Entretien avec David Didelot de Vidéotopsie

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Une petite poignée de mois après s’être entretenu avec lui au sujet de son ouvrage sur les romans français qui fleurent bon la tripaille et le sang frais, il était temps de revenir vers David Didelot pour le questionner sur ses expériences fanzineuses. C’est qu’en plus de vingt années de bons et loyaux services, David a eu tout le loisir de gravir la montagne du dieu Bis tout en nous faisant profiter au passage de ses aventures, rapportées dans son carnet de voyage, Vidéotopsie. Et vu que son quinzième numéro a bien tapé dans l’œil du gardien de la crypte fluorescente, il semblait logique de s’entretenir à nouveau avec le Professeur Didelot, chef d’une armée de chirurgiens qui dissèque pour nous le cinoche parallèle. Au menu : Vidéotopsie bien sûr mais aussi ses débuts, sa pause de dix ans, ses goûts, sa méthode, le fanzinat, les Italiens, le cynisme de notre époque et beaucoup d’autres (bonnes) choses. In bed with David Didelot, c’est maintenant, c’est tout de suite !

 

 

 

Commençons par le début, David, c’est tout de même plus commode! Comment es-tu entré en contact avec le cinéma bis ?

Là on va remonter dans le temps et assez lointainement… malheureusement ! Comme beaucoup de gens de ma génération, je suis entré en contact avec ce cinéma dans la première moitié des années 80, lorsque j’ai commencé à visiter de manière systématique les vidéoclubs, qui florissaient à l’époque à tous les coins de rue. Je me suis donc mis à louer les films dont les jaquettes m’avaient tapé dans l’œil et c’est de cette manière que je suis entré en contact avec ce cinéma-là. En lisant aussi, bien sûr ! Et Mad Movies en particulier, puisque c’est le premier magazine sur le cinéma fantastique que j’ai acheté. C’est en consultant quelques articles et chroniques que je me suis intéressé à ce type de cinéma, en passant d’abord par le fantastique et l’horreur, qui furent ma porte d’entrée vers le bis de manière générale. Le cinéma d’action m’y a amené également, mais c’est vraiment par le genre horrifique que je suis passé au cinéma bis, en louant mes premiers Fulci, mes premiers D’Amato, mes premiers Lenzi ou mes premiers Argento, même si le concernant, on ne peut plus vraiment parler de cinéma bis…

 

 

Est-ce que l’idée de monter un fanzine t’es venue rapidement et comment est-t-elle arrivée jusqu’à ton esprit ?

Non ça ne m’est pas venu tout de suite. Ma période vidéoclub dont je viens de te parler remonte à mes quatorze ou quinze ans, et l’idée de monter un fanzine est arrivée après, en liant amitié avec Thomas Jaeck, lorsque nous étions à la fac, vers 92 / 93. Thomas avait une collection vraiment impressionnante de VHS, c’était un fou de cinéma bis et il lisait déjà des fanzines comme Ciné Zine Zone ou Monster Bis, que tous les amateurs connaissent. C’est de là que nous est venue l’idée de monter notre fanzine et nous avons donc commencé à réfléchir à une formule, à quelque chose d’un peu original par rapport à ce qui se faisait déjà. Et de là nous est venue l’idée du « film autopsié ». En novembre 93 est donc sorti le tout premier numéro, qui était tiré à un nombre d’exemplaires tout à fait ridicule et était consacré spécifiquement, et uniquement, à Virus Cannibale de Bruno Mattei. Bon, aujourd’hui, c’est bien sûr devenu un film culte, archi cité, mais à l’époque assez peu de gens en parlaient et nous avions donc consacré tout un numéro à ce film-là. Nous étions allés le déposer à la boutique « Movies 2000 » avec Thomas, et je me souviens qu’à l’époque, c’était Didier Allouch (qui fut également l’un des journalistes de Mad Movies, NDLR) qui tenait la boutique. Je revois encore sa tête lorsqu’il s’est rendu compte que le fanzine était entièrement consacré à Virus Cannibale, il avait l’air aussi surpris qu’amusé ! (rires).

 

 

Vidéotopsie a donc commencé avec un film rital et on remarque d’ailleurs très vite que tu as une certaine passion pour le cinéma italien puisque la moitié des couvertures mettent en avant des films du pays. Qu’est-ce que l’Italie a de plus que les autres en matière d’horreur, selon toi ?

C’est presque un lieu commun que de le dire mais, pour moi, c’est tout de même LE pays de ce qu’on appelle le cinéma bis. C’est quand même les Italiens qui ont su le mieux, et le plus, « exploiter », même si je n’aime pas trop le mot, les gros succès du box-office et d’en faire des copies toujours assez originales, toujours assez personnelles. Cela dit, j’aime aussi le cinéma italien plus « reconnu » comme celui d’un Fellini ou d’un Pasolini : c’est une cinématographie richissime, dans tous les « genres », toutes les catégories… Du « Grand Maître » au « petit artisan » (qui peuvent d’ailleurs s’influencer l’un l’autre…). J’aurais du mal à expliquer vraiment pourquoi j’adore cette cinématographie, mais c’est peut-être le côté typiquement latin des films qui me plaît : l’absence de cette espèce de puritanisme anglo-saxon (en matière de sexe ou de sang), leur propension à l’esthétisation (parfois hyperbolique c’est vrai…), le sous-texte catholique qui sourd de leurs films (notamment dans leur volonté de transgresser certains tabous…). Bref, j’aurais du mal à me l’expliquer… Mon côté latin probablement, et mon attachement au Vieux Continent ! L’Italie est d’ailleurs un pays que j’adore. J’aime la culture de ce pays et tout ce qui s’y rapporte, et dès que je peux y aller, j’y vais. Malheureusement pas assez souvent… Pour en revenir au cinéma, les réalisateurs italiens de ces films « bis » n’hésitaient pas à pousser le bouchon, et tout était permis semble-t-il ! A vrai dire, j’ai vraiment du mal à considérer le cinéma bis en dehors de l’Europe, et de l’Italie en premier lieu (même si j’adore aussi ce qui a pu se faire en Espagne ou en France). Et puis il s’agit aussi de mon histoire personnelle puisque c’est par là que je suis rentré dans le genre, c’est grâce à des réalisateurs italiens que j’ai commencé à développer ma culture en matière de cinéma bis. Et il est vrai que je n’en suis jamais sorti…

 

 

Tu as d’ailleurs une passion particulière pour Joe D’Amato, pourquoi lui plus qu’un autre ? C’est assez rare de voir quelqu’un être passionné à ce point par ce réalisateur.

C’est quelqu’un qui a tout osé ! C’est vrai qu’on peut le considérer comme un réalisateur mercantile, comme quelqu’un qui a tenté d’exploiter tous les succès de l’époque, tels Caligula, Mad Max 2, Conan, Emmanuelle, Halloween, ou L’Enfer des Zombies d’une certaine manière. C’était sans doute plus un homme d’affaires qu’un cinéaste au sens noble du terme, j’en conviens, mais j’ai malgré tout une certaine admiration pour lui. Il y a toujours dans ses films un moment original, une scène à sauver, une séquence complètement folle. Et c’est quelqu’un que j’apprécie aussi parce qu’à la fin de sa carrière, au lieu de tomber dans la télévision comme beaucoup de ses confrères, il a choisi la voie du porno, et je pense que c’était finalement un choix plus judicieux. C’est en tout cas pour moi l’un des symboles, l’un des personnages exemplaires du cinéma que j’aime. Il y a dans ses films une ambiance, un style, même dans ses films les moins connus, comme son cycle caribéen de la fin des années 70 et début 80. Et puis un film comme Emanuelle et les derniers Cannibales est vraiment exemplaire du cinéma que j’aime, avec tous ses éléments : érotisme, jungle, cannibales, gore, aventures… Pour moi c’est un film édifiant, il est un parfait exemple d’une certaine idée du cinéma, un « film somme » en quelque sorte ! Avec bien entendu tous les défauts inhérents à un budget… euh… « moyen », à des délais de tournage très courts… Mais avec un tel film, tu vois que dans une pellicule dite « d’exploitation » pure et dure peut naître quelque chose de génial. Je pense là aussi à Blue Holocaust, film vite qualifié de crapoteux et de putassier mais, pourtant, on aboutit à quelque chose de véritablement troublant, de beau quelque part, et de marquant ! L’objectif est donc atteint. Comme dirait l’autre, c’est sur le fumier que naissent parfois les plus belles fleurs, et Blue Holocaust, pour moi, c’est un peu ça !

 

 

J’imagine que c’est pour les mêmes raisons que tu apprécies aussi Bruno Mattei.

Oui, car là aussi on trouve toujours quelque chose de surprenant, quelque chose d’amusant, quelque chose qui va déstabiliser le spectateur, que tu ne trouveras pas ailleurs, quelque chose de décalé. Bien sûr, tout cela est maladroit, bricolé, surtout pour Mattei, et c’est même parfois malhonnête. Mais il y a quelque chose de touchant et d’attendrissant avec ce mec qui a fait des films à la chaîne et qui a continué jusqu’à sa mort, envers et contre tout.

 

 

Il y a une certaine proximité avec le spectateur qui se crée…

Oui, tout à fait, il y a quelque chose qui se noue au bout d’un moment entre le spectateur et le réalisateur, l’artiste, ou même l’artisan. C’est une proximité comme tu dis, c’est ténu, une habitude qui prend forme, et je me refuse à appeler ces films des « nanars ». Je n’aime pas cette attitude qui consiste à se marrer de ces films… Bien sûr qu’ils sont parfois amusants, mais ils ne sont pas que ça. Il y a quelque chose qui relève en quelque sorte d’un amour du cinéma, de la pellicule, de la caméra, une envie folle de tourner de la part de ces réalisateurs, même avec des budgets misérables, même avec des acteurs souvent « limite ». Et je suis assez sensible à ça… Autant je ne porterais pas un Mattei au pinacle bien sûr, mais autant je me refuserais à le clouer au pilori (de la critique assassine ou de la dérision cynique, très à la mode).

 

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Le principe du zine se base pas mal sur « Le Film autopsié », je suppose donc que tu ne choisis pas la bande à éplucher au hasard. Comment fais-tu ton choix ?

Il n’y a pas vraiment de règles à ce sujet, c’est plutôt au coup de cœur du moment que ça se joue. Je ne te cache pas que je fais aussi attention, surtout maintenant au vu du nombre de publications sur Internet ou sur support physique, à ne pas choisir un film qui a été chroniqué des centaines de fois. Je ne ferai pas L’Au-delà, Frayeurs ou Suspiria quoi ! Même si j’adore ces films bien sûr ! J’essaie plutôt de choisir un film emblématique mais qui, en même temps, n’a pas été énormément critiqué, dont on n’a pas beaucoup parlé. Tu me diras, on avait fait La Nuit des Morts-Vivants, donc bon… (rires).

 

 

Oui mais c’était seulement votre deuxième numéro !

Oui, on va dire qu’on se cherchait encore un peu ! Mais par la suite, nous avons fait Le Bossu de la Morgue, à une époque où on n’en parlait pas encore beaucoup (pas de DVD Artus à ce moment-là !). Je pense aussi à Caligula, la véritable Histoire de Joe D’Amato qui n’avait pas été fréquemment évoqué. Mes choix se portent donc sur des films que j’aime et qui méritent, selon moi, quelques développements.

 

 

Tu as longtemps parlé des livres de la Collection Gore dans Vidéotopsie et tu as mis fin à cette tradition en sortant le livre définitif sur ces romans. Tu n’es pas un peu triste de ne plus leur laisser un peu de place dans ton fanzine, de devoir abandonner cette habitude qui t’accompagnait depuis un bon moment ?

Si, car c’était un fil rouge du fanzine puisque dans chaque numéro il y avait quelques pages consacrées à la Collection, avec une interview quand je pouvais en avoir une. Donc, bien sûr, ça fait un petit peu mal mais au bout d’un moment il faut savoir tourner la page. De toute façon, il est clair que les prochains numéros de Vidéotopsie mettront à l’honneur une autre Collection, une autre partie de la littérature populaire. On y réfléchit encore un peu actuellement, mais il est plus que probable que le prochain numéro lance autre chose en rapport avec la littérature. Et plus ça va, plus j’ai envie de parler de bouquins. Bien sûr, le cinéma passera toujours en premier, mais j’ai envie que certaines pages du fanzine soient consacrées aux livres. Mais ce ne sera plus la Collection Gore, non… Ça c’est fini, on a mis le point final en ce qui nous concerne.

 

 

Tu disposes d’une équipe assez mouvante et l’on ne retrouve pas forcément les mêmes contributeurs d’un numéro à l’autre. La plupart des intervenants du 14 ne sont pas dans le 15 par exemple à l’exception de Didier Lefèvre, Claude Gaillard et Jocelyn Manchec. La situation te convient ainsi, ce renouvellement, ou est-ce que tu préfèrerais avoir une équipe figée, bien rodée ?

Il y a des gens que j’aimerais retrouver à chaque numéro, si c’est possible pour eux bien entendu, et s’ils en ont envie ! Certains contributeurs dont j’aime l’écriture, qui savent de quoi ils parlent et que j’aimerais compter de manière régulière dans le fanzine. C’est d’ailleurs le cas de certains, comme Didier qui est là depuis un bon moment maintenant. Mais c’est vrai que c’est assez mouvant, avec des gens qui viennent me proposer des chroniques, ou moi qui les appelle aussi. Des gens qui sont inspirés par un type de films ou par un film en particulier et qui me contactent : si le courant passe, eh bien il n’y a pas de problème pour qu’ils contribuent au fanzine ! Donc une équipe mouvante, oui, ça ne me dérange pas tellement, avec cependant quelques fidèles. Une équipe qui change, ça permet de diversifier les approches ou les styles d’écritures, les tons… C’est plutôt bien car si je me chargeais de l’ensemble du fanzine ce serait peut-être un peu rébarbatif, un peu monotone… Sans compter que c’est quand même du boulot, donc c’est bien d’avoir des contributeurs qui viennent te filer un coup de main ! (rires). Le seul écueil – et de taille – à éviter, c’est que le zine perde au final son identité… Il faut donc trouver un juste milieu, un compromis.

 

 

Tu as arrêté le fanzine en 2001, quelles sont les raisons qui t’ont poussé à mettre de coté Vidéotopsie durant dix ans ?

Effectivement, je me suis arrêté après le numéro 10, qui était sorti au printemps 2001 si je me souviens bien, et qui était un spécial Bruno Mattei. J’expliquais d’ailleurs dans l’édito de ce numéro, qui est épuisé depuis des lustres, les raisons qui me poussaient un peu à arrêter. Les motifs premiers sont personnels, puisque j’ai eu un gamin à cette époque-là dont je devais m’occuper, d’autant que mon épouse avait eu des problèmes de santé à la même époque. Il y avait aussi ma profession qui me prenait pas mal de temps, et cela faisait donc beaucoup de choses à gérer. Et puis plus fondamentalement, j’avais un peu l’idée qu’on changeait d’époque… J’ai eu l’impression, à tort, que l’époque du bon vieux fanzine papier était terminée, que les sites et blogs allaient prendre le relais. Je voyais ça comme la chronique d’une mort annoncée. Et puis j’ai vu aussi à ce moment-là un lectorat allant s’amenuisant, baissant un peu en nombre… C’était un tel investissement en temps (et aussi en argent accessoirement) qu’au bout d’un moment je me suis demandé si le jeu en valait la chandelle… C’est donc un peu pour toutes ces raisons que j’avais décidé de mettre un terme au fanzine, en pensant qu’une page était tournée. A tort d’ailleurs, puisque dix ans après, je m’y suis remis ! (rires).

 

 

Justement, qu’est-ce qui t’a poussé à revenir aux affaires sérieuses en 2011 ?

C’est grâce à mon frère Yvan, qui a d’ailleurs participé au fanzine (que vous pouvez retrouver dans les numéros 11 à 13 inclus, NDLR), qui m’a dit un jour que ce serait bien que je reprenne. Il trouvait dommage que j’aie abandonné et était prêt à m’aider. C’est donc sous son impulsion que je m’y suis remis ! Il faut le dire clairement, c’est grâce à lui et je l’en remercie ! (Et nous aussi ! NDLR). Ce qui est dommage c’est que maintenant, c’est lui qui ne peut malheureusement plus m’aider, sa vie privée l’en empêche car il a beaucoup de travail. C’est en tout cas lui qui m’a remis le pied à l’étrier et grâce à ça, je suis entré de nouveau en contact avec des gens que j’avais perdus de vue, dont Didier Lefèvre de Médusa, lequel m’a beaucoup soutenu et encouragé. Je ne l’en remercierai jamais assez. Le fanzine a évidemment changé d’allure depuis cette reprise : on a un copain maquettiste, Julien Perret, qui fait des merveilles et c’est donc reparti… en encore mieux je pense !

 

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Tu as connu le monde du fanzinat tel qu’il était dans les années 90 et tu t’es retrouvé comme propulsé dans ce même monde en 2011, sans avoir ressenti l’évolution, ça ne s’est pas fait graduellement pour toi. Qu’est-ce qui avait le plus changé et est-ce que ce fut un retour difficile, notamment au niveau de la technologie ?

Oui, je reconnais que c’était difficile, j’ai un peu rechigné à m’adapter. Je n’ai jamais été un « technophile » (et encore moins un technolâtre !), et au moment où sont apparues toutes ces nouvelles technologies, je n’ai pas pris le train tout de suite. J’étais même un peu rétif, à vrai dire, car je suis un peu conservateur comme gars… Après, j’ai bien été obligé de m’y mettre, d’aller contre ma nature, ne serait-ce que pour entrer en contact avec des gens ou aller chercher des informations. Je ne crache d’ailleurs pas dans la soupe, ça permet des économies de temps absolument incroyables, surtout par rapport à ce que j’ai connu dans les années 90 où c’était la croix et la bannière ! Car trouver des filmographies ou des renseignements, c’était vraiment des enquêtes très difficiles à mener ! Maintenant, ça va beaucoup plus vite, c’est sûr. Je m’y suis donc mis, la force de l’habitude a aidé et je me suis inscrit, comme beaucoup, sur Facebook. Je ne le regrette pas, car ça m’a permis de nouer contact avec des personnes très sympas et de retrouver des personnes que j’avais perdues de vue. Et puis en matière de promotion, même si le mot est un peu fort pour un fanzine, c’est énorme, et je ne vois pas comment je pourrais faire maintenant sans les réseaux sociaux ou certains blogs et sites… Ça a changé du tout au tout ! A l’époque, tu sortais un fanzine, tu allais poser tes numéros dans quelques boutiques, tu devais compter sur les autres fanzines pour qu’ils parlent un peu de toi, sur le bouche à oreille, tu devais envoyer des lettres… C’était tout un système, toute une organisation, très différente, qui prenait beaucoup plus de temps que maintenant. Je ne méconnais pas les dérives de ces nouveaux médias, mais il ne faut pas cracher dans la soupe… D’autant que dans la balance, c’est plutôt positif.

 

 

J’imagine qu’Internet a beaucoup changé ton rapport à tes lecteurs, tu es maintenant en contact direct avec eux. Est-ce que cela a modifié ta manière de créer le fanzine ? Car je suppose que tu dois composer avec plus d’opinions que du temps où la correspondance se faisait par lettres…

Non ! Car l’avantage du fanzinat, c’est de faire un peu ce que tu veux ! C’est une entreprise tout de même assez personnelle, pas égoïste car le mot est fort (et puis tu écris aussi pour les autres, pas seulement pour toi). Mais c’est un espace de liberté qui te permet d’écrire ce que tu veux, de faire ce que tu veux. Donc je n’ai pas l’impression de m’adapter aux goûts de mes lecteurs, ou alors c’est inconscient. Oui, je suis effectivement en contact pour la plupart d’entre eux (ce qui est par ailleurs l’un des autres avantages des réseaux sociaux et d’Internet) : ça permet d’avoir des retours et de discuter, mais ça n’a pas changé fondamentalement mon attitude face au fanzine. La ligne éditoriale est la même, c’est-à-dire celle qui me plaît ! (rires). Je ne pense pas avoir changé quoi que ce soit dans la ligne que je m’étais fixé dès le départ. Après, ça plaît ou ça ne plaît pas, et certains sommaires peuvent être moins appréciés que d’autres. Ben tant pis ! Je pense que si on commence à prendre en compte les lecteurs, on ne s’en sort pas dans le fanzinat. Par contre, je suis sensible aux opinions et aux remarques, bien évidemment, et dire le contraire serait malhonnête. Un avis positif fait très plaisir, un avis négatif beaucoup moins. Et puis on est toujours heureux de profiter de quelques conseils. Mais j’essaie de ne pas changer pour autant, de ne pas faire de concessions. Sinon, à quoi bon ?

 

 

Dans l’émission de Radio Médusa d’octobre, Adrien Clerc du fanzine Torso s’étonnait un peu que leur numéro consacré à Joe Dante avait moins bien marché que ceux sur Sergio Martino ou Brian Yuzna par exemple. Penses-tu que le public du cinéma bis a des valeurs un peu inversées par rapport au « grand public » et que plus c’est obscur, plus ça l’attirera ?

Oui, on peut dire ça comme ça. J’avoue, à un niveau personnel, que je préfère un numéro sur Sergio Martino que sur Joe Dante. Non que je n’aime pas Joe Dante, au contraire j’adore ce réalisateur, mais il me semble que ce type de metteur en scène est déjà pas mal traité dans la presse professionnelle (voire dans certains livres), au contraire d’un Martino ou même d’un Brian Yuzna. Donc, effectivement, plus c’est obscur, moins c’est connu, plus c’est attirant. En tout cas pour ma part, car j’aime découvrir et je pense que beaucoup de gens de ce « milieu » sont comme moi. C’est pour cela que j’adore Médusa, car j’en découvre à chaque fois, parfois même des pans de cinéma entiers que je ne connaissais pas, ou très peu. Ceci dit, j’aime beaucoup ce que fait Torso, leur approche est très originale et très intéressante, là n’est pas le problème. Disons que j’achèterais plus volontiers leur numéro sur Martino que celui sur Dante ! Bon, à la vérité, je crois que j’ai les deux ! (rires).

 

 

Cela signifie peut-être aussi que les gens attendent du fanzinat, qui est par définition plus libre que la presse pro, qu’il aborde des sujets que les gros mags ne font qu’effleurer. Est-ce que tu t’es déjà senti piégé par cette liberté à double-tranchant, car il te sera peut-être difficile désormais de faire un article sur John Carpenter ou Wes Craven, par exemple ?

Ce n’est pas faux ! C’est vrai qu’on peut parfois s’interdire, « s’empêcher », au nom de certains dogmes qui paradoxalement devaient permettre une liberté totale… On peut parfois s’interdire de traiter certains films parce qu’on considère qu’ils ont suffisamment été chroniqués dans une presse plus grand public… Dans mon cas, il y a des films que j’adore vraiment, dont je suis amoureux fou, et dont je ne parlerai sans doute pas car je sais que beaucoup de choses ont déjà été dites dessus. Ou alors, il faut avoir un angle très particulier et trouver une porte d’entrée ou une problématique, un fil directeur, très original. Ce qu’on avait tenté de faire avec les deux premiers Halloween (article de Stéphane Prieur, à lire dans le numéro 13, NDLR), en nous attachant aux détails, au doublage… Mais c’est vrai que je ne ferai jamais un « film autopsié » Suspiria, et pourtant, Dieu sait que je suis à genoux devant ce film. Parce que je sais qu’on ne va rien apprendre. Ça a déjà été tellement chroniqué, tellement interprété, que je pense que les gens s’en foutent, quoi. L’avis de David Didelot sur Suspiria, ça n’intéresse personne, alors qu’un dossier sur Annie Belle, avec ses sexy-comédies ou ses films « art et essai », c’est déjà plus énigmatique… Là d’accord, on risque d’apprendre quelques petites choses ! Mais en effet, c’est une liberté à double-tranchant, le fait que finalement sous couvert de liberté, tu t’interdis des choses. Bon, pour moi, le fanzinat est tout de même un moyen de découvrir des trucs qu’on ne trouve pas ailleurs.

 

 

Comme je le disais dans ma chronique du numéro 15, on retrouve dans Vidéotopsie et Médusa la même manière de chroniquer des films, qui n’hésitent parfois pas à raconter le film sans qu’on ait la sensation que vous spoilez pour autant. Dirais-tu que l’important est moins la mécanique scénaristique, le structurel, que le sensitif ?

Oui, complètement, et j’ai d’ailleurs été sensible à cette remarque que tu faisais, je m’y retrouvais vraiment. C’est peut-être pour ça que je n’aime pas trop les séries, je ne suis pas dans « la mécanique scénaristique », comme tu dis. Je ne suis pas dans le « cliffhanger », la révélation, le double-twist final, ou que sais-je encore ! Je ne suis pas tellement là-dedans, ce n’est pas ce qui me plaît le plus dans un film… Bien sûr, je suis sensible à un scénario bien construit, à des rebondissements crédibles, à un schéma narratif rigoureux ou à des retournements de situation efficaces. J’adore le giallo par exemple, donc comment faire autrement ? Mais, pour moi, ce ne sont pas les premières portes d’entrée dans un film, ce n’est pas par là que j’entre. Je suis plus sensible à une atmosphère ou à des personnages, qu’au récit lui-même. C’est pour ça que j’adore Lucio Fulci par exemple ! Dans ses films, le récit est souvent brinquebalant, il faut bien le dire, mais tu as une atmosphère qui se dégage et qui est absolument dingue ! Comme chez Argento d’ailleurs, auquel on a souvent reproché quelques carences au niveau des scénarios… Pour moi ce n’est pas grave, ce n’est pas ce qui me fera décrocher. Je suis plus sensible à un filmage, à des scènes, à des séquences prises de manière un peu hors-contexte, pour découvrir ce qu’il y a d’original, de particulier ou de surprenant dans telle ou telle scène.

 

 vidéotopsiecollecMerci à Didier Lefèvre pour la photo!

 

Tu écris à quelques reprises que le cynisme et l’ironie sont le mal de la décennie. Et il est vrai que tu es l’un des rares à encore traiter certains films bis de manière très sérieuse, tout en reconnaissant que certains aspects de ces films sont très drôles. Est-ce que tu as le sentiment que la presse actuelle, papier ou numérique, a du mal à comprendre ces films, à rentrer dans leur univers ?

Oui, mais il faut reconnaître que ce n’est pas facile non plus, qu’il faut chausser les bonnes lunettes pour les voir… Il y a pour moi trois écueils à éviter que certains, malheureusement, n’évitent pas. Je ne donne pas de leçons hein, attention, je veux juste donner mon impression ! Mais j’ai la sensation que la première chose à éviter c’est de dire que ces films sont nuls au regard des critères techniques actuels. Ne pas prendre en compte le contexte et juger ces films sur leurs effets spéciaux, sur la qualité de l’image, sur la photographie, sur la faiblesse de leurs budgets et sur leurs acteurs dits « de seconde zone ». Il ne faut pas oublier le contexte temporel dans lequel ces films ont été réalisés. Le deuxième écueil, c’est, a contrario, la nostalgie excessive, le « c’était mieux avant » absolu… C’est tout aussi con quand c’est systématique et pavlovien… Le troisième écueil, c’est le cynisme. Dire « Ah ouais c’est super, on se marre, c’est bien nullard ! », parce qu’on est tellement blasé, tellement revenu de tout, tellement gavé de blockbusters et de films « rollercoaster » qu’on va ensuite voir des films moins argentés, moins « bien faits », pour se marrer. En un mot, on se dépayse du cinéma actuel en regardant des bandes « exotiques ». Et là pour moi, on est dans la postmodernité absolue : on a pris ses distances avec tout, on est revenu de tout, on connaît tous les codes, on n’est jamais « dupes » et on tombe alors facilement dans le cynisme, avec son ultra distanciation qui fait qu’on ne va pas hésiter à se moquer bêtement. En fait, on se regarde regarder le film, plus qu’on ne regarde le film. Tu suis ? (rires). Et ça, perso, ça m’est insupportable. Sans vouloir faire de la philosophie à deux francs, c’est bien l’attitude de « l’homme moderne », qui considère que son époque est au-dessus de toutes les autres. Cet orgueil présentiste qui pousse au cynisme, je déteste ça. Bon, c’est malgré tout trois écueils difficiles à éviter lorsque l’on traite de ce cinéma. Moi-même j’ai pu être un peu « cynique » et me laisser aller à me moquer sans réfléchir, sans prendre en compte les contextes spatial, économique ou temporel, les conditions dans lesquelles les films ont été tournés. Il y a tout ça à prendre en compte, il faut contextualiser l’œuvre et essayer de se décentrer. Il faut appréhender un film dans ses conditions de tournage et se demander ce qu’il en reste aujourd’hui. Toujours quelque chose, à mon avis. Bien sûr, ça ne veut pas dire que tout est génial, et il est évident qu’il y a parfois de quoi rire. Moi aussi je me marre devant certaines séquences de Virus Cannibale ! Mais c’est vrai que je n’aime pas trop cet espèce de cynisme bon teint : pour moi c’est un peu l’école Canal +… que je déteste !!

 

 

Est-ce que tu penses que le cinéma bis existe toujours, est-ce qu’il y a des films récents qui mériteraient cette classification, de nos jours ?

Ah… (il hésite). Déjà, il faudrait définir précisément ce qu’est le cinéma bis… Est-ce simplement une histoire de budget, est-ce une histoire de motifs mis en image, est-ce une affaire de distribution, une histoire d' »exploitation » de sujets commerciaux ? … Je dirais plutôt qu’il existe aujourd’hui un cinéma indépendant, plus qu’un cinéma bis. L’esprit « bis » auquel je pense, non je ne pense pas. Je ne retrouve pas le souffle qui pouvait traverser le cinéma populaire dans les années 70 ou même au début des années 80… D’autant que le fantastique et l’horreur, pour parler de ce genre-là, est tellement à la mode aujourd’hui qu’on ne peut plus vraiment parler de cinéma bis. C’est quasiment des grosses productions, désormais, et je ne me vois pas parler de « bis » concernant ces films. En revanche, il existe toujours un cinéma « parallèle », mal considéré la plupart du temps…

 

 

Qu’est-ce que tu penses de tous ces films qui sont volontairement mauvais, comme Sharknado et compagnie ? Comment perçois-tu cette vague actuelle qui tombe dans le nanar de manière consciente ?

Ça rejoint un peu ce que je te disais sur le cynisme, car même si ce n’en est pas totalement, on n’en est pas loin. Je n’aime pas trop ça… Je préfère cent fois la filmographie d’un Norbert Moutier par exemple. Bien sûr, quand on voit Ogroff et ses autres films on comprend qu’ils soient assimilés à des « nanars », mais tu n’y trouves pas ce second degré qui consiste à dire « Ah ouais regardez c’est nul mais c’est rigolo! ». On en revient à cette mise à distance, à ces clins d’œil aux spectateurs, comme pour lui dire « C’est vraiment nul ce que j’ai fait mais tu le sais, tu n’es pas dupe, alors on se marre ! ». Je préfère largement un film mauvais qui l’est honnêtement. Je n’aime d’ailleurs pas tellement « la série Z pour le Z » ou « la série Z pour faire Z », et c’est pour ça que je ne suis pas un grand fanatique de la Troma par exemple. Il y a des trucs que j’aime bien dans leurs productions, mais disons que ce n’est pas ma tasse de thé.

 

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Enfin, j’ai cru comprendre via un statut sur ta page Facebook que tu avais tâté de la caméra voilà une vingtaine d’années. Est-ce que réaliser du bis est quelque chose qui t’est déjà passé par la tête ? Tu ne serais pas le premier de la presse horreur à passer à l’acte !

Alors ça c’est vieux, ça fait bien vingt ans! (rires). C’était un court-métrage, enfin… Le truc faisait quand même 32 minutes… C’était un long court-métrage on va dire ! Ça s’appelait Les Horreurs du Docteur Phlébose et c’était totalement amateur ! Par contre, je n’y tenais pas la caméra, j’avais juste écrit le scénario et les dialogues, en plus d’avoir fait un petit story-board. Je jouais dedans aussi, malheureusement pour le film (rires) ! C’était en tout cas une super expérience ! On avait profité d’un superbe décor, un château plus ou moins abandonné, et c’était vraiment génial ! Alors pour ce qui est de retenter l’expérience… Bon, le temps me manque, mais aussi les compétences techniques. Bien sûr, si on arrivait à réunir une petite équipe, à faire un plan de tournage et convoquer un petit casting qui va bien, je serais partant ! D’autant que je ne manque pas d’idées… Mais pour l’instant, on n’a rien de tout ça ! N’empêche, Les Horreurs du Docteur Phlébose était une expérience à la fois très amusante et très pédagogique, car pour le coup, on a pris la mesure des difficultés inhérentes à un tournage, même (ou surtout) très modeste. C’était sorti en VHS d’ailleurs, et on en avait vendu quelques exemplaires. Dans le Monster Bis spécial cinéma fantastique français, il était même cité ! J’en avais fait une promotion absolument éhontée dans Vidéotopsie aussi ! (rires). Peu s’en souviennent et peu l’ont, mais c’était rigolo, et c’est aujourd’hui chargé en souvenirs. On avait pris des pseudos et l’actrice principale, ma propre sœur, était affublée du pseudonyme de Sarah Steele ! Si je me souviens bien, un acteur s’appelait Orlof également, c’était ultra référentiel ! Un petit film de fans quoi, qui essayait de taper dans le gothique italien !

 

 

On te retrouve désormais dans les bonus de quelques DVD, est-ce que c’est un exercice qui t’a demandé de réinventer ton écriture?

Pas tellement. Quand je prépare un bonus, j’écris tout, je fais un texte. Certes, j' »oralise » un peu le tout, mais ça ne me demande pas tellement d’efforts. D’ailleurs, les textes que j’écris pour ces bonus pourraient très bien être publiés à l’écrit en les retravaillant un peu. Je prends les mêmes précautions, je travaille autant mon texte, de la même manière. D’ailleurs, je suis en train d’en préparer un actuellement, et il ne faudrait pas grand-chose pour qu’il puisse passer à l’écrit. Je fais donc attention, oui. Je n’aime pas quand c’est trop improvisé, je ne suis pas très à l’aise dans ces cas-là, et j’aime bien quand c’est préparé, quand je sais où je vais !

 

Entretien téléphonique réalisé le mercredi 5 novembre 2014.

 

 

Un ÉNORME merci à David Didelot pour le temps qu’il m’a consacré ainsi que pour sa gentillesse! Et aussi parce que c’était bien fun et que je me suis bien marré en faisant cette interview! N’hésitez pas à visiter le blog dédié à son fanzine Vidéotopsie en cliquant ici!

 

13 comments to Entretien avec David Didelot de Vidéotopsie

  • david david  says:

    superbe,touchant,passionnant,avec une considération pour le bis respectueuse sans moquerie comme il est coutume chez les cinéphiles,j’apprend que David a réalisé dans le passé bien curieux de voir cet essai,ça donne envie,enfin de tout mon coeur je remercie Vidéotopsie et David d’avoir osé faire un dossier sur ma pomme,je suis un petit réal de courts fauchés qui tentent tant bien que mal à acquérir la possibilité de passer au long non sans embûches,et les gestes comme ça ça te marque un homme à vie,surtout quand la route est traversée de coups bas constants,merci Mr Didelot you touched me !
    Bravo à Toxic crypt de donner la parole a des personnes vraies comme lui 🙂

  • ingloriuscritik  says:

    j’ai du m’y prendre a deux fois( en clair relire l’article) pour être certain que l’état de transe dans lequel je me trouve a bien été provoqué par la décharge émotionnelle provoquée par son contenu , plutôt que par les effluves d’un long weekend « festif » .Mais c’est bien ce « Si le fanzine m’était conté » par david didelot sous la direction journalistique de rigs ,l’objet de mon émoi .
    Le décryptage passionné , passionnément découpé, par l’enchantement d’un « simple » entretien m’a secoué la glande de la nostalgie , mais pas que ;je suis littéralement fasciné par la pertinence des explications sur cette déclaration d’amour porté au Bis ,par le jusqu’au boutisme de ce fan boy ré incarné en éditorialiste pour parvenir a nous le faire partager sous la formule videotopsie.a travers cet entretien j’ai mieux compris les « codes » du fanzinat alors même que je suis en pleine période de découverte .
    J’ai pris du coup une grande dose d’humilité , une leçon de vie …au point que j’ai du mal a trouver les mots juste d’un pourtant simple commentaire .d’ailleurs le mieux serait de rien rajouter , ce que je vais d’ailleurs faire , car je me dois de lire encore une fois cet entretien , j’en ai bien besoin .merci a david pour ce moment rare pour le « jeune  » adepte du fanzinat que je suis , et a rigs pour le soin apporté a sa structure.

  • Christophe Bertrand  says:

    Magnifique interview tout simplement ! J’ai la chance (si on peut dire… lol) d’habiter Chaumont et je connais donc personnellement david qui est maintenant un ami et je peux vous confirmer que c’est une véritable encyclopédie du bis.
    Et à côté de ca, c’est quelqu’un qui a vraiment le coeur sur la main et qui est très humble, modestie que l’on retrouve d’ailleurs dans cette interview.
    Je me régale de me retrouver dans son « musée » du bis ou s’entassent des vieux post nuke ritals, des Joe d’Amato méconnus ou des giallo sous-estimés.
    En conclusion, quelqu’un de très attachant, qui a toujours une anecdote croutillante à raconter sur un film oublié, et qui sait respecter tous les réalisateurs et leurs oeuvres. Respect 🙂
    Bravo également à Rigs Mordo pour la qualité de son interview avec des questions fort intéressantes qui m’ont appris pas mal de choses que je connaissais pas, comme le fait qu’il est tourné dans un petit film… Preuve de la modestie du personnage lol 🙂

    • Christophe Bertrand  says:

      désolé pour les quelques fautes d’orthographe que je n’ai vu qu’après relecture… David étant prof de français, je vais ramasser… 🙂

  • Roggy  says:

    J’ai pris le temps pour lire cette méga interview, mais cela valait vraiment le coup. Ce David Didelot est vraiment un passionné passionnant ! Excellente entrevue qui nous fait découvrir quelqu’un de simple, d’intelligent qui mérite d’être connu (ou pas d’ailleurs, le bis ne doit-il pas rester confidentiel au final ?). D’ailleurs, je vais sûrement récupérer un exemplaire de « Videotopsie » à la boutique Metalluna Store la semaine prochaine. Longue vie au fanzine et à l’esprit qui l’accompagne.

  • David Didelot  says:

    Les gars, vous me flattez là, arrêtez, c’en est trop ! 🙂
    Sans plaisanter, merci à vous tous, vos commentaires font évidemment très plaisir, me touchent même !

    Comme le dit David quelque part, j’essaie de rester droit dans mes bottes, et puis voilà.

    Encore merci à Rigs, pro de chez pro en matière d’interviews, et gars qui s’intéresse VRAIMENT aux autres, sans calcul de je ne sais quoi.

    Christophe, je ne suis prof que dans « le civil » (il faut bien manger!), donc les fautes, si tu savais… ! 🙂

  • Dirty Max 666  says:

    Après avoir lu une telle interview, je n’ai qu’une seule envie : causer de cinoche devant une bonne binouze avec Rigs Mordo et David Didelot ! On ne peut qu’être d’accord avec les propos de Mr Vidéotopsie et être touché par son parcours. Un modèle pour tout cinéphile qui se respecte. Je viens d’ailleurs de recevoir le dernier Vidéotopsie et en le feuilletant, j’ai été impressionné par la générosité, la beauté et la singularité de ce fanzine. Quel travail ! Je vais prendre mon pied en le lisant, ça c’est sûr.

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