The Descent Part 2

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Incroyable mais vrai! On a retrouvé le fantôme de Bruno Mattei, qui séjournait dans une petite grotte anglaise, à l’abri des regards, y tournant un nouveau film. Et celui qui se fit souvent nommer Vincent Dawn a choisi un nouveau pseudonyme: Jon Harris.

 

Attention les zouzous, ça spoile un peu dans le coin.

 

Sorti en 2005, The Descent fait indéniablement partie des sensations horrifiques de son année, ce que ne fut pas démenti par sa sortie DVD l’année suivante, qui renforça encore la popularité du film de Neil Marshall. Succès critique et commercial, cette bande british ne pouvait rester sans descendance et une suite fut mise en chantier assez rapidement, le projet de cette séquelle datant de 2006. C’est finalement en 2009 que sortira cette nouvelle descente dans les profondeurs caverneuses dans lesquelles une poignée de monstres avait déjà décimé un groupe de jeunes filles parties faire de la spéléo. Bonne nouvelle pour les fans, les survivantes du premier reviennent dans le second, ce qui assurera une continuité parfaite avec les débuts de la franchise. « Woh woh woh! Attends une minute Rigs Mordo! De quoi tu parles, personne ne survit à la fin de The Descent! Toutes les demoiselles y passent, c’est même pour ça que c’était bien! ». Oui, mais ça c’était en Europe, où effectivement notre pauvre Sarah, héroïne du premier opus, se mettait à rêver qu’elle parvenait à s’échapper avant de redescendre sous terre et de découvrir qu’elle est en fait encerclée par les crawlers, ce qui ne lui laisse aucune chance de survie. Mais les Américains étant visiblement plus fins et plus sensibles que nous, on a coupé cette dernière scène pour le pays de l’Oncle Sam, histoire de finir sur une note positive, l’échappée de la blonde, et éviter que les yankees ne perdent trop de sel en chialant. Bien évidemment, lorsque l’on demandait à Marshall à quelle fin ils allaient faire suite, il se sentait soudainement bien mal assis sur son boule et tentait plus ou moins de satisfaire tout le monde à base de « Et bien on ne sait pas encore… Peut-être les deux… L’aile ou la cuisse, je ne sais pas choisir… », ce qui sera confirmé par le scénariste James Watkins, également réalisateur des excellents Eden Lake et La Dame en Noir, qui déclara qu’il allait tenter de lier les deux fins, l’européenne et l’américaine, par une pirouette sortie de son chapeau magique d’écrivain. Mais ça, c’était des couilles, la fin qui a été choisie c’est l’américaine, l’européenne étant balancée aux oubliettes. Et ses fans avec elle. Les amoureux de Marshall seront sans doute également déçus d’apprendre que le chauve à moustache ne rempile pas derrière la caméra, laissant la place à son monteur Jon Harris. Mais soyez rassurés, le réalisateur de Doomsday est toujours aux commandes puisqu’il écope du rôle de producteur. Soulagés ? Pas pour longtemps…

 

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Toujours incarnée par Shauna Mcdonald, Sarah a donc survécu et est désormais à l’hôpital, en pleine sieste bien méritée pendant que les secouristes fouillent la région pour tenter de retrouver ses amies, disparues depuis deux jours. Ce qui commence à faire perdre patience au shérif du coin qui se met à suspecter Sarah du meurtre de ses super coupines puisqu’elle fut retrouvée avec du sang d’un autre groupe sanguin que le sien sur les fringues. Sang qui vient principalement des crawlers abattus dans le premier film, bien évidemment, mais aussi de son amie June, qu’elle a planté là après lui avoir démoli la jambe à la pioche pour que les monstres la bouffent pendant qu’elle puisse se tirer. Et aussi parce que June couchait avec son mari, accessoirement. Mais tout cela, vu que le vieux n’y était pas, il peut pas savoir. Les absents ont toujours tort. Persuadé de la culpabilité de la blonde, il décide de la faire redescendre dans les grottes, accompagnés qu’ils sont d’une autre flic et d’une petite équipe de chercheurs spécialisés dans la spéléologie. Et là, vous vous demandez sûrement: « mais bordel de merde d’enculerie, pourquoi Sarah retournerait dans cet enfer alors qu’elle a déjà eu tant de mal à s’en sortir dans le précédent film ? ». Tout d’abord je vous ferai remarquer que je n’apprécie guère que vous soyez aussi malpolis dans la crypte toxique, palais du bon goût. Mais pour vous répondre, sachez que les scénaristes (car Watkins n’est pas tout seul) ont trouvé une astuce imparable pour ramener la pauvre victime dans la gueule du loup: elle est amnésique. Oui, je sais, moi aussi je me suis pris ce câble scénaristique en pleine tronche la première fois, on voit encore la marque d’ailleurs. C’est donc parce qu’elle n’a plus aucune idée de ce qui leur est arrivé à elle et ses amies que Sarah suit le shérif sans sourciller. Si le procédé n’est pas nécessairement improbable, après tout il arrive que certaines victimes se murent dans l’oubli par instinct, il faut par contre reconnaître que l’idée semble un peu grossière et qu’il y avait sans doute moyen de trouver une autre raison pour pousser Sarah à revenir là-bas. Les scénaristes se sont donc contentés de la solution de facilité pour ce coup-là. Une tendance qui va se confirmer tout au long du film, malheureusement.

 

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L’amateur du premier film déplorera d’ailleurs le fait que l’on perde le coté totalement féminin inhérent au premier film puisque trois hommes font désormais partie de l’expédition. Certes, il était difficile de justifier une expédition cent pour cent efféminée dans ces circonstances, mais cette petite particularité du premier film disparue, nous voilà face à une simple série B monstrueuse de plus. D’autant que l’autre carte d’identité de The Descent premier du nom, à savoir son aspect mélancolique, voire nihiliste, est ici partiellement atténué. Certes, le final est tout aussi noir que celui de l’original (version européenne) et certaines scènes sont assez touchantes (le message d’adieu que prépare une mère à son enfant, juste à coté d’une Sarah qui a perdu le sien quelques temps auparavant). Mais ces quelques instants plus émotionnels ne pèsent pas bien lourds face à un déroulement très « série B classique » qui préfère miser sur le classique ride horrifique plutôt que sur la psychologie de ses personnages. Ce qui n’est jamais un problème lorsque c’est bien fait, ce qui n’est pas le cas ici, ou du moins lors de la première partie du film, particulièrement emmerdante. On s’ennuie effectivement pas mal dans The Descent 2 qui nous propose en moins bien ce que l’on avait déjà vu dans le film de Marshall. Passons encore sur le manque d’originalité et le fait que la surprise ne fait bien entendu plus effet, c’était prévisible, mais il est par contre autorisé de s’attarder sur le manque d’implication total ressenti par le spectateur, qui se fout bien franchement du sort des protagonistes. Si les demoiselles du premier opus n’étaient pas forcément des monstres de caractérisation, elles avaient au moins le mérite d’être accompagnées de cerveaux et de réactions crédibles, ce qui n’est de toute évidence pas le cas de nos nouveaux amis qui, en plus d’être fades au possible, sont aussi passablement stupides. Il faut les voir se séparer à la moindre occasion ou créer des éboulements qui ne vont de toute évidence pas leur faciliter la tâche. Le pompon de la connerie est tenu par le shérif qui, tout en sachant qu’ils sont attaqués par les crawlers et qu’il va sans doute devoir escalader des façades rocailleuses ou se frayer un chemin dans des couloirs étriqués, attache l’une de ses mains à celle de Sarah par des menottes. Ah ben c’est sûr qu’il n’y a rien de plus malin à faire lorsque l’on doit jouer de souplesse que de s’accrocher à une autre personne! Et bien entendu, les ennuis débarquent très vite, ça ne loupe pas, puisque deux minutes plus tard ces menottes leurs créent des problèmes !

 

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Puisqu’on parle de Sarah, il faut bien admettre également qu’elle est assez drôle dans son genre aussi. Oublier la pauvre femme fatiguée et rongée par la déprime du premier épisode, elle est ici nettement moins nuancée, passant en un claquement de doigt de la pauvre amnésique au regard de biche qui ne sait pas qui elle est à la guerrière absolue qui te balance des regards noirs comme de la réglisse et qui t’éclate du crawler à la chaine. Finesse absolue donc pour The Descent 2, qui a en prime le culot de nous ramener June (toujours jouée par Natalie Mendoza), jolie asiatique du premier épisode qui à l’heure qu’il est devrait déjà n’être qu’une petite crotte de crawler. Mais non, elle a survécu, on ne sait trop par quel miracle. Autant dire que si vous aviez déjà du mal à accepter la présence de Sarah dans le bouzin, celle de June vous semblera tenir du film de fantôme… En prime, il sera difficile de ne pas remarquer que les deux actrices sont ici nettement moins crédibles que dans la version Neil Marshall, Mendoza comme Mcdonald (I’m lovin it) devenant des archétypes, des cousines éloignées de Ripley, sans plus de substance que cela. Particulièrement dommage lorsque l’on se remémore à quel point le premier film était gorgé d’émotion… Ici, on ne ressent rien et, pire, on s’emmerde. Heureusement, un film banal peut très vite être rehaussé par une bonne grosse dose de connerie. C’est tellement le cas ici que l’on a la sensation que Jon Harris est un AKA de plus du grand Bruno Mattei, qui serait revenu d’entre les morts pour tourner une ultime bisserie régressive et stupide (et donc forcément séduisante). On reconnaît d’ailleurs l’italien à sa propension à aller dans les pires excès, à foutre les pieds dans un plat que les autres n’auraient même pas osé toucher du bout de l’auriculaire. Preuve en est cette scène tout simplement ahurissante où deux demoiselles tombent dans les toilettes des crawlers, ce qui les recouvre bien évidemment de vous-savez-quoi. Mais cela ne suffit pas à Mattei (me parlez pas d’Harris, je sais que c’est Mattei qui a fait le coup!) qui vient encore souligner ces tristes faits en faisant chier un crawler dans la fosse, juste à coté de nos deux dames! Certes, personne ne chante « singing in the rain » en portant un tutu, mais vous avouerez que les similitudes dans l’éhonté sont assez frappantes.

 

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Et nos doutes persistent également dans les scènes gores, par ailleurs nettement plus corsées que dans le premier film. On retrouve ainsi un cadavre déchiqueté dans son entièreté (ou presque) et dont la bouche commence à remuer avant qu’un rat n’en sorte! Du pur Mattei! Tout comme cette scène où un personnage doit utiliser un corps pourrissant comme passerelle pour pouvoir passer une crevasse sans fond. Là encore du pur bis, tout comme les multiples attaques des crawlers, qui finissent toujours par cracher du sang dans la bouche de leur victime, ce qui nous ramène presque au Sam Raimi des débuts! Bien évidemment, tout cela ne permet pas à The Descent 2 d’être un bon film, la pelloche est d’ailleurs bien trop handicapée par une première partie chiante comme la mort, mais au moins ses passages plus énervés, et sa deuxième moitié en général, peuvent se permettre de rentrer dans la catégorie très prisée des films « cons et rigolos ». Cela n’efface pas tout mais disons que la pilule passe un peu plus facilement pour peu que l’on soit prêt à accepter la débilité, sans doute involontaire, de l’ensemble. Reste que les fans du premier furent bien déçus, le film se faisant étriper un peu partout tout en n’ayant pas fait un aussi bon score au cinéma que son ainé. Je suis sûr que pris comme un Bruno Mattei il peut gagner quelques points dans vos cœurs…

Rigs Mordo

 

 

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  • Réalisation : Jon Harris
  • Scénario : James Watkins, J. Blakeson, James McCarthy
  • Production : Christian Colson, Ivana Mackinnon
  • Pays: Grande-Bretagne
  • Acteurs: Shauna Macdonald, Natalie Mendoza, Krysten Cummings, Douglas Hodge
  • Année: 2009

4 comments to The Descent Part 2

  • Dirty Max 666  says:

    Ah, je préfère tout de même Mattei à ce très décevant « The descent 2″…Après le cauchemar organique, puissant et désespéré de Neil Marshall (un classique instantané !), cette suite se vautre dans une approche plus grossière et bien moins subtile. Con et rigolo ? Pourquoi pas, mais ce constat n’avantage pas vraiment « The descent 2 », surtout quand on le compare à son prédécesseur. Sans parler du syndrome « Aliens, le retour » que l’on nous sert à chaque séquelle (cf. aussi « The collection »).
    Quoi qu’il en soit, j’aime beaucoup ton analyse du film ! Pour l’opus trois, j’ai déjà une idée : remplacer les crawlers par des rats et larguer nos spéléologues dans les égouts de Manhattan.

  • Roggy  says:

    Une suite mercantile qui n’arrive pas à la cheville de l’original, alors que la fin de ce dernier était juste géniale. Comme Max, j’aimerai bien que nous refasse les Rats de Mahnattan 🙂

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