu aurais bien voulu aimé cette série B (limite Z ?) m’a néanmoins donné envie de faire un tour dans l’espace (Et puis, l’affiche est juste géniale !).

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